CRAONNE MAI 2008

Rassemblement pacifiste du 17 mai 2008 à Craonne

 

Samedi 17 mai, un rassemblement pacifiste réunissait quelques centaines de personnes à Craonne pour demander la réhabilitation des fusillés pour l'exemple de la première guerre mondiale. Un car parti de Saint-Etienne récupérait à Lyon une douzaine de militants de la Libre Pensée du Rhône ainsi qu’un représentant de la Ligue des Droits de l’Homme, quelques autres de l'Ardèche et de la Haute-Loire. Un court arrêt à Dijon permettait à des camarades de la Côte-d'Or de nous rejoindre.
A Craonne (prononcer « Cranne », la diphtongue étant réservée pour la chanson), sur le plateau de Californie, le lieu même de la boucherie du Chemin des Dames où des hommes perdirent la vie par centaines de milliers, le maire et conseiller général de Craonne, Noël Genteur, accueillait les participants au rassemblement. Après avoir rappelé que le conseil général de l'Aisne avait voté une motion demandant la réhabilitation de tous les fusillés pour l'exemple, il nous lisait une lettre pleine d'émotion d'un poilu demandant à sa femme, dans l'horreur des tranchées, des nouvelles de leur petite fille qu'il n'avait jamais vue.
A la suite du maire, l'Association Républicaine des Anciens Combattants, la Ligue des Droits de l'Homme, l'Union Pacifiste et la Libre Pensée prenaient la parole pour demander que soient réhabilités les six cents hommes qui furent fusillés pour avoir refusé de mourir pour rien, sous les ordres d'une hiérarchie incompétente tenant pour nulle la vie humaine.
A l'issue du rassemblement, les participants étaient conviés à la projection du documentaire « Les Fusillés pour l'exemple ». La projection fut suivie d'un débat avec Alain Moreau, le réalisateur.
Les contraintes sur le temps de conduite des chauffeurs du car nous ramenant à Lyon ne nous ont malheureusement pas permis d'assister ensuite à la visite guidée des lieux de bataille faite par Noël Genteur.
La position actuelle du gouvernement est celle d'une réhabilitation, a minima, au cas par cas. La réussite du rassemblement de Craonne, à laquelle la fédération du Rhône a apporté sa contribution, est un élément important dans la démarche de réhabilitation de tous les fusillés pour l'exemple.

Cédric Mulet-Marquis

 

 

2007 11 CHAPELANT

Réhabilitation du Sous-Lieutenant CHAPELANT.
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Le 11 novembre 2007, pour la première fois depuis le 29 juin 1934, date du rejet définitif de la dernière demande de réhabilitation par la Cour spéciale militaire, la mémoire du sous-lieutenant Chapelant, martyr des tribunaux militaires, fusillé pour l’exemple le 10 octobre 1914, a été rappelée par le maire de sa commune natale, Ampuis dans le Rhône. Le journal Le Progrès du 11 novembre a consacré un bel article à l’événement.
Nous avons rencontré le 3 décembre, le maire, M. Gérard Banchet . Il nous a dit qu’il ne connaissait rien de l’affaire Chapelant avant qu’André Gerin, le député-maire de Vénissieux, lui communique la lettre qu’il venait d’adresser au président de la République pour demander la réhabilitation du fusillé. Les lecteurs de l’An II savent que l’heureuse initiative d’André Gerin a été sa réponse à la démarche décidée en direction des élus du département, le 8 mai 2007 devant le monument aux morts pacifiste de Villié-Morgon. Le texte suivant avait été adopté :

« Les participants au rassemblement du 8 mai 2007 devant le monument aux morts pacifiste de Villié-Morgon, à l’appel de l’ARAC, de la Ligue des Droits de l’Homme et de la Libre Pensée s’adressent à vous.
A la suite de la lettre adressée par les responsables nationaux de nos organisations, demandant la réhabilitation des fusillés pour l’exemple de la guerre 14-18, nous souhaitons mener une action particulière pour la réhabilitation du sous-lieutenant Chapelant, inhumé à Ampuis. Reprenant à notre compte le vœu adopté en sa faveur par le Conseil général du Rhône le 30 août 1923, nous demandons que soit définitivement effacée l’indignité attachée à Jean-Julien Chapelant à la suite d’un simulacre de procès. Nous nous joignons par cela à la démarche engagée à l’échelle nationale. Nous tenons à votre disposition toutes les informations nécessaires et vous prions de croire à notre attachement à la justice républicaine. »
M. le Maire nous a communiqué sa contribution qui va être publiée dans le Bulletin municipal de décembre en défense du sous-lieutenant. Il annonce :
« J’ai l’intention, d’ici quelques semaines, d’organiser une cérémonie pendant laquelle nous rendrons hommage vibrant à ce soldat émérite ».
Nous y serons. Il s’agit d’arracher enfin la réhabilitation, avec le sous-lieutenant Chapelant, de tous les fusillés pour l’exemple.
Cette manifestation répondra, 85 ans plus tard, à la première grande manifestation publique organisée à Ampuis le 1er novembre 1922, en défense de Jean-Julien Chapelant .
M. le Maire en parle dans le Bulletin municipal. Elle avait été organisée par le courageux secrétaire de mairie et instituteur du village d’Ampuis, Gabriel Trancy, honneur de sa corporation.
Elle rassembla une véritable foule des habitants de la commune et d’élus nombreux, qui défilèrent, musique en tête, après le discours prononcé par l’instituteur.
Les parents sont morts de chagrin, le père en 1936, la mère en 1940.
Au moment où les bruits de bottes retentissent de tous côtés, la bataille pour la réhabilitation du sous-lieutenant Chapelant est le combat pour la paix que menaient déjà sans doute autour de leur instituteur, les habitants d’Ampuis qui avaient voulu, en dépit des ganaches militaires, que le nom du fusillé figure sur le monument aux morts et qui ont choisi de faire inscrire au bas
de la liste des morts « Victimes de la guerre. »

Marcel Picquier 5 décembre 2007

2018 04 AN II PACIFISME

PACIFISME AN II AVRIL 2018

 LE MONUMENT AUX MORTS PACIFISTE DE VILLEURBANNE (Rhône)

Le 11 novembre 1925 est inauguré un monument, à l’issue de trois années d’opposition « entre ceux qui voulaient condamnées explicitement la guerre et ceux qui ne le voulaient pas. » (Cf. la note historique publiée sur le site du Rize+ des archives municipales de Villeurbanne, à l’initiative de l’ALAMPR)

Le 14 février 1922, le Conseil municipal de Villeurbanne, présidé par le maire Jules GRANCLEMENT, militant fondateur, voulait ériger un monument pacifiste : « ... Il ne l’a pas pour perpétuer la mémoire de la guerre, mais celle de nos pauvres soldats morts. » « … un monument simple représentant la douleur et sur lequel ne seront inscrites, en dehors du nom des soldats morts, que des soldats morts, que des inscriptions contre la guerre. … L’inauguration du dit monument devra revêtir un caractère de démonstration de tristesse et non de fête. Seuls y prendront part, le Conseil municipal, les autorités civils et la population, à l’exclusion de tout élément militaire. … » Le maire précisant devant le Conseil municipal : …  le Conseil municipal ne pourrait se trouver en présence de généraux, surtout quand on est pas sûr qu’ils n’ont pas signé les exécutions de Vingré (*). » Les autorités militaires sont exclues et les autorités religieuses ne sont pas invitées.

