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ÉCHOS des BÉNITIERS

La Femme est l’avenir du Fils de l’Homme

Depuis ce 22 juillet, Sylvaine Landrivon est la nouvelle candidate au poste d’archevêque de la capitale des Gaules. Avec elle, le collectif « Toutes apôtres » a proposé la candidature de sept femmes à des fonctions réservées aux hommes : évêque, nonce, curé, diacre ou prédicatrice laïque.

Sylvaine Landrivon, titulaire d’un doctorat en théologie, rappelle que les premiers évêques n’étaient pas prêtres. Elle non plus, et pour cause. En plus, la maline est divorcée-remariée. Jésus Marie Joseph !

Cette candidature est donc la 2ème après celle de la théologienne Anne Soupa annoncée le 25 juin. Plus de 5 600 personnes avaient signé la pétition de soutien à cette démarche. Parmi les signataires, des catholiques souvent identifiés au courant progressiste, mais aussi des personnalités du monde politique ou médiatique, comme l’écologiste Cécile Duflot.

Était-ce bien le moment ?

Pendant le confinement du printemps 2020, les églises ont été confinées. À Lourdes, les marchands du Temple on a fermé boutique (c’est le cas de le dire). À la reprise il a fallu désinfecter, distancier, sécuriser. Prendre des précautions avec les hosties, le corps du Christ lui-même étant potentiellement pathogène. À Lyon Marie n’a pas fait de miracle. Triste bilan. Échec de la toute-puissance divine.

C’est pourtant début juin que le Vatican a attribué une guérison miraculeuse à Pauline Jaricot (1799-1862). La religieuse lyonnaise peut être proclamée « bienheureuse ».

Les faits : en 2012, une petite Lyonnaise de trois ans avale une saucisse apéritive.  Elle manque de s’étouffer et sombre dans le coma. Grâce au Ciel et au service de réanimation, elle guérit. Au bout d’un an, elle a récupéré. Aux quatre coins du monde, on avait prié Pauline Jaricot d’agir pour la fillette.

Alors, n’aurait-on pas dû mobiliser davantage Pauline Jaricot pendant la crise du coronavirus ?

Nous poserons la question au professeur Raoult.

 

Jésus-Christ reprend des couleurs

L’évêque de Cantorbéry Justin Welby, chef de l’Église d’Angleterre (26 millions de fidèles dans plus de 165 pays) estime que les institutions religieuses devraient reconsidérer les représentations de Jésus en homme blanc.

Sur la BBC Radio 4, il a déclaré que l’Église anglicane et les autres institutions religieuses du monde devraient cesser de montrer un Jésus blanc. Il a observé au cours de ses voyages d’autres représentations. « Vous voyez Jésus dépeint de tant de façons qu'il y a de cultures, de langues et de compréhensions (…) Vous ne voyez pas un Jésus blanc. Vous voyez un Jésus noir ou un Jésus chinois ou un Jésus du Moyen-Orient, qui est le plus juste. » D’accord, mais dans ce cas : juif ou palestinien ?

 

Black Power

Un Jésus noir, pourquoi pas ? La preuve en Afrique : « Le Burundi est une exception parmi d’autres nations, a déclaré le porte-parole de la présidence, car c’est un pays qui a donné à Dieu la première place, un Dieu qui le garde et le protège de tout malheur. »

 

Au revoir les enfants !

Georg Ratzinger, aîné de Benoît XVI, est décédé en Bavière à l'âge de 96 ans, deux semaines après une visite de son pape émérite de frère. Les deux hommes, ordonnés prêtres le même jour en juin 1951, étaient très proches. Ils partageaient l’amour de la musique.

Georg Ratzinger avait suivi une formation poussée en composition et en direction musicale.

De 1964 à 1994, il avait dirigé le chœur catholique des petits chanteurs de Ratisbonne, et s’était retrouvé au centre d'une enquête pour avoir potentiellement abrité maltraitances physiques et agressions sexuelles. Mais il avait assuré n'avoir pas eu connaissance de sévices parmi les enfants.

Frère d’un pape ! On pouvait lui donner le bon Dieu sans confession.

Allah et le coronavirus

Une étudiante de 26 ans, Emna Chargui, a été condamnée le 14 juillet 2020 à Tunis pour « atteinte au sacré ». Verdict : 6 mois de prison ferme et 2000 dinars d’amende (environ 620 euros). Motif : le 4 mai, pendant le confinement lié au Covid-19, elle avait partagé sur son compte Facebook un texte humoristique intitulé « Sourate Corona », parodiant une sourate du Coran et reprenant sa mise en page.

Elle a été menacée sur les réseaux sociaux et fort logiquement, la justice lui a reproché une « incitation à la haine entre les genres, les religions ou les populations ».

À l’origine, le pastiche avait été écrit par un internaute athée algérien vivant en France. 

« Il n'y a pas de différence entre rois et esclaves, suivez la science et laissez les traditions », pouvait-on lire dans le texte présenté comme une page du Coran.

 

"Incitation à la haine entre les religions"

La réaction des autorités n’a pas traîné. Le parquet a immédiatement ouvert une enquête.

Et dès le 5 mai, la jeune femme a été convoquée par la police. Le lendemain, elle a été entendue dans le bureau du procureur par sept enquêteurs, selon l’ONG Human Rights Watch. L’un d’entre eux lui aurait expliqué « qu’il n’y a pas de liberté d’expression quand on touche à la religion ». Résultat : elle est poursuivie pour « atteinte au sacré », « atteinte aux bonnes mœurs et incitation à la violence ».

La justice s’est basée sur l’article 6 de la Constitution selon lequel « l'État s’engage à (…) protéger le sacré et empêcher qu’on y porte atteinte ». En même temps, il est dit que « l'État protège la religion, garantit la liberté de croyance, de conscience ». Si vous y comprenez quelque chose, écrivez-nous.

Le sabre contre le goupillon

Cela arrive. L'abbé Philippe de Maistre, curé de la paroisse Saint-André-de-l'Europe, à Paris VIIIe, diffusait sur les réseaux sociaux la messe dominicale pour ses paroissiens privés de messe depuis le début du confinement. Le19 avril, en pleine célébration, le curé a vu des policiers faire irruption dans son église pour interrompre la cérémonie.

« Nous étions sept personnes : moi-même, un servant, un chantre, un organiste, et trois paroissiens pour donner la réplique et faire les lectures. Au milieu de la messe, trois policiers armés ont pénétré dans l’église, raconte le père de Maistre. Or, l’autorité de police dans une église, c’est le curé ! À part les pompiers, la police ne peut entrer, tant qu'elle n'est pas appelée par le curé. »

S’il faut maintenant protéger les prêtres des violences policières, juste ciel, où va-t-on ?

 

Don du Ciel

« Loué sois-Tu, ô Seigneur, pour fratello Coronavirus, qui nous a réappris l’humilité, la valeur de la vie et la communion. » C’est la prière adressée par des religieuses de Milan sur le modèle d’un cantique de saint François d’Assise et relayé par les congrégations salésiennes.

 

Vache qui pisse

À New Delhi aussi, on a le sens du sacré. Des fanatiques hindous se sont rassemblés pour boire à grandes lampées de l’urine de vache. Souverain remède contre la pandémie.

 

Armageddon

En Israël, chez les juifs orthodoxes, on a le sens des priorités : « Sans les enfants qui étudient la Bible, le monde ne survivra pas, et ce danger est plus grand que le coronavirus. »

 

 

Remarques grammaticales

Commençons par ouvrir le Littré :

SPIRITUALITÉ

 1°  Terme de métaphysique. Qualité de ce qui est esprit.

 2°  Terme de vie dévote. Tout ce qui a rapport aux exercices intérieurs d'une âme dégagée des sens, qui ne cherche qu'à se perfectionner aux yeux de Dieu.

 3°  En général, caractère de ce qui est dégagé de la matière et des sens.

La nouvelle municipalité de Lyon s’occupe-t-elle de métaphysique, de dévotion, ou des choses invisibles de l’Esprit ? Nous sommes d’autant plus perplexes que la nouvelle adjointe est présentée par ces mots  sur le site officiel de la mairie: « Florence Delaunay – Droits et égalités, mémoire, culte et spiritualité ». Spiritualité au singulier, « culte » également  – et « égalités » au pluriel alors que la presse a partout noté : « adjointe aux Spiritualités » … au pluriel et invariablement avec une majuscule !

Si ces choix orthographiques ne sont pas une étourderie, cela signifie :

1°  que Mme Delaunay – sur laquelle nous nous garderons de porter un jugement personnel à cette étape – n’est pas garante du principe d’égalité des droits, mais « des égalités ». Et les égalités ne sont pas un principe.

2e qu’elle est chargée « du culte ». Lequel ? Celui de l’Etre suprême ? Celui qu’on appelait à Lugdunum le culte des trois Gaules ? S’il avait été question « des cultes », nous n’aurions pas été d’accord, mais nous aurions compris : parce que c’est ce qui commence à se faire partout.

3° qu’elle est en charge de la spiritualité municipale, dont elle s’occupe peut-être depuis un Bureau immatériel. Difficile à dire. Et si elle est en charge DES Spiritualités, que faut-il comprendre ? Il ne s’agirait pas des Cultes, ce mot ayant déjà été employé. Alors, de qui ? de quoi ?

