2026 01 CONCERT GRACCHUS BABEUF
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Q1 : Bonjour Sylvie. Vous venez de donner un concert sur GRACCHUS BABEUF. Avant d'aborder le fond du sujet, peux-tu nous présenter ton parcours, qu'il soit artistique ou militant et la chorale qui a réalisé ce travail
En ce qui concerne mon parcours, j’ai d’abord fait des études d’architecture et j’ai travaillé pendant une douzaine d’années dans une agence, avant de me retrouver au chômage technique. Je me suis alors reconvertie dans l’enseignement spécialisé. Ce fut ma deuxième erreur d’aiguillage… Parallèlement pour donner un peu de goût à ma vie j’ai pratiqué la musique en amateur : piano, guitare basson et chant. L’opéra étant ma passion depuis l’enfance je suis entrée à l’école des chœurs de l’opéra de Lyon et j’y ai participé à plusieurs productions, soit dans les chœurs, soit en figuration. En 1992 j’ai découvert les Chœurs de Givors et j’ai immédiatement été séduite par leur répertoire varié, leur engagement, l’exigence musicale et la pédagogie de leur chef Pierre Vallin. Au bout de quelques années j’en suis devenue présidente et j’ai conçu, écrit et /ou mis en scène quelques spectacles. Ce chœur a fêté ses 50 ans en 2025.
Q2 : Venons-en à votre production. Pourquoi avez-vous choisi ce militant révolutionnaire comme sujet ? Il reste encore peu connu de l'opinion publique qui connait au mieux les acteurs principaux comme Robespierre, Danton, Marat.
En effet, c’est bien pour ça que Pierre Vallin a désiré lui dédier un opéra. Le père de Pierre a été maire communiste de Givors pendant une quarantaine d’années, il avait fait poser une plaque au nom de Gracchus Babeuf dans sa ville. Pierre m’a demandé un jour d’écrire un opéra sur la vie de ce dernier. Je suis tombée des nues, pensant ne pas en être capable, et pas très motivée par le sujet au premier abord car moi non plus je ne connaissais pas bien le personnage. Mais je m’y suis mise, et je me suis prise au jeu.
Q3 : Sur la partie artistique, comment as-tu sélectionné les éléments restitués pour écrire ton livret ? Pourquoi lui donner la forme d'un opéra ? Que représente le chœur dans votre travail ?
Le mot « opéra » a été prononcé par Pierre Vallin et a résonné dans mon cœur, comme je te l’ai dit j’ai toujours adoré l’opéra. C’est ce qui m’a motivée à commencer des recherches. Vive Internet ! La vie foisonnante et engagée de ce personnage m’a parue impossible à retracer dans son intégralité, c’est pourquoi je me suis centrée sur la dernière partie de sa vie.
Les contraintes d’écritures étaient nombreuses car je devais permettre aux chœurs d’avoir un grand rôle chanté, mais ayant affaire à des amateurs je ne pouvais pas imaginer que tous apprennent les chants par cœur ni ne soient capables de « jouer » des personnages.
Je devais aussi trouver des figures féminines, vu le grand nombre de femmes dans le chœur, et une histoire d’amour, indispensable dans un opéra. Je l’ai donc inventée, cette histoire d’amour, en prenant garde de ne pas « salir » la réputation de Babeuf. Et ce sont les femmes qui démarrent la pièce en chantant leur inquiétude face à l’engagement grandissant de leurs maris.
J’ai utilisé les « éléments de langage » comme on dit aujourd’hui pour faire exister les personnages à travers les textes. J’ai mis en avant Sylvain Maréchal, car son statut de poète m’a paru intéressant à développer. Lui et Babeuf lisent le vrai texte du manifeste des Egaux, toutefois raccourci. Les accusations et le verdict sont tirés des minutes du procès.
La composition musicale de Pierre Vallin a sublimé le texte, j’ai fini par oublier que c’était moi qui l’avais écrit !
J’avais de grandes ambitions de mises en scène, vite mises à mal par l’exiguïté de la scène du théâtre de Givors et les contraintes budgétaires, c’est mon grand regret.
Q4 : Penses-tu que les propositions de la conjuration des égaux résonnent encore aujourd'hui ?
Bien sûr, même si avec le recul cela peut paraitre très utopique. C’est d’ailleurs un amer constat, la lutte pour l’égalité semble ne jamais pouvoir connaître de fin malgré les mots d’espoir chantés dans le chœur final. Et le pire c’est que depuis que l’opéra a été écrit l’égalité semble de plus en plus en régression.
Q5 : pour finir, un mot personnel de ton ressenti sur votre travail accompli et un mot pour les lecteurs de la LIBRE PENSEE ?
L’accueil favorable du public m’a stupéfiée ! Les répétitions étaient tellement laborieuses, nous aurions dû répéter encore de nombreuses fois avant de montrer le spectacle et je m’attendais à une catastrophe. Des catastrophes il y en a eu, mais le public ne nous en a pas tenu rigueur. Depuis Pierre et moi avons retravaillé le texte et certaines liaisons musicales pour éviter des longueurs constatées et nous avons rajouté un quatuor de solistes. Par conséquent nous aimerions pouvoir le redonner : si certains lecteurs de LIBRE PENSEE ont des contacts qui pourraient nous le permettre, ça serait génial !
Lien pour le teaser :
https://drive.google.com/file/d/1ekrVWcfsP-4aPwxQ1sMKOclfm1xc8djC/view?usp=drivesdk




2026 05 MEETING CONTRE LA GUERRE A LONDRES
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- Écrit par BRUYERE
Meeting de Londres – Appel à participation
Samedi 20 juin aura lieu à Londres le meeting international contre la GUERRE : il fait suite au meeting de Paris du 5 octobre qui a réuni près de 4000 militants dans la salle archi-comble du Dôme de Paris.
Il se tenait à l’appel de nombreuses associations internationales et où on a pu entendre des orateurs britanniques, italiens, américains, d'autres venus d'Israël et de Palestine, des déserteurs russes et des pacifistes ukrainiens.
En conclusion John Rees, co-fondateur du mouvement « Stop the War » en Grande-Bretagne, a lancé l’appel au meeting de Londres qui aura lieu au Westminster Central Hall :
« Nous voulons la paix. Nous disons non au réarmement, non à la conscription, oui aux services de santé, d’éducation et de services publics disposant de tous les moyens nécessaires, à des emplois utiles et à des salaires plus élevés. »
La Libre Pensée du Rhône sera représentée à Londres.