 

Le 14 octobre 1922 : « Le Comité Villeurbannais du Monument aux morts, dominé par en collaboration avec l’administration municipale de Villeurbanne, a décidé de désigner, par la voie du concours, les artistes auxquels sera confiée l’exécution du monument qu’il se propose de faire édifier à la mémoire des Villeurbannais morts pendant la guerre 1914-1918. Le concours est ouvert entre tous les architectes et sculpteurs domiciliés depuis deux ans au moins, dans le département du Rhône. […] Le monument sera édifié dans le cimetière actuel de la Commune. […] Il devra symboliser le Souvenir et la Douleur. Il ne devra avoir aucun caractère militaire ni religieux et ne comporter aucune inscription contre la guerre. » (Archives municipale Villeurbanne, 1M130 : programme) C’est donc un monument pacifiste expression d’un compromis qui sera érigé grâce au financement largement majoritaire de

la population et inauguré le 11 novembre 1925 avec la participation importante de celle-ci. Inauguration dont la presse départementale ne rendra compte que d’une manière plus que limité, faisant le ‘’service minimum’’ devant l’installation dans ‘’l’ancien cimetière de Cusset’’ de Villeurbanne d’un monument expression de la volonté de la population, dans les années suivant l’immense boucherie que fut pour les peuples de tous les camps la guerre 1914-1918, de refuser le retour des guerres, à travers le mot d’ordre « Plus jamais ça ».

OUI, MAUDITE SOIT LA GUERRE

MAUDITES SOIENT TOUTES LES GUERRES

D’HIER ET D’AUHOURD’HUI, ARRET DES OPEX

(*) Le maire fait ici référence à six soldats fusillés pour l’exemple, à Vingré le 4 décembre 1914. Selon J.Y. Le Naour (Les Fusillés Editions LAROUSSE-2010) : le Général Villaret, commandant le 7e corps d’armée, avait ordonné, pour des soldats repliés : «la cour martiale […] pour l’ensemble de la demi-section […] qui fut exposée au coup de main de l’ennemi, soit vingt-quatre bonshommes ». Un choix arbitraire aboutit à ce qu’« on désigna six victimes au hasard sur les vingt-quatre ». Ils ont été réhabilités le 29 janvier 1921, comme une quarantaine, entre les deux guerres mondiales, sur les 639 exécutés entre 1914 et 1918.                                                                                               Xavier HYVERT, Président de l’ALAMPR.

 

invitation à l’Assemblée Générale

de l’Association Laïque des Amis des Monuments Pacifistes du Rhône

VENDREDI 18 MAI 2018 à 18 heures

Au Palais du Travail, Place Lazare-Goujon à VILLEURBANNE

Salle des conférences (2ème étage)

(Métro Ligne A > Station : Gratte-Ciel – Bus 69 > Station : Mairie de Villeurbanne - C26 > Station Verlaine 4 Août – Parking automobiles municipal à proximité)

 Lors de cette réunion, sera déterminé, le programme d’activité 2018-2019.

Nous définirons les rassemblements pacifistes que nous organiserons dans les 12 mois à venir.

Nous intégrerons dans notre réflexion le monument aux morts pacifiste de Villeurbanne de l’Ancien cimetière de Cusset qui vient s’ajouter à la liste des monuments pacifistes répertoriés dans le Rhône.

Nous définirons également, comment nous mènerons la campagne pour l’érection d’un monument en hommage aux fusillés pour l’exemple sur la ligne de front, l’appel des descendants des fusillés, initiatives de la Fédération Nationale de la Libre Pensée que nous soutenons.         

            Merci, de nous faire part de votre participation à cette réunion en envoyant un message par mail

à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou par téléphone ou sms au 06 76 09 86 44, ou par courrier au

24, rue Marcel Sembat 69100 VILLEURBANNE.

« Des innocents au poteau d’exécution, des coupables aux honneurs » [Monument de Saint-Martin-d’Estréaux]

C’est cette vérité, que nous mettons au jour et faisons connaître aux côtés de la Libre Pensée. Cette vérité décharge la mémoire des fusillés de l’accusation de lâcheté qui a pesé sur eux. Elle démontre qu’ils ont été les victimes des généraux fusilleurs. Des descendants de fusillés pour l’exemple nous font part de l'apaisement que leur apporte ce travail différent. Nous disons comme Pierre Brizon le 14 juin 1917 à la chambre des députés : « Avez-vous fait fusiller les généraux qui ont fait massacrer inutilement nos soldats au cours de l’offensive d’avril ? Je l’ai dit :« nous réclamons la même discipline pour les officiers et pour les soldats. Ne fusillez pas les généraux, je ne le demande pas. Mais ne fusillez pas non plus les soldats au nom de la discipline. »

RÉHABILITATION COLLECTIVE PAR LA RÉPUBLIQUE DES FUSILLES POUR L’EXEMPLE DE LA GUERRE 1914-1918

C’est un combat contre l’injustice : Ces soldats ont été victimes soit des Conseils de guerre spéciaux, où l’instruction était réduite au minimum, quand il existait, où il n’y avait pas de recours en révision, où les circonstances atténuantes n’existaient pas ; soit des Conseils de guerre « réguliers », où même avec quelques possibilités de défense, ils ont été condamnés, non pour un délit particulier, mais pour l’exemple.

Cela suffit pour légitimer leur réhabilitation qu’ont refusé les présidents de la République successifs, jusqu’à celui en exercice actuellement. C’est un combat pour la paix : ces soldats ont été fusillés pour terroriser leurs camarades, les contraindre à faire la guerre et accepter l’horreur de la mort.

Pourquoi, cent ans après, les Fusillés pour l’exemple ne sont-ils toujours pas réhabilités ? On ne peut guère s’étonner du refus de l’armée. La justice, les droits de l’Homme, la vérité ne pèsent pas lourd devant l’ordre, la raison d’État. Pourquoi les responsables politiques se dérobent-ils ? Comment pourraient-ils remettre en cause l’État-Major militaire et dénoncer ses crimes, comment honorer des pacifistes, quand on se fait les champions de la vente d’armes qui sont utilisées au Yémen et ailleurs, quand les dépenses militaires ne cessent de croître, quand on multiplie les opérations extérieures ?

C’est pourquoi nous soutenons l’initiative de la Libre Pensée d’élever un monument en hommage aux Fusillés pour l’exemple.

