ÉDITORIAL

 

 

A la veille de la conférence de presse et de la réunion publique conjointes de la Libre Pensée et de l’association des « Abusés de l’Eglise – Tous ensemble ! », et alors que les associations continuent à se démener en vain pour obtenir réparation, c’est maintenant la responsabilité de l’Etat français qui doit être interrogée.

Et tout d’abord : pourquoi n'y a-t-il pas eu de réponse de l'Etat français à la question 21 posée par le Comité des Droits de l'Enfant sur les crimes de pédocriminalité perpétrés par des hommes d'Église ?

Le gouvernement français, fort du rapport de la Ciase avec ses 330 000 victimes, devait remettre avant le 30 octobre 2021, un rapport incluant les abus sexuels du clergé sur des enfants, détaillant « les enquêtes, les poursuites et les sanctions dans les cas d'abus sexuels commis par des membres du clergé, y compris les informations sur la prescription ; les réparations, y compris l'indemnisation et la réhabilitation ; et les mesures prises pour protéger les enfants contre les abus sexuels commis par des membres du clergé. »

Le comité de l’ONU considère donc que l’État français ne peut pas laisser l’Église être juge et partie. Et celui-ci connaît les faits, même si on l’a peu entendu lors de la publication du rapport de Jean-Marc Sauvé. Cela ne l’a pas empêché de remettre la Légion d’honneur à Mgr de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des Evêques et grand défenseur du secret de la confession comme étant « au-dessus des lois de la République. »

On aurait pu croire qu’à force de révélations publiques, la fontaine des scandales s’était tarie.

On trouvera dans ce n° de l’An II (page 6) le point de vue de Nanou Couturier, présidente de l’association des Abusés et (pages 7 et 8) la lettre ouverte qu’une victime vient d’adresser à Mgr de Moulins-Beaufort. On prend la mesure du mépris dans lequel on tient les victimes, dont le sort importe moins que son image à l’Institution.

M. de Germay, dans l’affaire Santier, reconnaît « que les dysfonctionnements mis au jour par l’enquête ont conduit à la refondation complète de l’équipe d’exorcisme du diocèse de Lyon. » Les amoureux de folklore médiéval seront rassurés.

Pour mémoire, comme les faits eux-mêmes ne sont pas évoqués dans la lettre, il nous suffira d’expliquer que Santier s’était rendu coupable

« d’abus spirituels à des fins sexuelles », commis sur deux jeunes hommes dans les années 90.

Il s’agissait de « strip-confessions ».

Le fidèle devait enlever un vêtement à chaque péché avoué devant le tabernacle.

Ces faits ont été révélés un an après le rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l’église.

Mais l’Eglise officielle est bien au-dessus de tout ça. Mgr Aupetit, archevêque émérite de Paris, s’est d’ailleurs exprimé après la révélation de l’affaire Santier. Pour dire quoi ?

« Pourquoi de si nombreuses personnes aiment fouiller dans les poubelles ? Pour se rassasier des mauvaises odeurs ou pour masquer leurs propres ordures ? Je me sens de plus en plus attiré vers le Ciel pour me délecter de la bonne odeur du Christ. » Décidément, les écuries d’Augias ne sont pas nettoyées.

Pour ce travail d’Hercule, nous ne compterons pas sur l’Eglise. Et nous n’accepterons pas non plus que le gouvernement français se retranche devant la nécessaire séparation des pouvoirs pour justifier son silence.

Car il ne s’agit pas de liberté du culte mais d’un problème relevant de l’ordre public.

Cette liberté, qui est un acquis de la démocratie, n’est nullement en cause. Notons qu’elle est allègrement piétinée quand il s’agit du culte musulman. Non : des victimes ont été violées, souillées à vie. Elles ont vu leur existence brisée par des adultes censés disposer de la plus haute autorité morale, fait aggravant, sous le regard indifférent de la hiérarchie – et avec tous les effets mortifères que cela comporte. 

Les victimes sont des citoyens et des citoyennes qui ont droit à la protection et à la réparation.

L’EGLISE DOIT PAYER, L’EGLISE PEUT PAYER ! C’est le sens de notre initiative.

 

P.G.