Et bien, chers adhérents, chers sympathisants de la Fédération du Rhône : de vous, par exemple ! La Libre Pensée avait bien été conviée à une rencontre élyséenne censée consacrer la « convergence des spiritualités » pour faire face à la crise du coronavirus. D’autres associations n’avaient pas eu cet honneur. Nous avons décliné l’invitation, et nous l’avons fait savoir.

La Fédération du Rhône ne s’occupe pas de la spiritualité de ses adhérents (qui sont pourtant tous très spirituels, sans aucun doute). Défendre la liberté de conscience nous suffit. Et avec elle, sans même parler de l’école républicaine, des services publics, des libertés démocratiques : la loi de 1905 qui la garantit !           P.G.                     

Remarque : nous reproduisons ci-après le texte adopté comme synthèse de l’assemblée préparatoire au congrès national. A cette date, la nomination d’une adjointe à la « spiritualité » n’était pas connue.

Depuis, nous avons appris qu’à Bron (ou a été créé un poste « cultes »), les élus d’opposition ont apostrophé le nouveau maire : « Depuis quand les cultes relèvent-ils des compétences du maire ? Votre seule compétence se limite à l’entretien du bâti des édifices religieux construits avant la loi de 1905 […] Les croyances et les pratiques religieuses relèvent de la sphère privée, et vous, premier magistrat de l’Etat républicain laïc, les intégrez à la fonction d’élu de la République. »

Une question a été posée au sénat par M. Pierre Ouzoulias au ministre de l’intérieur, sur le fait d’avoir confié à des adjoints élus une délégation de fonction pour exercer une attribution relative à »un culte » ou à « des cultes ». Nous ne connaissons pas la réponse.

 

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Contribution du Rhône au congrès 2020

L’AG de la Fédération du Rhône préparatoire au congrès de FNLP s’est tenue en visio-conférence vendredi 26 juin, avec un prolongement en « présentiel » vendredi 10 juillet.

L’assemblée a adopté l’ensemble des rapports à l’unanimité, ainsi que les candidatures aux différentes instances nationales.   Elle a considéré l’ensemble comme un tout destiné, pour l’ensemble de la Fédération nationale, à gagner en efficacité et à jouer tout son rôle à l’avant-garde du mouvement laïque.  Nous sommes en effet à un moment où « mécaniquement » les atteintes à la liberté de conscience et plus généralement aux libertés publiques vont continuer à se multiplier. Il ne saurait en être autrement dans un monde où la crise sociale s’étend, en France et sur tous les continents.

La liberté de conscience, c’est d’abord la loi de 1905. Sur le terrain de la défense de la loi, dans la perspective d’une manifestation nationale, notre fédération du Rhône a pris ses responsabilités et a apporté sa pierre à l’unité des laïques et de leurs organisations. Nous devons continuer dans cette direction, en saisissant toutes les opportunités pour rassembler les laïques.

Ainsi, l’AG a décidé de s’adresser au nouveau maire de Lyon et au nouveau président de la Métropole pour leur dire : « Ne participez pas au Vœu des Echevins ! » Cette tradition cléricale organisée chaque 8 septembre n’est en aucun cas une tradition républicaine. Or c’est tout le système Collomb – Barbarin qui a été « dégagé » au 2d tour des municipales. Que feront les élus écologistes ? Nous n’allons pas tarder à le savoir, et s’il le faut, organiser la mobilisation contre la soumission des élus à l’archevêché. Cette bataille doit se mener en mettant au cœur la défense de la loi de 1905.

Pour notre fédération, une autre opportunité existe pour défendre conjointement liberté de conscience et Séparation, autour de la fresque Dolet installée dans une salle municipale. Son « vernissage » doit être l’occasion de gagner un peu d’espace dans notre communication publique.

Les différents rapports ont été adoptés. Cela ne signifie qu’il n’y a pas eu controverse.

En particulier la formulation utilisée dans le rapport d’orientation à propos de la décroissance a semblé malheureuse à beaucoup d’entre nous et a provoqué des avis divergents. 

Il y est écrit que nous devons « faire de la question de la lutte contre la décroissance, conception réactionnaire et rétrograde, notre cheval de bataille. »

Si le but est de dénoncer une doctrine venant de milieux très ciblés et visant à replâtrer le système par un plan de régression sociale, nous en sommes d’accord : « Il n’y a pas de capitalisme vert ».

On peut partager l’affirmation du camarade Alexandre Lucrèce dans l’Idée libre n° 327 : « L’écologisme est une orientation qui s’est infiltrée partout, des sommets de l’Etat jusque dans les syndicats. Il ne s’agit en rien de sciences, mais d’une campagne savamment orchestrée par la réaction face à ce vieux monde qui s’effondre et aux peuples qui cherchent à en finir avec le capitalisme. » Sans doute, mais il s’agira de démontrer, pas d’affirmer. Et, c’est bien parce qu’il convient de rester sur le terrain de l’argumentation et pas de la simple condamnation, qui serait l’exact contraire de notre méthode qu’il est dit avec justesse dit au paragraphe précédent : « Défendre la raison, c’est refuser les préétablis, où le concept précède la preuve. C’est l’application du principe de liberté́ de conscience rapporté à la recherche scientifique » ? Dans aucun domaine ne soyons doctrinaires. On peut très bien concevoir que, dans la jeunesse en particulier, l’idée de décroissance soit assimilée à une forme d’anti-capitalisme. La croissance n’est-elle pas un indicateur de l’économie de marché ? Une République sociale doit être fondée sur d’autres principes : l’égalité en droit, la satisfaction des besoins, la hausse du pouvoir d’achat, l’équité dans la distribution des richesses créées par le travail, sans oublier bien entendu la liberté de conscience ni les libertés fondamentales. D’autre part la jeunesse est sensible aux questions environnementales, non sans raison.

Et la jeunesse, plus que jamais, est un enjeu. La génération nouvelle se trouve dans une situation désastreuse. La fédération du Rhône a tenu sa place dans le début de bataille contre le SNU, dont la mise en œuvre va monter en puissance. Comme la réforme des retraites et tant d’autres, sa mise en place a été interrompue par la pandémie, mais nullement abandonnée. La précarité va gagner du terrain. Et l’école est l’objet d’une entreprise de destruction/ privatisation d’une ampleur inégalée, livrée aux appétits des officines privées et aux enjeux territoriaux. Le baccalauréat national et anonyme a vécu. Tous ces aspects devront être pris en compte dans l’activité de la FNLP et dans celle du Rhône. Nous devons nous disposer pour préparer le congrès de l’AILP à Madrid dont la réussite aidera à rassembler le mouvement laïque en défense de la loi de 1905.

 

Paris, Lyon, Strasbourg : A propos des cultes et des spiritualités : Comme un petit air de macronisme concordataire !

Les élections municipales viennent d’avoir lieu, avec en métropole, un taux d’abstentions record. La République en Marche a subi un revers cinglant et pourtant… Il semble que les anciens et nouveaux Élus empruntent largement à l’arsenal du macronisme.

Pendant la crise aiguë du Covid19Emmanuel Macron a tenté de réaliser une union sacrée autour de sa personne sur le thème de « la convergence des spiritualités ». La Fédération nationale de la Libre Pensée a refusé de participer à cette mascarade néo-concordataire, qui a été un échec réel.

Et pourtant…. L’Esprit semble souffler où il veut !

On connaît la définition théologique du « Saint-Esprit »  par Blaise Pascal : sa circonférence est nulle part, son noyau est partout, l’Esprit souffle où il veut. Il semble donc que le Saint-Esprit a soufflé à la mairie de Paris, de Strasbourg et aussi de Lyon.

Ainsi à Lyon, la nouvelle municipalité « verte-gauche» a nommé une adjointe chargée, entre autres choses, de « Droits et égalités, mémoire, culte et spiritualité ».

Ainsi à Paris, l’ancienne et nouvelle municipalité « socialiste-gauche-écologiste » a nommé une adjointe « en charge du patrimoine, de l’histoire de Paris et des relations avec les cultes ».

Ainsi à Strasbourg, la nouvelle municipalité « verte » a nommé une adjointe en charge de « la Tranquillité publique, police municipale, prévention, médiation, gestion des crises, aide aux victimes, relation avec les cultes ». Cette mission n’existait pas auparavant et n’est donc pas le produit du statut d’exception cléricale d’Alsace-Moselle.

Et au même moment, le nouveau ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, en sortant d’une synagogue, se présente comme « Le ministre des Cultes », poste qui a été supprimé depuis l’adoption de la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat. Même Pétain n’avait pas osé entre 1940 et 1944.

Et pourtant Gérald Darmanin ose, il parait que c’est même à cela qu’on le reconnaît. Sur le site du ministère de l’Intérieur, il peut s’appuyer sur cette curieuse définition qui date de 2016 (sous François Hollande donc), on peut lire :

Le ministère de l’Intérieur, ministère des cultes

« Le Bureau central des cultes est chargé des relations avec les autorités représentatives des religions présentes en France et de l’application de la loi de 1905 en matière de police des cultes.

L’Etat, depuis la loi de 1905, ne reconnaît aucun culte mais il n’en ignore plus aucun. La non-reconnaissance des cultes ne signifie pas que l’Etat cesse d’entretenir des relations avec les institutions religieuses. L’article 4 de la loi de 1905 prévoit que l’Etat prend en compte l’organisation interne de chacun des cultes dans la mesure où cette organisation n’entre pas en contradiction avec les règles républicaines.

C’est le ministère de l’Intérieur qui est en charge des cultes. Au sein de la sous-direction des libertés publiques, le Bureau central des cultes est chargé des relations avec les autorités représentatives des religions présentes en France et de l’application de la loi de 1905 en matière de police des cultes.