Un monument, qui les représentera, comme le dit Nicole AURIGNY, présidente de la Fédération de la Libre Pensée de l’Aisne, « au moment de leur mort, témoignera de leur martyre. Il sera à Chauny, ville de l’Aisne, sur la ligne de front. Occupée dès le 1er septembre 1914, cette ville a été systématiquement détruite en février 1917, par le bombardement, puis par le dynamitage rue par rue, maison par maison, avant d’être incendiée.

En 15 jours, il ne restait plus qu’un champ de ruines. Placée sur la ligne Hindenburg, elle fut le théâtre de vifs affrontements avant d’être libérée le 6 septembre 1918. Ce monument sera le symbole de l’injustice dont les Fusillés furent victimes, de leur réhabilitation par le peuple français, par les citoyens, puisque c’est une souscription publique nationale qui en aura permis la réalisation. La vérité de la guerre de 1914, écrite dans la pierre, permettra que l’on se souvienne et qu’on rende leur honneur à tous ces hommes. »

 Résultat de la bataille pour la réhabilitation que nous menons avec l’ARAC, le Mouvement de la Paix, L’Union Pacifiste, de nombreuses sections de la Ligues des Droits de l’Homme, de syndicats CGT et FO, fruit d’une souscription nationale, le monument exprimera le refus de la guerre, de toutes les guerres.

Ce monument rendra leur honneur aux victimes des Conseils de guerre

 SOUSCRIVONS POUR LE MONUMENT AUX FUSILLES POUR L’EXEMPLE A MAIZY, DANS L’AISNE, SUR LA LIGNE DE FRONT !

Ce monument national sera le symbole de l’injustice dont les Fusillés furent victimes, de leur réhabilitation par le peuple français, par les citoyens, puisque c’est une souscription publique nationale qui en aura permis sa réalisation.

Chèque à l’ordre de : « A.E.M.H.F.E. » (Association pour l’érection d’un monument en hommage aux Fusillés pour l’exemple)

Et à envoyer à : Fédération du Rhône de la Libre Pensée 7, rue Major-Martin 69002 LYON

2017 06 AN II PACIFISME

AN II JUIN 2017

POUR LA REHABILITATION COLLECTIVE DES FUSILLES POUR L’EXEMPLE DE LA GUERRE 1914-1918

MAUDITE SOIT LA GUERRE, MAUDITES SOIENT TOUTES LES GUERRES

HOMMAGE AUX MUTINS DE 1917

A Maizy, Angers, Marseille, La Courtine, Béziers, mais aussi à Franchesse, Villié-Morgon, pour le centenaire de l’année 1917, en mai-juin de cette année, pacifistes et internationalistes se sont rassemblés par centaines à l’appel de la Libre Pensée pour rendre hommage aux mutins français et russes, aux réfractaires, aux fusillés pour l’exemple.

Celui de Franchesse, dans l’Allier, le 24 juin dernier, sous les ombrages, avec un soleil radieux, à l’occasion

 

de l’Assemblée Annuelle de l’Association des Amis de Pierre BRIZON, à qui il fut rendu hommage, pour avoir été l’un des trois députés qui, avec Jean-Pierre RAFFIN-DUGENS et Alexandre BLANC, a voté contre les crédits de guerre, le 24 juin 1916 pour que s’arrête la boucherie et qui, également, a dénoncé les exécutions  pour l’exemple devant la chambre des députés, déchainée contre lui. La Libre Pensée du Rhône et l’Association Laïque des Amis des Monuments Pacifistes du Rhône y étaient représentée par deux camarades de Villeurbanne.

Le rassemblement pacifiste du 8 mai à Villié-Morgon a été organisé avec les UL CGT de Villefranche et de l’Arbresle, l’UL FO de Tarare, l’Association Laïque des Amis des Monuments pacifistes du Rhône, la Fédération du Rhône de la Libre pensée, le soutien des Unions Départementales CGT et FO du Rhône, devant le monument aux morts de la commune, pour exprimer leur opposition à la guerre, à toutes les guerres.

Hommage a été rendu aux mutins de 1917 qui épuisés par 4 ans de combats meurtriers, voulaient la cessation des hostilités ; tout comme les 634 fusillés pour l’exemple, du 1er conflit mondial dont la réhabilitation collective par la République a été, une fois

 

de plus, exigée. En effet, il en reste 600 qui ne l’ont pas été et dont la mémoire subit toujours l’opprobre.

 

Hommage a été rendu également à tous ceux qui en 1917, ont dit non à la guerre car nous poursuivons notre combat pour le droit de dire non, aujourd’hui, à l’oppression et aux massacres de la barbarie militariste.

Bob DEVILLE, ancien éminent responsable laïque dans le Rhône nous fait l’honneur de sa participation et de son soutien dans cette bataille.

La Lettre électronique de l’ALAMPR rend compte en détail de cette réunion.

« Nous sommes présents un 8 mai, jour anniversaire de la fin de la 1e guerre mondiale en Europe avec la défaite du nazisme, pour exiger la réhabilitation collective des « fusillés pour l’exemple »de la 1e guerre mondiale.

Il n’y a pas de contradiction :

La cause que nous défendons pour rendre justice

aux fusillés de 1914-1918 a une portée de condamnation de toutes les guerres. Le XXe siècle a connu deux conflits mondiaux dépassant en horreur ce que l’humanité avait connu jusqu’alors. Qu’en sera-t-il au XXIe ? Le nombre de guerres larvées, puis déclarées ne cesse de s’étendre, de la Corne de l’Afrique au Soudan, du Yémen au Moyen-Orient, jusqu’en Ukraine… pas un continent n’est épargné. Sans oublier les tentatives de déstabilisation menées contre des peuples souverains au compte du système d’exploitation qui structure et déstructure à la fois l’ordre mondial, je pense en particulier à ce qui se passe au Venezuela en ce moment-même. Mais c’est de la Corée que je voulais aussi vous parler, ce pays qui a vu l’impérialisme américain adopter une posture belliqueuse en déployant ses forces sur ordre du président Donald Trump.

Discours : « Nous allons régler nous-mêmes le problème. » Ce qui n’a pas empêché les USA de réclamer un milliard de dollars aux sud-coréens pour l’entretien du système de bases anti-missiles. Or le 29 avril dernier à Séoul, ce sont 50 000 manifestants qui ont défilé pour exiger le démantèlement du système anti-missiles – d’une part – et …d’autre part le retrait de la loi Travail ! Les effets de la mondialisation sont décidément les mêmes partout. Les travailleurs sud-coréens ont très bien fait le lien entre la question sociale et la tentative de leur faire subir la préparation d’une nouvelle guerre. Ils refusent d’en être les futurs acteurs et victimes. En 1917, année des mutineries dont nous commémorons le centenaire, le lien était largement établi (par la classe politique en tout cas) entre la situation de « l’arrière » où les grèves se multipliaient, et celle des poilus qui refusaient d’aller au casse-pipe au compte d’intérêts qui n’étaient plus les leurs – si tant est qu’ils l’aient jamais été. La répression, qui a touché les « meneurs », les syndicalistes, visait à garantir cet ordre fondé sur l’exploitation, au service du capital français. Et si des mesures de « clémence » ont été prises pour amadouer les mutins de 1917, ne nous y trompons pas : nulle trace d’humanisme chez Pétain, mais le souci de juguler la révolte et le souci d’économiser la chair à canon pour mieux poursuivre la guerre.