Elle vous appelle à soutenir financièrement cette initiative (un délégué c’est 400 euros de frais), dont l'urgence apparaît jour après jour plus indispensable quand on observe ou on subit, la situation de chaos indescriptible créée par l'impérialisme au Moyen-Orient (Et ailleurs dans le monde où les conflits armés n’ont jamais été aussi nombreux)
Comment soutenir financièrement ?
- Avec votre CB via le lien https://www.payasso.fr/federationrhonelibrepensee/dons
- Par virement sur le compte FEDERATION DE LA LIBRE PENSEE ET D’ACTION SOCIALE DU RHONE : IBAN FR76 1027 8073 9000 0215 7180 176 et BIC CMCIFR2A
- Par chèque à l’ordre de LP69 chez Gilles Champion, 113 rue Baraban 69003 LYON
2026 05 Rassemblement contre le projet de loi Yadan - 8 avril 2026
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- Écrit par BRUYERE
Rassemblement contre le projet de loi Yadan - 8 avril 2026
Pour la défense de la liberté d’Association
Empêcher l’adoption du projet Yadan
Pour ne pas répéter ce qui a été dit, je concentrerai mon intervention sur les conséquences d’une telle loi sur la liberté d’association. Car si la loi Yadan venait à être adoptée, elle ne permettrait pas seulement de poursuivre les individus, mais aurait de graves conséquences pour les libertés collectives. Et ce que je vais dire est en rapport avec l’actualité, puisque ce vendredi 3 avril, sur le plateau de BFM-TV, Laurent Nuñez a annoncé une nouvelle loi sur le Séparatisme, permettant de dissoudre certaines structures : Un nouveau projet destiné à renforcer la loi de 2021.
Sous l’ère d’Emmanuel Macron, en 9 ans, 47 associations ont été dissoutes, dont une grande majorité au nom de la Loi du 24 août 2021, dite « Séparatisme ».
La loi dite loi « Sécurité Globale » avait pour objectif de réprimer les individus ; celle dite loi « Séparatisme » en a été le corollaire : son objectif est de réprimer les consciences et les pensées. Le projet de loi Yadan s’articule totalement dans ce dispositif et se présente -pour le coup, le mot n’est pas trop fort – comme un acte de terrorisme intellectuel.
Nous avons bien affaire à un Pouvoir totalitaire, de plus en plus ouvertement, qui veut « contrôler et asservir en permanence les corps et les consciences. »
La loi « Séparatisme » tend à édifier, sous la Tutelle du Pouvoir, un modèle unique mettant en actions des règles décidées par le Pouvoir, œuvrant à une Idéologie d’État, totalitaire par essence. La lutte contre un soi-disant antisémitisme, assimilé de façon consubstantielle à l’antisionisme, a toutes les apparences d’un prétexte.
Je cite les attendus : « Cette haine de l’État d’Israël est aujourd’hui consubstantielle à la haine des Juifs. »
L’article 1er prévoit « un nouveau délit visant à réprimer tous les actes et tous les propos qui ont pour objet ou pour effet de banaliser, de minorer ou de relativiser les actes de terrorisme ou le danger représenté par les auteurs de ces actes. Ce délit serait sanctionné d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ». Relativiser : c’est ce qui a permis d’attaquer, de diffamer, après le 7 octobre et depuis, ceux qui adoptaient une approche critique pour rappeler que le 7 octobre s’inscrivait dans une histoire datant de 1948, et même avant. Ce qui serait une approche historienne, sans même une dimension militante !
Il est proposé de punir également les provocations indirectes pour définir divers délits.
Les individus, comme les associations, sont concernés.
À terme, toutes les associations, et non plus seulement celles « reconnues d’utilité publique » seront contrôlées à outrance avec l’Épée de Damoclès sur leur tête : leur dissolution, et la condamnation de leurs dirigeants, dont on veut faire les supplétifs du pouvoir.
Pour conclure, au prétexte de lutter contre le terrorisme et plus largement contre l’insécurité, la Démocratie subit des régressions inquiétantes : atteintes aux Libertés Individuelles et au respect de la vie privée, pressions du pouvoir politique sur la justice et les médias, création de fichiers liberticides, rétention de sûreté en raison de la dangerosité supposée de certaines personnes, recours croissant à la détention provisoire, peines plancher, instrumentalisation de l’Histoire nationale… Milieux populaires, Immigrés et étrangers font les premiers les frais de telles régressions.
Plus que jamais les libertés individuelles apparaissent comme une conquête démocratique à défendre.
Non au projet de loi Yadan !
2026 05 GERASA
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- Écrit par BRUYERE
Le miracle du démon de Gerasa, ou Guérasa est rapporté par les évangélistes Marc (5,1.20) et Luc (26.37) en termes très semblables. Matthieu connaît une version différente.
Texte de Marc, chapitre 5
1 Ils arrivèrent sur l'autre rive de la mer, au pays des Géraséniens. 2 Et aussitôt que Jésus eut débarqué, vint à sa rencontre, des tombeaux, un homme possédé d'un esprit impur : 3 il avait sa demeure dans les tombes et personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne, 4 car souvent on l'avait lié avec des entraves et avec des chaînes, mais il avait rompu les chaînes et brisé les entraves, et personne ne parvenait à le dompter. 5 Et sans cesse, nuit et jour, il était dans les tombes et dans les montagnes, poussant des cris et se tailladant avec des pierres 6 Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui 7 et cria d'une voix forte : " Que me veux-tu, Jésus, fils du Dieu Très Haut ? Je t'adjure par Dieu, ne me tourmente pas ! " 8 Il lui disait en effet : " Sors de cet homme, esprit impur ! " 9 Et il l'interrogeait : " Quel est ton nom ? " Il dit : " Légion est mon nom, car nous sommes beaucoup. " 10 Et il le suppliait instamment de ne pas les expulser hors du pays. 11 Or il y avait là, sur la montagne, un grand troupeau de porcs en train de paître. 12 Et les esprits impurs supplièrent Jésus en disant : " Envoie-nous vers les porcs, que nous y entrions. " 13 Et il le leur permit. Sortant alors, les esprits impurs entrèrent dans les porcs et le troupeau se précipita du haut de l'escarpement dans la mer, au nombre d'environ deux mille, et ils se noyaient dans la mer. 14 Leurs gardiens prirent la fuite et rapportèrent la nouvelle à la ville et dans les fermes ; et les gens vinrent pour voir qu'est-ce qui s'était passé. 15 Ils arrivent auprès de Jésus et ils voient le démoniaque assis, vêtu et dans son bon sens, lui qui avait eu la Légion, et ils furent pris de peur. 16 Les témoins leur racontèrent comment cela s'était passé pour le possédé et ce qui était arrivé aux porcs. 17 Alors ils se mirent à prier Jésus de s'éloigner de leur territoire. 18 Comme il montait dans la barque, l'homme qui avait été possédé le priait pour rester en sa compagnie. 19 Il ne le lui accorda pas, mais il lui dit : " Va chez toi, auprès des tiens, et rapporte-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. " 20 Il s'en alla donc et se mit à proclamer dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l'étonnement.