En ne reconnaissant aucun culte, l’Etat traite, en principe, toutes les confessions religieuses de façon égale. L’Etat est neutre vis-à-vis de tous les cultes et aucun texte ne définit ce qu’est une religion ou ce qu’est une secte. »

Chacun pourra apprécier la formule « en principe ». En pratique, Lionel Jospin quand il était Premier ministre avait mis en place une instance de dialogue permanent avec l’épiscopat catholique (cela dure toujours). Les autres cultes n’avaient pas eu la même faveur.
Comme tous les antilaïques, le ministère de l’Intérieur joue sur les mots « reconnaître » et « connaître » pour abuser le chaland. « Reconnaître », c’est ouvrir des droits, comme pour un enfant. « Connaître » relève de la civilité. Si la consonance des mots est proche, le contenu est totalement différent.

La Libre Pensée alerte les militants laïques

Tout ceci ne peut être le produit du hasard. Sous couvert de « spiritualités », on est en train de nous concocter un nouveau concordat « néo-spirituel », qui risque de n’être guère réjouissant pour la laïcité de l’Ecole et de l’Etat.

 

La LAÏCITÉ en ehpad

                           QUESTIONS DE LAÏCITÉ EN EHPAD (1)

 

Quelle est la situation en EHPAD des personnes hébergées, des personnels, des visiteurs, des bénévoles, des dirigeants, au regard de la Laïcité, c’est-à-dire de la liberté de conscience ?

 

La crise sanitaire, a été une occasion saisie pour remettre en cause la laïcité et la liberté de conscience à l’hôpital et en EHPAD.

 

Nous l’avons constaté dans l’article publié dans le numéro 179, traitant des dispositions relatives aux aumôneries, applicables aux établissements d’hospitalisation et d'hébergement.

 

Cet article a pour but de rappeler les dispositions applicables au sein des EHPAD.

Il n’abordera pas les questions liées à la fin de vie. Il ne traitera pas non plus de la règlementation hospitalière. Autant de questions qui pourront faire l’objet d’autres articles.

La liberté de conscience en EHPAD

Les EHPAD publics et privés sont régis par le Code de l'Action Sociale et des Familles.

Ils constituent la 6° catégories d'établissements mentionnée à l'article L. 312-1 dudit code.

 

CASF Version en vigueur au 19 avril 2020 (Article L312-1) :

« I. Sont des établissements et services sociaux et médico-sociaux, au sens du présent code, les établissements et les services, dotés ou non d'une personnalité morale propre, énumérés ci-après : … 6° Les établissements et les services qui accueillent des personnes âgées ou qui leur apportent à domicile une assistance dans les actes quotidiens de la vie, des prestation s de soins ou une aide à l'insertion sociale. »

Ce même code précise dans son

Article L311-1 : « L'action sociale et médico-sociale, au sens du présent code, s'inscrit dans les missions d'intérêt général et d'utilité sociale suivantes. … . »

Il n’est pas question ici de service public, ni même de missions de service public.

Les tableaux ci-dessous donnent un aperçu des etablissements et services PRENANT EN charges des personnes âgées en France.

 

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Le Monde – Les décodeursEHPAD : état des lieux de l’accueil des personnes âgées sur le territoire Par Mathilde Damgé Publié le 30 janvier 2018 à 17h07 - Mis à jour le 09 mai 2018 à 12h26

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En général, les EHPAD sont dotés de la personnalité morale (2) ; parfois publics, ils sont dans leur majorité privés. Un EHPAD peut ne pas avoir de personnalité morale et être annexé à un hôpital public (un Etablissement Public de Santé : EPS) ou être un service municipal (par exemple géré par un CCAS)

 

  • Les personnes hébergées

 

Il convient de le réaffirmer : quelle que soit la nature juridique de l'EHPAD, les personnes qui y sont admises disposent de l'intégralité des droits et libertés fondamentales (sous réserve d’une mesure de protection juridique), conformément à l'article L. 311-3 du CASF (3) qui garantit notamment le respect de leur vie privée.

Le citoyen n’est pas tenu à un principe de neutralité et l’usager non plus

 

Les résidents peuvent manifester leur appartenance religieuse dans le cadre entièrement privatif de leur chambre mais aussi dans celui des parties communes, de même que chacun est libre de le faire dans le hall de son immeuble. Ils ont la liberté de recevoir et donc de ne pas recevoir un ministre du culte de leur choix ou à se rendre à un office religieux. Chaque résident devant donc respecter les droits et libertés des autres résidents.

Ne serait-il pas erroné de soutenir que les EHPAD sont astreints à une obligation de neutralité dans leurs parties communes ? C'est la conséquence de la liberté de conscience :

Loi de 1905 - Article premier : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. ».

Des personnes croyantes doivent pouvoir trouver un refuge dans leur vieillesse tout en bénéficiant de l'aide sociale qui leur est accordée (et non à l'établissement) ; des non-croyants doivent pouvoir aussi trouver refuge dans une maison de retraite.

  • Les visiteurs

Le citoyen n’est pas tenu à un principe de neutralité, le visiteur est un citoyen en visite. Seuls les représentants de l’Etat, les fonctionnaires et collaborateurs du Service public ainsi que les salariés d’une entreprise ou d’une association dotée d’une mission de service public y sont contraints. Le visiteur entrant dans une EHPAD devra

Donc respecter les droits et libertés fondamentaux des autres résidents.

  • Qu’en est-il des gestionnaires et des personnels des EHPAD ?

 

  • - Lorsqu'ils travaillent dans un EHPAD public : les uns, comme les autres sont astreints à une neutralité absolue puisque relevant du statut de la fonction publique hospitalière ou de la fonction publique territoriale ou bien encore d'employés contractuels d’un établissement public.
  • - Lorsqu’il s'agit d‘un établissement privé la réponse mérite analyse.

 

Lorsque l'EHPAD est privé, à but lucratif ou à but non-lucratif (le cas le plus fréquent) rappelons que l’article L311-1 du CASF définit des « missions d’intérêt général » et pas des missions de service public.

 

Le gestionnaire de l'établissement privé peut donc afficher publiquement une appartenance religieuse et ses personnels sont fondés à se prévaloir de leur liberté de conscience protégée par le code du travail

(L. 1121-1), sous réserve du règlement intérieur, prévu à l’article L. 1321-2-1 du même code,  introduit par la loi du 8 août 2016 (4), qui peut restreindre «  la manifestation des convictions des salariés » en contradiction avec la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 31 décembre 1905 qui n’a imposé la neutralité que dans la sphère publique, aux ministres, élus, fonctionnaires, contractuels de droit public, salariés travaillant dans une entreprise, une association dotée d’une mission de service public, et ce  dans l’exercice de leur fonction, nullement aux autres citoyens.

 

Si l’établissement privé est habilité, par convention, à l’aide sociale : le service de l'aide sociale du département ou de la Métropole qui accorde les aides publiques aux résidents constitue un service public.

Les ressources de l'établissement habilité et conventionné à l'aide sociale résultent alors non pas de subvention mais d'une tarification réglementée.

L’EHPAD conventionné à l'aide sociale, s’il peut afficher une orientation religieuse ou philosophique doit s'engager à recevoir tous bénéficiaires de l'aide sociale quel que soit leur opinion philosophique ou religieuse.

  • La question des bénévoles. Ce n'est pas une question secondaire !

 

Les conditions d’intervention des bénévoles au sein des établissements sociaux et médico-sociaux sont précisées dans une convention-type fixée par l’article R. 1110-1 du Décret n° 2003-462 du 21 mai 2003 relatif aux dispositions réglementaires des parties I, II et III du code de la santé publique.

Cette convention est l’annexe 11- 1 du Code de la Santé Publique (5).

 

Une convention doit être mise en place au sein d’un établissement, qu’il soit public ou privé, recevant des bénévoles. Les dispositions de celle-ci ne peuvent entrer en contradiction, avec les dispositions législatives et réglementaires en vigueur et avec la convention type. La vérification de l’existence d’une telle convention, du respect des lois et règlement par celle-ci et par les bénévoles dans leurs activités au quotidien, n’est quelquefois pas superflue (Cf. article de l’AN II de 2013 - n°140).

Xavier HYVERT

_______

 

 

 

 

éDITORIAL

 

Reconquête républicaine ?

Le 17 février, Emmanuel Macron a commencé à dévoiler sa stratégie de lutte contre « le séparatisme » et le radicalisme islamiste. Il s’est ensuite rendu à Mulhouse dans des quartiers où, dit-il, « la République doit réaffirmer sa présence ». C’est ce qu’il a appelé la « reconquête républicaine. »

S’agissait-il d’aider enfin l’hôpital public grevé par des budgets en perdition ? de rétablir un véritable service des urgences, que les personnels en souffrance et les usagers réclament à cor et à cri ? Non.

Ou bien de rétablir un bac national, fondé sur des épreuves nationales et anonymes ? d’assurer une instruction publique au travers de parcours cohérents, sous l’autorité de professionnels de l’enseignement issus de la Fonction Publique ? Pas davantage !

Voulait-il parler d’une indépendance à nouveau reconnue aux communes, foyers de démocratie menacés par les différentes lois de décentralisation et d’inter-communalité, devenus des casse-têtes pour ces purs gestionnaires que tendent à devenir les maires depuis des années ? …Vous n’y êtes pas !

Non : il s’agit de « laïcité ». C’est ce qui se dit.

