AN II novembre 2018

L'Église catholique à Lyon et son patrimoine

Le magazine "Nouveau Lyon" de juin 2018 publie une vaste et intéressante enquête sur le patrimoine catholique à Lyon, qui permet de se faire une idée de l'importance de cet héritage du somptueux passé de l'Église de Lyon, qui se voyait au XIXème siècle comme "la petite Rome française", mais de nos jours en pleine restructuration financière et immobilière.

Conséquence de la loi de 1905, les bâtiments religieux les plus emblématiques de toute religion, ceux consacrés au culte, appartiennent pour une grande part au domaine public : la cathédrale Saint-Jean appartient à l'État, 27 églises de Lyon sur 53 à la ville, la basilique à la Fondation Fourvière et la chapelle de l'Hôtel-Dieu aux Hospices Civils.

Selon l'enquête, le diocèse est constitué de 1.200 biens dont 630 églises. Mais seules les 87 églises bâties après 1905 lui appartiennent, ce qui dans la position actuelle de la religion catholique, touchée de plein fouet par la désaffection pour son culte qui n'est plus guère pratiqué qu'à de grands évènements (mariages, baptêmes, communions, enterrements, commémorations diverses, etc.), l'effondrement des vocations de nouveaux prêtres, les scandales sexuels à répétition, est une divine bénédiction en la soulageant des frais d'entretien de toutes ces églises quasi-vides, sans prêtres et rarement ouvertes.

Les britanniques ont déjà depuis bien longtemps transformé nombre de leurs églises en bibliothèques, théâtres, fast-foods, centres de fitness, boutiques, centres commerciaux, habitations atypiques, etc., ce qui démontre qu'ils ont, eux aussi, largement abandonné l'obligatoire messe dominicale d'antan.

Il semble qu'un mouvement similaire s'amorce en France, vu le nombre de lieux de culte vendus ou à vendre à l'encan, ce qui crée une niche immobilière inédite. Par exemple à la Croix Rousse l'église St Bernard désacralisée est en cours de travaux et va être transformée en bureaux sous forme de boxes, ce qui, selon l'auteur, "consacre l'aspect réversible de l'aménagement". On ne sait jamais ! Un miracle ?

Dans ces églises, le diocèse a la jouissance gratuite des parties dédiées au culte (pour en garantir la liberté) mais l'entretien général est à la charge du propriétaire, c'est-à-dire l'État ou les communes.

Il y a quelques années une visite à la mairie de Lyon nous apprit en confidence que la Fondation Fourvière en céderait volontiers la propriété à la ville pour un €uro symbolique, tant les coûts d'entretien dus aux moult malfaçons d'origine sont lourds.

Par chance, ou plus probablement par la grâce d'un lobbying efficace et divinement appuyé, le bâtiment a été classé monument historique en 2014, (ouf !) ce qui lui permet maintenant d'obtenir des aides d'État et de défiscaliser les dons. Contribuables, à l'aide !

L'incontournable chantre du catholicisme, Jean-Dominique Durand, adjoint au maire en charge du Patrimoine fut le président de la Fondation Fourvière pendant plus de dix ans. Nul doute que le patrimoine catholique lyonnais sera bien défendu et bien doté, (au nom de la Culture et du Tourisme, bien sûr !)

La Fondation possède en outre à Fourvière d'autres bâtiments dont la Maison Carrée, le Bâtiment d'Angle où se trouve son administration et une boutique de bondieuseries pour les touristes qui doit être agrandie, la Maison des chapelains, les jardins du Rosaire et quelques immeubles et appartements à Lyon provenant des legs de très dévots (et riches) propriétaires. Malgré le (relatif) appauvrissement de l'Église lyonnaise, il n'en resta pas moins que le patrimoine restant lui appartenant est encore très important, alimenté de plus chaque année par des legs dont la moitié se font en biens immobiliers. 

L'institution catholique investirait cinq millions d'euros annuellement dans son parc immobilier : elle vend, réhabilite et constitue des pôles pastoraux.

Par exemple, l'immense et imposant ex-séminaire St Irénée de Sainte-Foy-lès-Lyon où fut logé Jean-Paul II en 1986 a été acquis en 2008 pour 7 millions d'euros par un investisseur qui en fit une centaine de logements. Le produit a contribué à créer un séminaire provincial bien plus modeste et réaliste à Fourvière.

Jouxtant l'ancien séminaire de Ste-Foy la bien nommée a été créé un complexe hôtelier trois étoiles dans l'ancienne annexe, située dans un joli parc de cinq ha avec une belle vue : cent chambres, deux dortoirs, un resto de 300 places, destiné à recevoir des réunions confessionnelles, des séminaires (au sens moderne du terme), des expositions, un centre d'affaires, etc… sans oublier, bien sûr, la chapelle.

L'enseignement à tous les niveaux est aussi un axe très important pour l'influence de l'Église de Lyon.

On apprend ainsi que près d'un quart des élèves du Rhône fréquente les écoles catholiques, contre 17% au niveau national ! L'exemple-type est la reprise des prisons de Perrache par leur "université", la Catho.

Sans parler du domaine de la santé, les cliniques, maisons médicalisées ou de retraite placées sous le patronage de quelque saint(e) pour y veiller. Faute de peuple, qui l'a désertée en masse, l'Église mise sur ses nombreux affidés dans les couloirs du pouvoir.

Allons, l'Église n'a pas dit son dernier mot et la promotion active de la division de la population en tribus communautaires a encore de beaux jours devant elle, les (bons) élus y veillent.         RJ 

Colloque sur les questions de Bioéthique

Le Jeudi 12 Juillet 2018 à la Mairie du 6ème arrondissement a eu lieu un colloque « sur l’apport potentiel des spiritualités laïques à la réflexion éthique sur les sujet du début de vie (PMA, GPA et levée d’anonymat des dons de gamètes), du milieu de vie (don et greffe d’organes, neurosciences et Intelligence Artificielle) et de la fin de vie (liberté d’aller et venir versus sécurité, aide médicale à mourir et les soins palliatifs).»

La Libre Pensée du Rhône y était représentée. Passons sur le fait que l’expression « spiritualité laïque » n’a aucun sens, puisque la spiritualité, quelle qu’en soit la forme, ne peut se vivre que sur le mode de la conscience individuelle et n’a rien à voir avec un principe juridique.

L’important était ailleurs : une authentique réflexion collective où notre camarade Xavier Hyvert, représentant la fédération, a rappelé les positions de la Libre Pensée, lesquelles se sont révélées, sur chaque point, au cœur des débats.

Nous nous contenterons, faute de place, de quelques points de repère :

GPA : « Pour la LP, la loi doit permettre aux femmes seules et aux femmes homosexuelles d’accéder aisément à la maternité, la loi doit s’employer, non pas seulement à réparer l’infertilité diagnostiquée d’un couple hétérosexuel mais à répondre au désir d’enfant des femmes en âge de procréer.(…) la LP propose de rendre légale la gestation pour autrui dès lors qu’elle ne résulte pas d’une convention, à titre onéreux ou gratuit, mais du rapprochement par un tiers désintéressé de femmes prêtes à porter un enfant (…) ».

 

Droit à l’aide à mourir : « A l’instar de ce qui se pratique dans des pays voisins, notamment la Belgique et la Suisse, la FNLP est favorable à la création d’un droit à une aide à mourir en faveur des malades atteints de maladies incurables et subissant des souffrances insupportables.

Plus que jamais, le service public, créé par la Révolution française comme moyen de mettre en œuvre les principes de liberté, d’égalité, de fraternité, et de laïcité demeure la condition indispensable de leur mise en œuvre et doit être renforcé plutôt qu’appauvri, limité, rogné, « impuissanté », détruit. »

 

Fin de vie : « (…) si l’encadrement légal et réglementaire parait suffisant, la réalisation de conditions adaptées à une prise en charge respectueuse du droit d’aller et venir en EHPAD dépend du choix des pouvoirs publics de développer une offre publique de prise en charge dotée de personnels suffisants. »

Le 8 septembre, contre la présence des élus lyonnais au Vœu des Echevins

Avec d’autres organisations laïques et à l’appel du collectif laïque Auvergne-Rhône-Alpes, la fédération était présente sur le parvis de Fourvière, où les élus locaux – M. Képénékian en tête - ont été copieusement hués.

Cérémonie religieuse de Sainte-Geneviève : courrier aux autorités

 (Photo Le Progrès)

La Fédération s’est adressée au général Philippe Guimbert, chef de Région de gendarmerie Rhône-Alpes, et au colonel Thibaut Lagrange, chef du groupement de gendarmerie départementale :

            « Aux termes des deux premiers alinéas de l’article L. 4121-2 du code de la défense « Les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques [des militaires] sont libres. / Elles ne peuvent cependant être exprimées qu'en dehors du service et avec la réserve exigée par l'état militaire. Cette règle s'applique à tous les moyens d'expression. Elle ne fait pas obstacle au libre exercice des cultes dans les enceintes militaires et à bord des bâtiments de la flotte. » Il suit de ces dispositions que les militaires de la gendarmerie nationale ne sont pas autorisés à manifester publiquement leurs convictions religieuses pendant le service et doivent même, en dehors de celui-ci, faire preuve de retenue, étant observé qu’ils peuvent pratiquer le culte de leur choix dans les enceintes militaires dans le cadre de l’aumônerie instituée par la loi du 8 juillet 1880.

               Notre fédération a constaté que ces dispositions ont été violées dans le passé. Un "Bref" du pape Jean XXIII du 18 mai 1962 désignant Geneviève comme la patronne des gendarmes, des célébrations religieuses, dont la presse locale rend souvent largement compte, ont lieu chaque année dans de nombreux départements français, en présence fréquemment des autorités civiles. Des compagnies et des escadrons des groupements de la gendarmerie départementale et de la gendarmerie mobile du département du Rhône ont assisté eux aussi, en tenue et pendant le service, à des offices religieux célébrés publiquement, encore en 2017.

               Notre fédération vous demande donc de donner toutes instructions utiles aux officiers placés sous votre commandement pour rappeler leur devoir de réserve, notamment en matière religieuse, aux militaires de leurs compagnies et escadrons.

Ces instructions pourront, naturellement, indiquer que chacun d’eux peut pratiquer le culte de son choix en dehors du service ou dans le cadre de l’aumônerie militaire créée par la loi du 8 juillet 1880. »

…NOUS ATTENDONS LA REPONSE !

NB : C’est la paroisse de Sathonay qui est en charge de la protection des gendarmes rhodaniens. Le Père Henry Teste de Sagey, appartenant au diocèse aux armées est chargé d’assurer une présence d’Église au sein de la caserne.

Le 14 octobre au Mont-Verdun avec le Mouvement la Paix

Extrait du discours de Mme Cavillon, pour le mouvement de la Paix : « 68 ans après l’Appel de Stockholm, après une dizaine d’année de travail menée dans le cadre de ICAN (Campagne Internationale pour l’Abolition des Armes nucléaires) par 468 organisations dans le monde dont une cinquantaine en France, le 7 juillet 217, 73 ans après les bombardements atomiques américains d’Hiroshima et Nagasaki, un traité visant à interdire les armes nucléaires a été adopté à l’ONU par 122 pays.    

Pour ce travail et ce succès, les organisations membres de ICAN ont obtenu le Prix Nobel de la Paix le 6 octobre 2017.

(…) Nous citoyen-ne-s, élu-e-s et partenaires rassemblés devant les lieux où se prépare le crime de guerre nucléaire, déclarons « C’est le début de la fin des armes nucléaires »

Vous, Président, devez vous engager à

- ne plus faire régner la terreur avec la dissuasion nucléaire

- abandonner le financement de la violence nucléaire au détriment des droits humains

- à cesser la pollution irréversible de notre environnement

- à ne pas continuer à risquer la vie des générations futures

Monsieur le Président de la République, si vous aimez cette planète vous signerez le Traité d’interdiction des armes nucléaires. »

La Libre Pensée se prononce pour la suppression de tous les budgets d’armement. Nécessité d’autant plus pressante qu’on assiste à la mise en cause de tous les droits sociaux et des services publics.

A Saint-Fons avec la Ligue des Droits de l’Homme, en mémoire du massacre des Algériens du 17 octobre 1961

Le 17 octobre 1961, une manifestation pacifique de plusieurs milliers d’Algériens endimanchés défilait depuis plusieurs lieux de Paris pour l’indépendance de l’Algérie. Aucun des participants ne portait d’armes. L’image des cadavres repêchés dans la Seine allait rester dans toutes les mémoires.
La répression, sous l’autorité du Préfet de police Maurice Papon, allait être impitoyable.

Les estimations vont de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de morts. Fait largement occulté depuis, à l’instar des massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata

Une stèle à la mémoire des victimes à été érigée le 17 octobre 2011 à Saint-Fons. Elle est l’une des rares qui existent en France et mériterait d’être plus connue. Notons que si d’anciens élus étaient présents, comme M. Mongenot, ancien maire de Saint-Fons, la municipalité actuelle n’était pas représentée

LIBRES PROPOS, LIBREs PENSéEs

Charade : ils sont trop nombreux, ils vivent trop vieux, ils ont trop de pognon.

Qui sont-ils ?

Indice n°1 : Ce sont des êtres humains. Indice n° 2 : « Ils vivent dans un des « 35 pays membres de l’OCDE (1) … où l’espérance de vie au moment de la retraite est la plus élevée. » Indice n°3 : Ils vivent dans un de ces pays « où les hommes partent le plus tôt à la retraite, juste après 60 ans (les françaises partent un peu plus tard que les Slovaques, les Belges et les Polonaises). » Réponse : ce sont les retraités de France.

 

Cette deuxième caractéristique, certains la considèrent comme devant être provisoires.

En effet, « … La dernière synthèse de l’OCDE sur le sujet, parue l’an dernier, le montre. … La France est le pays de l’OCDE où la dépense publique de retraite est la plus élevée derrière l’Italie, où le taux de pauvreté (défini par un revenu de moins de moitié que le revenu médian) des plus de 65 ans est le plus bas, où enfin le niveau de vie des plus de 65 ans est le plus élevé par rapport par rapport à l’ensemble de la population (ration de 103% contre 88% pour l’OCDE). Tout ceci n’est sans doute pas tenable. ».

C’est sans doute pourquoi : « Il n’est pas question ici de la volonté d’Emmanuel Macron d’aller vers un autre système de retraite. Chaque euro cotisé donnerait le même droit à retraite, dans le public comme dans le privé, pour un salarié comme pour un indépendant. » et aussi « Ce projet va dans la bonne direction car ce nouveau monde serait plus juste, plus simple, plus transparent. Il bute sur une foule de choix délicats (pension de réversion, prise en compte de la pénibilité, carrières longues, majorations pour enfants, etc.). Il va rencontrer l’opposition de ceux qui profitent des injustices – et ils sont nombreux. Mais il est souhaitable. » (La Chronique de Jean-Marc Vittori dans les Echos du mardi 11 septembre 2018.)

 

Ce gouvernement sort de la période de congés sérieusement accablé, sinon affaibli par les « affaires », les démissions de ministres à répétition et les sondages catastrophiques, et prétend tout de même poursuivre dans la voie du démantèlement de l’ensemble des conquêtes sociales (Tous les secteurs sont attaqués : Sécurité sociale, Services publics et en particulier, école publique (primaire, collèges, lycées), Hospitalisation publique, les EHPAD (2) ; les Conventions collectives et les statuts)

 

On peut le dire : toutes les couches laborieuses sont impactées dans leurs conditions élémentaires d’existence, celles de leurs enfants, leurs conditions de travail.

Et, à l’évidence, la haute finance, au service de laquelle elle est prévue, attend beaucoup de la réforme des systèmes de retraites, puisque l’objectif serait de faire baisser d’au moins deux points de PIB (3) le volume global des pensions, soit une baisse espérée de 15,9% du volume global des pensions pour les 16,1 millions de retraités (Traduit pas une projection du Conseil d’orientation des retraites – Rapport annuel – juin 2018, tablant sur une baisse de 13,8% à 11,2% du PIB d’ici 2070).

 

Pour aboutir à ce résultat, rien de mieux qu’un système de retraite par points, car : « Le système par points, en réalité, ça permet une chose qu’aucun homme politique n’avoue : ça permet de baisser chaque année le montant des points, la valeur des points et donc de diminuer le niveau des pensions. » (Grand oral devant les patrons de François Fillon, candidat à « la primaire de la droite ». (Public Sénat)

En effet, avec un tel système, le salaire perçu chaque année permettrait d’obtenir un certain nombre de points en fonction de la « valeur d’achat » du point. Ce nombre de points, cumulés au long de la carrière, et multipliés par la valeur de liquidation du point au moment de faire valoir ses droits donnera le montant de la retraite.

C’est le gouvernement qui fixera le montant de la valeur de liquidation du point.

Dès lors, pour le salarié, plus aucune certitude n’existerait plus sur le montant de sa retraite.

Le calcul se fera sur l’ensemble de la carrière et non sur les meilleures années (actuellement, les 25 meilleures dans les salariés du privé, les 6 derniers mois pour les fonctionnaires) : ce sera une baisse importante des niveaux de pensions. Les salariés, les fonctionnaires seraient donc condamnés à travailler beaucoup plus longtemps pour éviter de se retrouver avec une trop faible retraite.

 

Nul besoin, avec un tel système, de modifier l’âge légal de départ à la retraite.

D’ailleurs Monsieur Jean-Paul Delevoye, ancien artisan de la « Réforme Fillon » de 2003, nommé ‘’Haut-commissaire à la réforme des retraites’’ par le Président de la République a déclaré, dans le quotidien ‘’Le Parisien’’ : « Dans un système à points, la notion de durée disparait ».

Nous avons entendu la promesse gouvernementale de respecter la retraite par répartition et de préserver le niveau des retraites. Mais un système par points n’est-ce pas, tout simplement les mains libres données au gouvernement pour baisser le montant des pensions.

 

Une baisse aussi importante des pensions dans le contexte d’austérité, contraindra les salariés qui le pourront à souscrire des produits spéculatifs aggravant, d’ailleurs ainsi, l’incertitude quant au montant des pensions. Pour ceux qui ne le pourront pas c’est la misère assurée.

Au moment où est annoncée la réforme des systèmes de retraite, et pas seulement en France, la Commission Européenne pousse à l’élargissement des fonds individuels de retraite (= fonds de pensions) et le gouvernement MACRON/PHILIPPE dans le projet de loi PACTE introduit un volet concernant l’épargne retraite au service des appétits spéculatifs.

 

La retraite par points : c’est la voie ouverte aux retraites par capitalisation.

Un régime universel de retraite signifierait la disparition de tous les régimes particuliers existants, du Code des pensions civiles et militaires des fonctionnaires de l’État, du régime spécial de la Caisse Nationale de Retraite des Collectivités Locales (C.N.R.A.C.L.) des personnels des hôpitaux publics et des agents des collectivités territoriales.

 

  • - Or, le Code des Pensions Civiles et Militaires est consubstantiel du statut des fonctionnaires de l’État.

Dissoudre le Code des Pensions Civiles et Militaire dans un régime devenu unique c’est, pour un gouvernement, rechercher les moyens de ne plus rattacher les fonctionnaires de l’enseignement, des finances publiques, de la sécurité, …, au budget de la République. La CNRACL, régime spécial de la Sécurité sociale est indissociable des statuts de fonctionnaires territoriaux et hospitaliers.

  • - S’il existe des régimes spéciaux, c’est parce que, en 1945, les créateurs de la Sécurité sociale ont veillé à ce qu’aucun salarié ne voit ses droits réduits par la nouvelle législation.

Ainsi, par exemple, les cheminots ont conservé, dans le cadre d’un régime spécial, les dispositions favorables acquises grâce à leurs combats victorieux (grève de1941 …). L’idée étant que celui-ci cesse lorsque tous les salariés pourraient bénéficier de mêmes avantages. Aujourd’hui, c’est l’inverse que l’on nous promet.

 

Ce ‘‘projet de réforme’’ arrive à la suite des nombreuses contre-réformes qui appliquées depuis 1993 et aggravées par la hausse de la CSG en 2018, ont considérablement réduit le pouvoir d’achat des retraités.

Selon l’INSEE (enquête d’avril 2015), entre 1993 et 2014, le rapport entre le volume des pensions et celui des salaires a baissé de 10 points, du fait des mesures prises en vingt ans.

 

Les libres penseurs, comme tout travailleur, ne peuvent être qu’attachés à l’existence des statuts de fonctionnaires (au travers, en particulier, de l’obligation de neutralité), et aux Services publics ; car sans ceux-ci, la laïcité institutionnelle, instituée par la loi du 8 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat et que l’on le sait promise à une offensive prochaine, ne serait qu’un vœu pieux.

 

Si vous créez des droits, mais s’il n’y a pas un outil qui permette de les mettre en application : ceux-ci restent effectivement de belles aspirations spirituelles n’ayant aucune chance se réaliser.

  • - Le droit à l’instruction implique l’existence de l’école publique.
  • - Le droit aux soins ne peut exister sans les hôpitaux et ceux qui y travaillent.
  • - Le droit à une prise en charge en sécurité et de qualité en maison de retraite.
  • - Le droit à un enterrement civil ne peut exister sans cimetières municipaux.

 

Il y a une idée, un principe : l’égalité en droit et un moyen, le Service Public.

Ses bases ont été jetées par la Révolution française qui a pour la première fois établi la Séparation des Eglises et de l’Etat. La deuxième fois, c’est avec la Commune de 1871, écrasée dans le sang. La troisième, c’est avec la loi de 1905.

Dans ces conditions, a-t-on un autre choix que de s’opposer à la destruction du système de retraite par répartition tel qu’il existe encore aujourd’hui et d’exiger :

 

‘‘NE TOUCHEZ PAS A NOS RETRAITES ET NON A LA RETRAITE PAR POINTS’’.

 

De ce point de vue, les Libres penseurs, attachés au Service publics à la loi de 1905, ne peuvent qu’être partie prenante dans la bataille qui s’annonce pour défendre la retraite arrachée par la classe ouvrière, comme la sécurité sociale, en 1945. Les libres penseurs ne peuvent qu’apporter leur soutien aux confédérations syndicales qui organisent cette bataille essentielle.

 

Nous ne pouvons que le constater : tous les piliers de la République sont l’objet d’une sape systématique.

 

Dans une telle situation, comme le congrès national de la Libre Pensée qui s’est réuni à Saint-Herblain (44) réuni du 22 au 25 août 2018, l’a mis à son ordre du jour, ne sommes-nous pas amenés à nous poser la question: Quelle république sauvera la laïcité ?

 

(Extraits de la Résolution que la Question A l’Étude adoptée à l’unanimité des congressistes)

 « Le constat est clair : la Ve République est bonapartiste, antidémocratique, antisociale et anti laïque.

Elle est conçue pour mettre en œuvre le corporatisme totalitaire. Ce ne sont ni les différents présidents, ni les différents gouvernements qui adoptant et s’adaptant à ces institutions ne pourront en changer le caractère réactionnaire, le fondement antidémocratique.

Cette « monarchie élective », reposant sur le recours à l’homme providentiel, est très éloignée des principes fondateurs de la République. Elle a, dès sa mise en œuvre, accéléré les attaques contre l’école publique laïque mais aussi contre la liberté de conscience, la liberté d’expression, la liberté d’association, la liberté syndicale.

En soixante ans de Vème République, nombre de ces libertés ont été écornées, malmenées, remises en cause.

La laïcité n’a pas échappé à ces tentatives de destruction et d’effritement. » … « Jean Jaurès, dans un discours de 1898, nous dit que le seul moyen de sauver la République laïque, « c’est d’aller à la République vraie, à la République du peuple, à la République sociale ». 

 

Cette République sera celle : - Qui sera avant tout sociale car l’émancipation des travailleurs doit être en premier lieu économique - Qui donnera les moyens concrets aux travailleurs de mettre en œuvre les principes républicains fondamentaux de liberté, d’égalité et de laïcité - Qui rétablira dans sa plénitude la loi de 1905 et luttera contre le rétablissement des privilèges des religions en rejetant toute politique d'exception de type concordataire - Qui redonnera tous leurs moyens aux services publics qui sont à la base de la justice sociale - Qui redonnera tous ses moyens à l’Ecole publique et laïque en abrogeant la loi Debré et toutes les lois antilaïques et qui répondra au mot d'ordre: « Fonds publics à l’Ecole publique, Fonds privés à l’Ecole privée ». - Qui luttera contre toute dérive corporatiste et communautariste et contre l’individualisation des rapports sociaux - Qui rétablira la République dans son unité, garante de l’égalité entre les citoyens - Qui garantira toutes les libertés individuelles et en premier lieu l'absolue liberté de conscience. La République qui sauvera la laïcité, sera celle qui mettra en œuvre les principes constitutionnels de Liberté, Egalité, Fraternité. » Tout est dit.

Appuyé sur ce rappel : le congrès de la Libre pensée, pour sa part, a répondu à la question : « La démocratie, c’est un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » (Abraham Lincoln). Il faut redonner la parole au peuple. Il convient donc de renouer avec l’œuvre révolutionnaire et démocratique de nos aînés : mettre en œuvre une Assemblée Constituante souveraine dont le peuple décidera librement la forme et le contenu. « La souveraineté réside dans le peuple ; elle est une et indivisible, imprescriptible et inaliénable » (article 25, Constitution 1793), elle ne peut résider ailleurs, ni dans les couloirs de la Commission européenne, ni dans les bureaux de la Banque Centrale, du FMI, de l’Élysée ou de Matignon. »

 Quelle république sauvera la laïcité ? Comment sauver la République laïque ?

 En tout cas, en ne laissant pas toucher au système de retraite et de Sécurité sociale de 1945.

 Xavier Hyvert, libre penseur et syndicaliste.

  • (1) OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques
  • (2) EHPAD : Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes
  • (3) PIB : Le produit intérieur brut (PIB) est l'un des agrégats majeurs des comptes nationaux.  La comptabilité nationale étant une représentation schématique et quantifiée de l'activité économique d'un pays. Elle consiste en une mesure des flux monétaires représentatifs de l'économie d'un pays pendant une période donnée, en principe, une année et les regroupe dans des totaux nommés agrégats.

2008 07 AN II 112

EDITORIAL

Effondrement de la religion ?


« Beaucoup de gens sont surpris que l’on construise une église malgré l’effondrement de la religion » constate Régis Charre, prêtre de la paroisse de Vaulx-en-Velin (Le Progrès du 26/7/08). En effet ! Et on pourrait ajouter que la construction simultanée d’une église, d’une mosquée et d’un temple protestant sur une même commune est trois fois plus étonnante ! R. Charre ajoute, en guise d’explication, que « la ville a besoin d’un lieu d’église pour faire en sorte que l’église d’aujourd’hui soit autre chose que seulement la messe. »

La stratégie de la confusion

Nous osons croire qu’en parlant de « la ville » M. Charre emploie ce mot dans son sens le plus général, et qu’il ne parle pas de la Municipalité, car les élus ont autre chose à faire qu’à régenter l’organisation cléricale. Nous osons le croire, mais nous savons que la municipalité de Vaulx-en-Velin a aidé, ouvertement, le projet de construction de la mosquée (concession du terrain au quart de sa valeur réelle). Il n’y a pas de vraisemblance que l’Eglise catholique n’ait pas bénéficié de largesses équivalentes. Lorsque la pose de la première pierre aura lieu, le 3 mai 2009, il s’agira déjà de la troisième église de Vaulx-en-Velin. Le projet représente 2,5 millions d’euros. Or, comme le constate R. Charre, la religion « s’effondre » ; et on nous assure que les caisses sont vides.

Alors, s’il faut un lieu « pour faire en sorte que l’église d’aujourd’hui soit autre chose que seulement la messe », de quoi s’agit-il ? Quel rôle veut-on lui faire jouer ?

S’il s’agit d’un rôle d’organisation sociale, il y a des services publics pour cela, qui (jusqu’à présent) marchaient bien.

M. Charre avance un argument très étonnant : « Dans nos églises, il y a des Créoles, des Africains, des Tamouls (Indiens de Pondichéry), et 140 familles assyro-chaldéennes, soit une dizaine de nationalités différentes. » Mais en quoi la diversité ethnique des fidèles a-t-elle à voir avec la capacité d’accueil des lieux de culte ? Si nous comprenons bien, l’Eglise se pose en candidate à fédérer les communautarismes ethniques potentiels sous sa houlette, et on lui donne les moyens pour se livrer à un nouveau genre de prosélytisme (d’où la nécessité de construire)… et mettre en place son propre « super-communautarisme ». Pourtant ce n’est pas à la puissance publique de décider si celui-ci est préférable à ceux-là.

L’Eglise facteur républicain d’intégration : Sarkozy en avait rêvé, cela se fait à Vaulx-en-Velin !

Une église « écologique »

L’église Saint-Thomas présentera toutes les garanties « d’honorabilité ». Elle doit être construite, dans un quartier entièrement refait à neuf, en face du « jardin de la Paix et des libertés ». Sa conception architecturale respectera la « Haute Qualité Environnementale », avec structures en bois et innovations en matière d’économie d’énergie. Comment en serait-il autrement depuis que la pollution a été mise au rang des péchés capitaux ? Mgr Ricard, au moment de quitter la présidence de la Conférence des évêques de Lourdes, expliquait l’an dernier qu’un des rôles de l’Eglise était désormais « d’aider les consciences à accepter les changements de mode de vie auxquels nous serons inéluctablement appelés ». Dans la même déclaration, il stigmatisait cette époque où « le repli sur son pré carré social ou national semble marquer les esprits ».