Le miracle ne se situe pas dans la localité de Gerasa, située à quelque 55 km au sud-est du lac de Tibériade, mais au pays des Guéraséniens, dans l’actuelle Jordanie. Léon-Dufour nous assure que la scène eut lieu « vraisemblablement » à El-Kursi, sur la rive orientale du lac. Difficile en effet de trouver falaise ou promontoire à Gerasa, ville de la Décapole près de la rivière Yabboq connue de l’Ancien Testament, mais où il ne serait pas facile de noyer deux mille cochons, et même un seul. Il fallait bien trouver un lieu qui rendît le miracle plus vraisemblable. On ignore si les biblistes archéologues ont retrouvé des ossements porcins.
Luc ajoute que le possédé, depuis très longtemps, ne portait pas de vêtements. Qu’on se rassure, il les remettra quand même une fois guéri. Mais la principale différence est ailleurs : alors que chez Marc les démons supplient Jésus de les faire entrer dans les porcs, chez Luc, ils le supplient de ne pas les entraîner vers l’abîme. Il faudrait savoir.
Matthieu rapporte le même miracle, de façon moins détaillée et sous une forme sensiblement différente. La scène se passe ailleurs et nous avons deux possédés. La cité de Gadara se situe à 10 km au sud-est du lac, mais c’est du pays des Gadaréniens qu’il est question.
28 Comme Jésus arrivait sur l’autre rive, dans le pays des Gadaréniens, deux possédés sortirent d’entre les tombes à sa rencontre ; ils étaient si agressifs que personne ne pouvait passer par ce chemin. 29 Et voilà qu’ils se mirent à crier : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le moment fixé ? » 30 Or, il y avait au loin un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. 31 Les démons suppliaient Jésus : « Si tu nous expulses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. » 32 Il leur répondit : « Allez. » Ils sortirent et ils s’en allèrent dans les porcs ; et voilà que, du haut de la falaise, tout le troupeau se précipita dans la mer, et les porcs moururent dans les flots. 33 Les gardiens prirent la fuite et s’en allèrent dans la ville annoncer tout cela, et en particulier ce qui était arrivé aux possédés. 34 Et voilà que toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et lorsqu’ils le virent, les gens le supplièrent de partir de leur territoire.
Signalons enfin que Jean ignore tout de faits aussi extraordinaires.
La différence de localisation entre les deux versions (Gerasa et Gadara) ne pose pas un réel problème, et les tentatives pour résoudre la contradiction nous semblent vaines. Les deux cités sont attestées historiquement et toutes deux mentionnées par Josèphe. Si la version originelle parle de Gadara, elle aurait pu ensuite s’orienter vers Gerasa pour l’unique raison que ce nom est associé à la racine du verbe « expulser », phénomène de création lexicale banal en littérature. Et si la légende est d’origine guérasénienne, elle aurait pu être historicisée par un déplacement en direction du lac, par souci de réalisme.
Comme si le récit ne souffrait pas d’invraisemblances autrement graves ! De très sérieux chercheurs se sont avisés qu’Origène mentionne une tradition selon laquelle il existait autrefois une ville appelée « Gergasa » sur les rives du lac. La belle affaire ! C’est construire des théories sur du vent.
Rien n’est bon dans le cochon
Dès l’Ancien Testament, le porc était considéré comme un animal impur (voir Lévitique 11,7) et la Loi proscrivait sa consommation. Cet interdit constituait un signe du privilège accordé à Israël en le distinguant des païens. Il n’entre pas dans le cadre de cet article d’en donner l’explication, mais elle est évidemment d’ordre sanitaire. Que le porc ait le sabot fourchu et qu’il ne rumine pas, voilà qui ne sera pas de nature à nous convaincre ; que le simple fait de toucher un porc rendît la personne impure …pas davantage. De nos jours encore, certains le croient cependant.
Les Cananéens élevaient des troupeaux de porcs et les sacrifiaient à leurs idoles, et les peuples voisins d’Israël itou. Le porc était donc l’animal idéal pour devenir vecteur d’un exorcisme christique. Fait supplémentaire mais sûrement secondaire, la Xème légion romaine eut un porc comme emblème au temps de la guerre des Juifs, et auparavant, de 60 à 62, le procurateur romain administrateur de la Judée eut nom Porcius Festus. Ces faits ont été observés, mais les explications en sont puériles. Le mot « Légion », qui pouvait évoquer une unité de l’armée romaine, est attesté comme équivalent de « grand nombre », admettons que cela pouvait engager les chercheurs sur une mauvaise piste. Relevons comme un indice plus sûr que le livre d’Isaïe (LXV) évoque un peuple rebelle qui suit une voie mauvaise, « habite dans les tombeaux, passe la nuit dans les recoins, mange de la viande de porc ». Une fois de plus, les références scripturaires éclairent le récit évangélique. On pourrait aussi soutenir que pendant six siècles au moins, des Géraséniens ou Gadaréniens ont conservé l’étrange coutume d’habiter dans des tombeaux. Ce ne sera pas notre hypothèse préférée.