Abrogation de la loi Debré et sa suite de lois anti-laïques ? Abrogation du statut concordataire d’Alsace-Moselle ? …Allons ! Sur ces sujets, les réponses sont données depuis longtemps.

Ou intrusion de l’Etat dans des domaines ressortissant à l’organisation d’un culte (en l’occurrence le culte musulman) pour régler des problèmes qui relèvent de l’ordre public ? Ce serait une grave entorse à la loi de 1905. La Libre Pensée, comme les autres associations laïques, a été reçue cette semaine au Ministère de l’Intérieur. Apparemment, le gouvernement n’envisage plus de mesures liées au financement des cultes.

Pour le reste, comme l’indique la FNLP : « … sous réserve d’un abandon d’une partie des ambitions affichées en janvier 2019 et au prix d’une présentation du projet plus habile qu’il y a un peu plus d’un an, les données du problème restent les mêmes, tant du point de vue des modifications envisagées que de la configuration du camp laïque. Toutefois, le contexte général a évolué. D’une part, notre action passée a porté ses fruits puisque le Gouvernement fait preuve aujourd’hui d’une plus grande prudence. D’autre part, celui-ci s’est encore affaibli au cours des treize derniers mois écoulés. »

Ainsi, plus que jamais : « Ne touchez pas à la loi de 1905 ! »

Le Congrès de la Fédération du Rhône a eu lieu samedi 18 janvier 2020.

Le rapport d'activité a porté sur :

  • ü La défense de la laïcité et les menaces pesant sur la lettre et l’esprit de la loi de 1905, ceci dans un contexte social fortement marqué par les tensions générées par le projet de réforme des retraites. Les questions sociales ne peuvent être séparées de nos préoccupations traditionnelles qui tournent autour de liberté de conscience,
  • ü La mise en place en place du SNU (Service National Universel) et ses conséquences pour les programmes scolaires de l’enseignement secondaire. La mise en conformité des programmes d’EMC annoncée par M. Blanquer doit nous alerter, car elle signifie que les enseignants seront amenés à jouer un rôle actif dans la mise en place du SNU, et ceci alors que la redéfinition de leurs carrières est mise à l’ordre du jour par la refonte de leur système de retraite.

Après une large discussion, ce rapport a été adopté à l’unanimité (idem pour le rapport financier). Le succès remporté devant le Tribunal Administrative de Lyon dans l’affaire de la « 1ère » crèche Wauquiez s’appuie sur les conclusions du Conseil d’État et montre que loin d’être à contre-courant, nous portons une vraie demande de transparence sur les questions de laïcité et de façon plus générale sur toutes les questions liées à la défense des libertés démocratiques.

Le quitus financier a été donné au trésorier sortant qui ne se représente pas. Remerciements à Jean-Louis Andrieu pour tout le travail accompli depuis de nombreuses années.

A l’issue d’une large discussion, l’assemblée a adopté la résolution suivante, afin de réaliser l’union de toutes les forces laïques afin de défendre la loi de 1905 :

Aux élus, militants et associations laïques se réclamant du respect de la loi de 1905,

Les libres-penseurs du Rhône, réunis en congrès de la fédération départementale samedi 18 janvier 2020, ont pris connaissance de la proposition lancée par la Fédération Nationale de la Libre Pensée d’une initiative nationale en vue de s’opposer à toute modification de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat.

Les pistes avancées par l’exécutif iraient en effet dans le sens d’un renforcement des pouvoirs accordés aux cultes en leur offrant de nouvelles sources de financement (alors que l’Eglise catholique profite déjà très largement des subsides publics), mais aussi en leur confiant un rôle régalien de police des consciences dans le cas du culte musulman, qui deviendrait de fait une communauté reconnue par l’Etat.

Tel est notre point de vue, qui ne demande qu’à être discuté.

La communication très sélective et contradictoire du chef de l’Etat sur ce qu’il entend faire en matière de laïcité n’est pas faite pour dissiper nos inquiétudes. La Libre Pensée n’a pas été reçue, et n’a obtenu aucune réponse à ses questions.

Ce qui nous réunit, c’est l’attachement à la loi de 1905 dans sa lettre et dans son esprit. Nous avons participé à des actions et conférences communes pour réaffirmer cet attachement. Ensemble nous avons porté cette exigence, les 9 et 10 novembre 2018, par un rassemblement suivi d’une délégation à la Préfecture du Rhône.

Ensemble nous nous situons dans la lignée des 10 813 697 pétitionnaires du Serment de Vincennes prononcé le 19 juin 1960 contre la loi Debré institutionnalisant le financement public de l’enseignement privé.

L’année 2020 verra le 60e anniversaire du Serment de Vincennes.

Parce que pour notre part nous avons toujours été fidèles à cet engagement, nous nous adressons à vous pour demander : n’est-ce pas le moment de rassembler le camp laïque sur ses fondamentaux ?

Quelles que soient la date et la forme retenues, nous vous proposons d’en discuter autour d’une même table. C’est pourquoi nous prendrons prochainement contact avec vous – si vous en êtes d’accord – pour définir les modalités pratiques d’une telle rencontre.

Avec l’expression de nos salutations laïques et républicaines,

Vœu adopté à l’unanimité, samedi 18 janvier 2020

Fin novembre dernier, le magazine « L’Obs » faisait paraître, un riche article sur Philippe Barbarin, récemment éclaboussé et jugé pour son rôle dans l’affaire Preynat.

L’auteur de l’article, Frédéric Martel, est l’auteur de « Sodoma », enquête sur l’homosexualité au sein de l’Eglise catholique vendue à 450 000 exemplaires. F. Martel est plutôt confiant quant à la capacité de l’Eglise romaine de réformer ses mœurs, même si les premiers engagements du Vatican pour éradiquer la pédophilie de ses rangs datent désormais du siècle dernier. Comme l’écrivait C. Eyschen dans une note de lecture (La Raison mai 2019) : « (…) l’ouvrage fonctionne sur la thématique suivante : le pape actuel est un brave homme, ses prédécesseurs n’étaient pas reluisants et la seule question est qu’il est mal entouré. » Quant à la couverture des crimes de pédophilie par la hiérarchie catholique, la question n’est quasiment pas abordée. Si Frédéric Martel n’a rien d’un anticlérical – et justement pour cela ! - ses analyses sur Barbarin et le diocèse de Lyon n’en sont que plus intéressantes. Sa caractérisation de la « machine à cash » que constitue la Fondation Fourvière rejoint toute l’hypocrisie juridico-commerciale que la Libre pensée dénonce depuis des années.

Laissons de côté l’affaire Preynat, les procès en cours, les anecdotes plus ou moins croustillantes sur M. Barbarin. L’essentiel n’est pas là. Et on aura l’occasion de reparler de l’affaire Preynat.

 (…) Dès son arrivée entre Saône et Rhône, il [Barbarin] comprend que l’Eglise de Lyon a une très haute opinion d’elle-même. Son chef doit avoir une ambition pour deux. Il se lance dans un incroyable programme de séduction et de collecte : les grandes familles richissimes de la ville d’abord (…) ; les grandes entreprises de la région ensuite (…) ; le petit patronat catholique enfin (…). Il a également des visées hégémoniques sur la Fondation Fourvière, finalement contrariées. Alors, pour financer les activités de son diocèse, il crée sa propre machine à cash : la Fondation Saint-Irénée. (…)

Pour récolter les chèques des patrons et les subventions des élus locaux, il contourne les règles de la loi de 1905 par le tourisme. Si la laïcité interdit de financer la basilique Notre-Dame-de-Fourvière… elle n’a rien à redire aux aménagements urbains de « la colline qui prie » si c’est pour attirer les curieux. Il imagine donc un pèlerinage de masse pour Fourvière.

Le projet ? Au lieu des deux millions de visiteurs réguliers chaque année, la « montagne mystique » et sa basilique pourraient en attirer cinq. Des étoiles dans les yeux (nuitées d’hôtels, notes de restaurants, royalties en tout genre…) l’élite économique et politique lyonnaise se met à rêver avec lui. Promettant monts et merveilles, Barbarin lance, avec le soutien du maire ; « Cap 2011 » avec un objectif de 37 millions d’euros de fonds collectés.

S’il y a un mystère dans cet écosystème lyonnais qui se met en branle comme un seul homme derrière le primat des Gaules, c’est la relation atypique qui naît entre le maire alors socialiste Gérard Collomb et le nouveau cardinal (…)

A la traditionnelle cérémonie du vœu des Echevins, chaque 8 septembre, tous les réseaux laïques se retrouvent à la basilique de Fourvière. Cette année, Gérard Collomb a fait applaudir Barbarin, absent du fait de sa condamnation en première instance – suscitant de vives critiques.

 

tuna altinel

 

Vendredi 24 janvier était annoncé l’acquittement de Tuna Altinel, ce mathématicien enseignant-chercheur à l’Université Claude Bernard, privé de visa et jugé pour de prétendus liens avec le terrorisme kurde alors qu’il était en vacances en Turquie. Il avait été traducteur lors d’une réunion publique en février 2019 à Villeurbanne, en présence d’un ex-député kurde en exil.

 

On devait déchanter quelques jours plus tard, après un pourvoi en cassation du ministère public pour vice de procédure, non motivé. Il est probable que Tuna Altinel devra encore patienter longuement pour son retour en France, en espérant qu’il ne soit pas condamné et emprisonné.