Il fut une époque (mythique bien entendu) où l’Eglise ne se préoccupait que du Salut. Le Royaume du Christ n’était pas de ce monde. Cette époque semble lointaine : désormais les prêtres vont vous dire à quel moment utiliser votre voiture, et si vos revendications sont fondées. L’Eglise se dit laïque, mais n’a pas renoncé à diriger les consciences.

S’opposer à l’offensive cléricale

Nous pouvons revenir à notre question : quelle est la nécessité d’une Eglise qui soit « autre chose que la messe » ? Comme le rappelle l’appel du congrès de Roanne à la manifestation contre le financement public de la venue du pape et pour la laïcité en Europe, le pape Benoît XVI a déclaré lors de son voyage aux U.S.A. : « Il faut résister à toute tendance à considérer la religion comme une affaire privée ». Voilà ce que vaut la prétendue « laïcité » de l’Eglise moderne, que certains en France nous présentent comme une nouvelle réalité (en nous faisant passer pour des « attardés »). La forme varie, mais le fond reste le même : l’Eglise moins la messe, c’est le cléricalisme.

Nul doute que la venue de Benoît XVI sera « couverte » par les media avec des temps d’antenne record. Préparons-nous à entendre parler du pape et de Lourdes (avec le 150ème anniversaire des apparitions) … jusqu’à plus soif, et sans le moindre recul critique. C’est dans l’ordre des choses ! Pour notre part, nous n’attendrons pas qu’on nous accorde tant de publicité. Nous ne sommes pas dans l’affectif béat ; ni dans le spectacle. Nous continuerons à défendre, sans nous laisser impressionner, la liberté de conscience et la démocratie républicaine. Et ce, dès le 14 septembre à Paris.
P.G.

  

LIBRES PROPOS…

Laïcité et Déclaration des Droits de l’Homme :
quelle filiation ?


En cette époque si sereine, si claire, où les principes, les règles sont respectées par tous et notamment par ceux qui nous gouvernent, il est nécessaire de revenir à la source et de rappeler ce qui nous a permis, collectivement, de devenir ce que nous sommes. La Révolution française, en proclamant le 26 août 1789 la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, érigeait les bases de l ‘émancipation du peuple français. Dans une société où régnaient les guerres, la misère, l’arbitraire, la confusion entre le politique et le religieux, cette Déclaration était un formidable acte d’espoir et de progrès à l’adresse des peuples du monde. Le citoyen était reconnu et boutait, dans la part obscure de l’histoire, la notion de sujet! le peuple prenait conscience de son existence et de sa capacité à décider de son destin. Ce combat ne faisait que commencer et, avec le recul de l’histoire, nous faisait réaliser qu’il devait être quotidien et perpétuel.
Une lecture attentive de cette Déclaration révèle à quel point elle est jumelle avec le principe de Laïcité et explique pourquoi elle a provoqué l’ire du Vatican hier et aujourd’hui encore, et avec lui toutes les religions dites du « livre ».

Un bref rappel du principe de Laïcité

L’origine étymologique du mot laïcité se trouve dans le grec « laos » c’est à dire unité d’une population (le citoyen) considérée comme un tout indivisible (le peuple). L’unité du « laos » induit le principe d’égalité. Le « laïc » est un homme du peuple, sans distinction quelconque, en vertu du principe d’égalité. Ce principe s’oppose à l’idée de reconnaissance d’un groupe particulier ou à la possibilité qu’une confession particulière devienne une norme publique et fournisse la base d’un pouvoir sur le tout.
Paradoxalement il n’existe pas, en tant que telle, une définition précise de la laïcité. Fernand Buisson, dans son « Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire » en 1911, écrivait que le mot laïcité était un néologisme! Il apparaît pour la première fois dans la Constitution de 1946 (article 1er) et ensuite dans la Constitution de 1958 (article 2).
Face à la confusion des pouvoirs qui a régné, pendant de nombreux siècles, entre le temporel et le spirituel, la laïcité se définit comme un espace de liberté garantie par la séparation desdits pouvoirs politique et religieux. Liberté qui garantit à tout un chacun, entre autres, la liberté de conscience, c’est à dire celle de croire (ou de changer de croyance) ou de ne pas croire.

Alors quel lien avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ?

La « Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen » sur trois de ses articles fonde le principe de laïcité.
Tout d’abord l’article 3 qui stipule que « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément ».Il affirme clairement que la souveraineté ne vient pas de Dieu, ni du monarque, mais de la Nation. C’est le peuple qui dorénavant est à l’origine du pouvoir. Il en est le détenteur et il en est la source. Désormais la loi sera celle qu’il se sera librement attribuée. Il n’y a plus de règle qui serait inspirée par une origine supra-humaine et qui s’imposerait au peuple. C’est le renvoi de la religion dans la sphère du privé « nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’émane du peuple souverain ». L’autorité « auto-proclamée » de la religion perd sa base politique et légale pour devenir un mouvement comme les autres qui se doit de respecter les lois et règles que les hommes adoptent ou adopteront.

L’article 10 relègue la religion au rang des opinions égales aux autres opinions « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi ». Il n’y a pas de hiérarchie. La seule contrainte: le respect de la loi de la République. Sur cet article les représentants des groupes confessionnels ont réussi à faire admettre leur lecture .Il garantirait, selon eux, la liberté religieuse et la placerait au sommet des libertés publiques. Elle bénéficierait, de ce fait, d’un statut spécifique qui justifierait toutes les entraves ou violations de la loi commune et notamment la Laïcité! Le travail de sape a formidablement fonctionné. Nombreux sont les commentateurs et les politiques à partager cette interprétation. Non seulement elle est erronée, ne correspondant pas à la tradition républicaine française, mais elle nous entraînerait vers une pratique à l’américaine qui place la liberté religieuse au-dessus de toutes les lois avec tous les excès que nous connaissons. Les USA ne sont–ils pas le berceau de toutes les sectes qui infestent le monde ?

L’article 16 est, quant à lui, la clef-de-voûte du système démocratique mais également celui de la laïcité « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution ». Cette séparation, chère à Montesquieu, tant honnie par le Vatican et la hiérarchie catholique française dès lors qu’elle fonde le principe de laïcité. Cet espace de liberté institué par la séparation des deux pouvoirs temporel (civil) et spirituel (religieux). Le Vatican au terme de « pouvoir » préfère évoquer « jésuitiquement » le terme de « puissance » et se trouva fort marri lors de l’adoption de la loi de 1905, en sa qualité de « puissance », de n’avoir pas été consultée…!
La « Déclaration » fut dès l’origine, comme lors de l’adoption de la Loi de 1905, vouée aux gémonies, bien entendu comme contraire aux lois divines mais surtout parce qu’elle stipulait, affirmait le principe de séparation. Le maudit principe qui la privait de tous ses intérêts et privilèges !

Les droits de la « personne » contre la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen

Alors, suprême habileté, le Vatican invoque aujourd’hui l’article 10 dans l’interprétation qui lui convient mais parallèlement combat la « Déclaration » pour imposer sa conception non pas des droits de l’homme mais des droits de la « personne ». La personne s’analysant comme le « masque » au sens grec du terme apposé sur le visage de la créature de dieu ! Les droits de la personne contre les droits de l’homme (traité vulgairement de droits de « l’hommisme »). D’un côté des doits qui nous seraient octroyés en tant que « créatures de dieu » et de l’autre des droits que les hommes s’attribuent en fonction de ce que leur raison dicte pour le bien commun : voilà l’autre combat qui se mène parallèlement depuis de nombreuses années à celui de la Laïcité. Soit le retour à la soumission des clercs, soit le maintien de l’homme comme référence et source du droit et de la politique !
Alors si nous voulons être les successeurs dignes et fiers de tous ceux et celles qui ont œuvré pour l ‘édification d’une société démocratique, laïque et sociale, n’oublions pas et ne laissons pas la « Déclaration des Droits de L’homme et du Citoyen » aux mains des cléricaux. Comme pour la Laïcité, une telle captation cléricale en sonnerait irrémédiablement le glas…!

Jean PETRILLI

APPEL DU CONGRES DE ROANNE – 2008
(adopté à l’unanimité)

 

  Madame, Monsieur,

Le pape Benoît XVI a été invité par la Conférence épiscopale des évêques de France à venir à Paris et à Lourdes (il s’agit de célébrer le 150è anniversaire des « apparitions » de Bernadette Soubirous ).
Le pape sera reçu par le Président de la République Nicolas Sarkozy. Cela est contraire à la Loi de Séparation : le pape Benoît XVI est un chef religieux.
Il a le droit, comme tout individu, de voyager librement. Mais la Démocratie et la Laïcité exigent que, dans la République, ce voyage soit exclusivement financé par les adeptes de cette religion (article 2 de la loi de 1905 : « la République ne reconnaît, ne subventionne et ne salarie aucun culte »). 

La religion est et doit rester une affaire privée.

Le chef de l’Eglise catholique s’est rendu aux Etats Unis à la mi-avril. Sa visite – au mépris du 1er amendement de la Constitution américaine (« le Congrès ne fera aucune loi qui établisse une religion ou qui interdise l’exercice de celle-ci… ») – a été largement financée par les fonds publics : 12,5 millions de dollars ont été prélevés pour financer cette visite.
En France, chaque année, 10 milliards d’euros sont détournés pour financer les activités de l’Eglise et de ses oeuvres, soit l’équivalent de 20% de l’impôt sur le revenu.

La Libre Pensée s’oppose à tout financement public de la visite du pape : pas un centime d’argent public, de l’Etat, des collectivités territoriales (communes, départements, régions) !

Les élus doivent respecter la liberté de conscience.
Ils doivent respecter la loi de 1905.
Ils doivent déclarer qu’aucune activité cultuelle, à l’occasion de la visite papale ne sera financée par les fonds publics.
Le Président de la République, le Conseil des ministres doivent respecter la Loi de séparation des Eglises et de l’Etat et veiller à ce que le gouvernement ne débourse aucun centime pour ce séjour.

Les convictions personnelles de Nicolas Sarkozy ne sauraient être confondues avec ses fonctions de président de la République !

LA REPUBLIQUE DOIT RESTER LAÏQUE !

Avec le coup de force du Congrès de Versailles, le mini traité de Lisbonne reprend l’article 1 – 52 du projet de constitution de l’Union Européenne dans son article 16 C-3 : « Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations ». La Libre Pensée ne l’accepte pas ! En effet cet article consacre tous les privilèges antidémocratiques des Eglises en Europe

Les religions, la catholique en particulier, veulent contrôler tous les rouages de la société (Etat, écoles, universités, recherche…). Benoît XVI l’a déclaré aux Etats Unis : « Il faut résister à toute tendance à considérer la religion comme un fait privé. » Il a affirmé son soutien au gouvernement américain en guerre contre les peuples afghan et irakien.

Le voyage du pape a lieu au moment où tout est fait pour faire imploser la République Une et Indivisible.

Il fait suite aux agressions verbales du Président de la République Nicolas Sarkozy et du ministre de l’Intérieur et des Cultes, Mme Alliot-Marie, contre la laïcité. Ce voyage a pour but de réaffirmer la farouche hostilité du Vatican au principe de séparation de l’Etat et des Eglises et de défendre une “Europe chrétienne” contre l’héritage humaniste et universel des Lumières.

LES LAÏQUES, LES REPUBLICAINS DOIVENT FAIRE FRONT !

La Libre Pensée appelle au rassemblement, à l’unité.

• CONTRE TOUT FINANCEMENT PUBLIC DE LA VISITE DU PAPE !
• POUR LA LAÏCITE EN EUROPE !
• POUR LA SEPARATION DES ETATS ET DES RELIGIONS !

Respectez la Loi de 1905 ! Respectez notre liberté de conscience !

TOUS À PARIS 14 SEPTEMBRE 2008 A 13 HEURES !

Soutiennent d’ores et déjà cette initiative : Union internationale Humaniste et Laïque (IHEU) – Fédération nationale de la Libre Pensée France) – Ligue française de l’Enseignement (France) – Union Rationaliste (France ) – Mouvement Europe et Laïcité (CAEDEL) – Union des Athées et Libres Penseurs d’Espagne et union des Athées de Catalogne – National Secular Society (Royaume-Uni) – Fédération Humaniste Européenne - Bund gegen Anpassung (Allemagne) – Grenade Laïque (Espagne) – Union de Athées (France et Belgique) – Conseil National des Associations Familiales Laïques (CNAFAL – France ) – Mouvement Laïque Québécois (Canada) – Humanist Association of Canada – Fédération Internationale d’Athées – Europa Laica (Espagne) – Association polonaise des Rationalistes – Front pour la Culture Laïque ( Mexique) – Cullera laïque (Espagne) – Associazone Nazionale del Libero Pensiero Giodano Bruno (Italie) – Concil of Australian Humanist Societies (Australie) – Association des Rationalistes et Libres Penseurs (Cameroun) – Centre d’Action Laïque de Bruxelles.

 

Congrès 2008 Vœu « Etienne Dolet »

L’ensemble des vœux et motions adoptés lors du congrès national de Roanne (11 au 13 juillet 2008) sera, comme de coutume, publié intégralement. On peut également consulter ces textes sur le site national de la Libre Pensée (librepenseefrance.ouvaton.org). C’est pourquoi nous signalerons simplement l’adoption d’une motion déposée par la C.A.N. sur proposition de la fédération du Rhône :

 500ème anniversaire en 2009 de la naissance d’Etienne Dolet

1509-1546

Etienne Dolet, né à Orléans en 1509, fut poursuivi par l’Inquisition pour avoir condamné l’intolérance et le fanatisme religieux à Toulouse où il était étudiant. Réfugié à Lyon, en1534, il choisit de se faire imprimeur et obtient un « privilège » du roi François Ier en 1538. Sans cesse inquiété, il est finalement emprisonné presque sans interruption de 1542 à 1546 dans cette ville ou à Paris, accusé de sédition, de diffusion de livres prohibés, d’être fauteur d’hérésie et professeur d’athéisme. Il fut à la fin torturé sous les yeux des théologiens, avant d’être conduit place Maubert à Paris pour y être étranglé et brûlé sur le bûcher ( 3 août 1546), sa mort ignominieuse devant servir d’exemple.

Dolet un des plus grands humanistes de la Renaissance, fut aussi un imprimeur remarquable, ennemi déclaré de toute censure, un promoteur de la langue française, le chantre enthousiaste de la culture et de la civilisation libératrices, inventeur, avant la lettre, de la laïcisation de la pensée, débarrassée de la gangue théologique.

C’est à ces différents titres qu’il devint peu à peu une figure emblématique des libertés, notamment chez les républicains et libres penseurs. La Ville de Paris lui éleva un monument en 1889, place Maubert, monument qui devint un lieu de rassemblement républicain pendant l’affaire Dreyfus et la bataille laïque de 1905.

La statue de Dolet fut détruite sous Vichy et jamais reconstruite, comme si la mémoire du martyr de la Renaissance et de l’indépendance de la pensée, selon les mots de son biographe, de Jaurès et d’Herriot, devait être abolie.

Le 500ème anniversaire de la naissance de Dolet doit être l’occasion de faire revivre son souvenir en des temps où la défense des libertés est chaque jour plus nécessaire.

La Libre Pensée soutient toutes les initiatives qui y contribueront au cours de l’année 2009, colloques, conférences, éditions et autres manifestations.

Dolet mourut pour ses idées. Il appartient au patrimoine de la France et de l’humanité.

A ce titre, la Libre Pensée soutient tout particulièrement la campagne pour l’édition en 2009 d’un timbre commémoratif à l’effigie d’Etienne Dolet de l’Association Laïque Lyonnaise des Amis d’Etienne Dolet et du Comité de Soutien auquel participent des dizaines de personnalités et les maires des très nombreuses communes ouvrières qui possèdent depuis un siècle une rue ou une place Etienne Dolet.

 

 COMMUNIQUE DE PRESSE Paris, le 15 août 2008

La République ne reconnaît aucun culte (loi de 1905) :
En conséquence, ni le Daïla-Lama ni le Pape ne doivent être reçus officiellement par une quelconque autorité de la République !

Précédant le voyage du pape Joseph Ratzinger dit Benoît XVI , c’est au tour de Tenzin Gyatso alias la quatorzième réincarnation du Daïla Lama de venir faire du prosélytisme dans notre pays. Comme de coutume, nous assistons à un déferlement médiatique sans précédent et un empressement des autorités et des corps constitués à faire allégeance à la propagande religieuse.

La Libre Pensée est pour la libre circulation des hommes et des idées. En conséquence, les chefs religieux sont libres de voyager, mais pas aux frais de la République et non reconnus par la République. C’est là, le strict respect de la laïcité de l’État républicain.

Par ailleurs, dans le pays des Droits de l’Homme et de la Révolution française, on est en droit de s’interroger publiquement sur les « qualités démocratiques » des chefs religieux que certains encensent.

Rappelons que le Vatican se prétend État (toutefois non reconnu par l’ONU) dans lequel il est interdit d’être non-catholique, d’être syndiqué, de faire grève et dans lequel il n’y a jamais eu d’élections démocratiques. Et que ce curieux « État » mène une campagne acharnée contre les plus élémentaires libertés démocratiques que sont la contraception et l’IVG, sans parler de la lutte criminelle contre le port du préservatif, seul moyen de masse pour enrayer la pandémie du SIDA et que son chef fut adhérant des jeunesses hitlériennes.

Rappelons que le Daïla-lama a été formé par le Waffen SS Heinrich Harrer. Pour juger du caractère « démocratique » du Tibet, laissons-lui la parole dans son ouvrage Sept ans d’aventure au Tibet : « La domination qu’exerce les moines du Tibet est absolue. C’est l’exemple type de la dictature cléricale ». Il est stupéfiant de remarquer que le Dalaï-Lama actuel, en 1994, a voulu réunir à Londres des personnalités occidentales ayant connu un Tibet indépendant. Sur les sept personnalités, il y avait les deux Waffen SS, Harrer l'alpiniste et Beger l'ethnologue d' Auschwitz et un diplomate chilien du nom de Miguel Sorano qui a fait carrière dans le sillage de Kurt Waldheim, en étant proche de Pinochet et des communautés nazies du sud du Chili.

Le Tibet n’est pas un État indépendant, il est chinois depuis le XIIIe siècle, de la même manière que le Vatican n’est que le produit des accords du Latran de 1929 signé par le chef de l’État fasciste italien Benito Mussolini. Le Vatican est un résidu du fascisme italien comme l’État du Tibet est un produit de la guerre froide.

Nul détenteur de l’autorité de la chose publique n’a le droit de violer les principes républicains et, en premier lieu, la laïcité de l’État. C’est ce que rappellera la Libre Pensée lors du meeting laïque international du 14 septembre 2008 à 13H au Gymnase Japy – 2 rue Japy – 75011 Paris (Métro :Voltaire) à l’occasion de la visite de Benoît XVI. Ce meeting est appelé par 25 associations de France, d’Europe et des autres continents.

LIBRES PROPOS… (SUITE)

La guerre de 14-18 et les prêtres planqués

Henri Barbusse est parti à la guerre en août 1914 comme engagé volontaire, alors qu’il était exempté de service militaire, comme simple fantassin. Il passera 23 mois sur le front et ne sera démobilisé que pour de graves raisons médicales.
Parti avec l’illusion de l’ « Union Sacrée » contre la « barbarie du Pangermanisme », il changera peu à peu d’opinion et finira par prendre le parti de la Révolution bolchevique.
Il répond, en juin 1918 aux « insinuations calomnieuses et insultes graves » dont il venait d’être victime dans une conférence faite à Chicago par un officier français en mission en Amérique à propos de son ouvrage « Le Feu ».
Retenons quelques lignes de son témoignage en nous souvenant que c’était une revendication populaire, lors de la guerre de 1870, que les prêtres, jusqu’alors non soumis au service militaire, suivent le sort commun, ce que devait décider la IIIème République et que l’Eglise, après la guerre, a su tirer parti de son prétendu dévouement à la patrie pour arracher bien des avantages.
« Le conférencier de Chicago m’accuse d’avoir dit que peu de prêtres ont porté le sac. Je maintiens formellement cette affirmation. S’il y a beaucoup de prêtres mobilisés en France, ils le sont, soit comme aumôniers, soit comme infirmiers à l’avant, et ceux-là – très peu nombreux du reste - ne portent pas le sac du fantassin. Demandez aux soldats combattants si les aumôniers et les infirmiers qu’ils entrevoient subissent les mêmes fatigues et les mêmes dangers qu’eux ! Mais l’on trouve un grand nombre de prêtres dès qu’on s’éloigne de la première ligne ; parmi les brancardiers divisionnaires (qui vont des deuxièmes aux troisièmes lignes), le personnel des ambulances, et surtout celui des hôpitaux de l’intérieur. Dans tous les séjours que j’ai faits à l’hôpital, j’en ai été entouré : les infirmiers, les vaguemestres et même les cyclistes et les concierges étaient des prêtres.
Je dis et je maintiens donc qu’il n’est pas possible à un homme de bonne foi de prétendre que, pendant cette guerre, le clergé a partagé la vie et les souffrances du simple soldat.» (pages 68 /69 Paroles d’un combattant – Paris, Flammarion 1920) M.P.

 

SCIENCES

CNRS : chronique d'une mort annoncée

Le Centre National de la Recherche Scientifique, CNRS, est un des organismes majeurs de la recherche scientifique en France avec le CEA (recherche civile et militaire dans diverses disciplines), l'INSERM (médecine), l'INRA (agronomie), le CNES (spatial), le CNET (télécommunications) et bien sûr les universités. Il a été crée le 19 octobre 1939 par un décret du président de la République Albert Lebrun. Des scientifiques de grand renom comme Jean Perrin (prix Nobel de physique 1926) ont oeuvré à sa création.
Les mesures visant à le transformer, voulues par Nicolas Sarkozy et mises en oeuvre par la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, risquent de signer la mort du CNRS, et de la recherche en général.

Quand les mensonges d'état s'accumulent pour justifier le sabordage de la recherche…

Pour noyer son chien, on l'accuse de la rage. La tactique est suivie à la lettre par le gouvernement, et l'a été par nombre de ses prédécesseurs. La recherche française est accusée tour à tour d'être sclérosée, inefficace, en retard sur le reste du monde. Ses prétendus faibles résultats démontreraient le gaspillage d'argent, « le budget de la recherche étant l'un des plus élevé au monde » (N. Sarkozy, discours à Orsay le 28 janvier 2008 en l'honneur d'Albert Fert, prix Nobel de physique 2007).

 Cette propagande qui tourne à la manipulation, est répétée à l'envi par le gouvernement et ses affidés pour justifier le saccage systématique de la recherche. Dans une quasi-unanimité touchante, les médias, toujours ravis quand il s'agit de vulgate anti-fonctionnaires, reprennent servilement le discours du gouvernement.

Lorsque l'on veut bien se pencher sur les chiffres, la réalité est tout autre. Malgré des moyens nettement insuffisants, la France est encore, mais pour combien de temps ?, une grande nation scientifique : le CNRS est le 5e organisme mondial pour le nombre de publications, et le premier en Europe. Au classement de Shangaï (classement des universités) la France est en 6e position. Les chercheurs qui travaillent au CNRS (ou y ont travaillé à un moment de leur carrière) reçoivent régulièrement les plus hautes distinctions : en 2007 Albert Fert a reçu le Nobel de physique, en 2005 Yves Chauvin a obtenu celui de chimie et en 2006 Wendelin Werner a décroché la médaille Fields (équivalent du Nobel pour les mathématiques).
Malgré les tonitruantes déclarations officielles, le budget de la recherche en France est loin d'être à la hauteur de ce qui est annoncé. Après avoir été la 3e nation dans le monde pour l'effort de recherche en 1970, 5e en 1985 et 7e en 1995, la France est actuellement en 14e position mondiale (et 6e en Europe) avec 2,12% de son PIB consacré à la recherche (chiffre regroupant la recherche civile et militaire, publique et privée. Source : OCDE « Principaux indicateurs de la science et de la technologie » 2006 derniers chiffres disponibles). Elle se situe très loin du Japon (3,33% du PIB soit 57% de plus que la France), des USA (2,62% du PIB soit 24% de plus) ou en Europe de la Suède (3,82% du PIB soit 80% de plus) ou de la Finlande (3,43% du PIB soit 62% de plus). Le manque criant d'embauche de chercheurs et d'ingénieurs sur des postes statutaires est le corollaire obligé de ce budget anémié.

Le démantèlement en cours, les réactions des chercheurs

La question budgétaire n'est malheureusement pas le seul aspect de la destruction en cours du CNRS. Le gouvernement veut engager de profondes modifications dans la structure et le fonctionnement du CNRS, modifications qui si elles viennent à être appliquées sonneront le glas de la recherche fondamentale en France. Le conseil d'administration du CNRS, annulé le 19 juin grâce à la mobilisation des chercheurs, les a malheureusement adoptées le 1er juillet.
Ces mesures consistent à découper le CNRS en plusieurs instituts et à ne financer la recherche que sur projets. Elles rencontrent une forte résistance chez les chercheurs. Albert Fert, prix Nobel de physique 2007 pour la découverte de la magnéto-résistance géante qui a permis de multiplier par 100 la capacité des disques durs déclarait au Monde le 25 octobre 2007 : « On ne peut imposer une finalité stricte à la recherche [...] S'il n'y avait eu qu'un financement sur projet, je n'aurais pas décroché le Nobel ». Plus de 450 médaillés du CNRS (chaque année le CNRS décerne des médailles de bronze pour les jeunes chercheurs, des médailles d'argent pour les chercheurs confirmés dont les travaux ont une portée internationale majeure, une médaille d'or, et les ingénieurs, techniciens ou administratifs se voient attribuer un cristal) qui dans un communiqué intitulé « Fiers mais inquiets » déclarent : « Comment se déprendre de l'impression, nous qui sommes en poste au CNRS, dans un autre organisme de recherche ou à l'Université, qui prenons plaisir à chercher, à transmettre, et qui avons été reconnus pour cela par nos pairs, que nous serons les derniers de notre espèce, que nous n'aurons, bientôt, qu'à éteindre la lumière et fermer la porte derrière nous ? ».
Dans certaines instances dirigeantes du CNRS, l'inquiétude aussi est de mise. Le 16 juin, le conseil scientifique du CNRS a voté contre le « plan stratégique » qui lui était présenté pour la 3e fois. Fait sans précédent, tous les présidents des conseils scientifiques ont signé un communiqué dans lequel ils disent à propos du projet du gouvernement : « Il y aurait urgence non pas à l'adopter mais à le dénoncer ». Leur opposition est particulièrement forte vis-à-vis de la volonté de l'exécutif de faire disparaître la moindre parcelle d'autonomie du CNRS et d'avoir le contrôle absolu des stratégies et des thématiques de recherche : « Conformément à la tradition libérale de respect des libertés académiques, les Etats s'abstiennent de s'ingérer dans le fonctionnement des organismes de recherche[...] Au pouvoir politique revient naturellement la responsabilité de fixer les grandes priorités nationales [...] Mais il est de la compétence des scientifiques de déterminer les stratégies de recherche et les thématiques propres à conduire aux résultats attendus [...] La question de la réorganisation du CNRS pour les décennies à venir devrait être discutée dans cet état d'esprit » Leur inquiétude va aussi vers les sciences et technologie de l'information et de l'ingénierie, les sciences du vivant et les sciences humaines et sociales. Ces trois disciplines ont tout simplement disparu dans la nouvelle organisation proposée par le gouvernement ! Le plus grand flou règne sur leur sort et particulièrement les SHS (les deux autres disciplines auraient d'autres instituts de raccroc).
Les chercheurs, outre les points soulevés par le communiqué des présidents des conseils scientifiques et le sous-financement chronique évoqué plus haut, s'alarment aussi de la conception du financement de la recherche dans le projet du gouvernement. Il s'agirait de financer la recherche quasi-uniquement sur des projets via l'Agence Nationale de la Recherche. Les thèmes des projets sur lesquels pourront être déposées des demandes de financement seront décidés par le ministre de la Recherche. Avec l'obsession du gouvernement actuel pour une recherche exclusivement appliquée, ce seront des pans entiers de la recherche fondamentale qui seront mis sous l'éteignoir. Les sceptiques pourront consulter la liste des thèmes retenus par l'ANR en 2008 pour la biologie : il concernent en très grande majorité la santé humaine et les biotechnologies, laissant de côté d'immenses secteurs de la biologie. Le financement sur projet dénote une méconnaissance totale (ou bien un complet mépris) du fonctionnement de l'activité scientifique. On ne peut jamais prévoir à l'avance d'où vont provenir des avancées majeures pour résoudre tel problème. Ce n'est par exemple pas en cherchant à améliorer la bougie que l'on a découvert l'électricité.