Devenu chef de l’Etat après 1940, le même Pétain n’allait pas hésiter à sacrifier d’autres Français (juifs, résistants, otages) pour complaire à l’occupant.

Toujours la même logique. Entre-temps l’Allemagne avait vaincu, et les industriels français entendaient bien profiter de l’ordre nouveau ouvert par le régime de collaboration. »

Comme nous le rappelle l’inscription (citant Paul VALERY) au bas du monument aux morts pacifistes de Saint-Appolinaire (Rhône) : « La guerre est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. »

       

Réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple.

Pour la Libre Pensée, il s’agit de répondre à l’appel des familles qui veulent qu’on rende leur honneur aux soldats fusillés PAR la France.

 Face au refus des autorités la Libre Pensée a décidé d’ériger un monument en leur hommage, sur la ligne de front.

La Libre Pensée appelle tous les citoyens à souscrire pour ce monument (*).

Xavier HYVERT, Président de l’Association Laïque des Monuments ¨Pacifistes du Rhône.

(*) Chèque à l’ordre de : A.E.M.H.F.E.

(Association pour l’Erection d’un Monument en Hommage aux Fusillés pour l’Exemple) à envoyer à Nicole Aurigny –

AEMHFE -49 rue Quentin Barré 02100 Saint-Quentin ou à remettre à un militant de la Libre Pensée du Rhône.

24 JUIN : LA FEDERATION DU RHONE

PRESENTE A LA COURTINE DANS LA CREUSE

Hommage aux soldats russes qui, en 1917, ont dit NON à la guerre

2017 04 AN II PACIFISME

AN II AVRIL 2017

TOUS AU RASSEMBLEMENT PACIFISTE

LE 8 MAI 2017 A 14H30

DEVANT LE MONUMENT AUX MORTS DE VILLIE-MORGON

POUR LA REHABILITATION COLLECTIVE ET REPUBLICAINE

des FUSILLES POUR L’EXEMPLE de la Guerre 1914-1918

Nous rendrons hommage à tous ceux qui, en 1917, ont dit NON à la guerre et nous poursuivrons notre combat pour le droit de dire NON, aujourd’hui, à l’oppression et aux massacres de la barbarie militariste.

Le monument aux morts de la commune de Villié - Morgon

« Une statuaire expressive dénonciatrice de la guerre » (*)

Bien sûr, comme pour les rassemblements antérieurs,  l’Association Laïque des Amis des monuments Pacifistes du Rhône et la Libre Pensée, ont pris l’initiative de s’adresser aux Unions Locales de la CGT et de le CGT-FO de Villefranche et de Tarare, aux Unions départementales de ces syndicats, ainsi qu’à la Fédération du Rhône de la Ligue des Droits de l’Homme et à l’Association Républicaine des Anciens Combattants pour leur proposer de préparer ensemble ce rassemblement pacifiste.

(*) Tel que celui-ci est répertorié dans l’ouvrage de Danielle  et Pierre ROY : « Autour des monuments aux morts pacifistes de France » édité par la Fédération Nationale Laïque des Associations Amis des Monuments Pacifistes, Républicains et anticléricaux.

pacifisme : hommage

Henry-Jean PREBOST, a été fusillé pour l’exemple le 20 avril 1915, en même temps que François FONTENAUD,  Félix BAUDY et le caporal Antoine MORANGE, ce sont  « les martyrs de Flirey » (2). Comme Antoine MORANGE et Félix BAUDY, il était militant de la vieille CGT. Il  était adhérant au Syndicat des Maçons et Aides de Lyon et de sa banlieue, quand, il y a 103 ans commençait la plus effroyable des guerres qui allait dévaster le monde, le continent européen, les économies des pays  et les peuples.

Le capitalisme portait en lui la guerre comme la nuée porte l’orage.

Pendant les quatre ans de guerre, il y eut 639 Fusillés pour l’exemple, victimes de la haine et d’une justice militaire aux ordres. Leurs camarades et l’opinion démocratique combattirent inlassablement pour que l’honneur leur soit rendu. 40 furent réhabilités entre les deux guerres. Il en reste 600 dont il faut laver l’opprobre. Pour eux, pour leur famille, pour la République, pour la vieille CGT dont nombre d’entre eux furent membres, ce qui les désigna souvent comme « meneurs » à la vindicte de généraux assassins.

La même haine et la même vindicte des gradés et des gouvernements poursuivent à travers l’Histoire les Fusillés pour l’exemple.

Les Présidents de la République sont aux ordres de l’armée. Rien ne doit déplaire à la Grande muette qui l’est surtout quand il s’agit de rendre justice et honneur aux victimes et à leur famille. Mais cette bataille, ils l’ont encore perdue, surtout dans l’opinion publique démocratique qui les a voués aux gémonies pour leurs turpitudes honteuses. Le Président de la République s’est renié, une fois de plus. Il n’a pu, en effet, envoyer la troupe aux quatre coins du monde pour les « opérations extérieures », c’est-à-dire pour des guerres coloniales qui n’osent pas dire leur nom, et rendre justice à ceux qui ont dit non à la guerre comme il s’y était engagé quand il était président du Conseil général de Corrèze.

C’est le peuple souverain qui prononcera la réhabilitation collective des 639 Fusillés pour l’exemple de 1914-1918. La République, c’est nous.

 C’est d’ailleurs pourquoi la Libre Pensée a pris l’initiative d’ériger un monument sur la ligne de Front en hommage aux Fusillés pour l’exemple et d’une souscription nationale pour le financer à laquelle nous vous appelons à souscrire.

Au moment où se multiplient les cérémonies officielles sur le Chemin des Dames toutes plus patriotiques, convenues, et en définitive militaristes, la réponse de la Libre Pensée est aussi dans l’organisation de rassemblements et hommages du même type et  de même configuration que celui du 20 avril 2017.

Une première cérémonie-hommage à H-J PREBOST avait eu lieu,  le 20 avril 2015 (3), à l’initiative aussi des mêmes organisations alors que des manifestations identiques avaient  dans les communes d’origines en hommage à MORANGE et BAUDY.