Il aurait pu, il aurait dû être présent ce mercredi 27 février pour une nouvelle édition de la réunion tenue il y a un an presque jour pour jour – ce qui aurait constitué un magnifique pied-de-nez à ses juges, et l’affirmation publiquement assumée qu’il n’est en rien un terroriste, mais un citoyen révolté et un militant des Droits de l’Homme.

La Réunion-Débat à l’initiative du Comité Lyonnais pour la Libération de Tuna Altinel

« Cizîr/Cizre/Djizré : histoire d'un massacre » a eu lieu jeudi 27 février 2020 au Palais du Travail de Villeurbanne avec la participation de Faysal SARIYILDIZ, ancien député HDP (Parti Démocratique des Peuples), témoin des événements.

Cizre, les faits : L’année 2015 voit une percée du HDP, Parti démocratique des peuples, aux législatives du 7 juin. Mais l'espoir est vite noyé dans le feu et le sang à partir de fin juillet. Un attentat commis par un sympathisant de Daech le 20 juillet, suivi de l'assassinat deux jours plus tard de deux policiers turcs.

Cela sert de prétexte à l'état turc et à son maître ERDOĞAN pour reprendre la guerre contre le PKK, la guérilla kurde dont la branche syrienne a arrêté Daech en Syrie.

En août, de nombreuses villes du Kurdistan de Turquie proclament une « autonomie démocratique », inadmissible pour l’État. Ces villes sont encerclées et bombardées par l’armée et les forces « spéciales » turques qui emploient les grands moyens (artillerie lourde, chars d’assaut). C'est la politique de la terre brûlée contre une guérilla urbaine formée par des jeunes des quartiers. Dans chaque ville l'État suit la même stratégie : un couvre-feu est annoncé et les habitants sont sommés de quitter le quartier ou la ville. Ceux qui resteront sont considérés comme « terroristes » et traités comme tels, parfois abattus sans jugement. Cizre subira plusieurs couvre-feux, de plus en plus violents. En tant que « centre » régional, la ville subira les pires atrocités.

Le bilan (non officiel évidemment) conclura à 251 morts « militaires » pendant le siège (Kurdes et soldats turcs) et 175 morts civils dans les caves, dont 150 brûlés vifs. La Présidente de la Fondation Turque pour les Droits de l’Homme, Şebnem Korur Fincancı, conclura à une « intention génocidaire ».

 

 

Amitiés Kurdes de Lyon, Association France Kurdistan 69, Comité universitaire de soutien à Tuna Altinel, Ensemble ! 69, Espace Culturel Mésopotamie, FSU 69, Gauche Républicaine et Socialiste 69, Génération.s 69, Ligue des droits de l’homme 69, Libre Pensée 69, NPA 69, PCF 69, Parti de Gauche 69, UD CGT 69, CNT 69, Union Syndicale Solidaires 69

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

C’est donc un militant des Droits de l’Homme, un citoyen curieux de s’informer en conscience sur des exactions commises par son propre pays, qui a été accusé et qui encore retenu loin de la France où il travaille. Alors que les représentants de l’Université Lyon I sont curieusement absents des initiatives prises en soutien d’un de leurs chercheurs, les maires de Bron et de Villeurbanne ont pris l’initiative de prendre position dès le mois de juin pour que M. Altinel soit totalement innocenté. Le 27 mai, M. Pierre-Luc Devinaz a pris la parole au nom de la municipalité de Villeurbanne. Puis la parole a été donnée à Tuna Altinel, par vidéo interposée, qui a donné lecture de sa déclaration face à ses juges :

 

 

 

 

DÉCLARATION DE TUNA ALTINEL FACE À SES JUGES

 

 

Messieurs les juges,

Aujourd’hui sont présents des amis, collègues et représentants d’organisations de Turquie et de différents pays du monde. Je voudrais commencer par les remercier pour leur soutien. (…) Malheureusement, la fin du mois de janvier évoque aussi un événement douloureux, qui reste dans les mémoires de tous ceux qui refusent de faire taire leur conscience. Écoutons :

(un enregistrement sonore pris au téléphone fait entendre des coups de feu, des cris épouvantés dans une angoisse interminable)

https://m.bianet.org/bianet/insan-haklari/171683-cizre-deki-yaralilarin-48-saat-onceki-son-ses-kaydiyayinlandi

Ces cris ne sont pas sortis d’un film. Ils se sont élevés à Cizre, le 30 janvier 2016.

On peut encore trouver l’enregistrement sur internet, sur des sites d’information. Qui a poussé ces cris ?

Des hommes politiques, des activistes, des gens du quartier, des jeunes, des vieux, des Kurdes, des Turcs… Peu importe. Ils avaient en commun d’être restés prisonniers sans défense des sous-sols où ils allaient perdre la vie. Ils ont été tués par les forces de sécurité dans le chaos où la Turquie était plongée.

C’étaient des « terroristes ». Leur identité, leur nombre, pourquoi ils étaient dans ces sous-sols d’immeubles, cela importait peu. On a remis à leurs proches des sacs avec leurs os carbonisés. « Tiens, c’est ton père ».

 
 
 
 

 

Par la suite, de nouveaux immeubles ont rapidement remplacé les bâtiments détruits, comme s’il ne s’était rien passé (…)

Comment est-il possible qu’une violence irraisonnée soit employée, au vu et au su de tous et que, si peu de temps après, au lieu de panser les plaies, on se conduise comme s’il ne s’était rien passé ?

La première chose que j’ai faite pour interroger, apprendre, et me confronter à cette réalité fut de me rendre dans les villes où ces événements avaient eu lieu, de parler aux gens.

(…) Ce sont les mêmes sentiments qui ont motivé ma participation à la rencontre “Cizre, Histoire d’un massacre”, organisée le 21 février 2019 par l’Association Amitiés kurdes Lyon-Rhône-Alpes, dont je suis membre, raison pour laquelle je comparais aujourd’hui devant vous. (...)

Faysal Sarıyıldız, fit une intervention, qui fut suivie par un débat. Pour que l’information, le débat et la confrontation aient la portée la plus large possible, tous les écrits et les paroles furent exprimés en trois langues, le kurde, le turc et le français. Les enregistrements de cette soirée sont toujours disponibles sur des plateformes accessibles à tous, Facebook par exemple.

Ce caractère public était d’ailleurs l’un des objectifs visés, pour pouvoir toucher tout le monde.

Quelle a été la réaction du pouvoir politique ?

Le consulat général de la République de Turquie à Lyon, a espionné cette réunion organisée en France, par une association fondée légalement et dirigée par des citoyens français, qui avait obtenu toutes les autorisations officielles pour l’organisation d’une telle soirée.

Ce même consulat a dénoncé cette association comme une “organisation affiliée au PKK” à son ministère de tutelle, et par l’intermédiaire de ce ministère au ministère de l’Intérieur.

En conséquence, lorsque je suis entré en Turquie le 12 avril 2019, mon passeport m’a été confisqué. Le motif ne m’a pas été communiqué. (…) Un procès pour appartenance à une organisation terroriste a été ouvert contre moi. J’ai passé 80 jours en prison.

Le 30 juillet 2019, lors de la première audience, le tribunal a décidé de ma remise en liberté, sans contrôle judiciaire ni interdiction de sortie du territoire. Cependant, ma requête pour recouvrer mon passeport a été refusée (…)

Il s’agit d’une grave attaque contre la liberté de pensée et d’expression. (…)

Messieurs les Juges, le verdict que vous rendrez dans ce procès est d’une importance cruciale pour la liberté de pensée et d’expression en Turquie. La tolérance face aux critiques les plus sévères, la liberté d’exprimer des idées différentes par des voies légales, qu’il s’agisse de médias divers ou de réunions, peuvent se résumer en un seul mot dans ce procès : acquittement !

Dans le cas contraire, vous aurez posé une pierre de plus sur la voie de l’arbitraire, où les juges et procureurs d’aujourd’hui seront les accusés de demain.

À vous de décider !

Tuna Altınel, le 24 janvier 2020

 


 

M. Faysal SARIYILDIZ, ancien député HDP (Parti Démocratique des Peuples), était présent à Cizre.

Témoin des événements, il en a commenté le déroulé en turc en commentant une série de photos parfois insoutenables. Il est ensuite revenu sur la question kurde en Turquie au travers d’un dialogue avec la salle, une question comparable par certains aspects à celle du génocide arménien – mais beaucoup plus sensible en réalité, du fait que les événements sont actuels. La nation kurde, c’est près de 40 millions d’habitants répartis sur cinq pays, auxquels il faut ajouter une diaspora importante. Elle est la plus grande nation au monde sans état.

Cela ne signifie pas que la question kurde puisse se résoudre par la création d’un État (le « Kurdistan » est beaucoup trop morcelé et mêlé à d’autres populations. Elle ne peut se résoudre que par la reconnaissance des droits du peuple kurde, de sa langue, de sa culture, de son droit à l’existence tout simplement.

       
 
 
 
 

Simple anecdote, mais éclairante : la lettre x a été interdite dans l’alphabet kurde …parce qu’elle n’existe pas en turc !

Activisme des « loups gris » (groupes de l’extrême-droite turque), déni des droits, flicage, on ne s’étonne plus de ce qui est arrivé à Tuna Altinel.

Mais cela nous rappelle une autre affaire : en mars 2019, une réunion-débat de la Libre Pensée de l’Ain, organisée sur les problèmes du Kurdistan syrien, était sabotée par des provocateurs qui parvenaient même à peser sur l’autorité préfectorale pour faire interdire la réunion !