CONCLUSION

Le décalage entre les paroles de Nicolas Sarkozy et ses actes est de plus en plus flagrant. Annonçant que l'objectif de 3% du PIB pour la recherche sera atteint en 2012 (soit une hausse relative de 41,5% par rapport à la situation actuelle !), il fait voter un budget 2008 en stagnation. Prétendant lutter contre « ce gaspillage incroyable pour la France qui consiste à fournir aux laboratoires étrangers de jeunes scientifiques parmi les meilleurs du monde », il ne crée pour autant aucun emploi susceptible de les retenir. La réforme du CNRS ne règlera aucun problème, bien au contraire.
Les actes de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement, loin d'être de l'agitation sans direction précise, sont au contraire très cohérents entre eux. Avec un mépris de plus en plus affiché de la démocratie (derniers épisodes en date : la volonté du président de la République de diriger l'audio-visuel public et modification des institutions), l'intention de faire revenir les religions dans l'espace public, la mise-à-sac de tout ce qui fait le bien public et vise à assurer l'égalité dans les faits - écoles, hôpitaux, tribunaux - et la mise à disposition du bien commun dans les mains de quelques-uns, c'est très clairement vers une société d'ancien régime que nous dirige le pouvoir.

Cédric Mulet-Marquis

 

AN II mai 2008

 AN II MAI 2008

EDITORIAL

Quelques raisons de s’opposer au financement public de la venue du pape…

Une nouvelle église va être construite à Vaulx-en-Velin, lit on dans le magazine Lyon-Mag (12/6/08) : « à l’angle de la rue Cuzin et de l’avenue Pablo-Picasso, d’ici 2011. sur une surface de 1000 m², cette église catholique qui prendra le nom de Saint-Thomas disposera de 450 places mais aussi de bâtiments annexes comme un oratoire et des salles paroissiales. C’est le collectif d’architectes lyonnais Siz’-ix qui a remporté l’appel d’offres parmi vingt candidats, ayant conçu une église à l’architecture résolument moderne, avec quelques touches de couleurs. Coût du projet : 2,5 millions d’euros. »

Nous avions pourtant entendu dire (par le représentant de la mairie de Lyon) que « l’Eglise n’avait plus d’argent ! » C’était la raison avancée pour justifier les subventions à la fondation Fourvière, incapable de maintenir debout la basilique par ses seuls moyens. Il fallait soulager une telle détresse.

Fidèle au précepte évangélique : « Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite » (Mathieu 6,3) l’Eglise dépense donc d’une main, largement, ce que l’autre a quémandé en criant misère.

Ce n’est pas tout. Lyon-Mag remarque justement que « deux autres lieux de culte vont être construits à Vaulx-en-Velin : un temple protestant dans le quartier de la Soie, qui sera inaugurée en septembre, et une mosquée au Mas du Taureau. » Trois lieux de culte en même temps, serait-ce un effet de la Providence ? Nous y verrions plutôt un calcul politique simple, caractéristique de la « laïcité » collombo-sarkozyenne, laquelle a toutes les apparences d’un œcuménisme de reconquête cultuelle : « On aide tout le monde, ainsi pas de jaloux. Et on fait passer toute la pilule une seule fois ! »

 

Certes, catholiques, protestants, musulmans et autres ont parfaitement le droit d’édifier leurs lieux de culte, et la loi de 1905 garantit cette liberté. Oui, si elles le font sur leurs fonds propres. Or l’affaire semble mal partie puisque le terrain proposé par la ville pour la construction de la mosquée (3000 m² au Mas du Taureau) a été cédé au quart de sa valeur réelle. L’affaire avait provoqué un incident à l’automne dernier en conseil municipal, certains parlant de « subvention déguisée ».

M. Maurice Charrier, maire de Vaulx, se définissant lui-même comme un « défenseur sans faille de la laïcité », nous ne doutons pas qu’il a voulu se montrer équitable, et que protestants et catholiques ont bénéficié de largesses équivalentes. Nous allons lui poser la question, avec la ferme intention de faire toute la lumière sur cette mystérieuse poussée de spiritualité qui touche Vaulx-en-Velin.

Et comme nous ne croyons guère aux miracles, nous nous souvenons que M. N. Sarkozy avait expliqué au Latran : « la république laïque a sous-estimé l’importance de l’aspiration spirituelle (…) Et l’intérêt de la république, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent », et de poursuivre en dénonçant « le désert spirituel des banlieues ». Les temps changent, mais de même qu’autrefois il était malvenu de désespérer Billancourt, il faut aujourd’hui consoler les banlieues. Tout se tient, quand il s’agit de faire oublier au peuple la réalité de ses problèmes.

Attention pourtant : en renonçant à se principes fondateurs, à son histoire, à son « génie » (comme on disait au temps où l’on connaissait le sens des mots), la République pourrait bien finir par désespérer ses propres citoyens, qui ne resteront pas sans réagir.

Visite de Benoît XVI en France

En visitant la France à l’occasion du 150ème anniversaire des apparitions miraculeuses de Lourdes, du 12 au 15 septembre prochains, en hôte privilégié de la république française, Benoît XVI ne vient pas dire autre chose que son acolyte Sarkozy. Peut-être attend-on un miracle pour régler nos problèmes sociaux. Mais je n’en suis pas sûr : plus confiant dans les forces de la police qu’en l’intercession de la Vierge Marie pour assurer sa sécurité, le pape bénéficiera de moyens tels qu’on n’en a pas connus pour de véritables chefs d’état. Les amoureux du rugby lourdais s’étranglent déjà du sort réservés aux poteaux du stade municipal (les plus hauts de France, et qui représentent un vrai monument historique) pour permettre l’atterrissage de l’hélicoptère papal. Rappelons que le Vatican n’est pas un état, ou, ce qui revient au même, est le seul état sans peuple, nation ni citoyens. Ce qui ne l’empêche pas de s’ingérer dans les affaires intérieures de tous les pays de la planète.

Pour notre part, nous serons présents le dimanche 14 septembre à Paris, pour dire :

• Contre le financement public des activités cultuelles !
• Pour la laïcité en Europe !
• Pour la séparation des Etats et des religions !

Ce rassemblement se déroulera à l’initiative de la Libre Pensée, de la Ligue de l’enseignement, de l’Union rationaliste, du mouvement « Europe et Laïcité ». Il est soutenu par de nombreux mouvements laïques d’Europe et du monde.

Internationale Humaniste et Laïque – CNAFAL – Fédération Humaniste Européenne – Union des Athées (France, Belgique, Espagne, Catalogne) – National Secular Society (Grande-Bretagne) – Bund gegen Anpassung (Allemagne) – Association Giordano Bruno (Italie) – Europa Laica – Fédération internationale des Athées - Grenade Laïque – Cullera laïque (Espagne) – Association Polonaise des Rationalistes – Mouvement laïque québécois – Humanist Association of Canada – Front pour la culture laïque (Mexique) – Council of Australian Humanist Societies – Association des Rationalistes et Libres Penseurs (Cameroun)…

 

Inscrivez- vous dès maintenant !

Nous réfléchissons à des formules de départ par TGV, plus rapide et plus confortable que le car. Sans doute aussi moins cher si l’on s’y prend à l’avance ! Mais nous dépendons des disponibilités, et nous avons besoin d’un maximum de réponses sur les inscriptions, les billets concernés n’étant ni échangeables ni remboursables…

En nous communiquant votre réponse, vous nous facilitez la tâche. Et vous nous aidez à agir concrètement pour le pouvoir d’achat des laïques ! (Sur ce point-là aussi, il vaut mieux ne compter que sur nous-mêmes).

Inscriptions sur Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou par courrier au 7 rue Major Martin Lyon 1er

NOS ACTIVITES

Sant’Egidio en Cour d’Appel


On sait que les collectivités (mairie de Lyon, Courly, Conseil général et Conseil régional) ont fait appel du jugement du Tribunal administratif, annulant les 600.000 € de subventions attribuées au mépris de la loi du 9 décembre 1905 à l’association Communauté Sant’Egidio - France qui, elle-même, avait fait appel.
Forts de notre droit nous avions répliqué et n‘étions pas en souci du résultat. Nous avions de plus engagé les démarches pour que les collectivités publiques exigent, conformément à la loi, le remboursement des 600.000 €, les requêtes en Appel n’étant pas suspensives. La Courly seule avait donné suite mais cela avait suffi pour jeter la panique quand la présidente de l’association a commencé à recevoir des commandements d’huissier impératifs et menaçants.
Cette militante catholique, Madame Valérie Régnier (allez voir sur le Web), est certainement incapable de rembourser – l’argent a été dépensé - puisque son association fantôme n’avait été déclarée en Préfecture que pour ouvrir un compte bancaire où faire virer les subventions qui, au mépris de la loi, ont servi à des associations cultuelles (Communauté Sant’Egidio romaine et diocèse de Lyon) dans l’opération des Journées des 11-13 septembre 2005.
Sa défense a été de demander à la Cour d’Appel un sursis à exécution, auquel nous nous sommes opposés.
L’audience et le jugement concernant ce sursis ont eu lieu : surprise, l’association Sant’Egidio retire sa requête « devenue sans objet ». On se demande pourquoi. On va l’apprendre : le président du Conseil général, à qui l’association doit 300.000 €, M. Mercier, en bon chrétien, s’est porté au secours de Sant’Egidio-France et a pris le relais pour demander le sursis à exécution. Suivant les conclusions du Commissaire du gouvernement, la Cour l’a accordé.
La suite au prochain numéro

Marcel PICQUIER 23 juin 2008

 

Conférence « 160 ans de Libre Pensée » à Bron


Mercredi 07 mai, le président de l'Institut de Recherche et d'Etudes de la Libre Pensée, Jean-Marc Schiappa, est venu donner une conférence sur le thème des combats de la Libre Pensée pour la République et la laïcité. Une soixantaine de personnes étaient présentes à la maison des associations de Bron pour écouter la conférence et participer au débat.
Jean-Marc Schiappa a rappelé les étapes marquantes de l'histoire de la Libre Pensée. La première apparition du terme en français, traduit de l'anglais free-thinker, date de 1794 avec un texte anonyme intitulé « Discours d'un Libre Penseur ». C'est sous la plume d'Eugène Varlin, dans « Hommage d'un libre penseur aux mânes de Voltaire » que l'expression « libre pensée » est associée clairement à l'anti-cléricalisme. A ce propos, Jean-Marc Schiappa a rappelé la distinction importante entre laïcité et anti-religion. La laïcité n'est en effet pas un refus des religion, mais le refus de voir la société organisée par et pour les religions. Victor Hugo le résumait en disant « L'état chez lui et l'Eglise chez elle ».
Le printemps des peuples de 1848 voit la création de la Société Démocratique des Libres Penseurs, qui deviendra la fédération nationale de la Libre Pensée que nous connaissons actuellement. Dans son exposé, Jean-Marc Schiappa a rappelé ce qui guide l'action de la Libre Pensée : le combat pour la laïcité, avec par exemple son action pour la naissance de la loi de 1905, le pacifisme, avec son opposition à la première guerre mondiale, et bien sûr de façon générale la lutte pour l'émancipation et le progrès social.
Rappelant que la laïcité était garante de la paix sociale et de la liberté de conscience et d'expression, le conférencier a conclu en rappelant la nécessité de rester vigilant contre toutes les attaques qui étaient portées contre elles.
Cédric Mulet-Marquis

LIBRES PROPOS, LIBRES PENSEES


Et si on lisait la Bible ?

Les religions sont tellement ancrées dans la tradition que souvent, même chez des gens hautement éduqués, équipés de neurones en bon état de marche, elles sont rangées dans un recoin du cerveau comme une donnée identitaire immuable, et la plupart ne songent pas à en cerner les incohérences. Beaucoup pensent que croire cela ne mange pas de pain, satisfait à la tradition, porte une morale et ne peut faire de tort à personne.
La plupart font le pari de Pascal sans le savoir. Souvent ils ont une Bible mais la lecture en est tellement indigeste que bien peu se donnent la peine d’en cerner les incohérences, pour ne pas parler des horreurs que l’on y trouve. Par exemple les injonctions appelant à tuer des gens pour des motifs aujourd’hui dérisoires : travailler le jour du sabbat, désobéir aux parents, homosexualité, adultère, pour une femme ne pas être vierge le jour du mariage, maudire ses parents, ivresse, athéisme, blasphème, etc. La peine de mort y est donc largement pratiquée (et donc légitimée) de même que le racisme et la xénophobie.
Les appels aux destructions de villes et massacres de populations entières y abondent. Les non-sens du point de vue scientifique y foisonnent, mais les créationnistes se chargent de tenter de persuader les indéterminés que ce qui est dans la Bible est une vérité indémontrable bien supérieure à toute preuve scientifique irréfutable.
On y trouve des justifications en règle de l’esclavage que toute personne sensée, croyante ou non, rejette avec horreur et pourtant c’est écrit en toutes lettres, même le prix de vente d’un esclave (30 shekels !), les modalités de revente, y compris de sa famille, et comment les (mal) traiter. Ainsi, tuer un esclave sera punissable, mais pas s’il ne meurt qu’un ou deux jours après.
Pourquoi ? Divin Mystère.

 

Le sexisme y est largement prôné, on n’y compte pas les incitations à la discrimination de la femme, et pourtant les femmes ont été de tous temps d’excellents vecteurs de ces mythes.
Mais quel croyant « passif » s’arrêtera à cela, puisqu’il ne lit pas la Bible, qui lui est présentée comme un admirable code de vie vertueuse ?
Et pourtant tous ces mythes, injonctions, interdits, anathèmes, préjugés ont martyrisé nos sociétés au point de susciter a posteriori de tardives « repentances ». Tout ceci, les miracles, l’efficience de la prière, la richesse des religions contrastant avec leur message de glorification de la pauvreté, etc., doit être mis au grand jour, analysé et soumis à réflexion. Éclairés sur ces aberrations puis questionnés, la plupart devraient trouver de nébuleuses échappatoires gênées pour expliquer ce qui est injustifiable ou incohérent.
Il faut donc les amener à se questionner sur ces dogmes et non les accepter aveuglément.
Qui réfléchira donc en utilisant de lui-même les ressources de pensée critique acquises au cours d’études supérieures ou de réflexion personnelle pour admettre qu’être obligé de justifier de façon gênée des écrits qui feraient de nos jours l’objet de plaintes en justice pour toutes ces tristes apologies n’a aucun sens ?
Les théologiens et mystagogues modernes s’en chargent pour eux !
Qui, après avoir pris conscience de l’inconsistante vacuité périmée de ces textes, en conclura qu’ils n’ont pu être écrits que par des esprits bien terrestres, primitifs, bornés et cruels ?
Et qui, après en avoir tiré cette conclusion, ne verra enfin dans toutes les religions que ce qu’elles sont :
Un formidable et incomparable moyen de contrôle psychologique de populations entières au profit de ceux qui les manipulent ?
Allez, et réfléchissez en paix.
René Jambon


J’ai été éduquée dans une tradition familiale dont nous étions fiers : un arrière-grand-père, Denis Tauveron, avait voté la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905. En plus, je dois beaucoup à un grand-père qui m’a en partie élevée : valet de ferme à 14 ans, dans le Bourbonnais, il avait créé plus tard un organisme de défense des métayers. Il avait adhéré à la SFIO et disait que pendant la guerre 14-18, il pensait toujours que « le type en face était un homme comme lui ». Il me répétait que « le socialisme, c’est ce qu’il faut pour les pauvres gens, que Staline a trahis mais qu’il viendrait des hommes nouveaux… »
Élevée dans cet état d’esprit, la laïcité, dans mon esprit, c’était l’air qu’on respire.
Mais voilà qu’à l’âge adulte, je suis allé vivre au Québec avec le père de ma fille et j’ai découvert avec horreur ce que pouvait être l’emprise catholique réactionnaire sur la vie publique et privée. J’ai compris que la laïcité n’était pas une donnée naturelle mais une précieuse conquête.
A mon retour en France, je me suis engagée pour le socialisme et pour la défense de la laïcité et me voilà, finalement, à la Libre Pensée.

Suzanne Rebillaud.

 

L’enfer des tournantes

Le célibat des prêtres institué bien après la création de l’église catholique a probablement été une des raisons de son succès : elle disposait de serviteurs corvéables et tout dévoués, coupés de la vie séculière où il leur était quasiment impossible de revenir ensuite, étant sans autre formation que la déformation des esprits et sans déchoir d’un statut longtemps privilégié, sans femmes ni enfants à entretenir et dont les biens personnels revenaient à l’église après leur décès.
La reconnaissance n’est pas de mise : il suffit de voir l’état lamentable des carrés de prêtres dans les cimetières, où la majorité des tombes sont à l’abandon, nues, abîmées par les intempéries et dépouillées de tout ornement floral attestant a minima qu’ils ne sont pas oubliés. Il suffit de visiter celui de Loyasse à Fourvière pour le constater.

Si cette situation a présenté de grands avantages pour l’institution, elle présente aussi des inconvénients, des effets qui justifient leur nom de pervers : imposer la chasteté à des hommes en pleine maturité sexuelle ne pouvait que conduire à de fâcheux dérapages, surtout si des enfants ou adolescents étaient confiés à leur éducation sacerdotale.
Mais l’emprise des prêtres sur les esprits et le sentiment de culpabilité et de honte a été longtemps si fort parmi leurs jeunes victimes, qu’ils se confiaient rarement à leurs familles qui avaient la plus aveugle confiance dans les
représentants de l’église et le secret de ces pratiques a été étouffé pendant des siècles.
De nos jours c’est plus difficile et de nombreux scandales ont éclaté, en particulier aux États-Unis où selon les associations de victimes des dizaines de milliers d’enfants auraient été abusés sexuellement, mais dont la plupart même devenus adultes préfèrent par honte garder le silence.

Une des raisons de l’ampleur prise par le phénomène est la technique des « tournantes » adoptée par l’église catholique. Pour éviter le scandale, quand un cas d’abus sexuel était rapporté à la hiérarchie, celle-ci tentait de culpabiliser l’enfant et sa famille pour éviter un dépôt de plainte et au lieu de dénoncer ou sanctionner le prêtre coupable celui-ci était muté discrètement dans une autre paroisse, parfois même à l’étranger et pour certains dans le tiers-monde où sa sexualité refoulée par son statut particulier
(la fameuse radicalité de son engagement, qui lui donnerait une supériorité d’élection divine sur l’instituteur) le poussait à continuer ses méfaits.

Alors que les plaintes s’accumulaient contre eux, certains prêtres ont ainsi été mutés plusieurs fois avant que des scandales n’émergent au grand jour.
Au lieu de circonscrire le phénomène cette pratique l’a ainsi démultiplié et l’église catholique américaine a dû faire face à une multitude de procès qui lui ont coûté des milliards de dollars (certains diocèses ont ainsi été mis en banqueroute financière) et fait perdre un nombre considérable de fidèles qui ne sont compensés que par l’émergence de la communauté hispanique sur laquelle son emprise morale est encore très forte.
Plutôt que d’admettre que le problème est dans le cœur même de son système et son hypocrisie, l’église catholique par la voix benoîte de son pape qui exprima en avril 2008
lors de sa visite aux États-Unis sa « honte » et sa « repentance », préfère se défausser sur la pornographie généralisée dans laquelle baignerait de nos jours la société. Comme si le phénomène n’avait pas existé tout au long des siècles.
Cela n’est évidemment pas limité aux Etats-Unis, et les mêmes causes ne peuvent que produire les mêmes effets à toute époque et partout dans le monde. Y compris chez nous.

René Jambon

 Eloge de Sarkozy…

Le 11 novembre dernier, M. Nicolas Sarkozy prononçait un discours à l’occasion du traditionnel dépôt de gerbe à l’Arc de triomphe. Ce discours devait « laisser pantois » l’assistance, civils et militaires, selon le journaliste Gérard Desportes. Il y était question par exemple de reconsidérer la place des fusillés pour l’exemple dans la mémoire nationale. Nous n’avons pas le texte de ce discours, on va comprendre pourquoi.
Tollé de la hiérarchie militaire. « C’est sans doute, estime G. Desportes, le propos le plus antimilitariste, le plus internationaliste et le plus ouvertement favorable à la fraternisation qu’un président français n’a jamais prononcé. » Face aux remous suscités au plus haut niveau de l’état, le texte fait problème. Il est le seul discours prononcé par Sarkozy à n’être pas disponible sur le site de l’Elysée. Il est, paraît-il, publié sur Mediapart et nous nous ferons un plaisir d’en publier quelques extraits dans un prochain numéro.
Prions pour que nous ne soyons pas censurés… P.G.

 

A nos lecteurs

L’An II aime la nature. L’An II aime les oiseaux. Pour autant l’An II n’est pas devenu une revue d’écologie, contrairement à ce qu’on aurait pu croire en feuilletant le dernier exemplaire (n° 110) entièrement composée de feuilles d’un vert intense.
Il s’agissait d’une simple erreur de notre imprimeur.
En espérant qu’elle ne vous aura pas troublés, ni gêné votre lecture…

 

Gustave COURBET, un anticléricalisme rafraîchissant.

(souvenir de l’exposition Courbet au Grand-Palais)

 

Nul doute que le président Nicolas Sarkozy qui s’en va à Rome, le 20 décembre, baiser la mule du pape, trouverait aussi scandaleux que Napoléon III en 1863, si on le lui présentait, le tableau de Gustave Courbet « Le retour de la conférence », mise en scène grotesque de la curaille.
M. Sarkozy n’aura pas à s’indigner d’un artiste « voyou », puisque, après avoir été refusé au salon de 1863 et même au salon des « refusés », « pour outrage à la morale religieuse », le tableau a été acheté… pour être détruit, les autodafés étant depuis toujours un instrument de police.
On ne peut plus voir ce tableau anticlérical lui-même, mais, en nos temps de retour au cléricalisme, il est rafraîchissant d’en lire au moins une description qui nous change des bondieuseries saint-sulpiciennes de certains peintres lyonnais de l’époque comme Louis Janmot et son « Poème de l’âme » qui occupe une grande salle du musée des Beaux Arts :
« Le doyen, à la face énorme et congestionnée, a été hissé sur un âne qui ploie sous le faix ; un abbé habillé avec élégance qui garde assez de sang-froid, et qui courbe la tête d’un air lamentable, gémissant, déplorant le scandale, traîne l’âne par la bride. L’ivrogne dont le corps immense s’affaisse de plus en plus, est soutenu d’un côté par un jeune vicaire à la face joyeuse, et qui ne doit pas être un ascète, en mal de macérations ; et de l’autre par un vieux desservant à lunettes bleues, aux yeux vifs, qui n’est pas « porté sur sa bouche » et que le gouvernement diplomatique de ses ouailles doit intéresser plus que la cuisine. Derrière, un séminariste, qui s’efforce de rester digne, relève un prêtre cassé par l’âge, qui dans le feu de ses invectives burlesques contre les mécréants, s’est baissé pour frapper la terre à grands coups de bâton, comme pour anéantir les adversaires de la foi ; à droite, un curé d’un autre type, paysan né pour les travaux des champs, au type herculéen, qui peut absorber ce qu’on veut sans faiblir, et dont la force éclate à ne rien faire, lance un geste violent et méprisant, comme pour accuser ses confrères de n’être que des femmelettes, et dans sa fureur, lève le pied contre un chien qui jappe devant lui ».
Ceci se passe sous les yeux d’une vierge nichée dans le creux d’un arbre et de deux paysans qui se réjouissent du spectacle. « Le ciel bleu, la ramure splendide du vieux hêtre, et le magnifique paysage de la vallée de la Loue encadrent toutes ces laideurs, contrastant par leur sérénité et leur grandeur avec le tapage et la trivialité de la scène. »
On sait que Courbet, révolté contre les bourgeois, ne changera pas d’opinion. Bien au contraire. Le 23 juin 1870, il refusera la croix de la légion d’honneur en écrivant au Ministre des Beaux-Arts : « L’Etat est incompétent en matière d’art […]. L’honneur n’est ni dans un titre ni dans un ruban, il est dans les actes et dans le mobile des actes… »
Fidèle à lui-même Gustave Courbet adhérera à la Commune dont il sera un élu. Les Versaillais et leurs chiens de garde, Alexandre Dumas fils, entre autres, le lui feront payer cher, c’est une autre histoire.
Marcel Picquier

FEDERATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSEE

 

- COMMUNIQUE DE PRESSE –

A propos de la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution :
Abyssus abyssum invocat

« Les députés français ont levé un tabou hier en votant, à la quasi-unanimité, un amendement surprise au projet de loi sur la réforme des institutions. Cet amendement vise à inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. "Les langues régionales appartiennent au patrimoine" de la Nation, indique le texte. Une formule qui complètera désormais l’article premier de la Constitution sur la "République indivisible, laïque, démocratique et sociale", si la réforme est votée par le Parlement réuni en Congrès en juillet. Mais l’article 2 continuera de stipuler que "la langue de la République est le français". France Info, 23 mai 2008

Quasi unanimité ! Cet amendement, qui fait consensus, a-t-il pour but de promouvoir ou de conserver les cultures locales ? On pourrait le penser, et croire que cette unanimité, de la droite à la gauche, reflète un esprit de tolérance et de diversité. C’est d’ailleurs ce qui sera plaidé et utilisé par tous les régionalistes et les séparatistes avec le soutien de l’Union Européenne. On pourrait croire d’ailleurs que ce court amendement « ne mange pas de pain » tant sa formulation est anodine.

Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la nation, ben oui ! Comme le camembert, le foie gras du Périgord, le tripoux auvergnat, le far breton et le clafoutis limousin, comme les châteaux de la Loire, les gorges du Tarn, François Mauriac et Charles Maurras, comme la vache bleue des Alpes et le bleu de Bresse comme le Saint Emilion et l’Aloxe Corton, comme… Mais ni les fromages, ni les AOC, ni le Bordeaux, ni les cottages normands ne sont dans la constitution. Derrière tout cela, qu’y a t il ?

Il faut se souvenir qu’après analyse sérieuse de plusieurs organisations laïques, après une manifestation nationale, après de nombreux meetings et une réunion du parlement, la charte européenne des langues régionales et minoritaires, instrument de communautarisme linguistique préludant à l’éclatement de la République, a finalement été rejetée par le conseil constitutionnel comme contraire à la constitution.

Si l’on relit la décision du Conseil Constitutionnel, on s’aperçoit par ailleurs que sa décision est loin de s’appuyer seulement sur l’article 2 de la constitution de la Vème république précisant que « la langue de la république est le français ». En particulier, au point 5 de ses attendus, le conseil cite l’article premier : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances". C’est bien d’incompatibilité avec le communautarisme qu’il s’agit.

Rappelons quelques étapes du combat de la Libre Pensée, rejointe par nombre d’associations laïques contre cette charte. En octobre 1998, la Fédération d’Ille et Vilaine de la Libre Pensée lançait un appel intitulé « Non, la France ne doit pas ratifier la charte des langues régionales et minoritaires » invitant à une convention nationale. A l’initiative de la Fédération Nationale, ladite convention se réunissait à Paris le 30 janvier 1999. Les différents orateurs y analysèrent le contenu précis de la charte. Les participants unanimes demandèrent une audience au premier ministre Lionel Jospin, et appelèrent à développer des actions dans tous les départements.

De nombreuses réunions se tinrent alors, dont certaines plus que houleuses comme à Saint Brieuc où la conférence fut perturbée et même agressée par le groupuscule régionaliste Emgann. Le gouvernement de l’époque, prenait la décision de ratifier la charte « a minima ». Un leurre, comme l’analysait la Libre Pensée car les titres I et II de la charte, les plus importants sur le plan juridique, n’étaient pas négociables. Décision fut donc prise, à l’initiative de la Libre Pensée, l’Union des athées, Europe et Laïcité et le Comité Laïcité et République, appuyées par de nombreuses personnalités laïques, d’appeler à une manifestation nationale à Paris le 11 décembre 1999, contre la ratification de cette charte.

Entre temps, le Conseil constitutionnel avait rendu son arrêt le 15 juin 1999. La manifestation, organisée par les seules forces des initiateurs, ignorée totalement de tous les medias jusqu’à son déroulement inclus, fut néanmoins un immense succès, réunissant plus de dix mille citoyens dans les rues de Paris. Elle fut prolongée par un colloque de haut niveau tenu à la Sorbonne le 13 mai 2000. La ratification de la Charte Européenne était devenue impossible. Nos lecteurs disposant d’un accès internet peuvent consulter l’ensemble des documents publiés à cette époque sur le site de la Fédération nationale (http://librepenseefrance.ouvaton.org). Conscience était prise que le texte communautaire et communautariste européen était totalement contraire à l’esprit comme à la lettre d’institutions républicaines. Par ailleurs, l’Académie française s’est adressée directement au Président de la République pour manifester son opposition à cette modification de la Constitution.

Comme la pratique devenue courante est de resservir le plat aux citoyens jusqu’à ce que bon gré, mal gré ils l’avalent, le but de la manœuvre n’est pas douteux. La charte européenne, avec son cortège d’institutionnalisation des particularismes linguistiques, est désormais compatible avec la constitution de la République. Merci la droite, la gauche, le centre et les non inscrits.

Ainsi en va-t-il de la constitution européenne : vous n’en avez pas voulu, c’est que vous n’avez pas compris. Voici le traité de Lisbonne, c’est le même, mais finalement, on ne va pas faire de referendum. Vous seriez capable de voter contre (ce que le peuple d’Irlande vient de confirmer avec éclat). Vos députés l’adopteront. Eux sont pour, indépendamment de votre avis. Ce sont des gens raisonnables. Décidément, si les voies du seigneur sont impénétrables, les voies de l’Union Européenne sont incontournables. Peu importe, amendement ou pas, les républicains se lèveront à nouveau s’il est encore question de ratifier la « charte ». Parce que l’esprit des lois républicain et le communautarisme féodal sont décidément incompatibles.