Extrait des déclarations:

Après avoir salué les participants et les organisations présentes au nom de l’ALAMPR  et la Fédération Nationale des Monuments Pacifistes, Xavier HYVERT pour l’ALAMPR :

 

             «  … Aujourd'hui il est hautement significatif que dans les deux Confédérations ouvrières issues de cette vieille CGT se trouvent des mots communs pour condamner l'acharnement d'une vengeance de classe dans les choix faits par les hauts gradés de faire fusiller tel ou tel poilu. La cause de la réhabilitation est aussi désormais celle du mouvement ouvrier, ce qui n'étonnera que les ignorants, puisque cette cause est une cause humaine. …. … En rendant hommage, à Henry-Jean PREBOST, nous rendons hommage à tous ceux qui, ont dit NON à la guerre et nous poursuivrons notre combat pour le droit de dire NON, aujourd’hui, à l’oppression et aux massacres de la barbarie militariste.

Sophie FERNANDEZ, secrétaire générale de l’Union Locale CGT, représentant également l’Union Départementale CGT :

« Nous sommes réunis ce 20 avril pour rendre hommage à un camarade, Henry-Jean Prébost. Pris dans la tourmente de la 1ère guerre mondiale, son bataillon ayant refusé un ultime assaut, il a été fusillé, avec trois camarades de misère, le soldat François Fontanaud, le caporal Antoine Morange et le soldat Félix Baudy, le 20 avril 1915. Pour l’exemple. …

Et si François Fontanaud fut tiré au sort, les deux autres, comme Henry-jean Prébost, ont été désignés par leurs supérieurs du fait de leur appartenance à la CGT. … Parce que la CGT s’oppose farouchement à la guerre, à la misère, à l’exploitation des femmes et des hommes, les partisans de la haine, les exploiteurs, cherchent par tous les moyens à détruire ceux qui chérissent ses idéaux.

Le sacrifice de ces militants résonne particulièrement aujourd’hui, un siècle plus tard. Alors que les armes, en Syrie, en Afghanistan, en Palestine, au Congo, … partout ont encore la parole.

Le Droit à la Paix, à la Sécurité est depuis toujours une revendication prégnante de la CGT. C’est un droit premier, en quelque sorte, pour tout être humain. Et cela doit constituer une obligation fondamentale pour les états. Une paix durable est la condition préalable à l’exercice de tous les droits et devoirs des femmes et des hommes.

Ce sont toujours les travailleurs, quelques soient leurs origines, qui sont les premières victimes des guerres et des situations de pauvreté qu’elles engendrent. Il y a cent ans, comme aujourd’hui, elles jettent sur les routes des milliers d’exilés. Et notre responsabilité, puisque nous n’avons pas réussi à éviter les guerres, est, à minima de ne pas les prolonger en opposant les pauvres à d’autres pauvres, les travailleurs à d’autres travailleurs. … Si nous sommes ici, c’est évidemment en mémoire à Henry-Jean Prébost, mais aussi, à tous ses frères. Frères de peur au fond des tranchées, Frères de sang, qui attendent une réhabilitation qui tarde tant.

Et au-delà, encore, si nous sommes ici, c’est pour rappeler notre opposition farouche à toute sorte de conflit armé.

Jacques Prévert a résumé tout cela ...: Quelle connerie, la guerre ! »

Déclaration de Salah FERKOUNE, représentant l’UD CGT-Force Ouvrière :

« Mesdames, Messieurs,

Cher (es) camarades,  chers(es) amis(es),

Je charge Salah FERKOUNE, membre du bureau de l’Union Départementale FO de me représenter lors de cet hommage à Henry-Jean PREBOST.

Comme nous l’avions fait en 2015, nous réaffirmons par ce dépôt de gerbe qui se place dans le cadre du devoir de mémoire envers le militant syndicaliste, fusillé comme l’ont été d’autres … pour l’exemple …, que ces actes ont relevé de l’ignominie et de l’injustice.

Oui, maudite a été cette guerre, comme sont maudites toutes les guerres qui ne conduisent qu’à des barbaries et tueries d’Humains par d’autres Humains !!!

En l’espèce, cette demande de réhabilitation de militants syndicalistes s’inscrit dans le prolongement de la demande globale de 634 soldats fusillés pour l’exemple au motif du refus d’accomplir un ordre injuste.

Ce qui a été qualifié de « désobéissance militaire » n’était au final que le choix par des hommes libres de n’être ni de la « chair à canon », ni des instruments de tueries…

En ce sens, dans ce refus de la soumission à des ordres  arbitraires et tyranniques, ces Hommes ont été syndicalistes dans leur comportement…et rebelles en acte. Ainsi, l’Union Départementale FO rend hommage en particulier à Henri-Jean PREBOST.

Le Secrétaire Général, Pascal LAGRUE »

La déclaration de Colette GRANGE, représentant la Section de Villeurbanne-Est lyonnais de la Ligue des Droits de l’Homme ne nous est pas parvenue au moment de l’édition de l’An II

Déclaration de Myriam CAMUSSO,

représentant l’Union Locale CGT-Force Ouvrière de Villeurbanne :

« Chers Camarades,  j'interviens ici au nom de l'Union locale Force Ouvrière de Villeurbanne. … .Si le combat militant a permis la réhabilitation d'Henri Prébost et de ses camarades en 1934, la réhabilitation est toujours refusée aux 639 autres Fusillés pour l'exemple. C’est pourquoi en ce 20 avril 2017 il est nécessaire de rappeler notre exigence de la réhabilitation collective de tous les Fusillés pour l'exemple.

Il est clair que la désignation, aux côtés de Fontanaud, de Prébost, Morange et Baudy est liée à leur appartenance à la vieille CGT, puisqu'ils étaient membres du Syndicat CGT des Maçons.

C’est pourquoi, pour nous militants syndicalistes, quel meilleur hommage pouvons-nous rendre à Henri Prébost et à ses camarades que de poursuivre leur combat militant. Poursuivre le combat pied à pied, sans faiblir, pour la défense des revendications, pour la défense des droits ouvriers. Ce combat a été mené, dans la précédente période par les syndicats qui ont décidé de ne pas accompagner les contre réformes du gouvernement, de ne pas signer les accords scélérats. Il a été mené dans l'Unité et a continué de s'exprimer récemment encore, sans trêve électorale, dans les grèves et manifestations du 7 mars dernier. Il importe que ce combat se poursuive avec détermination, quel que soit ce que l'actualité nous réservera, pour ne rien lâcher, pour exiger l'abrogation de la loi Travail, de la loi Touraine et de toutes les autres lois anti-ouvrières! C'est ce que nous réaffirmerons le 1er mai prochain.… Je vous remercie. »

Déclaration de Pierre GIROD, représentant la Fédération du Rhône de la Libre Pensée

                   « … Prébost et Baudy étaient des syndicalistes conscients de leurs actes, à l’avant-garde de leur classe sociale. C’est bien ce qu’on leur reproche. Ils étaient même fichés sur le fameux carnet B créé en 1909 pour, entre autres, recenser « les Français dont les attitudes et les agissements pouvaient être de nature à troubler l’ordre et à entraver le bon fonctionnement des services de mobilisation ». Méfiez-vous des fichiers.