 
 
 
 
 
 

Les événements de Châtillon sur Chalaronne, 8 mars 2019

             Le 8 mars 2019, le groupe Calandras de Châtillon organise une conférence « Kurdistan syrien, le Rojava aujourd'hui... » dans la salle municipale. Des affiches ont été placées en ville, des invitations ont été envoyées soit par courrier, soit par mail, la presse relaie l'information.

            Le samedi une affiche accrochée à l'entrée a disparu.

            Vers 17h45, la gendarmerie de Bourg en Bresse téléphone à l’organisatrice Mme Desboeuf pour dire qu'elle a été informée de la tenue de la conférence par la préfecture et par le consulat turc et qu’il y a risque de choquer la communauté turque. Elle demande quelle est cette conférence qui semble faire l'apologie du « PKK ».

C’est évidemment faux et toutes les précisions sont données.

            Vers 18h30, nouvel appel (indépendant du 1er) de la gendarmerie de Châtillon, dans le même sens.

            À 18h45, le conférencier M. Lebrujah et Mme Desboeuf sont interpellés par deux hommes, qui cherchent à les intimider.

D’autres arrivent, frappent sur les vitres et tentent d’ouvrir les portes alors que la salle est en préparation.

Décision est prise de contacter la gendarmerie de Châtillon.

            Des membres de l'association arrivent, deux gendarmes sont derrière eux. Ils contrôlent les identités. Le conférencier leur explique que les hommes dehors sont des turcs islamistes pro-Erdogan.

Un gendarme répond qu'il n'est pas là pour faire de la politique.

Ils rendent responsable le conférencier d'éventuels troubles à l'ordre public et lui reprochent ses tweets. Un des gendarmes affirme : « la liberté de penser c'est bien, mais pas pour ce soir !»

Les personnes présentes décident d'annuler la conférence.

               Face à la gravité des faits, M. Rachel Mazuir, sénateur de l’Ain, écrira à M. Le Drian, ministre des Affaires étrangères.

Une délégation d’associations sera reçue en préfecture, qui cherchera à apaiser la situation. Le 12 avril se tenait enfin la conférence prévue.

 

 

         Charlie Hebdo 3 avril 2019

 Libres propos, libres pensées

Retour sur la chute du Mur de Berlin : une si bonne affaire ?

 

Il n'aura fallu que 30 ans pour que nos médias s'avisent enfin que la "réunification" n'a pas donné, (et de loin) les résultats promis et a été de facto un "Anschluss" menant au démantèlement brutal des structures du pays pour s'approprier son patrimoine et son/ses marché/s à l'Est. On n'hésite plus à parler de colonisation pure et simple. Quelle nouvelle ! Une ex-allemande de l'Est le dit à la radio : "Je suis descendue dans la rue pour obtenir des réformes en RDA, pas pour être annexée par la RFA." Raté !

Mais selon le principe de la "stratégie du choc" selon laquelle c'est en période de troubles que l'on peut faire passer les pires "réformes", la RDA a été phagocytée par la RFA capitaliste. Privatisée. Challenges (nov. 2019) : "80% de la population a connu le chômage." Le rêve de liberté a débouché sur un traumatisme inattendu… mais indélébile.

Un Ossie le résume amèrement ainsi : "Nous étions libres ("frei" : libre, signifie aussi "sans") : libres d'emplois, libres de rues sécurisées, libres de soins de santé gratuits et libres de sécurité sociale". (Cf. l'historien belge Jacques Pauwels).

Le chef d'orchestre Daniel Barenboïm qui dirigea à Berlin-Est un concert gratuit trois jours après la chute du mur fait part de son sentiment très mitigé : "Il y a eu le triomphalisme de l'Occident : on a gagné, on a gagné, etc. Le communisme n'a pas marché, mais le capitalisme crée lui aussi beaucoup de problèmes. Le monde a raté une chance unique de créer un système entre les deux."

Au lieu de cela on fit tabula rasa, tout fut jeté à la rue : les produits de la RDA (avec les étagères !), des milliers d'entreprises fermées, des bibliothèques entières jetées à la décharge et brûlées (comme en 1933 !), des orchestres classiques démantelés (il y en avait 85), la totalité des 260 maisons d'éditions fermées, qui pour la plupart publiaient des ouvrages non idéologiques (livres d'enfants, littérature, techniques, sciences, médecine, etc.). On jeta tout !

Le D-Mark était devenu l'étalon ultime.

La culture ? Le chef d'orchestre emblématique de la RDA Kurt Mazur, mort à 88 ans aux USA, tint bon jusqu'au bout : "Ce fut une catastrophe pour la culture." La plupart n'eurent évidemment jamais assez d'argent pour réaliser leur rêve de pouvoir voyager dans un Occident fantasmé et l'exotique banane si désirée, ce symbole de la consommation de l'Ouest qui faisait tant rêver les Ossies a un goût bien amer : 30 ans après elle n'est toujours pas digérée. Mais la chute du mur de Berlin a-t-elle été une si bonne affaire pour nous tous ?

Interprétée par nos prop-médias comme la légitime victoire de la liberté (le capitalisme) sur l'oppression (le socialisme), elle a avant tout signifié l'immixtion de la cupidité la plus débridée dans la vie des travailleurs du monde entier et à commencer bien sûr par ceux de l'Allemagne de l'Est qui l'ont aussitôt expérimentée à leurs dépens. Depuis, fait inédit dans l'histoire du monde, de nos jours 162 individus possèdent plus que la moitié la moins riche de l'humanité (OXFAM janvier 2020).

Car le capitalisme qui avance toujours les mots "liberté", "démocratie", "concurrence", n'en a que faire et s'efforce surtout de les réduire pour pouvoir les supprimer dès que possible. Business first !

Ce ne sont là que des mots creux destinés aux nigauds qui les gobent, puis en seront les victimes.

Car si défectueux, oppressif, peu attractif qu'était devenu le bloc communiste, il était cependant un considérable croquemitaine et une vraie entrave à l'hégémonie capitaliste mondiale, et obligeait celle-ci à présenter un visage humain, social et (un peu) partageux aux peuples placés sous son système, de peur qu'ils ne le contestent et se soulèvent.

Depuis lors, bas les masques ! On a pu ouvrir les vannes de la mondialisation néo-libérale pour pressurer le monde entier sans frein, exacerbant la compétition de tous contre tous. Ce fut le signal du saccage préprogrammé de l'État social solidaire se préoccupant du bien-être de sa population et où, par la mutualisation des risques de santé, de chômage, d'éducation, retraites, services publics, etc. ceux-ci échappaient à l'insatiable cupidité du Kapital.

Pour, en un mot, vivre dans une société civilisée.

L'époustouflante réussite de la Chine avec son économie mixte mais sous ferme contrôle de l'État nous enseigne au moins ceci : que l'accusation classique d'inefficacité de l'État et du secteur public est totalement fallacieuse et ne résiste pas aux faits.

L'économiste universitaire américain R. D. Wolff estime qu'aussi bien les russes que les chinois ont prouvé leur formidable capacité à transformer en quelques décennies un pays arriéré semi-féodal en une grande puissance technologique moderne.

   Mais les soviétiques, largement ruinés, détruits et décimés par les destructions infligées par les nazis ont commis après la guerre des erreurs dont celle, fatale, de se laisser entraîner par les USA dans une infernale course aux armements au détriment du

 

bien-être quotidien de leurs peuples et des libertés, ce qui a finalement conduit à la chute du Mur et l'effondrement en 1990 du système soviétique.

   Erreur fatale, selon Wolff, que les chinois se sont bien gardés de réitérer en faisant passer leur montée en puissance économique bien avant leur puissance militaire. Car si chacun peut sans doute contester la forme, la réalité est incontestable : la sortie rapide de la misère absolue et de l'illettrisme de centaines de millions de chinois, amenant leur classe moyenne éduquée à plus de 420 millions, de 4% en 2002 à 31% de nos jours. Qui dit mieux ?

   Ellen Brown : "Neoliberalism Has Met Its Match in China"- (Le néolibéralisme a trouvé son égal en Chine). Elle écrit : "Le parti communiste sait bien que pour conserver son pouvoir, il devra lutter contre les inégalités et orienter l’économie vers un modèle plus efficace et plus écologique." Le désastre soviétique a été bien étudié et compris !

Et ce qui nous est présenté par Hollywood comme la victoire "américaine" sur le nazisme, n'a pu être possible que parce que l'Armée Rouge avait au prix le plus fort brisé irrémédiablement les reins de la puissante Wehrmacht (90% des pertes militaires allemandes sont dues à l'Armée Rouge).

La défaite allemande était alors inéluctable et les alliés occidentaux ont pu aller au secours de la victoire en se précipitant en Allemagne, certes au prix de pertes militaires très importantes mais absolument incomparables avec celles subies par l'URSS, mais surtout pour éviter qu'elle ne soit envahie par les soviétiques avant eux, d'où la partition en deux États de notre ennemi historique récent le plus acharné, un très puissant voisin qui nous a attaqués et occupés deux fois en 25 ans : "J'aime tellement l'Allemagne que je suis ravi qu'il y en ait deux ! " disait François Mauriac. À tort ?

(L'Allemagne unifiée n'a existé qu'à partir de 1871, après notre désastreuse guerre de 1870 contre une ligue d'États germaniques menée par la Prusse).