 

La Croisade d’une élue AuRA

 

Par un tweet daté du 21 octobre, Isabelle SURPLY, conseillère régionale de la Loire depuis 2015, et récente candidate zemmouriste aux législatives, annonce :

 « Nouvelle VICTOIRE politique ! La subvention de 20 000 € destinée à l'association gauchiste et wokiste Filactions a été SUPPRIMÉE grâce à mon lancement d'alerte !!!

Bravo à tous : pas un centime d'argent public ne doit financer l'idéologie gauchiste ! »

Filactions est une association régionale de lutte contre les violences sexistes et conjugales, qui intervient dans le domaine de la prévention des violences faites aux femmes en utilisant la culture et l’événementiel. Son but déclaré est de « prévenir, sensibiliser et former le plus de personnes possibles dans toute la région Auvergne-Rhône-Alpes. »

Laurent Wauquiez a annulé la subvention régionale, c’est une habitude qui s’est aggravée chez lui à l’encontre de tout ce qui ne lui déplaît dans le mouvement associatif. Il faut bien faire des économies pour arroser les établissements d’enseignement privés !

Difficile de dire si Isabelle Surply est le bras armé de M. Wauquiez, ou bien l’inverse.

Les deux sont comme deux bœufs attelés à la même charrue, ce qui est apparu clairement lors de la séance du Conseil régional ou la charte « laïque » d’engagement républicain Rhône-Alpes-Auvergne a été adoptée, Isabelle Surply étant seulement plus claire pour expliquer que l’enjeu était bien le combat contre l’islamisme, et rien d’autre.

Isabelle Surply a réussi sa campagne de buzz. Elle n’en est pas à son coup d’essai. Elle s’en est prise à l’École Normale Supérieure (ENS), accusée de « préférence islamique » en raison de la présence remarquée d’une association religieuse musulmane à son Forum des associations. Voilà encore des « islamo-gauchistes » !

Elle est à l’origine de l’expulsion d’un imam à Saint-Chamond, affaire qui a suscité l’émoi du journal Le Progrès, peu convaincu par les propos de l’élue. C’est aussi à son initiative que la mosquée Milligorus de la Ville de Saint-Chamond a été retirée des journées du patrimoine par le ministère de l'Intérieur.

En 2017, elle s’est fait remarquer aussi en dénonçant la subvention à une version de la « Passion de Jeanne d’Arc » (de Paul Claudel et Honegger), pour une mise en scène qui déplaisait aux catholiques à l’Opéra de Lyon. C’est l’autre versant de son engagement de croisée laïque.

Isabelle Suply se présente comme une « lanceuse d’alerte », ce qui est pour le moins abusif. Rappelons que le statut de lanceur d’alerte a été imaginé pour protéger des citoyens se mettant en danger (dans leur cadre professionnel, par exemple) pour avoir divulgué des informations sérieuses touchant à l’intérêt général. On ne voit pas bien de quel danger Isabelle Surply est menacée (hormis des torrents d’insulte sur les réseaux sociaux).

On retrouve dans toutes ces affaires les deux aspects contenus dans la loi dite « Séparatisme » : laïcité très orientée et à sens unique, et ce qui en est la conséquence logique : atteinte au principe de libre-association, tel qu’il est établi par la loi de 1901.

Avec la sanction qui vient de toucher l’association « Filactions », on retrouve l’accusation de « wokisme », délit d’appartenance aussi imaginaire que celui d’islamo-gauchisme. On lira à ce sujet le n° de la brochure « Arguments » de la Libre Pensée, où cette affaire est démontée en détail.

P.G.

 

Lettre ouverte à Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, Président de la Conférence des évêques de France, à la suite de sa déclaration au sujet de M.  Michel Santier

 

Monseigneur,

C’est avec beaucoup d’étonnement et de colère que je prends connaissance de votre déclaration, à la suite de la révélation dans la presse des faits mettant en cause M. Michel Santier.

En effet, vous y écrivez comprendre le sentiment d’incompréhension, de trahison, de colère, et la tentation de découragement des victimes et des fidèles.

Vous y exprimez votre compassion à l’égard des victimes mais aussi envers toutes celles et ceux que ces révélations blessent.

Vous dîtes entendre la demande d’une plus grande clarté sur les procédures canoniques, les mesures qui peuvent en découler, et l’exigence de transparence que portent beaucoup de fidèles.