Paris le 15 juin 2008
Avec la Libre Pensée, agissez
Pour la défense de la République, une, indivisible, laïque et sociale !

 

 SCIENCES

Le post-modernisme et ses conséquences pratiques

Le post-modernisme est un mouvement philosophique né dans la deuxième moitié du vingtième siècle. Ses principaux représentants en France sont Bruno Latour et Isabelle Stengers. D'après une définition due à Alan Sokal, le post-modernisme se caractérise par son relativisme cognitif et son rejet plus ou moins explicite du rationalisme issu des Lumières. En d'autres mots, les philosophes post-modernes considèrent qu'il n'y a pas lieu de distinguer entre les connaissances subjectives et objectives, entre science et mythe. Selon eux, toutes les affirmations sur le monde, celles de la science, celles de mythes dont les religions, ne seraient que des discours également pertinents et valides pour décrire le monde. Dans son ouvrage « Cosmopolitiques », Isabelle Stengers nous invite ainsi à « abandonner l'opposition entre description « fidèle » et « fiction », comme aussi entre « constat » et « valeur » ». Pour les post-modernes, il n'existe de vérité que dans un groupe socio-culturel donné, le mot vérité signifiant dans ce cas un simple accord ou un compromis entre les membres de ce groupe. C'est finalement une manière de dire que les lois de la nature dépendent de qui la regarde. Que plusieurs affirmations contradictoires puissent être vraies simultanément ne leur pose pas de problème.
La position des post-modernes est critiquable pour de multiples raisons. Donnons la plus simple, celle qui a peut-être le plus de poids. Les post-modernes occultent complètement la formidable réussite de la science, réussite s'entendant ici comme l'utilisation des connaissances scientifiques en vue de la réalisation d'objets ayant une fonction déterminée. Si la science n'était qu'un discours sur le monde parmi tant d'autres, comment expliquer cela ? Si les mythes et la science étaient des descriptions également valides du monde, on devrait depuis longtemps faire voler les tapis ou guérir autre chose que des écrouelles par imposition des mains !
On pourrait se dire que les idées défendues par les post-modernes ne gênent que peu de monde au bout du compte. Il n'en est rien. Certains des philosophes post-modernes prétendent faire oeuvre de progressisme en défendant les croyances et les mythes contre une science qu'ils prétendent toute-puissante et qui imposerait par la force un cadre de pensée. Sous la plume de certains de ces philosophes, il s'agirait presque là de la défense de pays du Sud contre l'occident colonial. Ceux qui prétendent, peut-être sincèrement, lutter pour l'égalité de cette manière se trompent de combat. Ce n'est pas en disant que les mythes et la science peuvent être simultanément vrais, ou bien sont aussi proches les uns que les autres de ce qu'est vraiment le monde que l'on contribue à l'émancipation des peuples.
Ce n'est pas en laissant les gens enfermés dans leurs superstitions qu'on leur permet d'avancer. Que cela plaise ou non aux philosophes post-modernes, le développement de la pensée scientifique dans toutes les couches de la société s'est toujours accompagné de l'émancipation intellectuelle. Précisément parce que la science ne reconnaît comme seuls juges que les faits, la nature elle même, et ne se soumet pas à l'autorité de gardiens du dogme.
La défense par les philosophes post-modernes du relativisme cognitif pour abattre l'universalisme de la science est du pain béni pour les créationnistes. Leur stratégie actuelle n'est en général plus l'affrontement direct avec la science et la théorie darwinienne de l'évolution. Il s'agit plutôt, et c'est l'objet du dessein intelligent, de faire reconnaître comme scientifique une affirmation qui ne relève que de la foi : il existerait dans l'univers une entité organisatrice transcendante. Appelez-la comme il vous plaira : Dieu, Allah, Vishnou... Si comme le disent les post-modernes, toute vérité est relative à un groupe social donné, alors il n'existe aucune bonne raison de considérer comme plus proche de la réalité la formation de la Terre en 4,5 milliards d'années donnée par la géologie, plutôt que la création biblique en 7 jours.
Poursuivons le raisonnement. Si comme l'affirment les post-modernes la science commet un intolérable abus de pouvoir en affirmant que certains dogmes religieux sur la création et l'agencement du monde sont objectivement faux, ne peut-on – ne doit-on ? – pas demander à cette même science d'en rabattre sur ses prétentions ? Ne doit-on pas lui demander de ne pas proclamer comme vrai tout ce qui irait à l'encontre des dogmes religieux, voire même d'éviter d'entamer des recherches sur de tels sujets ? L'actuel et le précédent pape ne disent pas autre chose. Leur engagement pour interdire la recherche médicale sur les cellules souches embryonnaires signe la volonté d'asservir le champ d'exploration de la science à ce que la religion autorise.
De la même manière, la rhétorique post-moderne donne aussi des arguments à ceux qui voudraient que l'école ne soit pas seulement le lieu du savoir - faits historiques établis, lois de la physique-chimie, règles de grammaire – mais qu'elle « s'ouvre aussi au sens », manière habile de nommer le retour du religieux à l'école (voir par exemple le rapport Debray). Si en suivant les post-modernes on affirme qu'il n'y a aucune différence entre la science et les mythes, que la science ne peut prétendre à l'universel, pourquoi accepterait-on la théorie darwinienne de l'évolution dans les cours de biologie et pourquoi refuserait-on le dessein intelligent d'inspiration créationniste ?
Entendons-nous bien. Nous ne sommes pas en train de dire que le post-modernisme est le faux-nez du cléricalisme réactionnaire. Mais force est de constater que l'acharnement des post-modernes contre la rationalité, l'objectivité et l'universalisme donne des armes aux obscurantistes et des arguments à ceux qui veulent abattre l'universalisme de droits de l'homme pour une différence des droits.

 

Cédric Mulet-Marquis

FEDERATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSEE
- COMMUNIQUÉ DE PRESSE -

Sauvons le Palais de la Découverte !

Le Palais de la Découverte a été créé en 1937 par Jean Perrin. Depuis il a contribué à faire naître d’innombrables vocations scientifiques chez les jeunes, et à faire découvrir au grand public les différents aspects de la science, et des techniques qui en dérivent. Depuis la création en 1980 de la Cité des sciences et de l’industrie, une certaine compétition existe entre les deux établissements, tempérée par la complémentarité de fait de leurs objectifs.
De nombreux gouvernements ont été tentés de procéder à la « simplification » de la situation - non en supprimant purement et simplement le plus ancien, récupérant ainsi 25000 m2 au centre de la capitale, ce qui aurait soulevé trop de protestations – mais en les réunissant en un seul. Ces tentatives ont rencontré assez de résistances pour que - jusqu’ici - elles ne soient pas poursuivies. Aujourd’hui le gouvernement dispose avec sa révision générale des politiques publiques d’un cadre dans lequel il pourra mener à bien ce projet. La « modernisation » du Ministère de la culture et de la Communication implique en effet le regroupement du Palais et de la Cité, pour former un « opérateur de référence en matière de culture scientifique et technique présent sur les deux sites ».
Des sociétés savantes : la Société française de physique, la société mathématique de France, la Société française de chimie - et de nombreux scientifiques ou simples citoyens - s’élèvent contre la mise en place de cette fusion avant que ne soient examinées les conditions scientifiques de ce rapprochement, qui devra respecter les missions de chacun de ces musées.
La Fédération nationale de la Libre Pensée estime que jamais rien n’est trop fait pour le développement des connaissances ainsi que pour leur vulgarisation intelligente auprès de l’ensemble des citoyens, car elle estime que le recul de l’ignorance et de l’obscurantisme contribue à la formation de citoyens éclairés indissociables de la République. C’est pourquoi, la Fédération nationale de la Libre Pensée s’associe aux protestations et exige le maintien du Palais de la Découverte. (Paris, le 25 mai 2008)

echo des benitiers an ii mai 2008

L’ECHO DES BENITIERS an II mai 2008

Du moment qu’ils s’aiment…

L’Eglise d’Angleterre a annoncé samedi 14 juin le mariage de deux prêtres homosexuels, Peter Cowell et David Lord. L’An II présente tous ses vœux de bonheur aux jeunes mariés. Sur le « manquement des deux ecclésiastiques à leur devoir de prêtres »
l’An II n’a pas d’opinion.
Nous remarquons toutefois que les deux tourtereaux, avant de célébrer leur union en l’église Saint Bartholomew de Londres, avaient fait enregistrer préalablement leur statut de partenariat civil. Prudence !

La foi, c’est super !

Mais d’une efficacité limitée. On a vu aux USA, dans une station Shell de Washington, un groupe baptisé « la Prière à la pompe » implorer le Ciel pour faire baisser le prix de l’essence. « Seigneur tout-puissant, viens à nous et donne-nous de la force pour que nous fassions baisser ces prix de l’essence trop chers ! »
M.Rocky Twyman, leur leader, explique : « La prière est la réponse à tous les problèmes. Nous appelons Dieu pour qu’il intervienne dans la vie de ces gens égoïstes et avides qui font monter les prix ! » Voilà un discours social !
Aux dernières nouvelles, Dieu-Amour n’a rien fait pour le prix du pétrole. Il aurait été aperçu au Moyen-Orient aux côtés des GI’s (sans résultat probant).

Le pape à la Maison Blanche

Pas de rapport avec le sujet précédent, même si c’est en grande pompe - comme il se doit - que le pape a été reçu par G. W. Bush le 15 avril dernier. Ce voyage était une opération « séduction » pour tenter de sauver l’Eglise américaine discréditée par les affaires de pédophilie et ruinée par les procès ensuivis. Le Snap (association des victimes : Survivors Network for those abused by Priests) a réagi dignement : « C’est facile de toujours se

concentrer sur les prêtres pédophiles mais c’est plus dur et plus important de s’attaquer à la question plus large de la complicité de la hiérarchie de l’Eglise. »

Mormons 1 - Catholiques 0.

D’après Le Parisien du 12 avril 08, plusieurs dizaines de jeunes filles ont été violées au Texas au sein d’une secte mormone. Il s’agissait d’une tradition recommandée par leur gourou, dissident de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et qui concernait seulement les jeunes filles à partir de 13 ans. Un charmant bizutage à la gloire du Très-haut.

Mahomet convaincu de crimes de guerre

Eh oui, reconnu coupable par le Tribunal administratif de Paris, lequel a heureusement cassé le blâme adressé par le recteur de l’académie de Versailles à M. Chagnon, professeur d’histoire - géographie à Courbevoie pour avoir rappelé, en 2003, le massacre d’une communauté juive par les troupes de Mahomet. Massacre que tous les historiens connaissent, mais qui manifestement ne devait pas être ébruité. Le jugement précise d’ailleurs que d’après l’arrêté rectoral « la vérité historique des faits n’est pas attaquée ». Quel est donc le problème ? La paix des banlieues, qui nécessite une vision de l’histoire sous surveillance, pardi !

Gratis pro deo…

Rien de plus vrai depuis que le Vatican, propriétaire du tiers des bâtiments de Rome, a été exonéré de la taxe d’habitation par Berlusconi. Il faut rendre à Silvio ce qui est à Silvio… Le soutien discret mais réel apporté par Benoît XVI à celui qu’on a surnommé très tôt Sua Emittenza ne tient donc pas seulement à sa condamnation de l’avortement.

 

 

2007 12 AN II

EDITORIAL


Mardi 23 octobre, Conseil municipal de Lyon. On peut entendre un échange étonnant, relatif à l’attribution d’une somme de 44 000 € à l’association « Les restaurants du Cœur », destinée à la réalisation d’une fresque géante à base de lumignons, place Bellecour, dans le cadre de la fête du 8 décembre. M. Broliquier, Maire du 2ème arrondissement, prend la parole en s’interrogeant sur le bien–fondé d’une telle opération, renouvelée tous les ans au bénéfice d’associations diverses : 44 000 € sans compter, bien sûr, tous les apports en nature de la Ville ! Les ventes de lumignons réalisées durant cet événement n’ont même pas permis d’atteindre l’équilibre financier en 2005, comme en 2006. On se demande bien ce que les associations en retirent, si ce n’est une visibilité, ce qui n’est déjà pas si mal, mais alors elle est bien chère payée par le contribuable ! M. Broliquier demande s’il ne vaudrait pas mieux verser directement l’argent aux associations qui en feront un meilleur usage, pour un moindre coût pour la Ville. Il ajoute : Cette opération, apparemment irréprochable, ne serait-elle pas l’alibi « social » de la Fête des Lumières, une fois encore, une fois de plus j’allais dire, aux frais des Lyonnais ? Excellentes questions, qui n’empêcheront pas M. Broliquier de voter le rapport. Pour M. Collomb, les associations préfèrent certainement à un chèque la présence symbolique à la fête sur la place Bellecour et faire en sorte que ce soit le cœur de chaque Lyonnais qui soit concerné par la dépose d’un lumignon. Importance du symbole : « Merci Marie ! » Et l’argent, qui pourrait financer quelques repas, finira, au prétexte des traditions festives, aux pieds de la Vierge qui est la véritable invitée de la fête.

Nous connaissons bien cette confusion, ce mélange des genres qui caractérise la fête du 8 décembre, vouée pour une moitié à la Vierge, pour l’autre à la Fée Electricité qui lui sert d’alibi « laïque ». La subvention sus-mentionnée n’est d’ailleurs qu’une des largesses consenties, sous des prétextes divers. Et il faut être bien naïf pour croire que nos élus s’intéressent d’abord à l’industrie du luminaire ! Leurs préoccupations « laïques » ressortissent bien davantage à l’organisation d’une main-mise œcuménique des religieux sur l’espace public. On vient de le voir récemment avec le projet des repas sans viandes dans les cantines des écoles publiques, après une consultation dont les acteurs principaux auront été les représentants catholiques, protestants, musulmans, juifs, bouddhistes et catholiques arméniens. Mais il paraît que la municipalité n’a de leçon à recevoir de personne en matière de laïcité ! C’est sans doute la raison pour laquelle M. Yves Fournel, adjoint chargé de la petite enfance, ne répond jamais à nos courriers.

A vrai dire, l’exemple vient de haut : la Libre Pensée n’a pas pu être reçue par Mme Alliot-Marie, ministre de l’intérieur et des cultes, au sujet des conclusions de la commission Machelon traitant de la « mise à jour » de la loi de 1905. Problème d’emploi du temps, nous dit-on : Mme Alliot-Marie est beaucoup trop occupée à rencontrer les représentants de tous les cultes présents sur le territoire. Si à Lyon, les religions sont à la fête, à Paris elles sont régulièrement invitées à la table de la République.

Problème d’emploi du temps, disions-nous : le nouveau traité sur le fonctionnement de l’Union européenne devait être signé le 13 décembre 2007, reprenant le contenu intégral du traité constitutionnel rejeté par une écrasante majorité de nos concitoyens au printemps 2005. Plus de référendum cette fois-ci ! L’Union n’aura plus de souci à instituer le dialogue ouvert, transparent et régulier avec les religions, en reconnaissant « leur identité et leurs contributions spécifiques ». L’adoption du traité est au programme de 2008, qui verra le pape faire sa tournée en France, occasion pour lui de s’immiscer dans les affaires intérieures de la France, comme son prédécesseur ne cessait de le faire : « Europe, sois toi-même, ravive tes racines » disait Jean-Paul II. Quant au contenu social du message papal, on peut en trouver un avant-goût dans le testament de Mgr Ricard, qui vient d’abandonner la présidence de la Conférence des évêques : un appel à poursuivre l’éveil à la solidarité universelle (…) à l’époque où le repli sur son pré carré social ou national semble marquer les esprits. Qu’on le sache, toute forme de contestation sociale sera la malvenue dans la nouvelle Europe !
Le pape a procédé récemment, lors de son déplacement en Espagne à la béatification de 498 martyrs « victimes des républicains ». Dans le même esprit, il s’apprête à venir en France pour appuyer la dislocation de ce qui reste du cadre républicain. En soi le fait est inacceptable. Or il n’est même pas dit que cela se fera sans l’aide, déguisée plus ou moins, des pouvoirs publics pour qui la référence à 1905 n’est plus qu’une formule rhétorique. En attendant, les libres penseurs – et avec eux, nous l’espérons, tous les laïques qui se respectent - feront tout pour que ne soit pas versé pour le voyage pape un seul centime d’euro !

Pierre Girod.

 

VIE DE LA FÉDÉRATION

L’Assemblée Générale de la Libre Pensée du Rhône a eu lieu samedi 17 novembre 2007 à l’Hôtel des Fédérations. Elle a procédé à un important renouvellement de son Bureau, rendu indispensable cette année par le départ de notre ancien président Paul André Gaide, lequel quitte Lyon définitivement, pour des raisons familiales et professionnelles.
P.A. Gaide a rappelé combien pour lui les 12 années qu’il a passées à la tête de notre fédération ont été riches. Ces 12 ans ont vu certes des reculs de la laïcité, en lien avec toutes les atteintes portées par la Vème République et cependant le constat demeure : « la laïcité reste toujours vivante ». Après une année 2007 bien remplie (banquet de la saint-cochon, rassemblement pacifiste de Villié-Morgon en présence des représentants de l’ARAC et de la Ligue des Droits de l’Homme, initiative pour la réhabilitation du sous-lieutenant Chapelant, recours juridique et campagne contre le financement de l’ascenseur de Fourvière, faisant suite à la campagne « Sant’Egidio »…) l’année 2008 devra faire fructifier ces acquis, une priorité portant sur la campagne contre le financement public de la venue de Benoît XVI en France au printemps prochain.
Après discussion sur tous ces points et sur les tâches qui en découlent, un nouveau Bureau a été désigné, lequel constituera en même temps le comité de rédaction de l’An II :
• Président : Pierre Girod
• Secrétaire : Cédric Mulet-Marquis
• Trésorier : Jean-Louis Andrieu ; trésorier-adjoint : Marcel Picquier
• Autres membres : René Jambon (L’An II), Xavier Hyvert (activités pacifistes), Colette Giroud, Jean-Claude Dutouya, plus Eric Tosan, absent mais coopté pour travailler sur le « Portail des Fédérations » (site Web national où nous aurons notre page).
Merci à Paul André Gaide, que nous avons unanimement apprécié pendant 12 ans pour son sens des responsabilités, sa maîtrise des dossiers, sa puissance de travail. Par ses compétences, et par une forme de « sagesse » qui nous manquera, il était devenu une figure incontournable dans le paysage laïque lyonnais.
Nous le reverrons avec plaisir le 19 janvier prochain, pour un véritable « pot de départ » que nous n’avons pu organiser, dans l’urgence, ce 17 novembre. Bonnes fêtes à tous !

 

Du pourvoi en Conseil d’Etat
et du bon usage des articles 2 et 19 de la loi du 9 décembre 1905


1. Le pourvoi contre la subvention accordée par la municipalité de Lyon à la Fondation Fourvière pour l’ascenseur de la basilique a été déposé par l’avocat parisien, Maître Le Prado, le 26 novembre, date de rigueur. Nous n’avons pas eu la possibilité de convoquer une réunion des signataires et souscripteurs, l’avocat nous ayant fait parvenir son avis sur l’affaire et le mémoire à fournir au Conseil d’Etat trop tardivement pour nous en donner le temps. Nous avons dû nous contenter de faire circuler les documents par Internet, entre les membres du Bureau et la direction nationale.
Précisons ici que la souscription a rapporté environ 3 500 € et suffit à nos besoins actuels ; nous la considérons comme close et remercions tous les souscripteurs ; les dons s’échelonnent de 5 à 300 €; ils proviennent du Rhône, bien sûr, mais également de toute la France et même de Saint-Pierre et Miquelon !
La décision de poursuivre s’imposait d’après l’avis de l’avocat qui analyse, dans son mémoire, les nombreuses erreurs de droit qui devraient conduire à la cassation dans les jugements prononcés tour à tour par le Tribunal administratif et la Cour administrative d’Appel de Lyon. Evidemment, rien n’est garanti. Nous aurons l’occasion, dès que la partie adverse aura fourni sa réponse, de revenir sur l’argumentation juridique, au cours d’une réunion publique, si nécessaire.
2. Cette argumentation très précise pourrait nous être utile à nouveau d’ici peu … si le président de la Fondation Fourvière demande effectivement aux collectivités publiques, comme cela a été annoncé, quelque trois millions d’euros pour faire réparer les tours de sa basilique dont la construction s’avère le fait d’architectes défaillants.
Prenons dès aujourd’hui l’occasion de revenir sur un aspect capital du droit en matière de laïcité, en rapport avec notre histoire locale passée et à venir et en utilisant, en conclusion, le mémoire de notre avocat.
Un point d’histoire locale :
Dans les années 90 la mairie de Lyon et le Conseil général ont déjà versé 5, 5 millions de francs chacun pour la restauration de la basilique Fourvière.
M. Mercier, président du Conseil général avait répondu à la protestation d’un militant laïque qu’il n’y avait rien d’illégal dans ces subventions puisqu’elles étaient autorisées par le dernier alinéa de l’article 19 de la loi : « les sommes attribuées ( par l’Etat, les départements et les communes) pour réparations aux édifices affectés au culte public, qu’ils soient ou non classés comme monuments historiques […] ne sont pas considérées comme subventions , quand bien même elles seraient versées à des associations cultuelles – lesquelles ne peuvent en principe pas recevoir, sous quelque forme que ce soit, des subventions publiques ». M. Mercier ajoutait triomphalement : « Le fondement juridique de la délibération que vous critiquez est donc incontestable ; cette délibération ne porte aucune atteinte au principe de laïcité ».
La vérité oblige à dire que le militant laïque en question – c’était le signataire de cet article - prit ces analyses pour vérité d’Evangile et ne poursuivit pas le Conseil général. Il eut tort.
Consciemment ou pas, M. Mercier l’avait abusé.
La Fondation Fourvière n’avait et n’a toujours aucun droit à recevoir de telles subventions.

La réalité de la loi de 1905
Les articles 18 et 19 de la loi définissent que les associations cultuelles ne peuvent avoir que des activités cultuelles, sous peine de perdre divers avantages que la loi leur accorde.
La Fondation Fourvière qui a des activités statutaires cultuelles ( pèlerinages, culte marial…) n’est pas une association « exclusivement » cultuelle puisqu’elle a également des activités. culturelles, artistiques, sociales voire touristiques.
Elle ne relève donc pas du champ d’application de l’article 19 de la loi ni de l’alinéa Pétain.
L’argumentation de M. Mercier en 1998 était nulle. Ses subventions étaient illégales. Nous aurions pu et dû les faire annuler, comme nous devrions l’emporter dans l’ascenseur de Fourvière.
Mais la Fondation Fourvière peut-elle obtenir des subventions comme association loi 1901 ou Fondation reconnue d’utilité publique selon la loi de 1987 ? C’est encore non. Cette fois, en application de l’article 2 de la loi.
Donnons la parole à Maître Le Prado qui a la subtilité d’avoir recours à un extrait du rapport Machelon qu’il faut lire avec attention : le rapport Machelon avait été commandé par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy pour chercher les moyens de tourner la loi de 1905. M. Machelon met le doigt sur l’impasse juridique de subventions aux Eglises que représente l’association solide de l’article 2 et de l’article 19 :
« Mais la Cour administrative d’appel de Lyon a commis une erreur de droit en estimant que l’octroi de la subvention litigieuse à la Fondation Fourvière ne méconnaissait pas les dispositions de l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905.
La Cour administrative d’appel de Lyon a reconnu, en premier lieu, que les dispositions de l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 concrétisent le principe constitutionnel de laïcité en énonçant le principe qui « exclut qu’une subvention publique soit accordée, directement ou indirectement pour l’exercice d’un culte ». Elle s’est référée à cet égard à la jurisprudence constante du Conseil d’Etat en la matière ( CE 25 novembre 1988 Dubois, n° 65932 ; CE 9 octobre 1992 Commune de Saint Louis, n° 94455).
Dans son rapport sur la laïcité publié en 2004 (point 2.1.1), le Conseil d’Etat a réaffirmé qu’une « subvention publique est illégale même si l’association ayant des activités cultuelles a également des activités sociales ou culturelles. ».
M. Machelon, dans son rapport remis en 2006 à l’autorité gouvernementale, a conclu dans le même sens : « les associations dites « à double visage », mêlant des activités rituelles et d’autres activités étroitement liées à l’exercice du culte (publications, activités sociales, sportives) sont donc doublement pénalisées. Elles ne peuvent être regardées comme cultuelles au sens de l’article 19 de la loi de 1905, dès lors qu’elles n’ont pas pour objet exclusif l’exercice du culte, et sont donc privées des avantages de ce statut. En même temps, elles peuvent être qualifiées de cultuelles au sens, cette fois, de l’article 2 de la loi de 1905, ce qui les prive de la possibilité de bénéficier de subventions publiques. ».
Il y a, dès lors, une contradiction de la part de la Cour administrative d’appel de Lyon à rappeler le principe d’interdiction d’une aide publique à une personne morale exerçant une activité cultuelle, fût-elle non exclusive, et à reconnaître, par ailleurs, au nom de l’intérêt général, la possibilité donnée à la collectivité publique de verser une aide à cette même personne morale. »
La suite au prochain numéro.

Marcel Picquier , Lyon, 4 décembre 2007
Ces architectes Pierre-Marie Bossan et Sainte-Marie Perrin qu’on veut nous faire prendre pour des génies ont prétendu appliquer les méthodes d’architecture industrielle d’Eiffel. On n’a jamais entendu dire que les œuvres d’art gigantesques d’Eiffel et de ses élèves, construites à la même époque, menacent de s’écrouler. Les hommes de l’art élus par l’Eglise de Lyon ne savaient peut-être pas calculer les forces en jeu.
2 Cet alinéa n’est rien d’autre que la loi Pétain du 25 décembre ( sic ) 1942 que nous dénonçons depuis toujours.
3 En fait la lettre du C.G du 5 novembre 1998 était signée pour le président par Pierre Jamet, directeur-général des services.
4 Il faut être attentif au vocabulaire : il faut utiliser ici le mot « cultuel » et non pas « religieux » ou « confessionnel » qui sont presque synonymes mais ne veulent rien dire devant un tribunal et que nous avions eu tort d’utiliser dans l’affaire Bissuel : la loi dit que la République « ne reconnaît, ne salarie et ne subventionne aucun culte ». L’exercice de la religion, n’est évidemment pas interdit par la loi qui garantit la liberté d’opinion.

 

FEDERATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSEE
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Communiqué de presse du 3 novembre 2007

Mini-traité constitutionnel européen :La Libre Pensée n’ira pas à Canossa !

C’est avec un certain étonnement que la Fédération française de la Libre Pensée a pris connaissance du communiqué de la Fédération Humaniste Européenne, en date du 18 octobre 2007. Celui-ci indique : » Les membres du CA de la Fédération Humaniste Européenne tiennent à féliciter Madame Véronique de Keyser, députée européenne, pour son initiative d’organiser « Les Petits Déjeuners de la Libre Pensée ». Ces rencontres auront lieu chaque mois au Parlement européen, à Strasbourg, sur la même base que les réunions œcuméniques déjà existantes.
Le président du Parlement européen a donné son accord pour l’organisation des “Petits Déjeuners de la Libre Pensée” qui doivent être considérés dans le cadre de l’article 15 ter du projet de traité modificatif qui garantit une égalité de traitement entre les conceptions de vie laïques et non confessionnelles et celles qui sont religieuses ».
La Fédération française de la Libre Pensée, fondée en 1866, tient à indiquer solennellement qu’elle n’a strictement rien à voir avec cette initiative et qu’elle en conteste fortement la dénomination. Elle considère que la formulation « Libre Pensée » (avec les majuscules) est abusive, car la Libre Pensée n’a pas pour objectif « d’être à la communauté européenne non confessionnelle ce qu’est la COMECE (conférence européenne des Épiscopats catholiques) pour la communauté catholique » (Communiqué de la FHE). La Libre Pensée rappelle son attachement à l’égalité en droits des citoyens qu’elle oppose aux droits des communautés qui en sont la négation institutionnelle.
La Libre Pensée s’inquiète qu’il puisse s’agir d’une manipulation pour tenter de l’impliquer dans la ratification du nouveau traité européen. Elle rappelle, si besoin en était que ce Traité constitutionnel a été rejeté par les peuples français et néerlandais, notamment du fait des dispositions antilaïques qu’il contenait, favorisant outrageusement les privilèges antidémocratiques des Églises.
La Libre Pensée a constaté que l’article 15 du nouveau traité européen reprend intégralement les dispositions contenues dans l’article 52 de l’ancien traité qui donnaient un statut légal de partenaires officiels aux religions. Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement, lorsque l’on lit que « Valéry Giscard d’Estaing avoue qu’il n’y a pas de différence entre le traité simplifié et le traité constitutionnel rejeté par les Français en 2005. « Les outils sont exactement les mêmes. Seul l’ordre a changé. » déclare, sur son blog et dans le journal anglais The Independent, l’ancien président de la République. Pour Valéry Giscard d’Estaing, qui dirigeait, en 2002 et 2003, Convention sur le Futur de l’Europe, la différence entre le traité constitutionnel (TCE) de 2005 et le traité modifié de 2007 est dans la méthode plus que dans le contenu.
Le texte de 2005 avait été débattu publiquement et devait remplacer tous ceux écrits précédemment : « Il s’agissait de simplifier les institutions européennes rendues inefficaces par les derniers élargissements, de mettre davantage de démocratie et de transparence dans l’Union européenne, et d’ouvrir la voie vers une Constitution pour les citoyens européens. » Pour le traité de Lisbonne, le processus n’a pas été le même, ce sont les juristes du Conseil qui ont été chargés de rédiger le texte, mais aucune suggestion n’a été faite, ils ont simplement repris les mêmes principes dans un ordre différent » (Source : lettre électronique la-sociale.net).
Ce qui a été rejeté hier ne saurait être accepté aujourd’hui. Alors que le peuple souverain sera privé d’utiliser le suffrage universel pour exprimer son avis sur le « nouveau » traité européen, la Libre Pensée déclare qu’elle n’ira pas déjeuner à Strasbourg ou à Bruxelles et ce ni à
matines ni à complies.