Unité perdue certes retrouvée, mais en vassal modèle des USA, toujours occupée par 25 bases US, dopée par l'ouverture vers les marchés de l'Est et sa main d'œuvre bien formée mais bon marché, l'Allemagne est (re-)devenue le poids lourd de l'Europe, son centre de gravité, la France occupée in fine victorieuse étant ravalée en sous-vassal.

Ursula Von der Leyen, ex-ministre des armées RFA, nouvelle présidente de la große Kommission Européenne n'hésite pas à déclarer :"L’Europe doit apprendre à utiliser le langage de la force". (Horizons et Débats, Suisse). On ne se refait pas !

L'€uro de la BCE réputée indépendante de Francfort n'est en fait que le D-Mark rebaptisé et étendu à presque toute l'UE avec des effets économiques gravement néfastes pour des États enfermés par traité léonin dans un carcan monétaire et budgétaire et l'obligation faite d'emprunter "sur les marchés" (c.-à-d. aux banques !), États qui ont ainsi renoncé à leur pleine souveraineté. Il ne leur (et ne nous) reste plus que l'austérité (mais pas pour tous !) comme valeur d'ajustement. On est dedans !

   Et les Églises (catholique, orthodoxe & C°) et les hobereaux de l'Europe de l'Est convertie au capitalisme le plus sauvage et débridé ont récupéré leur lustre, leurs biens confisqués et toute leur influence (culte, enseignement, charité, etc.) : Poutine est diabolisé uniquement parce qu'à la différence de son ex-mentor, le poivrot notoire et corrompu Boris Eltsine qui les laissait faire, il tient les prédateurs financiers occidentaux à distance des immenses richesses de son pays. Il a les siens !

Et on devrait considérer tout cela comme un progrès ?                                                   RJ


 

info des amis d'etienne dolet

"L’imprimerie et la librairie sont libres" (art. 1, Loi 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse

       
   

Le Maire du 3°arrondissement vient de nous faire la proposition d’une exposition du Banquet des Humanistes en honneur d’Etienne DOLET dans les locaux de la Maison des Associations, Château Sans Souci, avenue Lacassagne (avec quelques modifications de la maquette).

Nous avons remercié le maire du 3° et donné notre accord, le lieu étant de qualité, très fréquenté et bien situé.

Il est vrai que cette proposition arrive bien tard.

 
 
 
 
 

 

 

(La fresque exposée sur le mur de la salle principale du Château Sans-Souci)

La proximité et les aléas des élections municipales, sans parler de la confusion politique actuelle à Lyon ne permettent pas d’espérer une inauguration avant des mois. Si jamais elle a lieu, les résultats pouvant réserver des surprises. Nous avons demandé que l’offre soit officialisée. Nous avons en effet expérimenté déjà bien des déboires, la fresque a été censurée et finalement interdite par la mairie centrale, sous divers prétextes.

Dolet a toujours des adversaires dans cette ville. Restons prudents. L’association vous tiendra au courant.

Cotisations 2020 : 10 € à l’ordre des Amis d’Etienne Dolet –

chez Marcel Picquier 7 avenue Berthelot 69007 Lyon

éDITORIAL

 

A NOS LECTEURS

Ce n° de L’An II n° 179 est envoyé sous forme numérique à nos adhérents et abonnés. Les circonstances exceptionnelles liées au confinement ne nous permettent pas l’envoi « papier » sous la forme habituelle.

Un tirage papier sera cependant assuré, que nous transmettrons à nos lecteurs ne disposant pas des moyens nécessaires pour recevoir la version numérique, ou à ceux qui nous en feront la demande

 

 

 

 

A l’heure où nous écrivons ces lignes, le début du « déconfinement » est organisé par les autorités de l’Etat, dans une atmosphère étrange où les millions de Français confinés caressent l’espoir de retrouver une vie normale mais éprouvent aussi la crainte d’avoir à affronter une situation où les conditions de sécurité ne seraient pas assurées.

Cette méfiance s’explique assez par l’expérience vécue au cours de printemps 2020, sans masques de protection ni organisation massive de dépistages  réputés « inutiles » du seul fait …qu’on n’avait pas le matériel nécessaire ! Quant à la situation des services de santé, on s’avise un peu tard que la mise en coupe réglée du système hospitalier était grosse d’une catastrophe prévisible. La résistance obstinée des personnels de santé et en particulier des urgentistes n’ayant pas suffi à faire reculer la technocratie dirigeante,  on s’est retrouvé avec des services débordés, des personnels épuisés, des patients à traiter selon des priorités de moins en moins médicales. Ajoutons la mortalité en EHPAD est encore très loin d’être connue, et qu’elle est manifestement sous-évaluée.

Toutes ces questions devront trouver une réponse, et les personnels de santé s’y préparent. Ils ont même déjà commencé, si l’on en juge par les prises de position, pétitions en ligne, courriers, motions syndicales dont il ne nous appartient pas de faire le compte. Du reste ce sont les médecins et les soignants qui en parlent le mieux.

C’est une certitude : rien ne sera plus comme avant. Et il ne s’agira pas seulement de « gestes-barrières », mais des questions politiques les plus cruciales. Pour ne prendre qu’un seul exemple : que restera-t-il de l’Europe de Maastricht ? Le respect des « critères de convergence » a volé en éclats face à la crise sanitaire ; et Bruxelles s’est trouvée devant le fait accompli.

Les étudiants dont on supprimait les APL, les retraités dont la modeste pension était grevée par la CSG, les « Gilets jaunes » renvoyés à leur insuffisance en culture économique, les manifestants contre la remise en cause du système des retraites, tout ce « petit » monde découvre avec consternation que l’argent existe, par milliards, dès qu’il s’agit de sauver l’entreprise libérale. Et ils s’en souviendront.

Le journal patronal « les Echos » écrivait le 21 avril : « Le déconfinement progressif qui se fait jour dans la plupart des pays du monde pourrait relancer les mouvements de protestation : troubles sociaux, manifestations violentes, révoltes, voire révolution. » D’une certaine façon, nous partageons la même analyse.

Le rôle de la Libre Pensée n’est pas de se substituer aux syndicats ni aux partis. En revanche, si l’élaboration de programmes sociaux n’est pas notre affaire, il nous importe beaucoup que toute forme d’organisation sociale se fasse sur les principes qui garantissent la laïcité, la liberté de conscience, les droits et  libertés individuels et collectifs, le libre choix du citoyen formé à l’école de la République. Nous en en sommes assez loin, quand on voit les mesures d’exception se multiplier, et pas seulement depuis la crise sanitaire.

Au fait : c’est bien beau de réfléchir aux sociétés à venir. Mais aux dernières nouvelles ? M. Emmanuel Macron est toujours président, et il n’a sûrement pas renoncé à dénaturer la loi de 1905.

Commençons donc par là. Car très vite nous devrons être prêts avec tous les laïques pour dire : « Ne touchez pas à la loi de 1905 ! »

P.G.

 

BOB DEVILLE

 

COMMUNIQUE DU 24 MARS 2020

EN HOMMAGE AU MILITANT LAÏQUE BOB DEVILLE

Le Bureau de la Libre Pensée du Rhône a appris avec une grande tristesse la disparition de Robert, dit « Bob » Deville, à l’âge de 90 ans.

Elle présente ses plus sincères condoléances à son épouse Elise, à sa famille et à ses proches.

Pour la Libre Pensée comme pour tous les laïques et les militants de l’Education, le nom de Bob Deville signifiait beaucoup de choses : un engagement de chaque instant au service l’école publique et laïque, un engagement concret de chaque jour qu’il a assumé comme principal de collège dans son village de Villié-Morgon, puis à la direction de la fédération du Rhône des Œuvres laïques, pendant 21 ans, de 1984 à 2005.

On lui doit la création du centre de vacances UFOVAL de Lépin-le Lac en Savoie, fermé en 2005 mais qui a marqué des générations d’enfants pendant un demi-siècle. Donner du bonheur à tous, et donc aux moins fortunés, par la promotion d’un tourisme social, voilà ce qui le motivait.

C’est ce même souci humaniste qui lui faisait dire, au moment de quitter la présidence de la F.O.L. :

« Enseigner, éduquer, c’est permettre de construire des hommes et des femmes différents, mais qui se respectent. A une condition, ne pas avoir d’un côté l’école Sainte-Marie, et de l’autre l’école-ghetto des petits Maghrébins. »

Bob Deville était attaché viscéralement aux principes de laïcité. Il a témoigné de sa vie professionnelle et militante dans un « récit » au titre éloquent : « L’Ecole au cœur » où l’on comprend ce qu’a été le dévouement pour l’école publique de ces instituteurs issus des Ecoles Normales honnies par le Régime de Vichy.

Bob faisait volontiers confidence d’un certain désenchantement politique : jamais il n’a oublié les 11 millions de signatures en 1960 pour l’abrogation de la loi Debré et le « serment solennel » de Vincennes « de lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation ».

La trahison laïque de la gauche au pouvoir après mai 81 l’a profondément touché.

Mais Bob ne s’est jamais non plus découragé. Nous avons trouvé en lui un allié sûr, engagé et généreux dans les affaires Bissuel ou Sant ’Egidio, cadeaux offerts aux Eglises et aux cléricaux.

Car Bob était aussi attaché la justice sociale qu’à la liberté de conscience.

Récemment encore, il s’élevait contre l’organisation de la messe et l’installation d’un local paroissial à l’intérieur du bâtiment de la mairie de Vauxrenard, de plain-pied avec l’école communale.