Pourtant Monseigneur, vous étiez en copie recommandée d’un courrier adressé à Mgr de Germay concernant une plainte que j’ai formulée à l’encontre d’un prêtre qui exerçait à Lyon au moment des faits, mais incardiné à Paris, et vous n’avez pas jugé utile ni même charitable de faire un retour à mon courrier.

L’absence de retour de votre part à mon courrier n’est nullement l’expression de votre compassion à l’égard des victimes, bien au contraire.

Vous, mais aussi Mgr Ulrich, archevêque de Paris, Mgr Brunin en charge des dérives sectaires dans l’Église catholique, Mgr Rivière, évêque d’Autun, où le prêtre mis en cause officient aujourd’hui.

Ces religieux ne souhaitant pas faire de retour à mes courriers, vous voudrez leur transmettre vous-même celui-ci ainsi qu’à tous les évêques de France.

En réaction à votre déclaration, je vous confirme que oui, la déception et le découragement sont grands face à des hommes qui devraient être des disciples du Christ au service de son prochain, mais qui, à la charité, préfèrent l’indifférence ou le mépris.

Oui, le découragement est grand face à des responsables religieux qui sur la scène médiatique prétendent vouloir œuvrer pour la transparence, la vérité et la justice, alors que dans les faits, dans la

gestion des plaintes au niveau des diocèses ou des ordres religieux, il n’en est rien.

Quelle transparence peut-on espérer lorsqu’un évêque écrit que les résultats d’une enquête canonique préalable n’ont pas vocation à être diffusés. Pas même transmis à la victime.

Pour l’Église, la victime n’a aucun droit, surtout pas celui de savoir si le préjudice ou le mal qu’elle a subi est reconnu par l’Église, cette reconnaissance étant le préalable à toute reconstruction, et si des mesures ont été prises à l’encontre du prêtre coupable.

Non, la victime n’a aucun droit de regard et d’information, elle n’a que le droit d’être malmenée par les différentes autorités ecclésiastiques auxquelles elle a affaire et dont la ligne de conduite est le silence, le déni, le mépris...sans doute parce qu’elle dérange l’institution en mettant en lumière la face la plus sombre de l’Église.

Malmenée et méprisée, je l’ai été durant des mois, chacun des diocèses concernés, Lyon et Paris, et chacun de mes interlocuteurs (Mgr de Kerimel, Mgr de Germay, Mgr Gobillia rd, Mgr Verny, le père de Boccard, official de Lyon, le Père Leroux vice-official) me renvoyant de l’un à l’autre pour ne surtout pas répondre à mes questions et s’expliquer sur les dérives non seulement du prêtre mis en cause mais aussi de la cellule d’exorcisme du diocèse de Lyon.

Sans parler des courriers qui sont restés lettres mortes ou des paroles blessantes de l’un de mes interlocuteurs qui refusait de me recevoir et a clos une conversation téléphonique avec ces mots

« Vous me faites perdre mon temps » ! Et que dire des paroles de son confrère, qui lorsque j’évoquai cet épisode, me répondit « ça, c’est vous qui le dîtes. », insinuant sans se cacher que j’étais une menteuse.

Voici Monseigneur, si vous ne le saviez pas, l’accueil que l’Église réserve à une victime et du manque de transparence sur les procédures et les conclusions d’une enquête concernant un prêtre.

J’ai expérimenté au sein même de l’Église l’indifférence, le silence, le mépris, et jusqu’au mensonge pour protéger des religieux ou l’institution. Ma confiance en l’Église a été définitivement trahie et blessée.

Alors oui, le découragement est grand quand s’étalent dans la presse d’autres affaires d’abus pour laquelle l’Église a une fois encore brillé par son manque de transparence !

Comment, avec de telles attitudes et agissements, est-il possible pour les fidèles de croire en la détermination des responsables religieux à poursuivre un chemin de vérité et de justice ?

Comment la confiance pourrait-elle demeurer possible ou pourrait-elle être reconstruite ?