 

LIBRES PROPOS, LIBRES PENSÉES

 

Benoît XVI constant dans l'ignominie :


C'est avec une remarquable constance que le Vatican se complaît dans l'abjection lorsqu'il s'agit d'évoquer l'avortement ou la contraception, principalement en terres africaines. Lors de ses précédents voyage en Afrique, le précédent pape Wojtyla avait à de nombreuses reprises condamné l'usage du préservatif. Malgré les morts par millions à cause du SIDA, malgré des taux de contamination pouvant atteindre quarante pour cent de la population dans certains pays comme l'Angola, Wojtyla resta toujours sur la ligne criminelle d'un refus obstiné du préservatif.
Wojtyla comme Ratzinger se sont aussi particulièrement distingués dans leur appréciation de l'avortement. On retiendra par exemple le rapprochement nauséabond que tous deux ont fait entre l'interruption de grossesse et la shoah. Poursuivant ce discours, Ratzinger a dénoncé le dix-neuf novembre dernier le rôle des organisations internationales dans la promotion de l'avortement en Afrique. Il a ainsi affirmé : « la destruction de vies innocentes ne peut trouver de justification, quelles que soient les circonstances ». Chacun appréciera la phrase, sachant qu'elle vaut aussi pour les femmes enceintes à la suite de viols, situation hélas courante dans les pays ravagés par la guerre.

Cédric Mulet-Marquis

 


Delanoë, Alliot-Marie et la "laïcité nouvelle".


« A l’occasion du deuxième consistoire (création de nouveaux cardinaux) de Benoît XVI, samedi 24 et dimanche 25 novembre 2007 à Saint-Pierre de Rome, le nouveau cardinal français André Vingt-Trois, archevêque de Paris, était accompagné par Bertrand Delanoë, maire de Paris, et par Michèle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur, qui a témoigné de "la reconnaissance de la France envers l'Eglise catholique (...) pour son rôle historique et sa contribution à la définition d'indispensables repères moraux". Le nouveau cardinal s'est réjoui d'une "laïcité nouvelle" qui ne se réduit plus à "une interdiction des références religieuses ». Henri Tincq Le Monde 27/11/07

La « rupture » tant promise, c’est donc aussi cela : « une laïcité nouvelle » nous est imposée subrepticement, par petites touches. Comme la « constitution européenne » rebaptisée pudiquement « mini-traité » le prévoit explicitement, les religions seront consultées de plus en plus souvent sur les questions de société et instilleront en douce leur ordre moral et leurs normes à tous, croyants comme incroyants, même si la très grande majorité des français n’a plus de pratique cultuelle autre que celle dictée occasionnellement par une coutume ancestrale dépouillée de toute conviction religieuse profonde.
La Reconquista est en route et a pour objectif de nous renvoyer vers le temps béni pour l’obscurantisme religieux où la raison, la science et même les rois devaient s’incliner devant l’homme en haut des marches qui disait : « J’ai questionné Dieu et voici sa réponse ».
Cette époque s’appelait le Moyen-Age.

René Jambon


Mort de la démocratie en Europe :


Le 18 octobre à Lisbonne, les chefs d'état et de gouvernement européens ont acté la fin d'une démocratie européenne moribonde. Les peuples français et néerlandais ont indiqué par leur vote de 2005 qu'ils rejetaient une Europe entendue comme une arène dans laquelle se déroulerait la concurrence libre et non faussée de chacun contre tous, une Europe belliciste dont l'ambition en matière de politique internationale se bornerait à seconder les Etats-Unis dans leurs projets.
Tout pourtant fut mis en oeuvre pour que les citoyens se résignent dans la joie à la servitude volontaire. Un matraquage idéologique en faveur de l'adoption du projet de traité constitutionnel déferla pendant des mois dans la quasi-totalité des médias. Les procédés les plus bas furent utilisés pour déconsidérer ceux qui osaient émettre une opinion contraire. Un parallèle infamant fut soigneusement entretenu entre les partisans du non et les responsables des heures les plus sombres de l'histoire du vingtième siècle. Les procès en incompétence et en irresponsabilité furent quotidiens. Des descriptions apocalyptiques nous montraient une Europe plus dévastée que pendant les pestes noires médiévales si le projet de constitution venait à être rejeter.
Malgré cela, les peuples français et néerlandais jugèrent ce qui leur était proposé non conforme à leurs vœux. Si la notion de souveraineté populaire avait encore un sens en Europe, la conséquence de ce refus aurait dû être l'élection d'une assemblée constituante ayant légitimement mandat d'écrire une nouvelle proposition de traité constitutionnel. Après rédaction, il aurait fallu soumettre ce projet au vote des citoyens. Sans doute ce processus aurait-il pris du temps. Mais pouvait-on faire autrement si l'on souhaitait que la construction de l'union européenne soit l'œuvre de ses citoyens ?
A n'en pas douter les dirigeants de l'union ont décidé que la comédie constituant à feindre de prendre en compte la volonté générale avait assez duré. Puisque le peuple n'avait pas voté comme on l'entendait, il fallait le dépouiller du maigre pouvoir qu'on lui octroyait encore. La réunion de Lisbonne est le dernier acte d'un processus visant à priver le peuple de la moindre influence sur le contenu des décisions prises dans le cadre de l'union.
Un projet de traité fut rejeté il y a deux ans par le suffrage universel. La décision de le faire adopter par un congrès que l'on sait d'avance acquis au texte n'a qu'une seule interprétation possible. Le peuple ne doit pas être consulté pour les décisions importantes, ce n'est pas à lui de décider de son avenir. Cela est l'affaire de quelques esprits prétendument supérieurs qui savent ce qui est bon. Le gouvernement des meilleurs, cela a un nom : l'aristocratie.
On ne sera pas surpris que ce traité organise le retour des religions dans l'espace public, les associe à la prise des décisions politiques. L'obéissance à un ordre supérieur divin est un principe fondateur de toutes les religions qui toutes clament que seule la loi de dieu doit s'appliquer, et qu'il est sacrilège de s'y opposer en décidant librement de ce qui est bon et mauvais. Cela n'est pas compatible avec l'exigence démocratique affirmant que les hommes, et eux seuls, décident des lois qu'ils se donnent. Manifestement, cela s'accorde par contre avec la vision d'une Europe subsidiaire dans laquelle les subordonnés ont pour seule tâche d'appliquer les décisions prises aux échelons supérieurs.
Les zélateurs du traité vantent une Europe moderne, garante des liberté, assurant la prospérité. Nous savons ce que signifient en réalité ces paroles. En fait de modernité, on détruit méthodiquement ce qui permet à chacun d'avoir une vie décente : hôpitaux, écoles, droit du travail, sécurité sociale. La liberté que l'on nous promet, c'est celle d'asservir sans contrainte. Quant à la prospérité, il n'est guère question que de celle des riches actionnaires. L'Europe qui se construit contre la volonté des peuples, cléricale, guerrière, est lourde de menaces. Faisons en sorte qu'elle n'advienne pas.
Cédric Mulet-Marquis

Atheist

 


Chacun connaît l’importance et l’influence prises par la religion aux Etats-Unis, un pays dont l’ambition est de faire la pluie, le beau temps et plus dans le monde entier. Pourtant les USA sont le premier pays à avoir institutionnalisé par le 1er amendement de sa constitution la séparation des églises et de l’état mais la religion s’est réinsérée insidieusement au fil des décennies dans les rouages des institutions américaines pour prendre la tournure tendancieuse et inquiétante que l’on connaît actuellement. Dans certains états, les violations sont constantes ( ex. : prière à l’école, au stade, au travail sous peine de marginalisation sociale). L’athéisme est l’abomination suprême. Et peu importe la religion, il faut croire. On peut donc se demander ce que pensent de cela les athées américains et ce qu’ils font pour le combattre. Menacés de basculer en régime quasiment théocratique par l’interprétation par la Cour Suprême de la séparation églises-état (la voix d’un seul juge pourrait faire pencher la balance), ils sont loin d’être muets et inactifs et sont bien décidés à ne plus se taire. Selon Richard Dawkins, auteur du best-seller « The God delusion », ( l’illusion de Dieu) le temps est venu de dire : « Trop, c’est trop », et de le dire haut et fort. Livres, conférences, congrès, interviews télévisées, Internet, vidéos, satire, ils s’expriment. Un petit exemple d’argumentaire nous est donné par une courte vidéo en anglais signée Zak Attack diffusée sur YouTube, et appelée simplement :« Atheist » :

Athée : celui qui n’a pas de croyance en un dieu. 36 millions d’Américains ne croient pas en un dieu (ce nombre inclut aussi les agnostiques) selon Barna Research 2004.
Dans une étude de l’Université de Minnesota, plus de 2000 personnes ont été questionnées pour savoir auxquels de leurs concitoyens il manquait la correcte vision de la société américaine : plus que noirs, gays, immigrants, lesbiennes ou même musulmans… les athées sont vus comme les moins américains (selon le sondage).
Les chrétiens représentent 75 % de la société américaine : ils représentent 75 % de la population carcérale. Les athées représentent 10 % de la population américaine : Ils représentent 0.02 % de la population carcérale. (Bureau Fédéral des Prisons 1997).
« Non, je ne crois pas que les athées puissent être considérés comme des citoyens, ni être considérés comme des patriotes. This is a nation under God ( Ceci est une nation sous (le pouvoir de) Dieu » , George Bush Senior.
Psaume 14 - 1 : « L’idiot ( the fool ) a pensé en secret : il n’y a pas de Dieu. Ils sont corrompus, leurs actions sont viles : il n’y en a aucun qui agisse bien. »
« Idiots »… selon la Bible… Suit une longue galerie de portraits d’intellectuels américains ou étrangers, se revendiquant publiquement athées, dont beaucoup mondialement connus, écrivains, linguistes, philosophes, biologistes, inventeurs, généticiens, paléontologistes, entomologistes, historiens, astronomes, psychologues, professeurs à Oxford, Harvard , MIT et autres universités prestigieuses, Prix Nobel dans différentes disciplines, Prix Pulitzer, etc.
Selon la Bible… tous ces hommes et femmes brillants sont des idiots.
Ecclésiaste 4 - 12 : « Une corde de trois brins n’est pas facilement brisée » (une relation qui inclut Dieu sera beaucoup plus forte).
En 1999 le sociologue chrétien G.Barna publia son étude sur les taux de divorce : Chrétiens « born again » : 27 % de probabilité de divorce. Courant central protestant : 24 %. Athées et agnostiques : 21%
Psaume 14 - 1 : « L’idiot a pensé en secret : il n’y a pas de Dieu. Ils sont corrompus, leurs actions sont viles: il n’y en a aucun qui agisse bien. »
« Vils »… selon la Bible… Suit une nouvelle galerie de portraits de personnalités se déclarant ouvertement athées, la plupart mondialement connues, acteurs, chanteurs, metteurs en scène, artistes, sportifs, écrivains, humoristes, hommes d’affaires et philanthropes, etc.

La vidéo se termine par une citation de Carl Sagan, astronome, astrobiologiste, Prix Pulitzer : « Il est beaucoup mieux de comprendre l’univers tel qu’il est, plutôt que de persister dans l’illusion, bien que celle-ci puisse être satisfaisante et rassurante ».

R J

 

Tony Blair et Dieu.

 


Vous croyez sans doute que la démocratie est le meilleur moyen de choisir des dirigeants sages, rationnels et pragmatiques ?

C’est probablement vrai si les électeurs sont majoritairement sages, rationnels, pragmatiques et de surcroît bien informés, ce que les médias actuels s’efforcent de rectifier en les concentrant au maximum sur des sujets futiles, du rêve éveillé et des besoins imaginaires. La spiritualité mystique est de ceux-ci.

Résultat, ils élisent des dirigeants irrationnels qui les conduisent sur des voies (du Seigneur) regrettables avec la meilleure bonne conscience.
Un excellent exemple nous est donné par Tony Blair, qui au cours d’une interview télévisée récente sur BBC One avait déclaré qu’il avait longuement prié Dieu avant de décider si oui ou non il devait envoyer des troupes britanniques en Irak.

Ayant intensément prié puis décidé enfin que sa conscience lui disait de le faire, il en conclut logiquement que cette décision lui avait été dictée par Dieu. ( Dieu se trouvant probablement pour quatre ans domicilié à la Maison Blanche).

Il a précisé que du temps où il était Premier Ministre, il évitait de faire référence à sa foi en public de peur de provoquer des moqueries et de passer pour un « cinglé ».
Ces déclarations tardives ont déclenché des polémiques aussi bien du côté des
anti-guerre en Irak ( la mère d’un soldat tué à Bassora en 2004 déclara : « Je suis réellement dégoûtée par ces propos. C’est une plaisanterie. » et le Dr Harris, député et membre de la National Secular Society dit que ces commentaires étaient « bizarres », mettant en garde contre les politiciens faisant référence à la déité, aussi bien que du côté des religieux qui le critiquèrent pour ces propos, l’évêque de Rochester déclarant : « Je suis désolé que Tony Blair pense qu’il ne devait pas parler de sa foi en public, de peur que les gens pensent qu’il est cinglé »
Il n’est guère charitable de sa part de critiquer un homme qui, où qu’il se trouvât le dimanche, demandait à ses assistants de lui trouver une église pour assister à la messe.

Au cours du show télévisé, Tony Blair évoqua son moment de Premier Ministre le plus embarrassant : Donnant une conférence de presse en France on lui demanda s’il y avait des politiques françaises qu’il aimerait imiter.
Essayant de répondre en français, il dit : «Je désire votre Premier Ministre dans beaucoup de différentes positions ».

Comme quoi, si Dieu peut inspirer des actes, il n’est pas d’un grand secours sur la parole (ou alors il maîtrise mal le français).
R J

 


Abbé Pierre, c’est sur toi que je bâtirai mon église

En présence (comme il se doit) du trio infernal constitué des compères Barbarin, Mercier, Gérard Collomb, plus le représentant du préfet, la place de l’église d’Irigny vient d’être rebaptisée « Place de l’abbé Pierre », le samedi 1er septembre 2007.Un monolithe a été érigé pour l’occasion. Car c’est dans cette commune que le citoyen Henri Grouès a passé son enfance, c’est là aussi qu’il a dit la messe lors de visites. On est parfois prophète en son pays.
Fallait-il pour cela neutraliser le fonctionnement des services municipaux ? Fallait-il faire coller des mots dans le carnet de correspondance des élèves du primaire pour annoncer la cérémonie ? Fallait-il assurer, comme l’a fait le maire d’Irigny dans son éditorial du bulletin municipal, que l’abbé avait su « réveiller les consciences » ? A chacun d’en juger.
Une bonne nouvelle cependant : la famille Grouès s’est opposée à ce qu’une municipalité quelconque baptise une rue ou place du nom de l’abbé Pierre si elle n’avait pas moins de 20% de logements sociaux. Cela devrait nous éviter le problème à Lyon. PG

Article d’Anne-Claire Genthialon, paru dans Lyon Capitale le 11 décembre 2007

Les fondamentalistes multiplient les incidents à Lyon 1.

Biologie. Les thèses créationnistes prennent de plus en plus d’ampleur dans le monde. A Lyon, pour contrer cette montée en puissance, les enseignants organisent leur réponse intellectuelle et éducative.


La scène se passe en septembre, dans un amphithéâtre de l’Université Lyon 1. Alors qu’elle donne son cours de biologie de l’évolution à ses étudiants de Master 1, Dominique Pontier, chercheuse au CNRS, est interrompue par une femme. Cette dernière prend à parti l’enseignante en prônant des thèses créationnistes. L’épisode se répète quelques jours plus tard dans un autre cours. Incident isolé ? A en croire Hubert Pinon, le Directeur de l’UFR de biologie de Lyon 1 : « Ce n’était pas une situation inconnue ». « Plusieurs enseignants m’ont relaté ce genre d’incidents en Licence ». Dans l’enseignement secondaire, Georges Grousset, inspecteur d’académie constate une recrudescence du phénomène. « Il y a toujours eu des contestations sur l’enseignement de l’évolution. Ce n’est pas un mouvement global mais nous remarquons que de plus en plus de créationnistes cherchent à imposer leur avis dans les cours de biologie ». Le créationnisme s’oppose à la théorie de l’évolution issue des travaux de Darwin. Le postulat premier de cette théorie créationniste étant que la Terre et la vie ont été créées par Dieu comme le décrit la Genèse. Exit donc Lucie, les homo sapiens et autres fossiles ! Cette volonté de mettre sur le même plan science et croyance entraîne des difficultés dans l’enseignement de la biologie. L’an dernier, universités, collèges et lycées avaient été inondés par l’ouvrage créationniste « L’atlas de la création » d’Harum Yahya. En réaction à ces incidents et à cette diffusion massive, le Comité de Déontologie de l’université de Lyon 1 a organisé sa réponse « multiforme et éducative ». Hubert Pinon l’expose : « C’est de notre devoir de concourir à la diffusion du savoir scientifique et technologique dans l’ensemble de la société ». Colloques, conférences, carnet scientifique sur l’évolution distribué dans les collèges et lycées… Les scientifiques ont sorti l’artillerie lourde pour contrer cette tendance difficile à gérer dans le secondaire. Georges Grousset l’explique : « C’est un sujet délicat, il ne s’agit pas de se mettre en réaction par rapport aux croyances de l’élève. Notre seul moyen, c’est d’apporter des explications scientifiques : à la croyance, on oppose la réalité observée

 

Notre commentaire :

La Libre Pensée se félicite que les professeurs d’Université se mobilisent pour défendre les sciences contre les croyances. La LP était présente à la conférence du 14 décembre où un communiqué a été diffusé.
Nous reviendrons sur le contenu et le déroulement du débat et les problèmes politiques qu’il soulève notamment quant à l’enseignement du fait religieux à l’école et la remise en cause de la loi de 1905.

 

2018 04 AN II

AN II 169

ÉDITORIAL

Au collège des Bernardins, le chanoine du Latran Emmanuel Macron a donc été reçu par la Conférence des Evêques de France.

« Votre présence, lui a-t-il été répondu, nous honore et manifeste les relations anciennes et renouvelées entre l’Etat et l’Eglise catholique. » Anciennes, non ! sauf si l’on remonte à l’Ancien Régime, au Concordat ou au Régime de Vichy. Entre-temps il n’aura échappé à personne qu’un Séparation a eu lieu, produit d’une longue histoire.

Les cléricaux le déplorent, mais l’Histoire a avancé sans eux et ne reviendra pas en arrière.

Emmanuel Macron n’en a cure, répondant au président des Evêques que s’ils ont tous deux « bravé les sceptiques de chaque bord », c’est qu’ils partagent le sentiment commun « que le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé, et qu’il importe à vous comme à moi de le réparer. »

Loin d’être des propos de circonstance tenus pour satisfaire à un opportunisme politique très classique devant la clientèle catholique – comme certains éditorialistes ont voulu le faire croire – ces propos sont l’expression d’une volonté déterminée de vider la laïcité de son contenu, comme Macron l’a montré après un an de mandat, dans la lignée de ses prédécesseurs.

Le discours de Macron n’est pas un effet de manche. Il est aussi sérieux que la déclaration de guerre faite aux cheminots, contre leur statut et au-delà contre tous les services publics.

Aussi sérieux que les frappes en Syrie des 13 et 14 avril, au nom de prétextes humanitaires bien entendu, aux côtés de l’allié U.S. et avec le soutien du régime saoudien… qui mène la guerre au Yémen et finance de bien obscurs intérêts au Moyen Orient.

Le « grand discours » d’Emmanuel Macron sur la laïcité est une nouvelle fois reporté.

Signe sans doute d’une hésitation, mais aussi d’une préparation stratégique minutieuse.

Bien sûr nous aimerions nous tromper.

Mais nous voyons bien qu’avant toute offensive d’envergure, des travaux de sape, des préparations d’artillerie sont nécessaires. Peut-on interpréter autrement le cadeau fait à enseignement privé au prétexte de rendre la scolarité obligatoire à 3 ans au lieu de 6, mesure qui n’a pour but et pour effet que d’imposer le financement des écoles maternelles par les municipalités ? On lira à ce sujet le communiqué de l’Association Nationale des élus locaux Amis de la Libre Pensée (page 7).

Ou la mise en place d’un « Comité des sages » dans l’Education nationale, intégrant les principaux cultes ? Ou l’annonce d’un rapport (via le journal « la Croix », qui se prend pour le nouveau Journal Officiel de la République, préconisant la définition d’un « ensemble de cultes représentatifs » ?

A ce rythme, on finira par nous avouer que tout compte fait l’Etat reconnaît et finance les cultes.

Très justement, le communiqué national (reproduit dans ce n°) se conclut par ces mots : « Il est désormais clair qu’un mauvais coup se prépare contre la Loi de 1905. Le mérite du discours des Bernardins aura été de mettre le mouvement laïque en alerte. Ne réveillez pas ce géant, il va balayer à nouveau le cléricalisme. Nous appelons les laïques à se préparer à l’action pour défendre la loi de 1905. » Et le meilleur moyen de s’y préparer, c’est de rejoindre les rangs de la Libre Pensée.

Parce que la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat fait partie de son patrimoine génétique !

P.G.

 APPEL DU TRESORIER

Merci à tous de penser au versement de votre adhésion ! Même si c’est étalé sur 2 ou 3 chèques pour la somme de 72 euros (abonnements An II et La Raison inclus).

L’Assemblée Générale a voté pour 2019 une future augmentation de 3 euros.

►   Nos comptes ont besoin d’un remontant !

►   La Libre Pensée nationale, par ses actions nationales et internationales, effectue des prélèvements élevés (il ne nous reste que 5, 5 euros sur chaque carte !).

►   Tout soutien supplémentaire est, bien sûr, le bienvenu !

►   Faites de la publicité pour nos actions, faites adhérer à la Libre Pensée !

 

Le CCO dans l’espace public

 Depuis 50 ans, le CCO Jean-Pierre-Lachaize, installé depuis 50 ans rue Georges Courteline à Villeurbanne sur une propriété appartenant à l’archevêché de Lyon, s’apprête à déménager (voir l’An II n° 168). Il s’agit, précise le magazine municipal « VIVA », de se « réinventer », de rester fidèle à ses valeurs en développant un grand projet d’innovation sociale et culturelle, de créer un « CCO augmenté ». Le déménagement est prévu pour 2021 sur le site de l’ancien IUFM, 24 rue Alfred-de-Musset, où l’opération a déjà commencé. Elle s’inscrit dans le cadre du projet « L’Autre Soie », porté par le CCO, le GIE Est-Habitat et la ville de Villeurbanne.

« Un projet mixte, de solidarité urbaine, d’innovation sociale et culturelle au sein duquel il trouvera toute sa place » (VIVA). CCO « augmenté », sans doute. Et laïcité amoindrie.  

Affaire Barbarin : ou la « majestueuse lenteur de la justice »

Le procès du cardinal Barbarin repoussé au 7 janvier 2019.

En attendant de comparaître devant le Tribunal de Dieu, le cardinal était cité devant la justice civile, en l’occurrence la 17e chambre du tribunal correctionnel, par neuf anciens scouts regroupés au sein de la « Parole libérée ». Avec lui devaient comparaître six autres prévenus, parmi lesquels le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi au Vatican, l’Espagnol Luis Francisco Ladaria Ferrer. Tous sont accusés d’avoir couvert les agissements pervers du père Preynat.

On vient d’ailleurs d’apprendre une nouvelle affaire mettant en cause Preynat dans la Loire, et qui ne serait pas soumise à prescription !

 

 

La présence du Père Ferrer n’a rien d’anecdotique : en tant que préfet de la congrégation pour la Doctrine de la foi (héritière directe de l’Inquisition), il avait été consulté par le diocèse de Lyon sur le cas du père Preynat. Il représente donc le Vatican.

C’est à cause de lui (directement ? indirectement ?) que le procès a été repoussé pour vice de procédure : faute de traduction de la citation à comparaître dans les délais impartis. Apparemment, le prélat romain n’entend que l’italien (ou le latin ?)

C’est la partie civile elle-même qui a demandé le report. Pas pour le plaisir, on s’en doute, mais parce que la présence de Ferrer lui semblait indispensable. « Nous ne sommes pas pressés. Il est important pour nous que Luis Francisco Ladaria Ferrer, le numéro 2 du Vatican, soit cité à comparaître et qu’il n’y ait qu’une seule et même procédure », a déclaré François Devaux, président de La Parole Libérée.

La justice est lente, mais elle suit son cours. Le procès dont nous parlons entre dans le cadre d’une procédure de citation directe lancée par les neuf anciens scouts de Sainte-Foy-lès-Lyon, alors que le parquet avait classé sans suite, à l’été 2016, une première enquête sur les faits.

Des parts de marché pour l’école privée

A Saint-Priest, le futur collège privé de l’association La Xavière et de l’enseignement catholique (Aldec) prend forme. L’architecte l’assure : « Les travaux, commencés en octobre, vont actuellement bon train, le gros œuvre est en cours de finalisation ».

L’établissement se situe sur un terrain de 9 720 m² à l’angle des rues Clémenceau et Ambroise-Paré, dans le quartier de Manissieux. Il sera composé de 16 classes et de 5 classes spécialisées, un réfectoire, des vestiaires, un CDI et un bloc administratif pouvant accueillir, à terme, près de 720 élèves. A la prochaine rentrée, les travaux auront sérieusement avancé et les salles de cours pourront accueillir 110 élèves sur au moins quatre classes. A terme, l’établissement pourra accueillir jusqu’à 720 élèves. Cette première phase de travaux avoisinera un coût de 4,8 millions d’euros TTC. 

À Limonest, dès la rentrée prochaine, deux classes de 6e seront ouvertes, sur le site du lycée lasallien de Sandar. C’est le lycée qui mettre les salles à disposition, en attendant la construction d’un nouveau collège conçu pour 250 élèves, dans le cadre d’une fusion entre les lazaristes et La salle. Les établissements concernés seront regroupés sous une même entité « collège Aux Lazaristes-La Salle » avec trois lieux d’implantation : Lyon Fourvière, Lyon la Croix-Rousse et Limonest pour un peu plus de 3 500 élèves.

« Capter les élèves de l’Ouest Lyonnais »

Le but est clair. Avec l’aval de la direction catholique et le soutien du maire de Limonest, le site de Sandar, avec son parc de plusieurs hectares, ses bâtiments historiques, son internat totalement neuf, sa desserte par les transports en commun, est fait pour séduire une certaine clientèle. Les sixièmes bénéficieront d’options comme une classe bilangue anglais-allemand (que les collèges publics ne peuvent pas tous mettre en place, faute de moyens dédiés), une option artistique « musique et théâtre » et une option « équitation » en partenariat avec plusieurs centres équestres à proximité. D’ici à 2019, un centre d’équitation complétera les infrastructures du lycée Sandar.

COMMUNIQUE ANELALP

ANELALP

Association Nationale des élus locaux Amis de la Libre Pensée

10/12 rue des Fossés Saint-Jacques 75005 Paris

Lundi 2 avril 2018

 

Scolarité obligatoire à 3 ans ? Au bénéfice de qui ?

L’Association Nationale des élus locaux Amis de la Libre Pensée a pris connaissance de la déclaration du Président de la république : « J’ai décidé de rendre obligatoire l’école maternelle et d’abaisser de 6 à 3 ans en France l’obligation d’instruction dès la rentrée 2019. »

L’ANELALP constate que cette annonce n’aura en pratique aucune conséquence sur la scolarisation des enfants de trois ans, puisqu’aujourd’hui, 97,6 % (et quasiment 100 % des enfants de 4 et 5 ans) vont déjà à l’école maternelle, et que rien n’obligera les parents des 26 000 enfants concernés à les mettre à l’école (instruction à la maison).

L’ANELALP rappelle qu’à l’inverse, depuis des décennies, la multiplication de mesures contre l’école maternelle, et en particulier la chasse aux postes, entraînant la non prise en compte par l’Education Nationale des enfants de deux ans dans les opérations de carte scolaire (sauf dans les zones dites « prioritaires ») a fait chuter le taux de scolarisation de cette tranche d’âge de 35 % en 1999 à moins de 11 % aujourd’hui.