Nous sommes le 20 avril, jour anniversaire de l’exécution des fusillés de Flirey. Mais nous sommes aussi en 2017, année anniversaire des mutineries. J’en profite pour vous dire que la Libre Pensée organise un colloque les 18 et 19 novembre prochains, dans les locaux du CHRD, sur le thème : « Pétain 1917-1940 : quelle continuité ? » auquel vous êtes tous conviés. Nous en reparlerons.

Un dernier mot sur le discours de François Hollande la semaine dernière à Cerny-en-Laonnais, où il commémorait l’anniversaire des mutineries (qui vit une nouvelle vague de condamnations pour l’exemple).

« Il ne s’agit pas de juger » a-t-il déclaré, renvoyant dos à dos les fusillés et les fusilleurs, comme il l’avait déjà au Musée des Invalides, où bourreaux et victimes sont associés dans une même « mémoire collective ». Mais la mémoire collective, ils ne l’ont jamais quittée ! et ce n’est pas pour cette prétendue « mémoire » que nous sommes là, mais pour demander justice, contre tous les fusilleurs, pour demander la réhabilitation collective qui a valeur politique de condamnation de la guerre. »

« Guerre à la guerre ! », le vieux slogan pacifiste reste d’actualité ! »

pacifisme : la chanson de craonne

1917, quand la chanson de Lorette devient la chanson de Craonne

    Le livre de Guy Marival, « La chanson de Craonne » (Éditions Regain de lecture, 2014) est le résultat d'une enquête menée pendant de longues années sur l'origine et le devenir de cette complainte célèbre en 1914-18.

   C'est une des chansons les plus connues des soldats, qui circula sur le front, dans les tranchées pendant toute la guerre. C'est une grande leçon d'histoire : étouffée par les media, traquée par la censure, elle vit et revit sans cesse de sa propre vie indépendamment de son auteur que l'on ne connaitra sans doute jamais, mort probablement dans ce gigantesque massacre. Elle fut pourtant   peu diffusée encore après la guerre, connue surtout par les combattants qui l'avaient entendu et ont voulu témoigner de ce qu'avait été vraiment la souffrance des poilus.

   On a retrouvé les premières traces dans des carnets de chansons de soldats datant de 1915. Elle est citée dans l'ouvrage de Raymond Lefebvre écrit en 1917, relatant ses souvenirs de 1916, sous le titre de chanson de Lorette. (Cet ouvrage La guerre des soldats, composé de récits-souvenirs tantôt de Lefèbvre, tantôt de Vaillant-Couturier, ne pourra sortir en raison de la censure qu'en 1919). On la retrouve dans les carnets, ou les lettres de soldats, titrée Le plateau, chanson de Lorette ou de Verdun, et en 1917 chanson de Craonne.    Elle figure dans le livre d'Henri Poulaille, Le pain de soldat, Louis Barthas en parle dans Les carnets de guerre.

   Composé sur l'air d'une chanson d'amour tendre et un peu nostalgique, très connue avant guerre, elle frôle ses paroles et les retourne de la nostalgie à la plainte contenue douloureuse. « Bonsoir m'amour, bonsoir ma mie » est devenue « Adieu la vie, Adieu l'amour, Adieu toutes les femmes ».

   Dans le souvenir que rapporte Raymond Lefebvre, elle apparaît un soir de pause de retour de tranchée, chantée par un poilu :

-Pierrot chante-nous la chanson de Lorette

-Tu peux y aller, y a que des copains

   Et tout à coup silence et regroupement, recueillement aussi, pour écouter.

   Raymond Lefebvre donne bien la raison de la force de la chanson : « Je sais que tous ceux du front, même s'ils ne la connaissaient pas, en seront touchés, et qu'ils y retrouveront le serrement de cœur de l'heure lugubre du départ des relèves, à la tombée du soir, dans les villes incendiées, les longues files d'hommes énervés, s'encombrant, des éternités, dans les boyaux où l'on s'enfonce... sur la route, une cuisine roulante tinte comme une voiture de laitier, tout autour claquent des rafales d'artillerie. Ils retrouveront l'étrange sentiment d'épouvante enfantine des solitudes suspectes quand on avance dans le grand désert blanc, l'herbe grise hérisse par touffes une terre chauve. Les oiseaux nocturnes aux repas immondes, les rats insolents dont on comprends trop bien ce qu'ils mangent pour être si gras, regardent passer les hommes. Et on guette filer, dans le ciel obscurci , la trace rouge de corps rapides qui sifflent, clairs ou graves, dans un fracas qui se martèle en des repaires proches insoupçonnables. Terre enchantée déserte et trépidante, illuminée de fusées blanches, vertes et rouges pour quelque fête cruelle . L'homme qu'on mène est là triste et passif . Il lui faut le tord-boyau versé à pleins bords les jours d'attaque, pour en faire une brute. »

   On en trouve de nombreuses versions puisqu'elle circulait oralement, et l'année 1917, année de la révolution russe, de l'offensive Nivelle, de la boucherie du plateau de Craonne, des grèves et des mutineries, elle prend son titre définitif, témoin du passage de la tristesse poignante à la révolte de moins en moins contenue.

   Raymond Lefèbvre, fondateur de l'ARAC avec Barbusse et Vaillant-Couturier, participera au 2ème congrès de l'Internationale communiste en 1920. Pour s'y rendre le périple était long, difficile et dangereux. Avec deux autres jeunes ouvriers militants CGT, Lepetit et Vergeat, il revint par le nord. Leur embarcation fit naufrage. Ils disparurent en mer. Par la suite cette chanson resta populaire dans le mouvement ouvrier, bien que toujours refoulé dans l'ombre par l’establishment artistique et le politiquement correct. L'auteur du livre n'explique pas pourquoi elle connut une nouvelle éclipse après 1935 ; Mais avec l'alignement du PCF sur la défense nationale, à partir de 1935, (accords Staline-Laval), elle fut à nouveau obligée de prendre les sentiers camouflés. Elle ne disparut pas cependant et chaque période de combat du mouvement ouvrier contre la guerre et l'exploitation la vit réapparaître. Après 1968 elle fut reprise par de nombreux chanteurs. Dans la dernière période un enregistrement par Maxime Leforestier a fait sauter le dernier paragraphe, et justement c'est cette version tronquée que l'on fait chanter lors de commémorations.

  Il en est ainsi des œuvres d'art, elles vivent leur vie indépendamment des artistes qui les ont créés et même parfois malgré leurs auteurs.

 La plus ancienne version recueillie : septembre 1915, dans un carnet du soldat Louis Rousseau :

On voit que dès ce moment-là, elle a sa version quasi définitive, en effet les variantes qu'on trouve sont minimes. D'abord les lieux, Lorette, Verdun, Craonne, ce sont à chaque fois les lieux associés au dernier grand massacre. Au lieu de « c'est bien fini et pour toujours de cette vie infâme » dans le refrain c'est désormais : « c'est bien fini, et pour toujours de cette guerre infâme ». Parfois un mot change pour mieux rimer ou parce qu'il a été mal retenu à l'oral.    Dans son récit de 1917, Raymond Lefebvre ne mentionne pas le dernier refrain. La censure militaire ne permet pas de publier un livre qui donne un témoignage qui n'est pas patriotard.