Après des mois de bras de fer et de nombreux courriers à mes différents interlocuteurs, Mgr
de Germay a enfin consenti à apporter quelques réponses à mes questions – pas toutes évidemment, certaines étant trop embarrassantes – dans un courrier dans lequel il reconnait que les dysfonctionnements mis au jour par l’enquête ont conduit à la refondation complète de l’équipe d’exorcisme du diocèse de Lyon et que l’évêque de Paris a pris un décret restreignant très strictement les activités pastorales du prêtre mis en cause.

Évidemment, aucune déclaration ou information n’a été faite par les diocèses sur cette affaire, qui aurait pu permettre à d’autres victimes de se manifester et d’être entendues, ou qui aurait pu être l’occasion pour les évêques d’exprimer leur compassion aux différentes victimes de ce prêtre.

Le diocèse de Lyon, malgré un communiqué en date du 19 janvier 2022 dans lequel il affirme vouloir se démarquer de la culture du silence et du déni, entretient bien le silence et l’omerta sur les affaires sales en son sein.

Très certainement, à titre personnel, j’aurais dû me réjouir à la lecture de cette réponse tant attendue de Mgr de Germay, mais ma joie a été assombrie par la lucidité que cette réponse n’est venue qu’après des mois de relance et par une réalité récurrente dans l’Église : malgré les mesures dont il fait l’objet et la vigilance que l’Église devrait exercer à son égard, ledit prêtre a à nouveau été déplacé dans un autre diocèse où, à son arrivée, un journal local lui a consacré un article élogieux, qui n’est ni plus ni moins qu’une autobiographie avantageuse, mais ne mentionne pas son passé tendancieux à Lyon et les mesures restrictives dont il fait l’objet.
Comment ne pas trembler à l’idée qu’ainsi revêtu d’une réputation immaculée ledit prêtre ne reproduise pas dans ce diocèse les agissements qui lui ont valu d’être renvoyé à Paris par l’administrateur de Lyon après que plusieurs plaintes ont été faites à son encontre ?

Le déplacement des prêtres sera-telle jamais la seule réponse apportée par l’Église aux situations d’abus ?

Pourquoi faut-il toujours que les affaires d’abus soient médiatisées pour que les autorités ecclésiastiques s’expriment et fassent leur mea-culpa, affirmant leur détermination dans la lutte contre toutes les formes d’abus ?

Combien de temps faudra-t-il donc encore attendre pour que les annonces, les déclarations, les communiqués des évêques lors de ces affaires médiatisées soient vraiment suivis des actes, ce que vous désignez peut-être sous le terme de « bonnes pratiques » au niveau des diocèses ?

Combien de temps encore la culture du silence, du déni et de l’omerta primera-t-elle sur la justice qui est due aux victimes ?

Combien de temps encore les victimes devront-elles quémander et se battre avec les autorités
ecclésiastiques pour obtenir des réponses à leurs questions et une vraie reconnaissance ?

Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour que l’Église entreprenne l’indispensable chemin de conversion qui est le sien pour être à la hauteur de sa mission ?

Dans le courrier adressé à Mgr de Germay et pour lequel vous étiez en copie, je concluais avec ces versets que je reprends aujourd’hui :

« Les scribes et les pharisiens enseignent
dans la chaire de Moïse.
Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire,
faites-le et observez-le.
Mais n’agissez pas d’après leurs actes,
car ils disent et ne font pas
. »

Oui, mon expérience personnelle me fait dire : ils disent et ne font pas.

Catherine de Vogüé

 

 activités de la fédération

 

Association Laïque des Amis des Monuments Pacifistes du Rhône

Extrait du Compte-rendu de l’assemblée générale 2022

 

Date : samedi 17 septembre 2022. Lieu : Maison des Sociétés de Bron (Square Grimma).

Étaient présents : 14 camarades. Absents excusés : 5 dont 4 ayant donnés un pouvoir.

Relevé des décisions de l’Assemblée générale.

1 - Adoption à l’unanimité du rapport d’activité et du rapport financier 2021 faisant état d’un solde excédentaire de 1057,75€ au 31/08/2022.

2 – Validation des comptes et Quitus au Trésorier pour sa gestion, à l’unanimité.

3 - Cotisation 2023, fixée, unanimement, à 10€, sans augmentation par rapport à celle 2022.