Naissance de l’exorcisme chrétien
L’exorcisme était connu des juifs de la Torah. Josèphe la mentionne lui aussi dans la Guerre des Juifs (VII,6 § 135) Cette pratique était répandue dans la plupart des religions, plus ou moins, pour des raisons thérapeutiques plutôt que religieuses, si tant est qu’on ait opéré une distinction entre ces deux domaines, la maladie étant comprise comme l’action d’un démon ayant pénétré dans le corps du malade. L’exorciste était d’abord un guérisseur. Chez les juifs, la méthode de guérison consistait en une imposition des mains et l’invocation du nom de Yahvé ou la lecture de textes sacrés. Une tradition rapporte que le roi Salomon avait le pouvoir de chasser les démons. On guérissait comme on pouvait.
Le possédé que Jésus guérit dans la région de Gerasa est un forcené auquel, vingt siècles plus tard, on aurait passé la camisole de force. Il est décrit comme fou, pas assez cependant pour méconnaître la divinité de Jésus, fils du Dieu Très-Haut, qui le guérit de sa propre autorité sans invoquer le nom divin.
Mais là où Jésus innove de façon plus spectaculaire encore, c’est en matérialisant les démons, en les expulsant sous une forme matérielle. Et laquelle ! Un troupeau de deux mille porcs. Même aux temps les plus sombres de l’époque médiévale, on continua à pratiquer l’exorcisme sous des formes moins radicales, au moyen de formules magiques. La pratique n’était pas règlementée, et ce n’est qu’après le concile de Trente que l’Eglise imposa son autorité en confiant aux prêtres le droit d’exorciser. Les pratiques d’exorcisme prirent alors des formes beaucoup plus violentes, qui, au nom du Christ Jésus, pouvaient s’accompagner de tortures atroces. On tenta même de trouver une zone insensible sur le corps des possédés qui aurait été la preuve du contact avec le démon. Si une aiguille enfoncée dans ce point ne provoquait ni souffrance ni saignement, le prêtre exorciste tenait la preuve de la possession.
Mais ceci est une autre histoire…
Quoique ?
De nos jours, l’exorcisme survit fort bien, à base de rituels sacrés et d'impositions des mains. Celle-ci est destinée à chasser le démon du corps ou de l'endroit qu'il occupe. Attention : le mal est pernicieux, malin et menteur. Il s'adapte à nos vies modernes. Affaire de spécialistes.
Les divers aspects de l'infestation et de la possession sont catalogués en activité ordinaire (de la tentation au péché) ou extraordinaire : oppression, obsession, possession démoniaque, infestation, envoutement, ensorcellement, malédiction, etc... Après enquête, on détermine le le type de magie occulte approprié, administré parfois à distance. Car à Dieu rien d’impossible.
L’exorcisme fait partie du ministère de l’évêque. Celui-ci peut déléguer sa fonction et agit ordinairement dans son diocèse. Il doit suivre une formation et respecter un Rituel officiel. Certains exorcistes mal intentionnés sont dénoncés comme charlatans. Il y a donc des charlatans officiels et des illégaux. De parfaits « officiels » aux obsessions compulsives ont pourtant laissé leurs victimes se remettre des traumatismes subis en soins psychiatriques et même céder à la tentation du suicide.
Ces faits sont connus dans le diocèse de Lyon.
Alors que nombre d’évêques ne croient plus au démon et ne nomment plus de prêtres exorcistes, le Pape Jean-Paul II a déclaré un jour : « Celui qui ne croit pas au démon ne croit pas à l'Évangile. » Jésus a donc bien noyé deux mille cochons.
2026 05 SUPPRESSION INIRR
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- Écrit par BRUYERE
Suppression de l’INIRR : entre volonté de contrôle de l'église sur les associations et « recours excessif à la compensation financière »
La Conférence des Évêques de France a décidé, jeudi 26 mars 2026, la suppression de l’Instance Nationale Indépendante de Reconnaissance et de Réparation (INIRR) pour la remplacer par une structure qui, à juste titre, inquiète les victimes de l’Eglise et les associations qui défendent leurs droits à réparation. Cette structure est annoncée comme entrant en vigueur au 1er septembre 2026.
Comme le fait remarquer Nanou Couturier, présidente de l'association des « Abusés de l'église - Tous ensemble ! », la mise en place de cette nouvelle structure crée un problème pour les victimes dont le dossier est en cours. Au 18 février 2026, 1813 demandes de reconnaissance et de réparation étaient comptabilisées sur le site de l'INIRR, pour 1067 décisions rendues. Ce sont donc 746 dossiers dont on ne sait pas comment ils seront clos pendant le peu de mois qui restent. Cette inquiétude est d’ailleurs reconnue par Madame Derain de Vaucresson, présidente de l'INIRR.
Certes le fonctionnement de l’INIRR était largement critiquable, depuis que cette instance a été créée, fin 2021, en réponse au rapport de M. Jean-Marc Sauvé : nombre de victimes ont touché des réparations qu’elles ont jugé insuffisantes, selon un tableau de critères technocratique et largement arbitraire, par des personnes qui n’étaient pas des professionnels de la réparation (comme il en existe pour les victimes de catastrophes naturelles, par exemple). Elle garantissait néanmoins une relative indépendance par rapport aux diocèses, et faisait abstraction des croyances ou non-croyances des victimes, ce qui n’est pas sans importance puisque si certaines continuaient à se considérer membres de l’Eglise, d’autres avaient perdu la foi (fréquemment), du moins toute confiance en l’autorité ecclésiale avec qui elles ne voulaient plus rien avoir à faire.
« Les personnes victimes sont souvent loin de l’Église. Elles n’auront pas forcément envie de s’adresser à un dispositif diocésain », déclarait dans une tribune de La Croix Mme Mélanie Debrabant, présidente de l’association Fraternité Victime, en redoutant que les diocèses ne disposent pas des compétences nécessaires pour recueillir la parole.
Comme il est dit dans l’article de Médiapart daté du13 avril, l’inquiétude des associations « n’est pas abstraite, elle repose sur un constat simple : rien, dans le dispositif annoncé, ne garantit l’indépendance réelle de cette future instance vis-à-vis de la hiérarchie de l’Église catholique. »
C’est même exactement le contraire, d’autant que les associations de victimes n’ont jamais été associées à la décision de la Conférence des Evêques de France. Elles se déclarent pourtant porteuses d’une expertise qui ne sera pas utilisée.
« Renaître », tel est le nom de la structure annoncée … Mais de quelle renaissance est-il question ?