Orientation confirmée il y a quelques semaines par le ministre Blanquer, qui remettait en cause la scolarisation des enfants de deux ans.

Quels desseins cache cette éventuelle « scolarité obligatoire » dès trois ans ?

A quoi servirait cette mesure ?

La réponse est simple : à l’école privée confessionnelle.

La loi Debré de 1959 prévoit que les municipalités participent dans les mêmes proportions aux frais de scolarité pour les enfants de leurs communes, qu’ils soient dans des écoles publiques ou privées sous contrat. Mais cette disposition ne concerne que les enfants des écoles élémentaires, à partir du Cours préparatoire (la scolarité obligatoire). Pour qu’une commune supporte les dépenses de fonctionnement des classes maternelles et enfantines privées, elle doit avoir donné son accord à la mise sous contrat d’association de ces classes et peut s’en retirer sur simple décision du Conseil municipal (circulaire n° 2012-025 du 15-2- 2012).

Avec une scolarité rendue obligatoire à partir de 3 ans, nos communes devraient supporter les dépenses imposées par la loi Debré, dépenses de scolarité, dépenses de personnel (ATSEM)…

Au moment où nous voyons baisser les dotations de l’Etat ! Au moment où la suppression de la taxe d’habitation nous inquiète pour la pérennité de nos budgets !

L’Etat, de son côté, va payer les salaires des enseignants des écoles maternelles privées, dépensent qui s’ajouteront aux 7 milliards et demi d’euros versés annuellement sur le budget de la nation aux établissements privés, à 95 % catholiques.

L’ANELALP se prononce contre cette nouvelle attaque contre la laïcité et contre nos communes, se prononce pour le retrait de ce dispositif supplémentaire en faveur des établissements privés, au mépris des principes républicains, au mépris des lois de séparation des Eglises et de l’Etat.

L’ANELALP réaffirme sa volonté, avec la Fédération Nationale de la Libre Pensée, avec tous les laïques de ce pays, de voir abroger la loi Debré, mère de toutes les lois anti-laïques.

Au nom du Bureau national de l’ANELALP                                                            Le président, Christian Baqué

Communiqué FNLP

FÉDÉRATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSÉE

Membre del’Association Internationale de la Libre Pensée (AILP)

Avant, la République, c’était la Séparation des Eglises et de l’Etat

Avec Emmanuel Macron,

C’est la Réparation de l’Eglise par l’Etat

Il aura suffi d’une lettre, un R à la place d’un S, et la grande loi qui a garanti plus de 100 ans de paix civile, la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat, est menacée dans son fondement même : assurer la liberté de conscience de tous, sans que l’Etat se mêle de ce que pensent les citoyens. Francis de Pressensé avait dit en 1905, pour résumer la grande loi laïque : « L’Etat s’arrête où commence la conscience ».

En déclarant que la République devait « réparer » son lien avec l’Eglise catholique, Emmanuel Macron a contredit tout l’édifice établi depuis des siècles à partir du Concordat de Bologne de 1516, de l’Edit de Nantes, du rejet des Jésuites hors de France, des Lumières, de l’Edit de Tolérance, de la Révolution française, des trois séparation des Églises et de l‘Etat (1795, 1871, 1905), de tout l’édifice républicain et laïque institué par la IIIe République. Voici nos références historiques, elles viennent du vieux pays des Lumières; celles d’Emmanuel Macron sont tirées de l’obscurité des sacristies.

Un calotin aux Bernardins

Il n’y a rien à réparer, car il n’y a rien de cassé. La République a divorcé de l’Eglise catholique définitivement en 1905. Chacun a repris ce qui lui appartenait. L’Etat a repris ce que le peuple avait payé avec sa sueur, ses larmes et son sang. L’Eglise est revenue à la solitude de la prière qu’elle n’aurait jamais dû quitter (Marx).

Pas plus qu’hier, la République n’acceptera les mariages forcés. La Séparation, ce n’est pas la turpitude obligatoire. La Laïcité, c’est la liberté, la liberté de conscience, la liberté de penser comme on veut.

Il est désormais clair qu’un mauvais coup se prépare contre la Loi de 1905. Le mérite du discours des Bernardins aura été de mettre le mouvement laïque en alerte. Ne réveillez pas ce géant, il va balayer à nouveau le cléricalisme. Nous appelons les laïques à se préparer à l’action pour défendre la loi de 1905.

soldats repliés : «la cour martiale […] pour l’ensemble de la demi-section […] qui fut exposée au coup de main de l’ennemi, soit vingt-quatre bonshommes ». Un choix arbitraire aboutit à ce qu’« on désigna six victimes au hasard sur les vingt-quatre ». Ils ont été réhabilités le 29 janvier 1921, comme une quarantaine, entre les deux guerres mondiales, sur les 639 exécutés entre 1914 et 1918.                                                                                               Xavier HYVERT, Président de l’ALAMPR.

Libres propos, libres pensées

Il y a 500 ans la proclamation de Luther (2e partie)

L'Église pilier de l'ordre féodal prend peur

             Sans faire une étude exhaustive année par année qui serait fort révélatrice mais trop longue pour un article, donnons quelques repères pour voir dans quel contexte les humanistes vont voir se retourner contre eux la fureur du clergé.

            « Le trait le plus caractéristique de la production féodale dans tous les pays de l'Europe occidentale, c'est le partage du sol entre le plus grand nombre d'hommes-liges... La réforme, et la spoliation des biens de l'Église qui en fut la suite, vint donner une nouvelle et terrible impulsion à l'expropriation violente du peuple au 16ème siècle. L'Église catholique (anglaise) était à cette époque propriétaire de la plus grande partie du sol anglais.

Les biens du clergé tombèrent entre les mains des favoris royaux, des fermiers spéculateurs qui commencèrent à chasser en masse les vieux tenanciers héréditaires... Les bourgeois capitalistes favorisèrent l'opération dans le but de faire de la terre un article de commerce, d'augmenter leur approvisionnement de prolétaires campagnards, d'étendre le champ de la grande agriculture » (Marx, Le Capital, chapitre "L'accumulation primitive")

            En Allemagne les princes protestants se jetèrent sur les biens de l'Église, mais les paysans à partir de 1525 se soulèvent. Thomas Müntzer, sous une forme religieuse lui aussi, va exprimer les revendications paysannes du partage des terres et de l'égalité, si on est tous fils de Dieu pourquoi pas nous ? Luther change de pied, appelle à massacrer les paysans, et la guerre des paysans se termine par d'horribles carnages et des représailles monstrueuses et sans fin. Les princes s'entendent : ceux qui sont restés fidèles au pape (Bavière) et les luthériens signent en 1555 la paix d'Augsbourg sur la base « cujus regio, ejus religio » (les sujets auront la religion de leur prince).

            L'Allemagne est à feu et à sang, l'Angleterre a rompu avec la tutelle du pape qui va prononcer une condamnation à mort contre la reine Elisabeth, qui, craignant pour sa vie, va lancer une chasse féroce aux catholiques. Mais la toile de fond c'est une lutte à mort pour savoir si la bourgeoisie aura une meilleure part dans le pillage de la paysannerie, si la terre deviendra un article de commerce et de spéculation.

            « Le système du crédit public, c'est à dire des dettes publiques, dont Venise et Gênes avaient, au Moyen âge, posé les premiers jalons, envahit l'Europe définitivement pendant l'époque manufacturière... La dette publique opère comme un des moyens les plus énergiques de l'accumulation primitive... Dans le même temps qu'on cessait en Angleterre de brûler les sorcières, on commença à pendre les falsificateurs de billets de banque... Comme la dette publique est assise sur le revenu public, qui doit en payer les redevances annuelles, le système moderne des impôts était le corollaire obligé des emprunts nationaux... la surcharge des taxes n'est pas un incident mais le principe » (Marx, Le Capital)

            « On remarquera que dans toutes les sphères de la vie sociale, la part du lion échoit régulièrement à l'intermédiaire. Dans le domaine économique par exemple, financiers, gens de bourse, banquiers, négociants, marchands, etc., écrèment les affaires. Entre le seigneur féodal et ses dépendants à tous les degrés de vassalité, il y avait un agent intermédiaire qui devint bientôt homme d'affaire, et dont la méthode d'accumulation primitive, de même que celle des hommes de finance placés entre le trésor public et la bourse des contribuables consistait en concussions, malversations et escroqueries de toutes sortes... l'oppression du peuple, assujetti à tant de petits tyrans était naturellement affreuse. »

(Karl Marx, le Capital)

Les humanistes un danger pour tous les camps

            La compagnie des jésuites est fondée à Paris en 1534, aujourd'hui il est facile de voir la concordance des dates. En 1540 le pape Paul III ratifie la création de l'ordre. La contre-réforme, véritable contre-révolution, est en marche. Les humanistes sont doublement suspects : ils ont ouvert la boîte de la contestation en mettant la recherche de la connaissance sur un piédestal, la recherche de la vérité devient une démarche individuelle, échappant au contrôle de l'Église. Des érudits (Érasme) veulent concilier la sagesse socratique et le dogme chrétien, et réduire les aspects les plus voyants du luxe de l'Église. Mais ils expriment et nourrissent malgré tout le mouvement de contestation.

            Le roi de France n'est pas en conflit avec l'Église, puisqu'il a signé un concordat avec le pape en 1516 qui lui permet de nommer les princes de l'Église. Il a besoin de cet appui financier. La vente des offices permet au roi d'assurer le service de la dette et ses dépenses somptuaires demandent beaucoup d'argent.

En France la bourgeoisie appuie la centralisation de l'État que mène le roi.

            « Même dans les soi-disant guerres de religion du XVIème siècle, il s'agissait avant tout d'intérêts matériels de classes très positifs... Que ces luttes entre classes aient eu alors des signes de reconnaissance religieux, que les intérêts, les besoins et les revendications de chacune des classes se soient dissimulés sous une enveloppe religieuse, cela ne change rien à la chose et s'explique facilement par les conditions de l'époque... Les dogmes de l'Église étaient en même temps des axiomes politiques et des passages de la Bible avaient force de loi dans toutes les cours de justice. Même lorsqu'il se constitua un corps spécial de juristes, la jurisprudence resta longtemps encore sous la tutelle de la théologie. Et cette souveraineté de la théologie sur tout le domaine de l'activité intellectuelle était en même temps la conséquence nécessaire de la position qu'avait l'Église d'être le résumé et la sanction universels de la domination féodale existante ».                                                                        (Engels, la guerre des paysans).

            L'amalgame, les faux papiers, l'escroquerie, étaient des méthodes très utilisées par l'Église. La contre-réforme est une contre-révolution qui se dissimule sous une enveloppe religieuse. Luther et Calvin se lancent aussi dans la chasse aux humanistes, car ils veulent contenir la révolte qui gronde.

            Ces éléments des conflits sociaux complexes et masqués étaient difficiles à comprendre à l'époque et même encore aujourd'hui trop d'historiens raisonnent comme si la vision confuse et religieuse des participants à ces luttes était les raisons véritables des événements.

                  Des combinaisons diverses de la réaction selon les pays se font jour : En France l'Église se bat avec acharnement pour éliminer les protestants, mais la bourgeoisie élargit son assise économique et soutien la centralisation de l'État par la monarchie. Après huit guerres et des massacres sordides, le compromis d'Henri IV « Paris vaut bien une messe » permet la centralisation monarchique.

En Angleterre la bourgeoisie appuie le roi pour s'approprier les terres de l'Église catholique, puis dès 1649 la révolution décapite le roi. Cromwell instaure une république bourgeoise. Aux Pays Bas la réaction est vaincue par le soulèvement des Provinces unies, la première révolution bourgeoise. En Allemagne, du fait de la répression des paysans, la centralisation de l'État est différée, les princes catholiques et protestants vont maintenir la féodalité plus longtemps, et l'unité allemande sera encore à faire au 19ème siècle.

Quant à l'Italie, si en avance dans l'essor de la bourgeoisie vers 1400, le déplacement des courants d'échanges de la Méditerranée vers l'Atlantique, le morcellement provoqué par les intrigues continues et perverses du pape pour sauver la féodalité, la met en déclin pour deux siècles. En Espagne dont la richesse est dopée par son empire aux Amériques, la royauté renforce l'Inquisition et les classes féodales entravent le développement d'une bourgeoisie marchande en bourgeoisie capitaliste.

            Les progrès techniques et l'essor des échanges continuent partout, la bourgeoisie se renforce, l'accumulation primitive s'accélère, mais la lutte de l'Église partout défend l'ordre ancien, son despotisme sur les consciences.

                  La réaction contre-révolutionnaire prend une forme frappante : après les interrogations et les doutes de la recherche, (beaucoup de textes des humanistes prennent la forme de dialogues pour présenter les choses comme en débat, entre 1450 et 1535), voici venu le temps de l'obligation de la profession de foi. On ne demande plus une adhésion vague à Jésus, mais l'adhésion à des croyances éternelles bien précises : 1564, profession de foi de Pie IV pour les catholiques, 1559 pour l'église réformée de France, 1560 écossaise, 1561 helvétique, 1563 les 39 articles de foi de l'église officielle anglaise. Il faut discipliner davantage les consciences pour contenir la poussée scientifique qui continue et l'emportera seulement par la révolution de 1789.

            La Renaissance a marqué une première avancée de la bourgeoisie sur la scène de l'histoire et les humanistes ont exprimé l'aspiration à la liberté de penser individuelle, qui était contradictoire à toute la conception féodale des hommes-liges (tout homme est le vassal d'un seigneur). Mais si le pape et ses évêques pouvaient fort bien s'accommoder de discours et de poésie antique, et même sous les Borgia reconstituer les orgies romaines antiques, quand la bourgeoisie a commencé sa lutte pour le contrôle des richesses, la conscience des classes féodales s'est brusquement réveillée. Comme l'a fort bien dit Marx, « La Haute-Église d'Angleterre pardonnera bien plus facilement une attaque contre trente-huit de ses trente-neuf articles de foi que contre un trente- neuvième de ses revenus. » (Karl Marx "Le Capital", préface).

Christian Coudène

Nouvelles de l'Empire : de mal en pire

     Le 2 mars 2007, le général US 4 étoiles en retraite Wesley Clark vendait la mèche à New York : dans une conférence publique (visible sur YouTube), il révélait que très peu après le 11/09/2001, tout frais retraité, un mémo top-secret lui fut montré en catimini au Pentagone par un autre collègue général effaré par son contenu : les Etats-Unis projetaient d'attaquer SEPT pays en cinq ans : Irak, Syrie, Liban, Libye, Somalie, Soudan et pour finir l'Iran.

À sa question "Pourquoi ? il lui fut répondu : "On ne sait pas !", ce qui fit rire (jaune ?) l'assistance.

     Il est vrai qu'il y a eu un peu d'impondérables dans l'ordre du programme de "regime change", des trous (on avait aussi oublié quelques "pays de merde", -dixit Trump- à détruire car refusant obstinément de se soumettre) et un sérieux retard dans l'exécution complète, mais dans les grandes lignes le programme a été lancé ou est activement en cours (Syrie). Des millions d'êtres humains semblables à nous ont vu leur vie s'achever tragiquement ou totalement ravagée par la volonté d'une minuscule caste de va-t-en-guerre décidés à punir des pays par trop irrespectueux de la volonté du plus fort, tout en améliorant copieusement les bilans du complexe militaro-industriel atlantiste.

     Quant à l'Iran, le dernier de la liste, (la cerise sur le gâteau ?) il avait pourtant déjà subi avec succès en 1953 un type innovateur de "regime change" made by CIA quand le Dr Mossadegh, le premier et dernier Premier Ministre jamais élu démocratiquement, qui tenta d'instaurer une République laïque, avait été renversé suite à sa nationalisation du pétrole iranien en représailles contre l'intransigeance british sur les dividendes pétroliers, grâce à de violentes "émeutes populaires" surgies de l'opération Anglo-US AJAX  organisée et pilotée par Kermit Roosevelt de la CIA et bien alimentée en valises bourrées de dollars.

     Ce grand bourgeois démocrate et laïque iranien fut accusé faussement d'être un "communiste", la peine de mort fut requise contre lui mais il fut embastillé jusqu'à sa mort, contrairement à certains de ses partisans qui furent torturés puis exécutés.

Et la démocratie avec, à jamais !

Ainsi fut réinstallé le Shah exilé qui mit en place une si cruelle dictature qu'elle conduisit bien plus tard à la révolution islamique.

Autrement dit, le peuple persan doit sa République Islamique actuelle aux sordides machinations des britanniques et de la CIA. ! On dit merci ?

     De notre vivant, pour beaucoup, nous avons vu s'effondrer l'empire soviétique et nous assistons en direct à la décomposition accélérée de l'empire OTANiste, sous la houlette de dirigeants mal élus ou réactionnaires dont le but, en dépit d'une propagande incroyablement hypocrite sur la "Démocratie, la Liberté et les Droits de l'Homme" n'est pas le bien-être et la prospérité de leurs peuples mais leur propre prospérité et leurs prébendes et ceci précisément au détriment des peuples. Et grâce à cette insatiable cupidité débridée, l'effet pervers le plus patent est que depuis des décennies ils ont grandement favorisé l'émergence de l'empire de demain, l'empire chinois.

     Lénine aurait dit : "les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons".

C'est bien dans une certaine mesure ce qui s'est produit : alléchés par les très bas salaires chinois et un contrôle autoritaire des travailleurs (leur rêve), nos "élites" leur ont confié la fabrication de tout ce qui faisait notre richesse : nos productions, nos techniques, notre savoir-faire et les machines avec !

Et délocalisé ainsi les millions d'emplois qui nous font défaut. Et ce schéma s'est répété dans presque toutes les activités de toutes technologies. Qui s'est comporté le plus stupidement ? Les chinois ?

     Grâce à nos "élites" économiques et politiques bornées, incapables de regarder plus loin que leurs cours instantanés de Bourse, la Chine nous dépasse à grandes enjambées dans tous les domaines.

     Par chance, on sait encore faire des machines à tuer sophistiquées, on sait les vendre, apprendre à les utiliser, susciter par des opérations Ajax les conflits adéquats et à l'occasion les employer nous-mêmes.

     Et pour retarder un fatal déclin économique qui, généré par cette géniale "stratégie" était largement prévisible, nos "élites" ont décidé pour compenser de réduire tout ce qui faisait la vraie richesse et le prestige de nos pays : un niveau de vie, d'éducation et de culture élevés, une espérance de vie en bonne santé unique dans l'histoire de l'humanité, des protections sociales acquises de haute lutte : en bref, tout ce qui est la marque d'une société civilisée.

     Mais il leur était insupportable de s'être fait arracher tout cela par des manants, y compris US, que même des guerres destinées à les dresser les uns contre les autres n'avaient fait que renforcer (s'ils en revenaient, ils avaient des exigences exacerbées par leurs sacrifices) et il fallait bien que cela cesse.

     Denis Kessler, ex vice-président du MEDEF l'a écrit (Challenges, 4/10/07) : "Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement tout le programme du Conseil National de la Résistance."

Il l'a dit, Macron le fait !               RJ


2017 12 AN II 168

AN II 168 DECEMBRE 2017

EDITORIAL

Depuis de nombreuses années, l’offensive de reconquête cléricale a pris la forme d’une confusion entretenue entre le cultuel et le culturel, au prétexte le plus souvent de promouvoir le patrimoine touristique, ce qui justifierait le versement de subsides publics (subside, au sens premier : « Secours d'argent que des sujets donnent à leur souverain » – définition du Littré).

Dérèglementation républicaine

Les subventions accordées à la Fondation Fourvière ressortissent à cette tentative de flouter la séparation entre la sphère publique (le culturel) et la sphère privée (le cultuel) ; les opérations de promotion des Ostensions en Limousin en sont un autre exemple. L’installation de cinq crèches chrétiennes dans le hall de l’Hôtel de Région par le président du Conseil régional- nonobstant l’arrêt du Tribunal Administratif de Lyon du 5 octobre 2017 – participe de la même tentative. Personne ne s’y est laissé prendre, et assurément pas les juges de première instance : « Dans l'enceinte des bâtiments publics, sièges d'une collectivité publique ou d'un service public, le fait pour une personne publique de procéder à l'installation d'une crèche de Noël ne peut, en l'absence de circonstances particulières permettant de lui reconnaître un caractère culturel, artistique ou festif, être regardé comme conforme aux exigences qui découlent des principes de neutralité des personnes publiques.»  

Mais il semble qu’une nouvelle confusion se banalise, celle –topologique – qui consiste à associer dans un même lieu public ce qui revient à chacune des deux sphères, publique et privée. C’est ainsi qu’on célèbre la messe dans les locaux municipaux abritant l’école publique de Vauxrenard, en Beaujolais. Le maire de la commune n’y voit pas malice et prétend témérairement que dans la commune, personne – ou presque - n’est choqué.  Comme le déclare Nicolas Cadène (rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité) : « … si c’était un autre culte, imaginez le bruit que cela aurait fait, une activité cultuelle dans une mairie ! J’ai l’impression qu’il y a une grande incompréhension de la loi. » Mettons donc cela sur le compte de l’incompréhension. Pour le maire, il fait trop froid dans l’église. Et c’est vrai, l’hiver peut être rigoureux et les églises difficiles à chauffer. Serait-ce une raison pour que les paroisses s’invitent au chaud dans les bâtiments de la République ? … ou pour qu’on les invite ?

Au même moment, on apprend qu’une entrée et un espace « cuisine » sont prévus comme parties communes au Centre d’Information et d’Orientation de Villeurbanne, structure relevant de l’Education nationale, et au futur Centre Culturel Œcuménique (d’inspiration confessionnelle) dans un espace rénové, « « l’autre Soie », avec le soutien de la municipalité de Villeurbanne et à grand renfort d’argent public.

Défendre le baccalauréat

Mais au fait : a-t-on encore besoin d’un CIO ? La réforme du baccalauréat et le « plan étudiants » par lequel on entend faire gérer par les enseignants en lycée la sélection d’entrée à l’université posent désormais cette question. Le CIO « Lyon –Rive gauche » a déjà fermé ses portes à la rentrée 2017, ainsi que celui de Firminy dans la Loire. Quatre autres CIO et une antenne avaient connu le même sort en 2013-2014, sur fond de désengagement des collectivités locales, validé par les autorités académiques. Et voilà que la municipalité de Villeurbanne semble vouloir faire de son CIO local un espace œcuménique ! (voir notre dossier pages suivantes).

Le travail des conseillers d’orientation est désormais confondu avec celui des psychologues scolaires dans un même corps statutaire. Leur travail ne sera plus jamais le même si le gouvernement vient à bout du baccalauréat comme premier grade universitaire donnant accès aux études supérieures de son choix. Avec l’individualisation des parcours par modules, on passe à une autre logique : il s’agit désormais d’adapter la demande aux capacités d’accueil des filières universitaires. On passe d’un diplôme organisé selon des épreuves nationales et anonymes à des diplômes « maison » qu’aucun droit ne peut plus garantir. La fin du baccalauréat, dont il ne resterait que le nom.

Tout cela suit une même logique, celle de la dérèglementation. Elle s’applique à tous les domaines, et désormais au système scolaire. Le principe de « l’élitisme républicain », qui fit la fierté de l’enseignement français et de tous les systèmes le moins inégalitaire, cèderait la place – sous couvert de pragmatisme économique - à la mainmise des autorités locales et aux intérêts particuliers.

Il est douteux que la laïcité y trouve son compte !

P.G.

 

Merci à tous de penser au versement de votre adhésion ! Même si c’est étalé sur 2 ou 3 chèques pour la somme de 72 euros (abonnements An II et La Raison inclus).

L’Assemblée Générale a voté pour 2019 une future augmentation de 3 euros.

►   Nos comptes ont besoin d’un remontant !

►  La Libre Pensée nationale, par ses actions nationales et internationales, effectue des prélèvements élevés (il nous reste 5, 5 euros sur chaque carte).

►   Tout soutien supplémentaire est, bien sûr, le bienvenu !

►   Faites de la publicité pour nos actions, faites adhérer à la Libre Pensée !

 

 

APPEL DU TRESORIER

 

 

Et pendant ce temps-là, les tarifs de la poste augmentent…

 LAICITE RHONE

Vauxrenard : messe dans les locaux municipaux

Sous le titre « Vauxrenard: ils ne veulent plus de messes dans le bâtiment de l'école publique », le Progrès du  3 février dernier annonçait comment, la salle paroissiale ayant déménagé depuis janvier, elle se trouvait désormais installée dans le bâtiment mairie-école-bibliothèque, sous la salle du conseil.

« La présence d'un prêtre en habit et la tenue d'offices religieux, tous les vendredis matin, ainsi que les questions de sécurité qu'induisent les allers-et-venues des paroissiens, inquiètent les délégués départementaux de l'Education nationale (DDEN) du secteur. Pour Jean-Jacques Salanson, maire de Vauxrenard, le débat n’a pas lieu d’être. »

Or le bail emphytéotique a été accordé à une société immobilière de Villié-Morgon qui a en charge le bâti de la paroisse depuis la vente du presbytère à la municipalité en 1989, ce qui pose un problème de légalité puisque seules les associations cultuelles de loi 1905 peuvent bénéficier de ce type de baux. La municipalité devait lui fournir une salle, mais, pour respecter la loi, hors des locaux municipaux.

Autre fait choquant, le local a accueilli dans le passé des colonies de vacances (UFOVAL). Les douches ont été démolies, ce qui interdit de fait tout retour en arrière.

  1. M. Henri Humbert, président des DDEN du secteur Beaujeu-Belleville, a été mis en cause indirectement par le maire M. Salanson comme le « seul habitant » mécontent de Vauxrenard sur les 325 de la commune.

Il écrit, dans une lettre adressée au Conseil municipal : « Un rappel de la loi de 1905 : (…) elle n’a jamais été conçue comme devant créer des entraves à l’exercice des cultes, elle n’était ni négative, ni positive, elle était et se voulait simplement neutre à l’égard des religions. »

On ne saurait mieux dire. La loi de 1905 n’a rien d’une coutume villageoise. Elle est un principe républicain qui s’applique à l’ensemble du territoire national. N’y aurait-il aucun « opposant » à la pratique de la messe municipale à Vauxrenard que cela ne changerait rien à l’illégalité de la situation.

La balle est dans le camp de la municipalité.

 CCO de Villeurbanne

Selon "Viva" n°310 de novembre 2017 (L'autre Soie : singulier, ambitieux et innovant ; page 11), le magazine de la Ville de Villeurbanne, le site de l'ancien IUFM rue Alfred de Musset, fermé depuis 2013, devrait accueillir « un ambitieux projet urbain innovant, participatif et multi partenarial (GIE Est habitat, CCO, Ville) ». 

 Le Centre culturel œcuménique (CCO) souhaite y installer ses locaux, ce dont Viva (Autrement dit : M. Bret et la municipalité de Villeurbanne) se réjouit. Problème passé sous silence par le magazine Viva : dans une aile de ce bâtiment est déjà installé le Centre d'Information et d'Orientation (CIO) Lyon-Est de l'Éducation Nationale, pas censé être œcuménique mais laïque ! Il est prévu que des parties soient communes entre le CIO et le CCO.

Lors d'une visite du site du CIO Lyon-Est, le 14 février 2017, par une délégation du Comité d'Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail Académique (CHSCTA) de l'Académie de Lyon, les représentants de FO et de la FSU se sont élevés contre cette remise en cause de la laïcité.

 Réponse de la rectrice :

"Les inquiétudes évoquées quant à l’installation du centre culturel œcuménique concernent aussi son caractère religieux.

Ce centre n’est a priori pas destiné à recevoir du public (bien que le responsable ait montré son intérêt pour l’amphithéâtre), mais seulement des professionnels en espace de co-working. Le CIO et le CCO devraient partager la même entrée et l’espace cuisine. Ce partage doit faire l’objet d’une convention précisant toutes les modalités de la cohabitation."

 NB : Le centre d’information et d’orientation (CIO) Lyon Est accueille les publics scolaires et non scolaires du bassin Lyon Nord Est. Les villes concernées sont Villeurbanne, Vaulx-en-Velin, Décines, Meyzieu, Genas, Jonage, Jons et Pusignan.

Le CIO intervient auprès de 28 établissements scolaires publics (17 CLG, 4 LEGT, 6 LP, 1 cité scolaire).

Les conseillers d’orientation psychologues (COP) sont nommés au CIO. Ils travaillent au CIO et dans les différents établissements scolaires publics du district.

Le CIO est un lieu d’accueil d’information et de conseil en orientation pour tout type de public bien que les scolaires restent le public privilégié. C’est également un lieu où s’élabore la mise en œuvre de la politique académique d’information et d’orientation en appui aux établissements scolaires. Le CIO intervient aussi auprès des partenaires de l’éducation nationale et d’autres partenaires dans la prise en charge des jeunes en insertion, des décrocheurs ou pour toutes autres actions liées à l’information et l’orientation des élèves. Il accueille la plateforme de suivi et d’appui aux décrocheurs.