4 - Rassemblement pacifiste du 11 novembre : Proposer aux associations amies et aux syndicats d’appeler, ensemble, à se rassembler, cette année encore, au monument aux morts de LYON, aux horaires habituels, sur les mots d’ordre suivants : « Non à toutes les guerres, mobilisation-nous contre les fauteurs de guerre, les OPEX de notre pays, exiger l’arrêt des massacres en UKRAINE, exprimer notre opposition à l’OTAN comme à POUTINE, notre volonté de voir enfin réhabilités les Fusillés pour l’exemple. »

5 - Les membres de la Commission de contrôle des comptes sont reconduits dans leur fonction.

6 – Les membres du bureau sortant sont réélus ; le Président et le trésorier, sont reconduits dans leur fonction à l’unanimité.

7 - Le bureau est élargi et rajeuni avec l’élection, à l’unanimité, de Salah FERKOUNE.

8 - Le Président représentera l’association à l’AG de la FNLAAMPRA avec mandat de voter « Pour » le rapport d’activité de sa Présidente et « Pour » : le rapport financier.

La composition de la Commission de contrôle des comptes est inchangée :

Didier DUVERNAY ; Joelle HYVERT ; Norbert RIMET.

Nouvelle composition du bureau :

Président : Xavier HYVERT ; Secrétaire : Jean-Claude DUTOUYA ; Trésorier : Jean-Paul AVRIL, Membres sans fonction particulière : Pierre GIROD et Salah FERKOUNE

Fait, à Villeurbanne, le 24/09/2022, le Président, Xavier HYVERT

 entraide et solidarité

Entraide et Solidarité des Libres Penseurs de France

 

Extrait du COMPTE RENDU DE L’ASSEMBLÉE DÉPARTEMENTALE 2022

 

Date : 17 septembre 2022 à 15 heures ; lieu : Maison des Sociétés de Bron (Square Grimma).

15 camarades étaient physiquement présents ; 7 camarades sont excusées ; 6 camarades ont donné des Pouvoirs à 3 camarades.

Le Président de séance après avoir rappelé l’ordre du jour, résume la problématique à laquelle est confrontée entraide et solidarité et les propositions faites par le conseil d’administration et soumises aux adhérents:

 

« Chères, chers camarades,

Nous sommes réunis pour préparer l’AG de notre association Entraide et Solidarité des Libres Penseurs de France.

Ainsi que vous en avez pris connaissance, nous sommes confrontés à la nécessité de prendre un certain nombre de décisions, proposées par vos administrateurs, devant permettre la continuation de notre association.

Continuer et renforcer Entraide et Solidarité, pour exercer le mandat qui lui a été donné par les Libres Penseurs, est plus que jamais indispensable.

En effet, en France, comme dans le monde entier, le capitalisme financier et les gouvernements à sa botte tentent d’éradiquer tous les acquis sociaux et démocratiques, n’hésitant pas à recourir à la barbarie pour détruire les peuples par les guerres. La pauvreté, la misère se développent à grande vitesse, les Libres Penseurs sont à l’image de la société.

La solidarité organisée entre Libres Penseurs est plus que jamais nécessaire.

Notre devise : « NE PAS LAISSER SOMBRER DES CAMARADES EN DIFFICULTE, DONC LEUR PERMETTRE DE CONTINUER A EXISTER, A AGIR » est clair.

Nous n’organisons pas la charité, c’est la cotisation qui ouvre droit aux aides. Ces aides comme vous le savez s’adressent aux Libres Penseurs et leur famille proche en difficulté. Cette solidarité, s’exprime, également, comme internationalistes, dans la mesure de nos moyens, en direction d’associations laïques qui partagent nos objectifs émancipateurs.

Soyons clairs, notre responsabilité est collective à travers à la fois les décisions d’organisation que nous pouvons prendre et la décision individuelle de contribuer, dans la mesure de nos possibilités, au financement de l’activité de bienfaisance.

Démultiplier le nombre des membres bienfaiteurs est une obligation, comme celle de bénéficier de nouveaux legs si nous voulons pouvoir continuer au-delà de deux ans. Nous vivons en ce moment principalement sur la réalisation des derniers legs reçus.

Toutes les dispositions proposées sont tournées vers ces objectifs.