Le 2ème dernier rapport de la Commission pontificale pour la protection des mineurs Tutela Minorum revient sur les pratiques de réparation des églises pour aller « dans le sens d'une conversion continue ». Les moyens de réparation avancés vont de la création de centres d'écoute à la mise en place de services de soutien psychologique, à la reconnaissance et aux excuses publiques, et à une communication plus transparente. (Ce ne sera pas difficile !)
Mais elle parle aussi d’associer les victimes survivantes « à l'élaboration des politiques et des procédures de sauvegarde de l'Église », ce qui signifie qu’il s'agira de placer les associations sous l’autorité diocésaine … afin de réparer l’institution ! Mais comme le dit Madame Yolande du Fayet de la Tour, présidente de l'association « De la parole aux actes » (voir la Raison de mars 2026) : « Nous n'avons pas d'énergie à fournir à l'église pour réviser sa théologie sa gouvernance notre énergie est consacrée aux victimes. »
En effet, comment accepter que la reconnaissance et la réparation des crimes et délits sexuels couverts par l’Eglise continuent d’être organisées, directement ou indirectement, par l’institution responsable ? Qui doit « renaître » ? Les victimes, ou les criminels ?
Et qu’en sera-t-il du montant des réparations ?
Peut-on s'attendre à une réévaluation des sommes accordées ? En tous les cas, ce n’est pas l’objectif annoncé. Le rapport Titula Minorum est très clair à ce sujet, il précise au sujet des réparations : « Bien que certaines parties de l'église dans les Amériques en Europe et en Océanie s'investissent fortement en faveur des réparations, le recours excessif à la compensation financière gêne la compréhension globale des enjeux de réparation et de guérison pour les victimes survivantes. Une partie importante de l'Amérique centrale et du Sud, de l'Afrique et de l'Asie manque encore de ressources spécifiques suffisantes pour accompagner les victimes / survivants. »
« Un recours excessif à la compensation financière », tout est dit !
En quatre ans, 1 786 personnes victimes ont adressé une demande de reconnaissance et de réparation à l’INIRR, dont 270 en 2025. Hélas ! nous ne pouvons pas intégrer à ces chiffres les victimes qui se sont suicidées. Et nous rappellerons que le rapport Sauvé estime à. 330 000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles dans l’Église depuis 1950.
2026 01 24 MEETING LP69
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- Écrit par BRUYERE
Conférence du 24 janvier à Bron : un pas vers l’unité du combat laïque
Après le grand meeting unitaire du samedi 6 décembre à Paris, qui a vu l'essentiel des associations démocratiques, philosophiques ou syndicales attachées aux principes de laïcité et à la loi de 1905, une rencontre de même caractère a eu lieu le 24 janvier à Bron.
Les associations représentées ont partagé la même appréciation sur une évidence qu’il est malheureusement nécessaire de rappeler : la loi de 1905 a été conçue dès l'origine comme une loi de démocratie, de neutralité et de liberté. Il importe de la défendre comme telle.
Sous la présidence de Christian Eyschen, secrétaire général de la libre-pensée, les interventions ont détaillé sous différents aspects les attaques liberticides qui pervertissent la loi : « sécurité globale », « séparatisme », mainmise sur le monde associatif, campagne d’opinion et mesures très concrètes de nature xénophobe et raciste contre une partie de la population.
Loin de la version œcuménique et officialisée de la laïcité portée par la ville de Lyon, qui avait choisi de faire l’impasse sur certains enjeux sensibles, les syndicats et associations démocratiques et antiracistes présentes ont détaillé ce que devait être aujourd’hui le combat laïque et la solidarité internationale.
Ø Combat pour l’abrogation de la loi Debré, comme l’ont exposé les syndicalistes enseignants présents, mais pas eux seulement, tant il est vrai que cette loi séparatiste (à sa façon) met en jeu l’ensemble de l’édifice républicain.
Ø Pour la liberté associative : et donc pour l’abrogation de loi dite « sécurité globale » et du contrat d’engagement républicain qui tend à faire des associations des supplétifs de l’Etat. Un récent rapport de l’Observatoire des libertés associatives a d’ailleurs confirmé à quel point ces libertés ont reculé au cours des dernières années.
Ø Contre l’instrumentalisation de la loi de 1905 à des fins xénophobes ou racistes, et contre disposition anti-immigrés au nom d’une laïcité détournée. C’est en ce sens qu’une solidarité a été affirmée avec les mineurs-migrants maintenus à la rue, dans des conditions indignes. Le représentant du collectif « Mineurs migrants » de la Croix-Rousse » a témoigné en ce sens.
Rappelons les termes de l’appel à cette rencontre : "120 ans après l'adoption de la loi de décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l'État, nous assistons chaque jour au dévoiement des idéaux émancipateurs qui inspirèrent cette mesure. De la loi Debré à la loi dite "séparatisme", la Ve République n'a eu de cesse de remettre en cause la liberté de conscience et de promouvoir la cogestion avec les cultes et les privilèges de l'Église catholique. Une fuite en avant répressive et xénophobe est engagée.
L'heure est à la mobilisation du mouvement syndical, démocratique et internationaliste contre cette instrumentalisation dévoyée de la laïcité."
Ont pris la parole, sous la présidence de Christian Eyschen, secrétaire général de la Libre Pensée :
Maud Millier, Secrétaire générale de l’UD – CGT
Myriam Matonog, pour la Ligue des Droits de l’Homme, section « Confluence »
Xavier Boiston, Secrétaire général de l’UD – CGT Force Ouvrière
Amar Ayam, pour la Ligue des Droits de l’Homme – section Lyon 9e – Ouest lyonnais
François Bourcier, de la Grande Loge Memphis-Misraïm
Pierre Girod – Fédération du Rhône de la Libre Pensée
Thomas Gathier – de la FSU Lyon
Michel Christian – FCPE du Rhône
Muriel Dachary – de la FNEC – FP- FO
Baudoin Delépine - Délégué de l’ADMD du Rhône
Nadine Benmahdi, syndicaliste UNSA
Un représentant du Collectif de soutien « Mineurs migrants » de la Croix-Rousse
Messages Union rationaliste et « Solidarité laïque » (Michel Debon – vice-président national).
Avec le soutien de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix)
Pour la Laïcité et la liberté de conscience !
Pour la démocratie !
Contre le racisme !
La loi de 1905 a été conçue dès l'origine comme une loi de démocratie, de neutralité et de liberté. Elle doit le rester !