(Janvier 2018)

Confirmation en page 9 du Supplément de Viva Villeurbanne, intitulé Viva dossiers n°1 de février 2018. A l'alinéa 17 sous le titre L'Autre Soie, on peut lire :

 « De manière très innovante, l'Autre Soie réunira habitat social, hébergement d'urgence, pôle culture et formation, 5000 m² dédiés à l'économie sociale et solidaire (entreprises, restaurant solidaire, coopérative d'achats) ... Les partenaires à l'origine de l'idée sont le GIE-Est Habitat, la Ville et le CCO. Lequel quittera ses locaux de la rue Courteline. Les négociations sont en cours avec l'Etat pour acquérir le terrain de 25 000m² dont un vaste parc arboré. »

Qu’est-ce que le CCO ?

 "Le mot œcuménisme désigne l’effort des chrétiens pour parvenir à une unité institutionnelle entre les différentes Eglises et communautés qui le composent aujourd’hui.

Ce que n’est pas l’œcuménisme : Le mot Œcuménisme est de plus en plus employé pour désigner le dialogue des chrétiens avec les juifs, avec les membres d’autres religions (musulmans, hindouistes, bouddhistes etc.) ou même les non-croyants. Cet emploi extensif, qui peut se justifier par l’origine du mot, contribue malheureusement à mettre sur le même plan des dialogues d’un autre ordre : le dialogue entre chrétiens, unis par une même foi en Jésus-Christ et un même baptême, est fondamentalement différent de tous les autres dialogues."

Définitions du Site de la Conférence des évêques de France : eglise-catholique.fr

On peut convenir que cette définition par l'église catholique de France elle-même remet sèchement à sa place la notion d'œcuménisme qui semble s'être imposée dans les esprits : une ouverture vers "les membres d’autres religions ou même les non-croyants." C'est pourtant sur cette ambiguïté voulue, comme celle savamment cultivée entre culturel et cultuel (ex : les crèches de Wauquiez) que semble reposer le CCO, Centre Culturel Œcuménique Jean-Pierre Lachaize à Villeurbanne. (Les informations suivantes sont tirées de son site officiel)

Le CCO c'est :

  • Une équipe permanente de 9 ETP (Equivalent Temps Plein) appuyée par des intermittents du spectacle et des professionnels sollicités au service des projets
  • Plus de 30 000 personnes fréquentent annuellement les différents concerts et manifestations
  • Un conseil d’administration composé de 15 administrateurs
  • Un budget annuel moyen de 650k€
  • 1400m² mis à disposition par l’Archevêché de Lyon pour développer ce projet au cœur d’une agglomération dynamique : salle de spectacle, studio de répétition danse et musique, salles de réunion, bureaux partagés, etc.
  • Un réseau de plus de 370 acteurs associatifs et d’artistes actifs dans des domaines très variés : solidarité, développement, humanitaire, écologie, culture, etc.
  • Des partenariats solides avec les services de l’État, la Région Auvergne Rhône-Alpes, la Métropole de Lyon, la Ville de Villeurbanne
  • Des centaines de bénévoles sur les projets
  • 6 volontaires civiques

Toujours selon son site officiel, "le CCO accueille des associations qui proposent des activités variées ouvertes au public pendant la saison : Accordéon, musiques des Balkans, danses contemporaine, traditionnelles françaises, orientales, africaines, hip-hop, flamenco, chant gospel, expression corporelle, ...

Permanences juridiques, paniers fruits et légumes locaux, alcooliques anonymes, ...

Historique : "Il a été créé en 1963 à Villeurbanne à proximité du campus universitaire de La Doua.

Il a été nommé en l'honneur du Père Jean Pierre-Lachaize (mort en 2002), qui fut investi dans la vie du centre.

En 1963, le père Jean Latreille (1926-2015) a créé une aumônerie catholique et protestante à destination des étudiants du campus de La Doua, alors en plein essor. Le lieu est imaginé comme un espace de liberté et de rencontres, ouvert à tous. Grâce au soutien financier de grandes entreprises et banques lyonnaise, entre 1966 et 1968, des bâtiments dédiés sont construits rue Georges-Courteline à Villeurbanne, à proximité de l’INSA.

Le CCO devient par la suite un établissement laïc tout en conservant son identité d’origine, à savoir sa volonté d’ouverture au monde et aux cultures de différents horizons."

 

Les partenaires financiers mentionnés sur son site sont : "Ville de Villeurbanne, Grand Lyon Métropole, Région Auvergne Rhône-Alpes, DRDJSCS Auvergne Rhône-Alpes (Jeunesse, Sports et Cohésion sociale), DRAC Auvergne-Rhône-Alpes (Ministère de la Culture) CGET Commissariat Général à l'Egalité des Territoires (Ministère de la Cohésion des Territoires) Union Européenne." Liste probablement non exhaustive, bien sûr.

Conclusion : Cette importante vitrine associative à vocation prétendument "universelle" (katholikos en grec !) ne pourrait évidemment pas fonctionner sans de l'argent public prélevé généreusement sur nos impôts par nos édiles, en contravention absolue avec la loi de 1905.

vie de la federation

Assemblée Générale du 27 janvier 2018 de la Libre Pensée du Rhône

24 présents (à ajouter pour le vote : 6 excusés ayant laissé un pouvoir)


  1. 1. Rapport moral et d’activité du Président sur l'année (nov. 2017 – janvier 2018) et discussion.
  • - Avec le mouvement des monuments pacifistes, organisation de rassemblements (20 avril La Doua Villeurbanne – 8 mai à Villié-Morgon – 24 juin à la Courtine – le 11 novembre à Lyon) contre la guerre et la réhabilitation des fusillés pour l'exemple
  • - Rencontres au banquet républicain, veille de Pâques avec 52 convives
  • - Interventions à propos de l'installation des crèches de Noël dans le hall de l'hôtel de Région (décembre 2016, 1 crèche – 5 décembre 2017 au 5 janvier 2018, 5 crèches). Le Président Wauquiez les justifie pour l'aspect culturel, niant l'existence de la loi de 1905, refusant le vote d'une délibération appuyant sa démarche (2 camarades qui ont visité l'hôtel de Région ont eu une réponse édifiante le 23.01 !). Autre fait très grave, la priorité donnée par Wauquiez aux établissements privés (50 millions de subventions supplémentaires !) aggravant l'application de la loi Debré.

A utiliser pour dénoncer cette politique anti-laïque.

  • - Rappel fait sur Dardilly (des élèves "mutés" du lycée technique public vers le lycée privé sur ordre du Rectorat). Des atteintes encore plus fortes se développent sur les statuts et les missions des professeurs d'enseignement technique (en devenant formateurs de chômeurs, de reconversions à un métier, mais plus à plein temps des lycéens en formation !). Tout cela, dans un cadre de la disparition des conventions collectives (loi El Khomri et ordonnances Monron) et l'arrêt de reconnaissance de qualifications rémunérées.

La mobilisation des laïques est indispensable ! = réutiliser l'appel des laïques.

La réforme du bac et des universités ne fait que renforcer la nécessité de combattre ces réformes et actions (meeting avec les associations laïques ? lancer une conférence de presse ?).

  1. 2. Rapport financier

Volume important de trésorerie avec le voyage vers Gentioux, le banquet républicain, l'organisation du colloque (supérieur à 10 000 €)

Le bilan fait apparaître des dépenses "obligatoires" (location de salles, assurance des locaux, édition de l'An II, Web, frais de gestion) qui ne sont pas compensées par les recettes (variables chaque année = soutien des adhérents, bénéfice du banquet, etc.).

  1. 3. Un débat sur le financement de l'An II bulletin indispensable de notre expression a commencé : passer de 12 à 15 € l'abonnement annuel ? réduire le nombre de bulletins (de 6 à 5 par an) et sa diffusion par Web ?

Le bureau a été mandaté pour faire avancer les propositions.

  1. 4. Avec le vote unanime du rapport du Président, du rapport de trésorerie et quitus de la commission de contrôle, il y a eu vote de l'augmentation de la cotisation annuelle de 72 à 75 € pour 2019 (la LP nationale prélève la majorité de la cotisation pour les activités nationales et internationales !)
  2. 5. Propositions de réunions publiques (et pas seulement à Lyon). Cela suppose un coût ! (5 000 tracts / 300 affiches / 600 e-mails) et une préparation de dates et lieux.

Nouveau Bureauélu : Jean-Louis ANDRIEU, Annie DESAINTJEAN, Jean-Claude DUTOUYA, Pierre GIROD, Xavier HYVERT, René JAMBON, Laurent MOLLARD, Robert CERRO.

NB : Gilles CHAMPION, absent le 27 janvier, a été coopté au Bureau depuis cette date.

Retrouvez la Libre Pensée sur France Culture

Chaque deuxième dimanche du mois de 9H40 à 10H

PACIFISME

Le Président Macron, répondant à M. Marsaud, citoyen de Vendée qu’il considérait que les fusillés pour l’exemple « font aujourd’hui pleinement partie de la mémoire nationale » et que « Au cœur des Invalides et de l’Institution militaire leur mémoire a trouvé la place qui leur était due ». Comme ses prédécesseurs il refuse de réparer l’injustice commise contre les fusillés pour l’exemple. En réunissant les fusilleurs et les fusillés aux Invalides, ils ont assassiné une deuxième fois les soldats victimes de la guerre.

Les fusillés n’ont pas failli à leur devoir !

Ceux qui ont failli à leur devoir de justice, ce sont les Présidents de la République !

La planète devient un vaste théâtre d’opérations militaire ; Les bombardiers les plus sophistiqués, les drones militaires, les missiles téléguidés, les soldats bardés d’instruments à la technologie la plus élaborée et la plus coûteuse, tuent des civils par centaines de milliers.

Au moment où se généralisent les conflits armés, nous sommes en droit de clamer :

MAUDITE SOIT LA GUERRE ET SES AUTEURS ! ARRÊT DES OPEX !

Oui, les soldats ont été les victimes des généraux fusilleurs. La réhabilitation des Fusillés pour l‘exemple de 1914-1918 prend valeur de symbole. Tout le démontre : les descendants de ces Fusillés n’acceptent pas l’injustice qui fut commise.

Tous ensemble, avec tous les descendants de Fusillés pour l’exemple, signataires actuels ou à venir de l’Appel à la République, avec toutes les associations impliquées dans ce travail (ARAC, UPF, PDP et des sections de la LDH), avec les confédérations syndicales FO et CGT, avec toutes les forces partisanes de la réhabilitation, avec les citoyennes et les citoyens, nous rétablirons l’honneur volé des Fusillés pour l‘exemple, nous érigerons un monument de pierre pour rendre leur honneur aux 639 Fusillés pour l’exemple. Xavier Hyvert, Président de l’Association Laïque des monuments pacifistes du Rhône

 

La lettre du Sous-lieutenant Herduin du 11 juin 1918 à sa femme résonne cent ans après : « Crie, après ma mort, contre la justice militaire. Les chefs cherchent toujours des responsables. Ils en trouvent pour se dégager. » Il avait raison. Joffre, le 21 août 1914 explique au ministre : « L’offensive de Lorraine a été superbement entamée. Elle a été enrayée brusquement par des défaillances individuelles ou collectives qui ont entrainé la retraite générale et nous ont occasionné de très grosses pertes. J’ai fait replier en arrière le 15e corps qui n’a pas tenu sous le feu et a été la cause de l’échec de notre offensive. : j’y fais fonctionner ferme les Conseils de guerre. ». La Commission d’enquête militaire cherchant les causes des mutineries accuse devant les parlementaires réunis en Comité secret : Les chefs d’unité savaient qu’ils conduisaient leurs troupes à une mort inutile, certains pleuraient en donnant aux poilus les ordres de sortir de la tranchée. Nivelle, quelques jours avant l’offensive du 16 avril, disait aux chefs de corps : « Allez-y carrément ; il n’y a plus de boches devant vous !  Le Général André BACH, analyse : « A la terreur engendrée par les combats, l’Etat-major opposa la terreur de l’exécution pour abandon de poste devant l’ennemi. ».

          Esquisse du Monument

SOUSCRIVONS POUR LE MONUMENT AUX FUSILLES POUR L’EXEMPLE

A MAIZY, DANS L’AISNE, SUR LA LIGNE DE FRONT !

Ce monument national sera le symbole de l’injustice dont les Fusillés furent victimes, de leur réhabilitation par le peuple français, par les citoyens, puisque c’est une souscription publique nationale qui en aura permis sa réalisation.

Chèque à l’ordre de : « A.E.M.H.F.E. » (Association pour l’érection d’un monument en hommage aux Fusillés pour l’exemple)

Et à envoyer à : Fédération du Rhône de la Libre Pensée 7, rue Major-Martin 69002 LYON

 banquet 2018

 BANQUET-DÉBAT RÉPUBLICAIN ET ANTICLÉRICAL

VENDREDI 30 mars,  à partir de 19 H

« Salle des familles » LYON 7e

 5 rue Ravier (Métro Jean Jaurès)

CONTRE LES INTERDITS RELIGIEUX

POUR LA LAÏCITÉ

POUR LE RESPECT DE LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE

  • - un repas royal, mais républicain: apéritif, vin, charcuteries d’Auvergne, colombo de porc, fromages, dessert, café
  • - des chansons, de la musique…
  • - des communications, des infos…

 

Æ Possibilité de cochonnailles 

 En direct d’un producteur auvergnat qui n’utilise pas des élevages industriels de porc :

 Saucisse sèche – boites de pâtés confit foie de porc – jarret – tranches jambon cru sous vide

       Avec la participation musicale de Sébastien Baylet

 
 

COMMENT S’INSCRIRE ?

par mail, téléphone ou courrier avant dimanche 25 mars au soir.

 

Règlement par courrier ou le soir du banquet : 15 euros (tarif de base)

18 euros (tarif de soutien

… ou plus si possibilité !

 

Aussi vite que possible, afin de faciliter la tâche des organisateurs !

 

 

 

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui »

 (Évangile de Jean, 6, verset 56) 

 

 

 

Réservation et règlement par chèque à l'ordre de :

 Libre Pensée du Rhône     7 rue Major Martin 69001 LYON     -   CCP  Lyon 4820 70 M

Ou confirmation avant le 25 mars par mail à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.,

Téléphone (messagerie) : Jean-Louis. 04 78 68 52 88           Pierre G.     04 78 24 88 80

(si possible: adresse et mail des participants)

 

libres propos, libres pensées

 

Il y a 500 ans la proclamation de Luther (1ère partie)

     Le pape catholique est allé en Suède à l'invitation des protestants pour « commémorer » le placard de Luther de 1517. Pour s'amuser sans doute, les protestants l'ont fait recevoir par un éminent représentant du clergé protestant, une archevêque femme. Le pape a dû avaler sa mitre. Des articles de presse sont revenus sur cet anniversaire le 31 octobre. Le moins qu'on puisse dire c'est que le souci de restaurer le rôle des religions en Europe pour les bourgeois, les rend beaucoup moins respectueux des faits que leurs ancêtres (Voltaire, Diderot) du 18ème siècle.

Que s'est-il donc passé vraiment en 1517 ?

La bourgeoisie marchande s'affirme et

provoque un bouleversement de la pensée.

     De 1300 à 1500, les villes italiennes sont au cœur des progrès économiques, l'artisanat a mis au point par exemple les lunettes de vue qui permettent aux artisans (orfèvres notamment) de travailler au-delà de l'âge de 50 ans sur des opérations minutieuses.

     Si Galilée peut construire la lunette astronomique sur les plans que lui a envoyés Kepler, c'est parce qu'il utilise les progrès techniques de l'artisanat du verre de Venise, que les touristes vont toujours admirer à Murano. Dans ces villes la bourgeoisie découvre que des techniques modernes étaient connues dans l'Antiquité. Il va donc y avoir un véritable engouement pour les textes du passé.

     Dans l'art, la sculpture, l'architecture, la peinture, l'histoire, la médecine, voilà que l'idée se répand : l'Antiquité était en avance sur nous. Les hommes instruits se jettent dans la recherche de ce passé qui devient vite une terre à redécouvrir. Ce n'est pas un hasard si les expéditions maritimes vers l'est ou vers l'ouest, s'efforcent de déchiffrer ce qu'avaient compris les anciens grecs et romains. Christophe Colomb part avec des cartes et des calculs basés sur les textes de l'antiquité.

     Les humanistes sont donc des érudits comme Pétrarque (1304-1374) ou Boccace (1313-1375), qui ont accès aux textes de l'Antiquité par les érudits de Byzance, dont les plus prestigieux viennent s'installer à Venise ou Florence, du fait du déclin puis de la menace de la chute de l'empire byzantin. Venise ayant détourné une croisade pour saccager Byzance en 1203 a pris le contrôle du commerce en Méditerranée, et ce sont les villes italiennes qui attirent les savants. Venise n'a pas

ramené seulement les lions de bronze installés sur la cathédrale St Marc, mais aussi des savants. Après

la prise de Constantinople par les turcs en 1453, les savants arrivent avec les textes grecs dans leurs bagages, à Florence un grand savant grec Manuel Chrysoloras a enseigné le grec et constitué une bibliothèque des textes grecs anciens inconnus depuis 700 ans.

     Puis à partir de 1450, la bourgeoisie étend ses positions commerciales dans toute l'Europe du nord. L'Eglise est entrainée dans cette mode de l'engouement pour l'Antiquité. Le premier pape humaniste Nicolas V (1405-1455) fonde la bibliothèque vaticane. Son secrétaire Lorenzo Valla crée l'humanisme philologique qui analyse et donc soumet à critique les textes sacrés de la Bible.

Il démontre que des textes considérés comme sacrés sont des faux. Cette volonté de retrouver et chercher à mieux comprendre provoque un essor passionné de l'esprit critique.

     Il n'y a donc pas à ce moment-là d'opposition des sommets de l'Eglise à cet essor de la recherche.

Ce qui explique aussi le prestige de l'Italie dans toute l'Europe. Le père de Montaigne, noble d'Aquitaine, qui part guerroyer en Italie, en revient tellement enthousiasmé par ce pays qu'il impose que son fils soit éduqué uniquement en parlant latin.

     On connait bien la place des Médicis à Florence ou des Fugger à Augsbourg, les banquiers marchands ont déjà une vision mondiale des affaires. Antoine Fugger aura des concessions commerciales vers 1550, au Chili, au Pérou, à Moscou.

La bourgeoisie a ses intérêts propres qui entrent en contradiction avec l'ordre féodal

     Toute la société est corsetée dans la féodalité où le clergé est l'ordre qui gouverne, car il est l'interprète de la volonté divine et les nobles sont ses vassaux. Si, dès qu'un roi ou empereur puissant veut contrôler son clergé, des conflits majeurs se développent, le principe du pouvoir totalitaire du clergé et du pape reste un fondement de la société défendu becs et ongles par le haut clergé qui vit dans le luxe le plus ostentatoire possible.

     Mais la bourgeoisie de plus en plus riche développe le crédit pour les rois et les princes, ce qui suppose des levées d'impôts toujours plus lourdes pour assurer le service de la dette publique, les intérêts étant fort élevés.

     Il arrive un moment où la lutte pour accaparer la richesse produite par le paysan-serf et la part des bourgeois issue de l'échange, va opposer le clergé qui doit assurer son train de vie toujours plus dépensier - les palais, les cathédrales, sont toujours plus luxueux - et les bourgeois qui poussent les rois pour payer leurs dettes à augmenter les impôts sur les artisans, commerçants, paysans.

     Ce n'est pas un hasard si la question des indulgences va exploser en Allemagne. Du fait que l'empereur d'Allemagne avait dû aller à Canossa (1077) se prosterner, embrasser les pieds du pape et demander pardon, le clergé avait gardé dans les principautés allemandes des moyens de pillage absolument colossaux, et chaque année des convois d'or partait vers Rome et le Vatican. Les indulgences étaient un nouveau moyen d'enrichissement qui pesait surtout sur les riches puisque pour obtenir le pardon du pape, quelques siècles de purgatoire en moins, ou l'annulation de son mariage, il fallait payer cher. On payait pour avoir une année de moins au purgatoire, 2 ans, 10 ans, etc.… une indulgence a été accordée pour 60.000 ans de purgatoire.

Que Luther dise que le clergé ne pouvait forcer la main de dieu avec de l'argent, quel toupet !

Le porte-monnaie du pape en a pâli de rage.

Mais que des artisans écrasés d'impôts y aient vu une vérité évangélique, logique !

Des petits marchands

     Le banquier Fugger chargé de lever des indulgences pour le pape prélevait sa commission qui était de 50%. La formule de tous les vendeurs d'indulgences de l'empire était « dès que la pièce d'or retentit au fond du coffre, l'âme sort du purgatoire et s'envole délivrée dans le ciel ».

Non ce n'est pas un prospectus des pieds-nickelés, l’archevêque de Mayence, qui vendait lui aussi des indulgences, prélevait lui aussi son petit 50%.

     Jacob Fugger forma un cartel bancaire en 1519 pour acheter l'élection de Charles Quint comme empereur, il leva l'équivalent de trois tonnes d'or fin, il avait ainsi asséché le marché du crédit en Europe et les agents de François 1er qui voulait lui aussi acheter son élection, furent incapables de

suivre cette enchère. Ce qui donne une idée de la puissance de la bourgeoisie. Les Fugger, un siècle plus tôt n'étaient que des petits marchands.

     Ce système faisait gronder donc aussi bien les bourgeois qui devaient déjà graisser la patte des nobles pour faire commerce, que la petite noblesse des chevaliers appauvris, jaloux du train de vie scandaleux des évêques, cardinaux et abbés des monastères toujours plus nombreux.

     En 1514 le pape Léon X renouvelle l'indulgence pour la construction de St Pierre de Rome. Quand Luther en 1517 affiche sa proclamation sur le mauvais usage des indulgences, il exprime une idée qui est dans l'air du temps comme on dit aujourd'hui. Par la suite sa critique se développe en critique religieuse, donc en reforme religieuse, mais elle va susciter des développements qui le dépassent.

Une diffusion rapide

     Il serait d'ailleurs incompréhensible que si vite ses idées se répandent sous des formes d'ailleurs variées, si elles n'avaient pas été portées par les luttes de classes et diffusées par l'imprimerie, invention considérée comme divine par le clergé jusqu'à ce que les imprimeurs reproduisent en quantité les thèses de Luther et la critique de nombreux érudits.

     À ce moment-là, changement d'appréciation. Sans qu'il y soit pour rien, Luther constate, étonné, cette diffusion ultra-rapide de ses textes. Selon un recensement qui évidemment ne peut être exhaustif, c'est à 300 000 exemplaires que seront diffusés ses écrits. Cinquante ans plus tôt son affiche n'aurait pu être reproduite qu'à quelques dizaines d'exemplaires recopiés par un scribe.

     Le pape ne put que changer son fusil d'épaule et l'invention divine devint invention du diable, aussi créa-t-il l'Index, liste des livres interdits conduisant tout droit au bûcher auteurs ou lecteurs.

Christian Coudène

(à suivre)

« Avec la force brutale de toutes les chicaneries de la religion, avec la terreur des tortures, toutes les terreurs de l'excommunication et du refus de l'absolution, toutes les intrigues du confessionnal étaient mises en jeu pour extorquer aux sujets leur dernier pfennig ou accroitre le patrimoine de l'Eglise. La falsification de documents était chez ces dignes personnages un moyen habituel et favori d'escroquerie. Cependant quoique, en dehors des redevances et des taxes ordinaires, ils perçussent de plus la dîme, tous ces revenus ne leur suffisaient pas encore. La fabrication d'images de saints et de reliques miraculeuses, l'organisation de pèlerinages sanctifiants, le trafic des indulgences étaient appelés à la rescousse pour arracher au peuple un surcroît de redevances et longtemps avec le meilleur succès »                                  (Engels, la guerre des paysans)

Démocratie ou Servitude Volontaire au XXIème siècle ?

Dans nos sociétés réputées "démocratiques" une question se pose de façon lancinante : qu’est-ce qui peut inciter des électeurs vivant (souvent très mal) de leur travail au mois le mois, sinon au jour le jour, à réclamer toujours plus de politiques de droite ?

Essayons donc de comprendre : le rôle premier de la politique est de façonner l'organisation sociale et le fonctionnement au quotidien de la société, dont l’élément le plus essentiel est l’économie.

Pourquoi l'économie ? Très prosaïquement parce que depuis toujours l'immense majorité des humains a besoin de s'activer pour survivre et que l'addition de toutes ces activités individuelles conduit à une organisation sociale des collectivités humaines.

La vraie question est donc : comment se répartit entre tous le fruit global de ce travail ? Qui paie l’impôt et combien ? Doit-on travailler 35 heures ou 65 heures ? Tout le monde, tous les jours, la nuit, les week-ends ? Même les enfants ? Avec quels temps de repos par an ? Et jusqu’à quel âge ? Quelle retraite ? Financée comment ? Par qui ? etc.

     Certaines activités vitales à la nation, la population, l’environnement doivent-elles relever d'arbitrages collectifs ou être laissées au bon vouloir du marché ? Un grand patron salarié doit-il gagner 500 fois le salaire moyen ou devrait-il se contenter de bien moins ? Peut-on accepter les inégalités et la pauvreté grandissantes (et donc à terme très dangereuses) ? etc. La politique n'est que l’arbitrage de ces triviales questions de gros sous, qui permet de répondre à nos besoins en éducation, santé, emploi, niveau de vie, vieillesse, infrastructures, transports, défense, lois, justice, culture, environnement, recherche, etc.

L'économie, c'est notre vie quotidienne.

C'est l’argent de l'impôt citoyen collecté sur toute l'activité économique commune qui permet l'organisation et la satisfaction de tous ces besoins humains en équipements et institutions collectifs qui participent à la cohésion sociale et culturelle d’une nation. Pour éluder cette épineuse question de l’arbitrage équitable de la répartition des ressources en faveur de l’intérêt collectif et parce que seulement environ 20% des électeurs ont un réel intérêt économique personnel à voter à droite, il faut donc (pour faire une majorité) en détourner le maximum parmi les 80% restants vers des enjeux immatériels que l’on baptisera "la défense des vraies valeurs" : famille, éducation, sécurité, liberté, histoire, mémoire, sexe, contraception, morale, spiritualité, mœurs, race, immigration, patriotisme, genre et même depuis peu orthographe (inclusive), etc., et on les invitera jour après jour à ratiociner sans fin sur ces thèmes mais surtout sur la décadence continue des "valeurs".

En fait, toute polémique qui brouille les cartes et les citoyens entre eux est bonne à attiser et les médias en raffolent. L’éventail des controverses factices diviseuses d’opinion publique en catégories incompatibles et irréconciliables est inépuisable et il faut aussi, hélas, constater que le public adore cela.

Résultat concret : plus les électeurs votent pour la restauration des "valeurs" bafouées qu’on désigne quotidiennement à leur attention, plus ils obtiendront le dépeçage du patrimoine national, la promotion de la rente financière, les réductions d’impôts pour les hyper-riches, la quasi-suppression de l’impôt sur les grosses successions qui perpétuera la caste des oligarques héréditaires, la refonte de l'ISF, l'impunité absolue des très grands fraudeurs et grands évadés fiscaux, la concentration des médias confiés à quelques mains amies et fortunées pour mieux les anesthésier, un chômage croissant grâce aux très fructueuses délocalisations d’activités en attendant la juteuse privatisation programmée de la totalité de nos vies : santé, assurances sociales, retraites, services publics, etc. : l’homo-economicus se doit de rapporter gros mais ne rien coûter.

     Ils votent pour avoir l’ordre et la sécurité et ils auront à la place le saccage social, le "toilettage" du Code du Travail, en attendant celui de la Loi de 1905 qui remettra en selle l’influence morale du Vatican qui saura bien mieux s’occuper (comme à son regretté âge d'or féodal) des questions d’éducation, de santé, de solidarité (pardon : de charité) tout en prélevant sa substantielle dîme d'existence au passage.

En bref, et très démocratiquement, ils auront subrepticement tout ce qui leur nuit.

La très haute bourgeoisie financière qui aimerait que l’Église reprenne en main son office primordial d'auxiliaire dans le magistère des esprits croit-elle au ciel et aux antiques fables et mythes moisis colportés par elle ? Bien sûr que non ! Son paradis est ici-bas. Mais elle croit fermement au rôle actif de la religion comme contention des esprits et placebo à toutes les insatisfactions générées par sa politique de rapacité malfaisante.

L'athée Bonaparte avait fort bien discerné ce formidable et utile effet sédatif, d'où son concordat contre-révolutionnaire (1801) encore en vigueur en Alsace-Moselle, malgré son abrogation en 1905.

     Et partout l’opposition parlementaire proclamée "de gauche", croyant à une demande spontanée (et non manipulée) des électeurs, au lieu de s’atteler à la bonne vieille grosse question de la justice économique et sociale qui fâche se croit obligée de suivre (et même de précéder) en courant sur le terrain des "valeurs" si prisées par la droite, de se justifier sans fin, d’accepter tout ce que les électeurs sont censés exiger (selon les sondages !) et qu’en réalité on leur a suggéré jour après jour, d’intégrer même son vocabulaire, lui-même détourné de ses significations premières : libéralisme (en économie), privilèges (les petits, bien sûr), laïcité (forcément ouverte et positive), tolérance (zéro), guerres (humanitaires) etc.

Elle finit par tenir pratiquement le même discours et quand elle arrive au pouvoir montre la même désinvolture pour ses électeurs, le même désintérêt pour la laïcité républicaine et la même politique économique, (il n’y a pas d’alternative !) imitant ces partis (ex-) progressistes étrangers (New Labour au Royaume-Uni, SPD en Allemagne, Démocrates aux USA, entre autres) qui ont déjà abdiqué depuis bien plus longtemps encore la défense des intérêts des électorats populaires qui est pourtant (il y a prescription) à l'origine de leur fondation. 