C’est la raison, en particulier, de la proposition commune d’évolution de la cotisation globale basée sur une évolution différenciée et concertée de celle de la FNLP et de ES jusqu’en 2027, faite à la fois par la CA de ES et la CAN de la FNLP.

Il y a, également, la proposition de renforcer la publicité pour Entraide et solidarité au niveau départemental. Cette publicité doit devenir l’affaire de chaque militant, et les encarts publicitaires dans les publications des fédérations, mais, pourquoi pas dans des publications amies, systématisées, grâce aussi aux appels qui peuvent être fait au cours des réunions en utilisant le diaporama.

Une structuration au niveau départemental de Entraide est proposée dans le cadre du projet de réforme statutaire mise en discussion jusqu’à l’AG 2023 en se donnant un réfèrent départemental comme nous l’avons fait nous-même l’an dernier.

Après l’échange que nous allons avoir, le mandat que les administrateurs vous proposent de donner au délégué qui vous représentera à l’AG, implique donc une mobilisation générale, c’est-à-dire de chacun de nous pour conquérir les moyens financiers dont nous avons besoins.

Je vous remercie. »

Après échange,

 

  • les votes, définissant le mandat du délégué du Rhône, sont les suivants :

 

  • - Le rapport d’activité et le rapport financier sont adoptés à l’unanimité.
  • - Les 6 candidatures au conseil d’administration reçoivent également les suffrages unanimes,
  • - Les 10 autres délibérations proposées reçoivent également l’approbation unanime des votants.

 

  • Pierre GIROD est élu, à l’unanimité, délégué des adhérents du Rhône à l’Assemblée générale de ESLPF le 1er octobre à Paris.             Lyon, le 26 septembre 2022, le Président de séance, Xavier HYVERT

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 féminisme : théâtre et débat

       
   

En marge du spectacle « Une de vos Filles », une évocation des combats féministes donnée dans le cadre de la Capitale Française de la Culture - Villeurbanne 2022, une « causerie » féministe a eu lieu samedi 8 octobre à l’Espace Tonkin.

« Une de vos Filles » évoque le combat des pionnières du féminisme, où l’on croise de grandes figures de la Libre Pensée : Marie Bonnevial en est une figure centrale, mais on en compte bien d’autres, à Lyon comme ailleurs.

Loin des caricatures à la Jacqueline Lalouette, pour qui les libres-penseurs ne sont que vieilles badernes mysogines, on apprend qui étaient ces pionnières du mouvement féministe, pour certaines communardes, pour d’autres syndicalistes, franc-maçonnes des loges mixtes ou pacifistes, parfois tout cela à la fois.

 
 
 

 

En dépit de l’absence de l’auteure Dominique Segalen, empêchée de venir à Lyon, la discussion a été riche et paraît avoir intéressé toutes les personnes présentes. Il faut dire que la matière ne manquait pas.

Beaucoup ont découvert, outre l’existence de ces femmes au destin étonnant, l’existence d’une Commune à Lyon en 1870-1871et le massacre du 30 avril 71, longtemps occulté à Lyon comme la Commune de Paris l’a été jusque dans les programmes scolaires.

C’est tout naturellement que les questions posées et les interventions ont débouché sur les questions actuelles du combat féministe, mené d’une façon parfois symbolique et dérisoire (la question linguistique) alors que les véritables enjeux tournent autour de l’égalité des droits, de la liberté de disposer librement de son corps, et de la défense du service public.

Plus complexe, la question du voile a fait l’objet d’un échange qui ne demande qu’à se poursuivre.

Conférence de Christian EYSCHEN sur la loi « Séparatisme »

Vendredi 14 octobre au Palais du Travail de Villeurbanne :

La conférence a eu lieu à une date marquée par un contexte social : pénurie de carburant, difficultés dans les transports, mobilisation syndicale à la veille de la marche du 16 octobre et de la grève interprofessionnelle du 18. Mais elle s’est tenue dans de bonnes conditions, en présence d’un public intéressé qui n’a pas hésité à entrer dans la discussion.

La loi « séparatisme » apparaît bien comme une aberration sur le plan de la philosophie du droit, pour tous ceux qui réfléchissent tant soit peu à la question. Sa dimension anti-musulmane est à peine dissimulée par ses initiateurs. Pour autant l’existence d’un fondamentalisme islamique est un fait.