L'intervention de la LP69 : Salut au nom de la fédération du Rhône de la libre-pensée
Je voudrais revenir un instant sur la façon dont cette assemblée a été annoncée. Il semble que cette histoire écclaire de façon instructive les problèmes que nous rencontrons aujourd'hui pour défendre la loi de 1905 dans sa lettre et dans son esprit, comme une loi de liberté. Cet épisode montre combien cette question est hautement politique.
La municipalité de Lyon a organisé une commémoration pour le 120e anniversaire de la loi de 1905. Elle a assuré la publicité des initiatives prises par les différents partenaires de l’événement pour « réfléchir sur les enjeux actuels de la laïcité », par leur annonce entre autres sur le site municipal : une série de rencontres et de tables-rondes organisées pour nombre d’entre elles par les cultes constitués. Ce qui bien entendu est leur droit, mais laissait déjà cependant un doute sur une certaine conception « œcuménique » de l'événement, où on cherchait à éviter tout conflit, ce qui aurait été inévitable avec les représentants de structures favorables à la loi de 2021 confortant les principes de la République
Nous avons donc dans un premier temps proposé l’annonce du meeting parisien du 6 décembre. Refus, au motif qu'il ne s'agissait pas d'un événement local, comme si les questions de laïcité changeaient de nature hors des limites du diocèse ! La loi de 1905 est pourtant une loi républicaine et jusqu’à preuve du contraire la République est indivisible. Du reste nous avons été une quinzaine de Lyon à faire le déplacement à Paris, parmi lesquels des représentants de plusieurs associations présentes aujourd'hui.
Nous avons alors proposé d'annoncer la rencontre de Bron de ce 24 janvier. Bron se situe bien dans la Métropole. Voici les termes de cette annonce : « La laïcité entre république et révolution » Organisée par La Libre Pensée du Rhône
120 ans après la loi de 1905, la laïcité est toujours au centre de l'affrontement entre les nostalgiques d'une république a minima, conservatrice et respectueuse de l'ordre établi, et les forces de la transformation sociale et de l'approfondissement démocratique. Depuis 2021 et l'adoption de la loi "séparatisme" le contournement de la loi de 1905 au bénéfice de l'Église catholique est redoublé par un dévoiement légal aux forts relents autoritaires, antisyndicaux voire néocoloniaux. Au cours de ce meeting, les interventions de militants démocratiques, syndicaux et antiracistes proposeront un chemin pour renouer avec l'aspiration émancipatrice et révolutionnaire du projet laïque.
Refus de la municipalité, la présentation étant jugée trop politique et trop polémique. On nous a donc proposé la réécriture suivante :
À l’occasion des 120 ans de la loi de 1905, cette conférence propose un éclairage sur les débats contemporains autour de la laïcité et de son évolution. Les intervenants — issus de différents mouvements démocratiques, syndicaux et citoyens — reviendront sur les principales transformations qu’a connues le cadre législatif depuis plusieurs années, notamment au regard des lois récentes relatives aux questions de séparatisme et de cohésion républicaine.
Ils analyseront la manière dont ces évolutions sont perçues dans le débat public, et leurs implications pour les libertés associatives, syndicales et les dynamiques sociales, ainsi que les tensions qu’elles peuvent susciter. La rencontre visera à proposer des pistes de réflexion sur les façons de préserver l’esprit originel de la loi de 1905, pensé comme un projet d’émancipation et de construction démocratique, tout en tenant compte des enjeux actuels et des attentes sociales.
La perspective révolutionnaire était pourtant assumée par les fondateurs de la loi a dû épouvanter nos édiles locaux. Rappelons ce que disait Jaurès à la tribune : « La France n'est pas schismatique, elle est révolutionnaire. » Pour Jaurès la laïcité était inséparable su combat pour l'émancipation sociale. Le fait de désigner l'église catholique comme principale bénéficiaire des entorses répétées par la loi de 1905, voire sa dénaturation profonde, cela ne pouvait pas s'évoquer dans un débat policé, entre gens de bonne compagnie. Exit cette mention de l’Eglise catholique.
Non, nous ne cherchons pas à « analyser la manière dont ces évolutions sont perçues dans le débat public » ou plutôt ce n'est pas que cela. Nous avons un point de vue politique au meilleur sens du mot et il est clair. Non nous ne cherchons pas non plus, pas essentiellement du moins, à « analyser les transformations des cadres législatifs des dernières années ». Car le combat qui doit être le nôtre est un combat actuel. C'est bien aujourd'hui qu’affleure le scandale des violences sexuelles et physiques perpétrées dans des établissements privés catholiques, sans le moindre contrôle de l'Etat – un Etat qui semble ne s’intéresser qu’aux établissements musulmans.
C’est bien aujourd'hui aussi que la question des réparations touchant les victimes des crimes de prêtres pédophiles reste toujours sans réponse, malgré la révélation des 330 000 victimes révélées par le rapport Sauvé, sans que l'Etat lève le petit doigt.
C'est bien aujourd'hui encore qu’on dissout les associations, de plus en plus nombreuses, dès lors qu’elles portent un point de vue critique sur l'ordre social.
C’est bien aujourd’hui enfin que s’étend le plus grave des séparatismes : le séparatisme social, tellement visible, tellement évident dans le domaine scolaire, révélateur d’un séparatisme de classe qui divise et affecte toute la société. Si la laïcité garantit la liberté de conscience, on voit bien que celle-ci et profondément menacée dès lors que les inégalités sapent l’édifice social.
Pour conclure : la Libre Pensée du Rhône a commencé à interroger les candidats des principales villes de la Métropole pour préciser leur position
En matière de financement des cultes
En matière de relations avec l’enseignement privé
En matière de neutralité de la gestion communale
A quoi s’ajoute inévitablement, pour les candidats lyonnais, la demande de ne pas participer au vœu des Echevins, acte d’allégeance des élus à l’archevêché, par la remise d’un écu de la ville à l’issue d’une messe à Fourvière.
Et sur un plan général, pour savoir s’ils ou elles sont favorables :
- à l’abrogation des dispositions du Code de l’éducation issues des lois modifiées Falloux et Debré, compte tenu de l’ampleur du financement public de l’enseignement privé sous contrat et des inégalités scolaires et sociales croissantes qu’il engendre.