Il ne pourra sortir d'ailleurs qu'en 1919. En 1917

lorsque déferlent les mutineries, le massacre le plus récent c'est Craonne. Pendant l'offensive de Nivelle, ce plateau symbolise le mépris des généraux pour la vie de leurs soldats, l'horreur inutile, le sentiment d'être sacrifiés pour rien. La chanson devient tellement populaire qu'elle se trouve copiée dans de très nombreux courriers, cahiers, et même publié par un journal du Nord de la France sous contrôle allemand, sans doute pour montrer que le moral est bas dans l'armée française. Les allemands savent bien que des mutineries ont lieu, et s'ils n'en profitent pas c'est parce qu'ils sont confrontés au même problème chez eux, avec en plus, coté front est, la contagion des fraternisations qui se multiplient car les soldats russes n'obéissent plus à leurs officiers.            Christian Coudène

2016 12 PACIFISME

AN II DECEMBRE 2016

GENTIOUX (Creuse), LE 11 NOVEMBRE 2016 AVEC LA FEDERATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSEE NOUS AVONS DIT: GUERRE A LA GUERRE, REHABILITATION COLLECTIVE DES 639 FUSILLES POUR L’EXEMPLE

 

Nous étions près d’un millier de pacifistes, devant l’émouvant écolier, en blouse, levant le point, du monument aux mort s pacifiste  de Gentioux, à l’appel de la Fédération Nationale de la Libre Pensée et avec les organisations qui partagent notre combat pour exiger la réhabilitation des fusillés pour l’exemple de la Guerre 1914-1918.

1916: point culminant dans la barbarie de la première guerre mondiale. 1916 : c’est l’année de l’interminable bataille de Verdun. 1916 : C’est l’année de l’horrible bataille de la Somme. « Deux taches sanglantes sur

l’histoire du monde », comme l’écrit J.S. Pierre dans son éditorial du numéro 615 de la Raison. 1916: 136  fusillés pour l’exemple; plus de 18% du total des  fusillés pour désobéissance militaire de la guerre 1914-1918, dénombrés dans l’étude du Général BACH.

Nous étions à Gentioux pour nous rappeler aux bons souvenirs de ceux qui se sont reniés et qui refusent d’aller jusqu’au bout du chemin de justice que l’honneur commande à la République.

Nous étions à Gentioux pour dénoncer la barbarie et la sauvagerie de la guerre.

 

Nous étions à Gentioux pour exprimer notre opposition aux ‘’opérations extérieures’’, et manifester notre sentiment de révolte face au traitement honteux infligé aux réfugiés venant de territoires où sévissent les guerres dont les grandes puissances sont responsables. Ces guerres, qui sous les bombes des armées Syriennes et russes et celles de la coalition dirigée par les Etats-Unis et à à laquelle participe la France ont fait plusieurs centaines de milliers de mort. C’est le droit de dire NON à l’horreur que la Libre Pensée, et tous ceux qui combattent avec elles, veulent voir reconnu par l’acte solennel et symbolique de réhabilitation collective des 639 Fusillés pour l’exemple.

 

Et parce qu’un mouvement profond vient de tout le pays : 31 Conseils généraux, 6 Conseil régionaux, 2000 Communes, 75% des citoyens, (selon un sondage réalisé pour le compte de l’Humanité) sont pour la réhabilitation collective des fusillés pour l’exemple, à l’initiative de  la Libre Pensée:

Nous érigerons sur la ligne de front un monument qui rendra HOMMAGE, honneur et justice aux 639 fusillés pour l’exemple de 1914- 1918.

La République réhabilitera les fusillés ! Nous sommes aussi la République !

 

  80 pacifistes se sont réunis le samedi 12 novembre 2016, à 15 heures, devant le monument aux morts de Lyon, sur l’Ile du Souvenir, au Parc de la Tête d’Or,

à l’appel de :

  • - L’Union Départementale C.G.T du Rhône
  • - L’Union Départementale CGT-Force Ouvrière du Rhône,
  • - L’Institut d’Histoire Sociale de la CGT du Rhône,
  • - Le Comité du Rhône de l’Association Républicaine des Anciens Combattants  (ARAC)
  • - La fédération du Rhône de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH),
  • - Le Cercle Edouard Herriot,
  • - Le Mouvement de la Paix,
  • - Le Poing Commun,
  • - La Fédération du Rhône de la Libre Pensée (FRLP),
  • - Et L’Association Laïque des Amis des Monuments Pacifistes du Rhône (ALAMPR),

Ce rassemblement est le 23ème d’une succession ininterrompue. Le 8 mai 1994, à l’appel de l’Association Laïque des Amis des monuments Pacifistes de Dardilly et Villié-Morgon, (fondée en juin de la même année, avec le parrainage de la Libre Pensée et devenue en 2011, l’Association Laïque des Amis de Monuments pacifistes du Rhône) initie un premier rassemblement devant le monument aux morts pacifiste de Villié-Morgon. Une tradition, donc, qui puise ses racines dans le combat initié en 1916 et 1917, lorsque des voies s’élèveront notamment pour dénoncer les exécutions. Celles des députés internationalistes, Pierre Brizon, Blanc et Raffin-Dugens, tous trois membres de la Libre Pensée, qui voteront contre les crédits de guerre pour  que s’arrête la boucherie de millions d’hommes et réclameront l’arrêt des exécutions de soldats. Car malgré la censure et la répression, la présence permanente des troupes de gendarmerie pour que l’ordre règne dans les tranchées, la nouvelle arrive à l’arrière: on tue des soldats français sur ordre de l’État-major! Une tradition qui puise ses racines dans le combat des associations telles l’ARAC  (fondée en 1917), la LDH, des syndicats, qui avant 1935 ont obtenu la réhabilitation d’une quarantaine de fusillés. Cette tradition nous conduit à dénoncer les guerres qui, aujourd’hui, sous les bombes des armées américaines, russes, françaises syriennes … font  des centaines de milliers de morts et poussent des millions de gens à fuir les bombardements et la misère.

En 1914-15-16-17 : ils ont dit non à la boucherie : ils ont été fusillés pour l’exemple ! Pour que justice soit rendue à ces soldats fusillés pour désobéissance militaire, tous doivent être réhabilités.

Réhabilitation collective des 639 fusillés pour l’exemple !

Non à la guerre ! Non à toutes les guerres ! Quelle barbarie la guerre !