Mais, dans l’enseignement par exemple, peut-on répondre à cette menace par l’interdiction d’un vêtement à la signification bien ambiguë ? Il importe de ne pas se tromper de cible, et de bien identifier les enjeux juridiques pour ne pas laisser les personnels de l’enseignement aux prises avec un problème qui les oblige à sortir de leur fonction.

C’est pourquoi nous reproduisons une partie des propos tenus par Christian Eyschen, en regrettant de ne pouvoir retranscrire toute la richesse de la discussion, incluant des points de vue divers, de femmes, de syndicalistes. Mais le débat se poursuivra !   

« La loi Séparatisme, c’est une loi qui veut forcer l’Islam à se séculariser, c’est-à-dire à s’anéantir, à se diluer dans la société. Ce n’est pas du tout une loi laïque, ce n’est même pas une loi laïque forcée, c’est une loi qui vise à faire disparaitre du paysage tout ce qui est musulman. On le voit sur la question du voile, de la burqa, du burkini. (..) Personnellement, je suis contre le burkini, le voile, la burqa, cela me fait peur, mais je ne confonds pas mes goûts personnels avec les lois de la République. Sinon cela peut aboutir à un certain nombre de confusions.

Mais enfin si le burkini est un symbole religieux, nous l’avons dit récemment, prouvez-le. Prouvez-le.

Vous dites c’est un symbole religieux, c’est une injonction religieuse. Prouvez-le. Montrez-nous les textes du Coran ou d’ailleurs qui disent que c’est un symbole religieux.

Le burkini, on peut être pour ou contre, moi je suis contre, mais c’est un vêtement qui a été fait pour permettre aux femmes musulmanes de faire du surf en Australie. Chacun sait que l’Australie est un pays profondément musulman. Et qui condamne le plus le burkini ? Ce sont les salafistes et les fondamentalistes musulmans.

Parce que l’idée du burkini, je ne dis pas que c’est bien, mais il faut essayer d’avoir un esprit rationnel, c’est de permettre aux femmes musulmanes de se côtoyer avec d’autres dans les piscines, sur les plages… Le séparatisme des salafistes et des intégristes c’est de dire : pas de mélange. Parce qu’ils sont exactement comme ceux qui sont de l’autre côté. Entre l’extrême-droite qui dit « pas de mélange » et eux qui disent « pas de mélange », c’est exactement les mêmes fascistes, les mêmes totalitaires. Il ne faut pas que les gens se côtoient, il ne faut pas qu’ils cohabitent ensemble, parce qu’ils pourraient se mettre d’accord. Il vaut mieux diviser les gens en fonction des religions. On n’a jamais trouvé un meilleur moyen pour diviser les gens que de mettre des problèmes de religion entre eux. C’est pour cela que la loi Séparatisme est une loi tout à fait liberticide. »

 Libres propos, libres pensées

La Guerre est un Racket : l'étonnante histoire du général Smedley BUTLER

"Les conflits entre les nations ne sont que les conflits d'intérêts de leurs dirigeants" (un Iranien de la rue)

 

"La guerre est un racket. Elle l'a toujours été. C'est probablement le plus vieux, de loin le plus rentable, certainement le plus vicieux… C'est le seul dans lequel les profits sont comptés en dollars et les pertes en vies humaines. Elle est menée au bénéfice d'une poignée, au détriment du plus grand nombre".

Cette cinglante et accablante charge est tirée d'un livre titré "WAR IS RACKET", paru en 1935 et signé Smedley BUTLER (1881-1941).

L'auteur sait bien de quoi il parle : général des US Marines, il a participé à tous les coups tordus de l'impérialisme US de son époque. À 16 ans, trichant sur son âge, il crut s'engager dans les Marines afin de "libérer Cuba du joug colonial espagnol", mais le véritable but des USA était de s'en emparer pour occuper le pays. La "libération" débuta donc par la saisie (à perpétuité !) de la baie de Guantanamo, la première des plus de 800 bases hors US actuelles.

Puis suivirent les invasions "libératrices et humanitaires" de Porto-Rico, Hawaï, Philippines, Haïti, République Dominicaine, Mexique, Nicaragua, Panama, Honduras, Chine (deux fois), Grenade, etc. etc.