- à l’abrogation de la loi du 24 août 2021 « confortant le respect des principes de la République » qui introduit notamment le Contrat d’Engagement Républicain, source de difficultés dans de nombreuses communes, compte tenu des atteintes qu’elle porte aux lois du 1er juillet 1901 sur le contrat d’association et du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État.










2026 01 250 jeunes du campement des Chartreux sont en danger
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- Écrit par BRUYERE
« 250 jeunes du campement des Chartreux sont en danger »
(Collectif de Soutien Migrants Croix-Rousse : https ://www.facebook.com/share/r/1AREswMvaJ/)
La FEDERATION DU RHONE DE LA LIBRE PENSEE, solidaire des migrantes et migrants, des mineures et mineurs isolés, soutient le COLLECTIF DE SOUTIEN MIGRANTS CROIX-ROUSSE dans son combat, débuté en 2018-2019, pour la reconnaissance des droits. Avec elles et eux, nous posons la question :
OU EST LA PROTECTION DE L’ENFANCE ? OU EST LA METROPOLE ?
Extrait de l’Interview du COLLECTIF SOUTIENS/MIGRANTS CROIX-ROUSSE, par la Lettre mensuelle d’informations de la Fédération du Rhône de la Libre Pensée, le 28 octobre 2025 : https://www.librepenseerhone.org/9-themes/bulletin-an2/223-2025-10-28-migrants-mineurs-isol%C3%A9s-%C3%A0-lyon.html
« … Aujourd’hui, nous nous concentrons sur le soutien aux mineurs isolés en recours : ces jeunes se présentant comme mineurs et dont la prise en charge est refusée par la Métropole qui, au terme d’une évaluation contestable (un simple entretien), met en doute leur minorité. … Pourtant, une majorité d’entre elles et eux seront bien reconnus mineurs par la justice des enfants au terme de la procédure de recours. Le Collectif revendique l’application du principe de présomption de minorité, … C’est parce que la France ne respecte pas ce principe énoncé par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant qu’elle a été condamnée à plusieurs reprises par l’ONU et la Cour Européenne des Droits de l’Homme … Il s’agit, à Lyon, de prendre en charge 300 à 400 jeunes qui ne souhaitent qu’aller à l’école, se former pour apprendre un métier et vivre parmi nous. Rien d’insurmontable à nos yeux pour une Métropole de 1,5 millions d’habitants. ….»
MEDECINS DU MONDE AURA ALERTE : « Depuis un an, des jeunes mineurs isolés survivent dans des conditions dangereuses et indignes au jardin des Chartreux. À plusieurs reprises, nos organisations ont alerté les autorités compétentes, sans qu’aucune proposition de prise en charge et protection adaptées ne soit faite. Alors que l’hiver est là, avec des températures pouvant descendre jusqu’à moins 4 degrés la nuit, la santé et la dignité de ces mineurs est en danger. Il faut agir vite afin d’éviter toute catastrophe. » alerte Samuel Guevart, délégué de Médecins du Monde en Auvergne Rhône-Alpes. (HTTPS ://WWW.MEDECINSDUMONDE.ORG /)
LA METROPOLE AUX ABONNES ABSENTS
La Fédération du Rhône de la Libre Pensée, considère, dans ces conditions, que seule une mobilisation massive, organisée avec les organisations syndicales, antiracistes et démocratiques, imposera que ces enfants soient logés avant que n’arrive une catastrophe ; en outre, seule une telle mobilisation obtiendra ensuite la reconnaissance de leurs droits.
Faire respecter les droits fondamentaux des migrants c’est s’opposer au cours inhumain suivi par les gouvernements « Macron » successifs, sous couvert de la lutte contre les soi-disant dangers civilisationnels portés par l’immigration.
Ce cours est illustré par la liste impressionnante de dispositions anti-immigrés depuis au moins 2012 souvent au nom de la laïcité mais d’une laïcité détournée de ses intentions comme de ses objectifs : la liberté, l’égalité des droits, l’universalisme antiraciste.
Comme le déclare les 400 participants au meeting unitaire du 6 décembre 2025, à la Bourse du Travail de Paris, appelé par LA VIGIE DE LA LAÏCITE, LA LIGUE DE L’ENSEIGNEMENT, SOLIDARITE LAÏQUE, LA LIGUE DES DROITS DE L’HOMME, L’UNION RATIONALISTE ET LA FEDERATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSEE : « Au cours des trois dernières décennies, le régime de laïcité a subi un dévoiement de ses principes originels : il était hier un dispositif de protection de la liberté individuelle ;il est devenu un appareil de défense de la prétendue “identité nationale”. …
Faut-il se résigner à cette dérive autoritaire ? C’est, au contraire, à la résistance que veulent appeler les signataires de ce texte … ils appellent à rétablir la laïcité sur ses bases historiques, en retrouvant la vision originelle qui en faisait un système de promotion de la liberté et non de surveillance de l’opinion.… Retrouvons le sens de la laïcité, battons-nous pour une laïcité de liberté qui se nourrit de fraternité et de bien commun, assurons-lui un avenir !».
Faire respecter les droits fondamentaux des migrants et singulièrement des mineures et mineurs isolés c’est aussi défendre les fondements de la République et les libertés démocratiques; c’est s’opposer au cours suivi actuellement et qui demain pourrait concerner l’ensemble des couches laborieuses.
UNITE POUR LE RESPECT DES DROITS DES MINEURES, MINEURS ISOLES DE LYON.
LA METROPOLE DOIT RESPECTER LA LOI :
APPLICATION DU PRINCIPE DE PRESOMPTION DE MINORITE – LOGEMENT IMMEDIAT DES ENFANTS ACTUELLEMENT SOUS LES TENTES AU PARC DES CHARTREUX !
2026 10 Le Figuier stérile et desséché
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- Écrit par BRUYERE
Le Figuier stérile et desséché
C’est dans le texte de Matthieu (21, 18-22) qu’est rapporté le miracle :
18 Comme il rentrait en ville de bon matin, il eut faim. 19 Voyant un figuier près du chemin, il s'en approcha, mais n'y trouva rien que des feuilles. Il lui dit alors : « Jamais plus tu ne porteras de fruit ! » Et à l'instant même le figuier devint sec. 20 À cette vue, les disciples dirent tout étonnés : « Comment, en un instant, le figuier est-il devenu sec ? » 21 Jésus leur répondit : « En vérité je vous le dis, si vous avez une foi qui n'hésite point, non seulement vous ferez ce que je viens de faire au figuier, mais même si vous dites à cette montagne : « Soulève-toi et jette-toi dans la mer », cela se fera.