C’est avec ces mêmes mots que tous les orateurs ont conclu leur intervention et ont été applaudis chaleureusement par les participants. Une gerbe commune et une gerbe de la Ligue des Droits de l’Homme ont été déposées devant l’immense cénotaphe. Une minute de silence a été observée en mémoire des millions de sacrifiés dans la boucherie de 1914-1918 et en l’honneur des 639 fusillés pour l’exemple. La chanson de Craonne, pour finir a été entonnée avec enthousiasme par les participants jusqu’au refrain final et 120 euros sont venus s’ajouter au soutien déjà collecté pour l’érection du monument en l’honneur des fusillés pour l’exemple sur la ligne de front:

 Libres propos, libres pensées

Du rôle de l'armée dans la Nation républicaine : défense n'est pas bellicisme

Les Allemands étaient chez moi,

On m'a dit "Résigne-toi",
Mais je n'ai pas pu,
Et j'ai repris mon arme.

          Complainte du partisan (Londres - 1943)

Lors du dernier Congrès de la Libre Pensée du Rhône, une discussion intéressante et animée a eu lieu quant à la pertinence d'une armée de conscription. Cette idée ne peut pas être dissociée de la  conception républicaine de la Nation, que l'on cherche actuellement à dissoudre dans le patchwork loupé de l'UE et dans la globalisation néolibérale.

La Nation étant bien sûr vue au sens civique et non au sens ethnique (raciste) ou nationaliste (chauviniste) qui n'en sont que les perversions. Et l'individu n'étant pas qu'un consommateur taxé mais aussi un citoyen avec des droits et des devoirs.

Si l'on se pose la question de l'utilité de l'armée dans une nation démocratique, on doit alors aussi se poser la même question à propos de la police, de la justice et de toutes les institutions régaliennes.

 Car il ne suffit pas de crier très fort "Non à la guerre ! " pour que celle-ci ne se présente jamais à nos portes, surtout en cette époque instable.

Et si nécessité est, a-t-on besoin de citoyens déjà préparés à prendre la défense de leurs concitoyens ou bien des mercenaires soldés pour cela feront-ils l'affaire ? Ou improvise-t-on dans la panique ?

 A-t-on besoin d'une armée ou pas ?

L'actualité nous enseigne que dans ce monde très dangereux tout pays désarmé est soit vulnérable,  soit asservi et la réponse est oui. A partir de cette réponse la deuxième question est : qu'en fait-on ?

On peut utiliser la police pour réprimer le peuple, la justice pour le mater et l'armée pour agresser d'autres nations plus faibles. Ce n'est évidemment pas leur destination, ni notre conception.

La police doit servir à protéger les gens, la justice arbitrer les litiges et juger les infractions aux lois votées, l'armée à défendre le territoire national.

Et les membres et dirigeants de ces institutions doivent être des Républicains, Démocrates et Laïques, issus de la population qu'ils protègent.

Si la police et la justice ne peuvent être confiées qu'à des gens longuement et spécialement formés pour cela, l'armée peut avoir une toute autre fonction : en dehors des tâches qui ne peuvent être tenues que par des professionnels et des techniciens, elle a une fonction de creuset social : n'oublions jamais que le système de conscription a été instauré par la Révolution française dans une période de grand danger pour la nation et que dans certains pays (dont le nôtre en 1997) elle a été supprimée parce qu'elle est a été jugée moins malléable ou corvéable qu'une armée intégrale de soldats engagés et salariés : la guerre du Viet Nam s'est terminée grâce à l'opposition très violente de la population américaine qui refusait de continuer à y envoyer ses enfants tuer et mourir et le putsch des généraux d'Alger en 1961 s'est heurté au refus des appelés du contingent d'y participer et l'ont fait échouer. La suspension de la conscription n'a donc été qu'un retour à l'armée mercenaire de l'ancien régime, mise au service des objectifs de l'oligarchie régnante. Et avant les Sociétés Militaires Privées (SMP) cotées en bourse, chères aux anglo-saxons ?

L'armée de conscription a aussi un fort potentiel d'utilité initiatique et citoyenne, primordial pour la cohésion sociale : elle permet un  brassage social et culturel que n'offrira jamais le système éducatif.

La plupart des jeunes sont enseignés dans leur quartier ou dans des écoles sélectionnées par leurs parents et sont rarement immergés pendant un temps significatif et sur un pied d'égalité complète avec des jeunes d'autres milieux, d'autres cultures, religions, métiers ou horizons intellectuels : cela ne fait que favoriser la division communautariste.

En dehors d'une formation de base aux armes, certains ont pu y pratiquer leur métier tout frais appris ou servir à la protection civile et s'il est vrai que la contrainte, le sentiment d'inutilité, la bêtise de certains gradés ou officiers et la routine y sont ressentis comme rebutants, la plupart n'en ont pas gardé le souvenir d'une période atroce.

Pour beaucoup de ceux qui l'ont fait, le service militaire a été dans leur vie leur seule et unique occasion de quitter leur quartier ou village, de voyager un peu et de se confronter et d'échanger leurs points de vue avec d'autres jeunes de milieux sociaux, d'études et de formations différents en leur permettant de mieux se comprendre et se respecter.

Beaucoup qui venaient de milieux familiaux où ces notions sont affaiblies ou absentes y ont appris la nécessité humaine et sociale d'organisation, de ponctualité ou de simple propreté corporelle ainsi que le goût de l'effort individuel et collectif, de la vraie camaraderie et d'une solidarité s'exerçant même parfois aux dépens de la hiérarchie.

Le débat mérite donc d'être ouvert, à condition de s'assurer que cela soit bien au bénéfice de la paix et non au service des guerres de  l'oligarchie.       RJ

Colloque Pétain 1917-Pétain 1940 : quelle continuité ?

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Colloque Pétain 1917-Pétain 1940 : quelle continuité ?

  COLLOQUE DE LA FEDERATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSEE Pétain 1917 – Pétain 1940: quelle continuité?   Sous la présidence de Pierre ROY, Président d’Honneur de la Libre Pensée Samedi 25 novembre 2017 de 9 H à 18 H

La Libre Pensée s’est fixé pour but de faire un travail de vérité au milieu du déferlement des « reconstitutions » officielles diverses et variées où le ridicule le dispute souvent à l’autosatisfaction hypocrite d’une paix prétendument garantie par l’Union européenne. Les colloques de la Libre Pensée liés à la Guerre de 1914-1918 ont été inaugurés par celui de Soissons, en 2014, où les généraux fusilleurs, les Nivelle, les Foch, les Joffre, les Pétain ont été soumis à l’appréciation critique d’historiens et au jugement de l’Histoire, symbolisé par une déclaration et une sentence proposées par la Libre Pensée et adoptées par les participants.

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2017-11-11 REHABILITATION

2017 11 11 rehabilitation fusilles 52POUR LA REHABILITATION COLLECTIVE ET REPUBLICAINE des FUSILLES POUR L’EXEMPLE de la Guerre 1914-1918

RASSEMBLEMENT PACIFISTE samedi 11 novembre 2017, à 15 heures AU MONUMENT AUX MORTS DE LA VILLE DE LYON SUR L’ILE DU SOUVENIR DANS LE PARC DE LA TETE D’OR

La video complète du rassemblement

 

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