Une liste interminable, non close. Mais après ces temps passés en "libérations", il fit un constat personnel final acerbe et sans appel : que tout au long de sa carrière il n'a nullement combattu pour défendre son pays, mais pour les profiteurs des viols de jeunes nations qu'étaient Wall Street, les banques, les financiers, les pétroliers, les industriels.

"J’ai effectué + de 33 ans de service actif dans les Marines et durant cette période, j’ai passé la plupart de mon temps en tant que gros bras pour le monde des affaires, pour Wall Street, et pour les banquiers. En bref, j’étais un racketteur, un gangster au service du capitalisme." Il en a mis du temps à réaliser !

À sa décharge, comme une catharsis destinée sans doute à purifier son âme pervertie (il était issu d'une famille Quaker), il se lança après sa retraite dans une ardente campagne de conférences et meetings anti-impérialistes, antinazis, antifascistes, organisés par des vétérans de 1918 et des pacifistes, dénonçant sans relâche le pillage capitaliste et les profiteurs de guerre, "ceux qui transforment le sang en or" et déjà, le complexe-militaro-industriel, toujours en place.

   Il y proclamait que l'armée ne devrait être utilisée qu'à de pures fins de défense, (comme en Suisse), et non d'agressions. Et c'est toujours d'actualité !

Il percevait bien le danger d'une nouvelle guerre qui se profilait et des nauséeuses idées fascistes aux USA, dans un paysage politique très divisé où les idéaux démocratiques et socialistes étaient (encore) très vivants. Il passa ainsi ses dix dernières années de vie à dénoncer bien haut et fort tout ce qu'il avait servi avec zèle comme mercenaire du capitalisme.

 

Le "Business Plot" de 1934

   Fait très peu connu, car "oublié" des historiens et des médias dominants et de nos jours obéissants, il fit en 1934 capoter un complot en le dénonçant publiquement (mais, n'est-ce pas, les "complots" ça n'existe pas ! selon la "théorie du complot" inventée par… les comploteurs et destinée à clouer le bec des fouineurs et autres potentiels lanceurs d'alerte). Ce complot, bien réel, plus connu et documenté sous le nom de "Business Plot", avait pour but de se débarrasser du New Deal et d'installer aux USA une dictature fasciste, soutenu par une organisation paramilitaire de vétérans inspirée des Croix de Feu français qui avaient les mêmes objectifs : briser la démocratie et se saisir du pouvoir par la force. Il visait à renverser Franklin ROOSEVELT en le forçant à démissionner (et l'assassiner au besoin) avec d'énormes "manifestations populaires de rue" orchestrées et financées par quelques-uns des grands banquiers et PDG acquis au fascisme : J.P. Morgan, GM, Du Pont de Nemours, Standard Oil, Sun Oil, Chase National Bank, Goodyear, etc… La crème !    Mais BUTLER, mis au courant du complot, dans lequel on tenta de l'embarquer, l'a au contraire dénoncé publiquement, déclenchant une enquête de la Chambre des Représentants où, dans un exposé solennel, il fit valoir ses idées sur la défense des institutions démocratiques et du droit de voter, de penser, de parler et d'écrire librement :

"Si nous maintenons ces principes notre démocratie est sauvée. Aucune dictature ne peut exister avec le suffrage universel, la liberté de parole et de presse" Le complot fut ainsi éventé et étouffé dans l'œuf, mais malgré sa déposition fracassante (il fut presque le seul à tirer la sonnette d'alarme), la Chambre refusa de poursuivre les puissants conspirateurs publiquement dénoncés qui ont en bloc nié toute implication dans un quelconque complot. (Nous ?) dont on sait pourtant maintenant qu'il fut bien réel. Quant aux médias, en grande partie propriété des riches magnats concernés, ils furent très ambigus : l'histoire a éphémèrement fait la une et les gros titres, mais certains journaux n'ont eu de cesse de le tourner en ridicule pour le décrédibiliser et lui nuire, puis le complot a été soigneusement jeté avec les eaux bien sales de l'histoire américaine.

Oublié… comme lui.

   Mais un soudard étoilé qui vend la mèche, on en voudrait plus souvent !                                RJ