Quant à la parabole, elle se trouve dans l’Evangile de Luc (13, 6-9) et concerne une vigne ornée d’un figuier, un maître et son vigneron soucieux du domaine. Pour les catholiques, il s’agirait d’une méditation sur la patience infinie de Dieu à l’égard de l’homme. Le figuier représente celui qui ne travaille pas aux œuvres de Dieu, n’écoute pas sa Parole et ne la met pas en pratique.
« 6 Il disait encore la parabole que voici : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher des fruits et n’en trouva pas. 7 Il dit alors au vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher des fruits sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le ; pourquoi donc use-t-il la terre pour rien ?” 8 L’autre lui répondit : “Maître, laisse-le cette année encore, le temps que je creuse tout autour et que je mette du fumier. 9 Peut-être donnera-t-il des fruits à l’avenir... Sinon tu le couperas.” » (traduction de la Bible de Jérusalem).
Invention du Nouveau Testament ? en aucune façon.
Le thème du desséchement est classique. On le trouve chez Ezéchiel (17, 10 et 17, 24) où des arbres sont punis. Plus grave, dans le livre des Antiquités bibliques (apocryphe de l’Ancien Testament), Dieu dessèche la mère de Michas, coupable d’on ne sait trop quoi d’ailleurs. Le christianisme a-t-il mis fin à ces désordres ? Pas du tout. Dans l’Evangile de l’Enfance, l’enfant Jésus, âgé de 5 ans, fait subir le même sort à un camarade de classe, fils d’Anne le scribe, à qui il annonce : « Que ton rejeton soit sans racine et que ton fruit devienne aride, comme une branche arrachée par le vent. » Aussitôt, l’enfant se dessécha, et il l’avait bien mérité, puisqu’il s’était permis de détériorer les petits canaux d’argile que Jésus avait modelés par jeu. Les codes ont changé : de tels faits de harcèlement ne seraient plus tolérés aujourd’hui.
Les figuiers sont partout dans la Bible. Dans la Genèse, où Adam et Eve se couvrent de leurs feuilles pour cacher leur nudité ; au 1er chapitre de l’Evangile de Jean, où le Christ recrute Nathanaël, l’un des premiers disciples, parce qu’il l’a vu sous un figuier (signe d’élection) ; chez Zacharie, chez Jérémie où l’on trouve la parabole des deux paniers de figues ; les unes bonnes les autres non. Une tradition veut que Judas se soit pendu sous un figuier.
Le symbolisme du figuier est multiforme : arbre de vie (Genèse et Paralipomènes de Jérémie, où l’un d’eux est desséché pour s’être glorifié trop tôt – 9, 14), dont les fruits sont les patriarches (Osée 9, 10), image du peuple (Antiquités bibliques 27, 3) ou de la Maison d’Israël (Apocalypse de Pierre), et surtout arbre de la Torah comme l’affirme le traité Erouvin (Er 54 b) : « En quoi les mots de la Torah sont-ils comparables aux figues ? Chaque fois qu'un homme va cueillir des figues, il ne manque pas d'en trouver. Il en est de même avec les mots de la Torah : aussi souvent qu'un homme les sollicite, il en obtient des significations. » Le figuier est un le gagne-pain des docteurs de la Loi.
Au chapitre 5 des Paralipomènes, Abimélech rapporte un panier de figues à Jérusalem. Il s’endort sous un arbre pendant 66 ans. A son retour, la déportation à Babylone a eu lieu, mais Dieu a voulu qu’il ne voie pas cela. Or les figues sont toujours fraîches et distillent du suc. Un vieil homme lui dévoile tout : « Quant aux figues, vois aussi que ce n’est pas leur saison et comprends. » Nous allons voir bientôt que tout le monde n’a pas compris.
La version historiciste
Comme les figues sont cueillies à l’automne, un chercheur a pensé établir que l’entrée à Jérusalem a eu lieu en cette saison, car l’épisode suit le miracle du figuier. On peut lire la théorie de Hyam Maccoby dans le livret « Pâques » (page 24) de l’émission réalisée par Gérard Mordillat et Jérôme Prieur. qui fit grand bruit sur ARTE. Maccoby s’étonne que Jésus soit lui-même étonné qu’on ne trouve pas de figues au printemps, et poursuit : « … et c'est donc en automne que les scènes ont eu lieu. Selon moi, c'est à Pâque que Jésus a été exécuté mais il avait été arrêté en automne lors de la Fête des Tentes, (fin septembre - début automne) et il est demeuré six mois en prison. »
Homme de peu de foi ! Pourquoi l’Eternel, qui peut vous dessécher un arbre par opération magique, serait-il incapable de faire pousser des figues au printemps ? De plus – mais c’est une remarque très secondaire, Josèphe affirme que dans la région du lac de Gennésareth, la figue pousse dix mois sans interruption. Peu importe. L’important est que cet exégète très en vue, professeur au Leo Baeck College de Londres et auteur de nombreux ouvrages fortsavants, plonge tête en avant dans une explication confondante de naïveté.
Soyons justes, tous ne se fourvoient pas. Alfred Loisy considérait que les discours eschatologiques des évangiles synoptiques et la parabole du figuier stérile « ont été conçus d’abord comme des enseignements du Christ ressuscité. » Ce n’était pas difficile à voir. Rappelons que Loisy a été excommunié en 1908, époque de la « crise moderniste ». Un peu en avance sur son temps, il n’a pas été dépassé par tous les modernes.
En guise de conclusion : cette histoire paraîtra secondaire. Pourtant l’enjeu est grand : en effet, si les miracles de l’Evangile renvoient à des discours allégoriques figés dans une narration prétendument factuelle et préparée par les traditions vétéro-testamentaires, il faudra douter de la tempête apaisée, de la pêche miraculeuse, de la multiplication des pains et des poissons, de la résurrection de Lazare et ainsi de suite. Jusque là, rien d’inacceptable pour les historicistes, mais quid des guérisons miraculeuses, assez facilement accordées à l’action d’un thaumaturge ?
Et que faudra-t-il penser de la Conception virginale et de la Résurrection ? Ô abîmes de perplexité !