Et plus les électeurs seront déçus et amers, plus on leur assènera que c’est à cause des "valeurs" bafouées par le laxisme intellectuel, la perte des repères religieux, les fainéants, la sécularisation de la société, les fonctionnaires paresseux et toujours en grève, les syndicats sectaires, l’athéisme sans morale, la démission des enseignants, les immigrés, les musulmans, la contraception, l'avortement, etc.

     Les boucs-émissaires sont légion et très utiles, car avec l’aide des grands médias concentrés entre de bonnes mains, maîtres en mal-information et en détournement de l’opinion vers les besoins futiles et les stigmatisations utiles, les effets de mode, le rêve éveillé, les twitts irréfléchis sur les réseaux dits "sociaux", les choses superficielles de la vie ou des problèmes imaginaires, l’imprégnation dès l’enfance d’une culture de compétition et d’individualisme forcenés qui n'ont pour véritable objectif que de fragiliser l’individu en l'isolant de ses semblables, ils focalisent l’attention du public sur des sujets savamment montés en épingle et renouvelés en permanence qui occultent si bien ceux qui sont plus concrètement embarrassants.

     Et pour ceux que la simple consommation d'objets, de presse people, de sport-spectacle à gros budget et de divertissements débiles et avilissants ne satisfait pas, ceux qui ont des velléités spirituelles, les religions (quelles qu’elles soient) qui par leurs spiritualités mystiques, leurs dogmes "révélés" non questionnables et leurs promesses de consolations extra-terrestres annihilent la réflexion rationnelle, ruinent l’esprit critique et démobilisent la légitime revendication terre-à-terre, font comme jadis partie intégrante du dispositif anesthésiant de ce vaste marché de dupes. C'est Jérusalem vs Athènes, la passion mystique contre la raison.

Ainsi dans les esprits se délite le clivage économique au profit de celui de concepts moraux et des gens richissimes ou leurs mandants peuvent se permettre de prétendre qu’ils sont proches du peuple puisqu’ils partagent les mêmes "vraies valeurs fondamentales" (sauf leurs valeurs boursières, évidemment).

C’est ainsi que l’on voit des ouvriers, des employés, des cadres moyens, des petits commerçants, des gens pauvres, des chômeurs choisir résolument de vrais nantis comme les meilleurs défenseurs de leurs intérêts (les Trump, Clinton, Fillon, Le Pen, Macron et Cie) et acceptent leurs oukases, leurs frasques, leurs impunités et même leurs insultes sans protester et souvent sans même s’en apercevoir, tant ils sont inattentifs ou adéquatement lobotomisés.

Nul besoin de coup d’état sanglant, il suffit par un travail expert de sape intellectuelle et de savant viol des mots de savoir convaincre l’opinion qu’il n’y a pas d’alternative !

De plus en plus préfèreront alors s'abstenir de voter plutôt que de participer à des élections qu'ils voient ne jamais rien changer. Plus besoin d'une incontestable majorité des électeurs inscrits pour être élu démocratiquement : les sièges électifs aux assemblées seront toujours aussi occupés !

La boucle est bouclée. Tant que les électeurs ainsi détournés du débat public n’auront pas assimilé que les décisions de ces individus intéressés leur nuisent concrètement et personnellement dans leur vie quotidienne et future, ainsi qu'à leur descendance et que leur objectif réel n’est pas la satisfaction de l’intérêt général, mais la perpétuation du pouvoir d’une minuscule caste accapareuse cela continuera. Selon Noam Chomsky, "la manipulation de l’opinion publique est à la démocratie ce que la violence est à la dictature".

Cela s’avère plus vrai chaque jour.             R J

2017 12 AN II

  AN II 167 DECEMBRE 2017

Roger Cordier 

Nous saluons avec tristesse la mémoire de Roger Cordier, président du « Comité 1905 » pour la défense de la loi sur la laïcité. Roger nous a quittés le 2 décembre dernier, à 3 jours de son 79e anniversaire.

     Nous l’avions croisé encore dernièrement, sur le parvis de Fourvière, indigné par le renouvellement du vœu des Echevins, contre lequel il en avait appelé à la mobilisation laïque.

     Il nous écrivait, à l’occasion du 110e anniversaire de la loi de 1905 qui fut l’occasion du meeting de la salle Japy :

« Le Comité1905 Rhône-Alpes est solidaire de toutes les organisations ou associations manifestant pour l’abrogation de la loi Debré du 30 décembre 1959 autorisant le financement de l’enseignement privé sous contrat d’association.

     Comme doivent aussi être abrogés les accords Kouchner/Vatican sur la délivrance des diplômes universitaires ou la récente loi Carle, obligeant au financement par les communes, des frais de scolarité d’enfants scolarisés dans une autre commune que celle de leur résidence.

     La mal-nommée liberté de l’enseignement autorisant l’existence d’un enseignement privé à côté de l’enseignement public, il devrait en aller tout autrement de son financement.

Le Comité1905 Rhône-Alpes est fidèle à la formule :

« À enseignement public, fonds publics,

à enseignement privé fonds privés ».

 

EDITORIAL

Année après année, le climat se modifie…

Il ne s’agit pas dans cet éditorial de changement météorologique, mais du climat social et d’une tension nouvelle mettant en jeu les libertés démocratiques et le rapport classique aux questions de laïcité cadrées encore à ce jour  par la loi de 1905.

« Attaquer la France des clochers, c’est faire le jeu de l’islam radical » lisait-on le 23 novembre dernier sous la plume d’un dénommé Yves Thréard à la une d’un journal qui n’a rien d’une feuille de chou extrémiste, mais tout d’une institution bourgeoise. Le Figaro, c’est de lui qu’il s’agit, porte pourtant le nom du héros émancipateur créé par Beaumarchais, qui préfigurait alors les acteurs de la Révolution. Les nostalgiques de l’Ancien Régime ne sont plus si rares qu’on croit.

« Inquiétant pays que la France, écrit Thréard, où l’on s’écharpe, en 2017, pour une croix surplombant une statue de Jean- Paul II ! Au nom de la séparation des Églises et de l’État, quelques libres penseurs, ou qui se revendiquent comme tels, ont obtenu sa destruction. Quand ce n’est pas une croix, ce sont des crèches ou des crucifix qui suscitent, ici ou là, leur indignation. Iront-ils un jour jusqu’à réclamer en justice que la route des calvaires et enclos paroissiaux bretons soit rayée de la carte (…)?

En s’attaquant à la France des clochers, les militants d’une laïcité pure et dure défendent une cause absurde. Alors que la République vit en paix avec ses racines chrétiennes, pourquoi réveiller de vieux démons, provoquer une inutile polémique ? Leur acharnement à faire table rase de notre passé sert, en revanche, le jeu de ceux qui veulent nous pousser à renier nos origines, à effacer nos traditions, à contester notre culture.

Ceux-là portent l’étendard de l’islam radical. (…) Quand leurs armes ne sont pas mortelles, ils utilisent celles de notre arsenal législatif pour les retourner contre nous et notre conception de la liberté : défense des droits de l’homme, de l’égalité, de l’exercice des cultes… »

Passons sur l’appréciation portée sur de soi-disant libres penseurs « qui se revendiquent comme tels ( ?)» : on ne voit pas bien ce qui autorise ce monsieur à porter ce jugement. Sans doute, pour M. Thréard, est libre-penseur celui qui admet que soit bafouée la loi garantissant la liberté de conscience par la neutralité de l’Etat.

Comme le disait Jules Renard : « Libre Penseur. Penseur suffirait. » Hélas avec M. Thréard nous n’en sommes même pas là. Où a-t-il vu que nous réclamions la destruction des bâtiments religieux? Ne sait-il pas qu’en matière religieuse les boutefeux sont ceux qui ont choisi de braver la loi (et s’en vantent, comme Robert Ménard à Béziers, voir page 6)?

Nous sommes décidément  loin du « débat philosophique », et plus proche –s’il fallait choisir un genre littéraire – de la lettre de délation, de l’appel au meurtre ou du pamphlet à la Gringoire, riche en amalgames. Oui : Gringoire. Figaro est tombé bien bas !

Ce qui est stupéfiant, c’est qu’en écrivant (mais à propos de qui précisément ?) « Quand leurs armes ne sont pas mortelles, ils utilisent celles de notre arsenal législatif », M. Thréard ne semble pas se rendre compte que l’équation Terroristes islamiques = tenants de l’application de la loi de 1905, par simple transitivité, comme les juges du Conseil d’Etat ont donné raison aux seconds nommés, ces respectables magistrats sont forcément eux-mêmes de dangereux islamo-gauchistes.

C’est comme les juifs, c’est comme les trotskistes, c’est comme les francs-maçons : ils sont partout !

Mais, d’une certaine façon, il n’a peut-être pas tout à fait tort : il reste de nombreux citoyens – et même la majorité, n’en déplaise à M. Thréard !, attachés à la laïcité, à l’école républicaine, au droit du travail… Quelle que soit l’étiquette qu’on leur colle, vous allez voir, on risque de le dire de plus en plus souvent : «… Ils sont partout ! »          P.G.

Laïcité Rhône

Provocation à l’Hôtel de Région : la Libre Pensée du Rhône s’adresse au préfet

 

Cinq crèches dans le hall du Conseil Régional en en 2017-2018, contre une seule l’année précédente…

Cela ne rend pas la nouvelle exposition de l’artiste Laurent Wauquiez plus légale.

Depuis son voyage d’élu à Rome, notre inspiré président de Région fait décidément pour gagner sa part d’éternité en Paradis.

 O miracle de la multiplication des crèches ! O mystère de la transsubstantiation des lois républicaines !

 

 A Monsieur le Préfet du Rhône et Préfet de Région

Préfecture 106, rue Pierre Corneille     69003 LYON

Objet : atteinte à la laïcité - crèches au siège du Conseil régional

 Monsieur le Préfet,

Il y a un an, nous nous étions adressés à votre prédécesseur après l’installation d’une crèche chrétienne au siège du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, dévoilée au public le mercredi 14 décembre 2016. Cette installation, décidée à la seule initiative de M. le président du Conseil du Conseil régional, n’avait fait l’objet d’aucune délibération. De ce fait elle n’avait pu faire l’objet d’un contrôle de légalité par vos services.

Pour autant l’installation de cette crèche à l’entrée du siège d’une collectivité publique contrevenait clairement à l’arrêt du Conseil d’Etat du 9 décembre 2016, dont l’article 9 précise : « Dans l'enceinte des bâtiments publics, sièges d'une collectivité publique ou d'un service public, le fait pour une personne publique de procéder à l'installation d'une crèche de Noël ne peut, en l'absence de circonstances particulières permettant de lui reconnaître un caractère culturel, artistique ou festif, être regardé comme conforme aux exigences attachées au principe de neutralité des personnes publiques. » C’est la raison pour laquelle le Tribunal Administratif de Lyon, que nous avions saisi, a annulé le 6 octobre dernier la décision de M. Laurent Wauquiez, président LR du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, d'installer sa crèche de Noël dans les locaux de l'Hôtel de région. Le Tribunal précisait qu’une telle installation n'était légalement possible que lorsqu'elle présente « un caractère culturel, artistique ou festif sans exprimer la reconnaissance d'un culte et ne marque aucune préférence religieuse ».

Le tribunal considérait qu'en l'espèce l'installation ne présentait pas de caractère culturel, artistique ni festif. Il soulignait que « la fabrication de santons par des artisans locaux ne suffit pas à démontrer le caractère artistique » de l’exposition et qu'aucune crèche n'avait jamais été installée dans les locaux du siège lyonnais de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

L’affaire aurait dû s’arrêter là.

Comme vous le savez, cinq crèches présentant un caractère clairement religieux ont été installées depuis le début du mois de décembre à l’Hôtel de région. Cette année encore, il n’y a pas eu de délibération du Conseil régional sur cette initiative, prise par son président pour des raisons qui lui sont probablement …« personnelles ».

Du reste l’installation d’une exposition artisanale de crèches aurait été mieux comprise dans tout autre lieu que le hall de l’Hôtel de Région. Cet emplacement était bien le dernier à choisir, à moins de vouloir entretenir une polémique bien stérile.

Monsieur le Préfet, nous savons que vous êtes attachés à la légalité républicaine et à l’application du principe de laïcité dont vous êtes le garant. La laïcité est un principe avec lequel on ne joue pas. Votre prédécesseur, M. Delpuech, nous avait précisé, le 11 janvier 2017 : « Quoi qu’il en soit je veillerai, à l’approche des veilles de Noël 2017, à ce que la règle de droit, éclairée par la jurisprudence, soit rappelée par mes services aux maires et aux différents élus exécutifs, dont le président du Conseil régional (souligné par nous). » 

Nous ignorons si ce rappel a eu lieu ou si vous avez été une seconde fois mis devant le fait accompli par le président du Conseil régional. Nous souhaiterions que vous nous communiquiez cette information, et quelle suite vous pouvez envisager de votre côté pour faire appliquer la loi. Quant à nous, nous saurons prendre, cette année encore, nos responsabilités (…).

Lyon, le 16 décembre 2017

 

A M. Laurent Wauquiez, président du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes

Objet : crèches installées au siège du Conseil régional

Monsieur le Président,

Cette année encore, vous avez organisé l’exposition de crèches chrétiennes à l’entrée du siège du conseil régional : non plus une seule, mais cinq. Ce qui ne rend pas votre décision plus légale.

Nous ne vous rappellerons que pour mémoire les avis du Conseil d’Etat du  9 novembre 2016, (préconisant l’interdiction de telles installations à caractère religieux en application du principe de Séparation des Eglises et de l’Etat, dans les bâtiments publics et les sièges d’une collectivité publique ou d’un service public). Vous les connaissez parfaitement et vous avez choisi de les ignorer.

Quel qu’en soit le prétexte, l’installation 2017 ne présente aucun caractère nouveau par rapport à 2016.

Sauf erreur de notre part, la décision d’installer ces crèches n’a fait l’objet d’aucune délibération.

Nous vous demandons de procéder à la désinstallation de cette exposition de crèches, qui aurait pu trouver sa place dans bien d’autres endroits que le hall de l’Hôtel de Région, sans susciter de polémiques (…).

 OINGT: une crèche en mairie 

 Il y a encore cette année, comme l'an passé, une crèche chrétienne dans les locaux de la Mairie du village d'OINGT-  en Beaujolais (à présent inclus dans la commune nouvelle de Val d’Oingt) !

Certes pas très ostentatoire (personnages mesurant 10 à12 cm), mais le fait est là.

Depuis la fusion, les habitants de Oingt n'ont plus droit qu'à une demi-journée d'ouverture de leur mairie. En compensation, ils ont toujours droit à leur crèche, à raison d'un mois complet par an.

Nul doute que les édiles nous rétorqueront que le phénomène des crèches à Oingt repose sur une tradition culturelle. Les commerçants ont coutume d’exposer des crèches derrière leurs vitrines.

Une tradition vieille de ... 30 ans ! Si on pouvait appeler « tradition » ce qui est tout simplement une loi, cette tradition aurait 112 ans. La « tradition » consiste à Oingt …à ignorer la loi depuis 30 ans.

Béziers : Ménard contraint de déplacer sa crèche

Annonce faite par Robert Ménard lui-même lundi 18 décembre dernier : il devra déménager la crèche installée dans le hall de sa mairie. La crèche sera réinstallée dans un autre bâtiment municipal. Saisi par la préfecture, le Tribunal administratif de Montpellier en avait ordonné le retrait sous 48 heures sous peine de 2000 € d’astreinte par jour de retard. « On se réserve le droit de faire appel, mais on va appliquer cette décision à la lettre : on enlève la crèche du hall et on va l’installer juste à côté. Elle est expulsée, on va lui trouver refuge. »

« Appliquer cette décision à la lettre » est une attitude à laquelle ne nous avait pas habitués, il faut croire que les menaces de sanction financières sont efficaces. En effet, le juge administratif s’est notamment appuyé sur des propos par lesquels Robert Ménard « manifest(ait) clairement sa volonté de ne pas tenir compte des décisions de justice ». Il avait pourtant été condamné pour l’installation de sa crèche municipale en 2014. La confirmation de ce jugement par le Conseil d’Etat n’a été rendue qu’en novembre dernier, dans la logique de ses arrêts précédents.

En 2015 et 2017, sa crèche était présentée comme « plus culturelle et festive », avec sapin et boite aux lettres pour le père Noël. A l’évidence, trop païen pour lui !

Auvergne-Rhône-Alpes : la clause Molière annulée par le T.A.

Laurent Wauquiez n’est pas seulement le promoteur affiché de l’enseignement privé, le maniaque de la crèche dans les bâtiments de l’Etat.. Dans le cadre de sa politique de « préférence régionale » menée en Auvergne-Rhône-Alpes (voir l’éditorial de l’An II n° 166), il est aussi celui qui entend mettre en œuvre la clause Molière sur les chantiers, adoptée en février dernier au Conseil Régional obligeant les ouvriers à parler français. Ses motivations : défense de notre belle langue française ? défense du droit du travail ? autre chose encore ? Dis-moi à quel électorat tu t’adresses, je te dirai quelle politique tu défends.

Le préfet de Région, Michel Delpuech, avait alors saisi le Tribunal Administratif (juste avant son départ pour Paris).  Le TA a rendu son verdict :pour les juges, la délibération a été adoptée « non pour assurer la protection de la santé et la sécurité des salariés, mais pour exclure les travailleurs détachés des marchés publics régionaux ». Le Tribunal juge l’objectif poursuivi contraire aux principes de liberté d’accès à la commande publique et d’égalité de traitement des candidats. Il parle enfin de « détournement de pouvoir » du fait que la mise en œuvre d’une telle clause ne pourrait s’effectuer que dans un cadre national.

La Région a fait appel du jugement.

Wauquiez et Vichy

Le 30 novembre, Wauquiez lançait un grand scrutin sur le site internet de la collectivité, afin  de savoir quel site, département par département, avait le plus contribué à l’histoire de France. Au total cinquante sites étaient proposés. Le s résultats ont été rendus publics en décembre.

Le résultat pour l’Allier est … (on ouvre l’enveloppe) : « Vichy ville de thermalisme » ! Cela ne s’invente pas.

Les séjours à l’hôtel, la thalassothérapie, les cures, tout cela fait partie du devoir de mémoire. Passant, souviens-toi, au moment de boire ton verre d’eau minérale.

Vœu déposé au conseil municipal du 21 décembre 2017

Présenté par les groupes Radical Génération Ecologie et Citoyens (RGEC), Communistes et Républicains (CR), et Olivier Glück.

Nous publions volontiers ce vœu, porté par Jonathan Bocquet, adjoint à la Jeunesse de Villeurbanne que les lecteurs de l’An II connaissent déjà. La question qu’on peut se poser est à présent la suivante : qu’est-ce qui empêcherait d’autres élus – quelle que soit la municipalité où ils siègent – d’adopter de telles prises de position ? Ce serait à l’honneur du camp républicain de renouer avec un combat trop longtemps abandonné, avec les résultats désastreux que l’on connaît.

Résultat des votes sur le vœu demandant l’abrogation des lois Carle et Debré

POUR :  groupes RGEC et PC (sans Marc Ambrogelly) + Olivier Glûck

Abstentions : Béatrice Vessiler et Zémorda Khelifi (EELV), Dominique Balanche et Frédéric Vermeulin (PS), Marc Ambrogelly (PC)

CONTRE : autres élus PS et apparentés, les groupes FN, LR et UDI, Emmanuelle Haziza (non-inscrite).

Chaque année, comme dans toutes les villes, notre conseil municipal est amené à voter une délibération actant le versement aux écoles privées d’une subvention prévue par les lois anti laïques Carle et Debré.

Alors que dans une démarche indécente, certaines écoles privées sur le territoire ont mené une bataille juridique pour grappiller toujours plus d’argent public pour leur prestation privée, nous dénonçons une situation de privilèges sans équivalent en Europe.

La loi Debré, votée le 31 décembre 1959, a donné à l’enseignement privé confessionnel le statut de « service public d’enseignement ».

Par ce dispositif, au mépris des principes républicains, l’État finance le principal concurrent de l’Enseignement public. C’est une concurrence « déloyale et faussée » par les pouvoirs publics eux-mêmes.

Désormais insérée dans le Code de l’Éducation, la loi du 31 décembre 1959 modifiée assure l’essentiel du financement des quelque 8 200 établissements privés d’enseignement sous contrat, presque tous confessionnels, qui accueillent un peu plus de deux millions d’élèves, soit 17% du total des effectifs scolarisés.

Aux termes de l’article 442-5 du code de l’Éducation issu de la loi du 31 décembre 1959, les collectivités territoriales prennent à leur charge « Les dépenses de fonctionnement des classes sous contrat […] dans les mêmes conditions que celles des classes correspondantes de l’enseignement public. ». Il s’agit des communes et des établissements publics de coopération intercommunale pour les classes élémentaires et, le cas échéant maternelles, des départements pour les collèges et des régions pour les lycées.

Comme souligné par de nombreux rapporteurs au budget, cela crée un biais en faveur de la fuite des écoliers vers le privé. En effet, le forfait communal est fondé sur le nombre d’élèves. Par conséquent, plus il y a d’inscrits dans le privé, plus le privé a d’argent et moins le public a d’argent. Plus l’écart se creuse au bénéfice du privé ce qui conduit mécaniquement à la détérioration des conditions d’études dans l’école publique et à un nombre croissant d’élèves dans l’enseignement privé.

A Villeurbanne, ce montant était de 776,18 euros en 2017. Un montant plus élevé donc que la moyenne nationale à 600€), d’autant qu’il faut rajouter les nouveaux montants prévus par le protocole d’accord. Au total en 2017, près d’un million d’euros ! Toutefois, celui-ci peut varier de 400 à 1 500 euros pour des raisons inexpliquées, sinon une interprétation généreuse de la loi par certains Élus. Les sommes alloués par les communes à l’enseignement privé du premier degré se comptent en centaines de millions d’euros.

En tant que collectivité municipale, nous ne pouvons évidemment pas déroger à la loi. En revanche, en tant qu’élu, il est de notre responsabilité de prendre position sur la loi et éventuellement de peser pour qu’elle évolue.

Nous ne souhaitons pas la remise en cause de l'existence de l'école libre. Chaque parent doit être en mesure de choisir pour ses enfants l’enseignement de son choix. En revanche, il ne revient pas à l’Etat, ou aux collectivités locales de financer la possibilité pour certains de sortir du régime de droit commun et du parcours républicain. Les laisser libre oui, les financer non.

Le 19 juin 1960, il y a 50 ans, les représentants de plus de 10 millions de citoyens pétitionnaires ont prononcé le serment suivant :

« Nous sommes 10 813 697 faisant le serment solennel : De manifester en toutes circonstances et en tous lieux leur irréductible opposition à cette loi contraire à l’évolution historique de la Nation ; De lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation ; Et d’obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’École de la Nation, espoir de notre jeunesse ».

Les promesses n’engagent que ceux y croient. Nous y croyons. C’est pourquoi, nous proposons que le conseil municipal de Villeurbanne réaffirme son attachement au serment de Vincennes. A l’école privée, fonds privés, A l’école publique, fonds publics. Et ainsi, que la ville de Villeurbanne se positionne en faveur de l’abrogation des lois Carle et Debré.

Participation de la Ville de Villeurbanne pour ses établissements privés dans l’enseignement élémentaire (année scolaire 2016-2017 :

Immaculée-Conception 260 796, 48 € pour « 336 élèves - La Nativité : 93 141, 60€ pour 120 élèves

Sainte-Thérèse : 83 051, 26 € pour 107 élèves - Mère-Teresa : 151 355, 10 € pour 195 élèves

Beth-Menahem : 93 141, 60 € pour 120 élèves - Ecole juive de Lyon : 287 186, 60 € pour 370 élèves

TOTAL : 968 672, 64 € pour 1248 élèves

Fédération de la Gironde de la Libre Pensée

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COMMUNIQUE DE PRESSE

 

La Fédération de la Gironde de la Libre Pensée apporte son soutien aux enseignants du langonnais, injustement attaqués pour avoir interrompu la projection d’un film qui racontait la naissance de Jésus à travers les évangiles.

L’École de la République est laïque parce que neutre, en dehors des religions. De TOUTES les religions. L’enseignement de l’histoire des religions n’est pas le catéchisme.

L'école laïque se doit de rassembler, durant le temps scolaire consacré à l’apprentissage, les élèves par-delà leur diversité. Non de diviser, ce qu’entraînent les revendications religieuses, particularistes.

La loi de Séparation de 1905 est une loi de paix et d'équilibre, qui a écarté LES Églises des affaires de l'État (comme les lois scolaires de Jules Ferry avaient écarté les congrégations des affaires de l’École). L’État chez lui, l’Église chez elle, disait Victor Hugo.

La laïcité n'est en rien liberticide ni totalitaire, bien au contraire : elle laisse à chacun ses choix dans le domaine privé, intime, celui de sa liberté de conscience, donc de sa liberté de croire ou de ne pas croire.

Certains cherchent à cette occasion à réintroduire le sempiternel débat sur les « racines chrétiennes de la France », au mépris de la formidable et passionnante complexité de notre Histoire, réelle et non fantasmée. Ce n’est pas l’objet de la discussion.

Ces enseignants ont réagi correctement en interrompant la projection, pour en débattre ensuite avec les enfants (et les parents). Certes, il ont commis l’erreur de ne pas avoir visionné ce film avant sa projection; mais ont-ils pu le faire ? Cet acharnement contre eux est indécent et malsain.

La Libre Pensée rappelle à cette occasion que le mot « laïc » désigne un chrétien sans fonction religieuse dans l’Église : ni diacre, ni prêtre, ni évêque. Par contre laïque signifie non-confessionnel, partisan de la laïcité. La République est laïque, comme l’immense majorité des citoyens qui se reconnaissent dans la laïcité.

Bordeaux le 28 décembre 2017

Christian Baqué, président de la Fédération de la Gironde

 

libres propos, libres pensées

 

Les sensibilités religieuses blessées-Christianismes, blasphèmes et cinéma 1965-1988

de Jeanne Favret-Saada, ouvrage sorti en librairie le 6 Septembre 2017 aux éditions Fayard

Cet essai présente un grand intérêt pour de nombreuses raisons :

-        Il s’agit de véritables « enquêtes » très fouillées et très documentées sur l’idée de blasphème, suggérée principalement à travers 6 œuvres filmiques, cependant d’autres œuvres cinématographiques sont évoquées (voir le résumé de l’ouvrage sur Internet)

-        L’analyse de la notion de blasphème est toujours très précisément cernée par rapport au 7ème art, mais aussi par rapport aux affiches de ces films : donc importance du message visuel donné au public avant la projection.

-        Le choix de l’ethnologue-essayiste Jeanne Favret-Saada qui consiste à se restreindre à 6 œuvres permet d’avoir une connaissance approfondie, sérieuse et documentée sur des exemples très précis : la liste des références est impressionnante tant par la bibliographie que par les nombreuses notes de bas de pages. Toutes les sources sont annotées, justifiées, recoupées.

-        La période 1965-1988 permet de prendre du recul sur l’analyse des faits, des évènements : cela évite les réactions épidermiques mal contrôlées, comme on dit « à chaud ».

 Les 25 dernières pages sont consacrées à des œuvres diverses ou des violences engendrées par le fanatisme religieux (littérature, dessins, caricatures) après 1988, et sont une sorte de prolongation à la réflexion de l’ouvrage par exemple : assassinat de Theo Van Gogh et sa participation à un scénario de film intitulé Soumission (à ne pas confondre avec le roman de Michel Houellebecq !), les caricatures de Mahomet, etc. …

La liste serait encore longue pour énumérer toutes les qualités de cet ouvrage.

Ce qui ressort de cette lecture c’est la capacité de nuisance et l’énergie déployées par certains dévots fanatiques chrétiens (Catholiques, Pentecôtistes, etc.) pour empêcher qu’un film ne sorte sur les écrans. Le plus désolant, c’est que ces fous furieux se permettent de critiquer une œuvre… qu’ils n’ont pas vue, dont ils ne connaissent pas le script, ni le scénario !

Certains affirment (avant même que l’œuvre ne soit achevée) qu’ils ne la connaissent pas et qu’ils n’iront jamais la voir ! Il semble que pour être crédible, le minimum reste l’honnêteté intellectuelle : comment avancer des arguments pour démolir une œuvre alors qu’on ne la connaît pas ?

C’est une belle réflexion intelligente sur un fléau récurrent : l’ignorance qui mène à la désinformation (volontaire ou non) et qui engendre beaucoup de violence, bien des malheurs !

Bonne lecture.

Michèle FREYCHET

Pour une première approche de cet ouvrage :

  • · Emission de France Culture (à réécouter ou à podcaster) « La suite dans les idées» de Sylvain Bourmeau, émission du 9 Septembre 2017 (à 12h45) : l’auteure Jeanne Favret-Saada était l’une des deux invitées et présentait son essai
  • · Entretien avec Jeanne Favret-Saada dans Charlie Hebdo n°1314 du mercredi 27 Septembre 2017