Nous nous souvenons aussi qu’il participait régulièrement aux cérémonies pacifistes organisées autour du monument de Villié-Morgon. Il se proposait même de présider une réunion publique à l’initiative de l’Association Laïque des Amis des Monuments Pacifistes du Rhône en 2020, pour présenter le livre sur le monument de Chauny en mémoire des « Fusillés pour l’exemple » de la 1ère guerre mondiale. Il ne sera plus là, mais ce qu’il aurait souhaité sera réalisé.

Qui je suis et d’où je parle ?

 

Le texte ci-dessous reproduit la 1ère partie de l’intervention de Bob Deville au colloque organisé par la FNEC – Fo le samedi 1er octobre 2011 « Un Combat pour l’Ecole » :

« Je suis un maître d’école retraité. Je suis entré en fonction au lendemain de la guerre de 40, un peu après la Libération, avec, dans ma tête, dans mon cœur et dans ma chair, le souvenir cuisant des restrictions, des bombardements, de la peur d’un occupant agressif, et des arrestations inopinées d’inconnus, d’amis, ou de proches…

Je suis un enseignant d’une autre génération, mais qui a vécu intensément, à différents moments de l’histoire, de grandes et belles luttes pour défendre l’Ecole, l’Ecole publique, l’Ecole de la république, ouverte à tous, sans aucune distinction.

Des luttes qui marquent et qui comptent par l’importance numérique des manifestations qu’elles ont générées :

Ÿ   Comme celle de 1959-1960 à partir et contre la loi Debré, et qui fut marquée par l’inoubliable Dimanche 19 juin 1960 où, avec les 25 000 délégués réunis au parc des expositions de la Porte de Versailles, nous portions les cahiers débordants des 10 813 697 signatures de pétitionnaires hostiles à la loi de division, inoubliable dimanche où nous avons prêté solennellement serment de fidélité à l’école de la République !

Ÿ   Comme celle du 20 novembre 1983, à Yssingeaux, en Haute-Loire. Yssingeaux sans lycée public, Yssingeaux dont l’arrondissement ne comptait, cependant, pas moins de 5 lycées privés… et où nous fûmes 35 000 manifestants !

Ÿ   Ou celle de janvier 1994 contre le projet Bayrou, qui visait à modifier la loi Falloux et apporter une nouvelle aide financière à l’enseignement privé.

Ce 16 janvier 1994 fut une immense manifestation citoyenne, joyeuse et bon enfant, mais ferme et claire, une manifestation qui a stimulé la confiance des laïques de ce pays qui, au-delà des structures traditionnelles des partis, des syndicats et des organisations, ont voulu rappeler qu’il ne faut pas toucher aux valeurs-références de la République, dont la plus précieuse, parce que la plus porteuse d’espérance est l’école, l’école laïque !

Enthousiaste, partout je répétais alors : La laïcité, c’est comme l’oxygène dans l’air… dès qu’on en manque, les Français réagissent !

En 1984, j’ai été élu Président actif de la FOL du Rhône, et pendant vingt-deux années, préoccupé par l’éducation populaire dans ce magnifique réseau de près d’un millier d’associations laïques conduisant dans le Rhône une multitude d’actions sportives, culturelles et de loisirs, en direction des jeunes, en direction des citoyennes et des citoyens, dans chaque quartier, dans chaque village…

C’est dire que j’ai consacré ma vie toute entière à un généreux militantisme, au service de l’instruction et de l’éducation dans l’école, et au-delà, au service de l’éducation populaire.

Deux mots encore, pour dire que j’ai été profondément marqué, dans mon jeune temps, par le régime de l’Etat français du Maréchal Pétain, avec son salut aux couleurs du lundi matin où, l’on faisait chanter aux petits écoliers que nous étions, Maréchal nous voilà et un refrain édulcoré de la Marseillaise… le refrain préféré du Maréchal, Amour sacré de la Patrie !

Comme m’ont marqué les exactions de la milice, et la propagande de cette triste période au cours de laquelle, je le rappelle, la Ligue de l’enseignement, et donc la Fol du Rhône, furent interdites…

Aussi, dès mon entrée à l’Ecole normale d’instituteurs, en 1946, ai-je épousé, pour la vie, la conviction que la laïcité est l’une des plus précieuses valeurs républicaines, porteuse d’un ambitieux projet humaniste et émancipateur, indispensable à la construction du vivre ensemble dont notre société avait déjà besoin… et depuis…, je n’ai jamais cessé de promouvoir et de défendre la laïcité ! »

à propos de l’affaire preynat

 COMMUNIQUÉ                                                          Lyon, le 20 avril 2020

La Fédération du Rhône de la Libre Pensée a pris connaissance de l’appel interjeté par l’ancien prêtre Bernard Preynat qui aboutit pour ce prédateur sexuel à une impunité de fait. La libération de Bernard Preynat intervient à l’issue d’une longue procédure, retardée et entravée par la hiérarchie catholique depuis des décennies et à tous les niveaux.

Le « cas » Preynat aurait dû être réglé depuis des décennies, ce qui aurait épargné des souffrances indicibles à tant de victimes, qui en subissent les conséquences encore à l’âge adulte. Par « hiérarchie catholique » nous entendons les archevêques qui se sont succédés à Lyon depuis les années 60, tous cardinaux et primats des Gaules : Renard, Decourtray, Balland, Billé, Barbarin. En somme, le gratin du gratin.

C’est aussi le Vatican, d’où viennent les directives. Mais le cardinal Ferrer, son représentant mis en cause par Barbarin et cité à son procès, a tout fait pour échapper à ses responsabilités. Comme nous l’expliquait François Devaux, président de l’association « la Parole libérée » :

« Il y a eu 3 tentatives pour lui faire remettre une citation à comparaître. La seconde a nécessité de faire traduire et certifier conforme la citation à comparaître en espagnol et italien, je vous laisse imaginer le coût de ces 70 pages. Pour la 3ème on a fait appel à la valise diplomatique car le Vatican est un état. Mais comme Ferrer n’a pas signé l’avis de réception de la requête, la justice française ne peut pas statuer. »

L'association « La Parole libérée » a été créée en décembre 2015 à l'initiative de victimes du prêtre dans les années 80. Elle a rendu le dossier public le dossier et accusé les évêques successifs du prêtre de ne pas avoir pris de mesure immédiate. Après un an de fonctionnement l'association a dénombré 400 personnes victimes d'actes de pédophilie.

Son président, M. Devaux, nous déclarait aussi : « C’est Barbarin qui est au cœur de ce qui nous intéresse, car il représente le système, au-delà des délits de Preynat. » Nous sommes totalement d’accord.

Aux yeux de la libre Pensée, ce système comprend la concussion anti-laïque institutionnalisée à Lyon, avec les subventions au culte catholique et au « dialogue inter-religieux », la promotion du culte marial lors du 8 décembre ou à l’occasion du Vœu des Echevins. Comme on est entre amis, les élus locaux, à commencer par le maire Gérard Collomb, n’ont eu cesse d’accorder leur soutien à l’Eglise et à M. Barbarin en particulier.

M. Collomb était clair à ce sujet, au micro de Jean-Jacques Bourdin. C’était en mai 2016 :

« Je comprends évidemment qu’il y ait eu ces victimes de la part de l’Eglise catholique, ça je condamne totalement. Mais pour connaître Barbarin, ce n’est pas quelqu’un qui cherche à cacher les choses. Je pense qu’il essaie de mettre de l’ordre dans sa maison. C’est peut-être pour cela d’ailleurs que le Pape dernièrement l’a défendu avec autant de vigueur. »

 

DERRIÈRE PREYNAT : BARBARIN ; ET DERRIÈRE BARBARIN : LE VATICAN.

LA LIBRE PENSÉE DU RHONE EST CONSCIENTE QUE TOUT CELA FAIT SYSTEME, STRUCTURE SUR LES CINQ CONTINENTS.

C’est pourquoi elle livre à la réflexion de chacun cet extrait du blog de Keith Porteous Wood, porte-parole de l’Association Internationale des libres Penseurs et son rapporteur sur les affaires de pédophilie dans l’Église

 

LIBRE PENSÉE/Association Internationale de la Libre Pensée L’IMPUNITÉ DES ECCLÉSIASTIQUES DEVANT LA LOI UN BLOG DE KEITH PORTEOUS WOOD (*)

 

Pourquoi les institutions françaises tolèrent-elles et facilitent-elles les actes pédophiles ?

    

 

Au mois de mars, un tribunal de Lyon a libéré Bernard Preynat bien que l'ancien prêtre ait été reconnu coupable de violences sexuelles à grande échelle sur des mineurs pendant des décennies.

Preynat avait été condamné à cinq ans de prison mais n'a pas été incarcéré, en attente d'un appel.

85 victimes ont témoigné au cours du procès. Preynat lui-même a admis avoir agressé et abusé sexuellement d'enfants depuis les années 1960 ; on pense que ceux-ci sont au nombre de 2 000.

Malheureusement, la plupart de ces crimes tombent sous le coup du délai de prescription étonnamment court en France. Néanmoins, la peine équivaut à un seul jour de prison pour chacune de ses victimes.

La peine était inférieure au minimum de huit ans recommandés par le procureur.

Même huit ans semblent une peine légère pour un pédophile à une telle échelle qui n'a montré aucun remord pour ses crimes. La plupart des victimes étaient des scouts.

En plus d'abuser de la confiance que l’institution religieuse lui accordait en tant que prêtre, Preynat a abusé de la confiance qu'on lui accordait en tant que chef scout. Il avait des amis haut placés. Il a été protégé par cinq cardinaux archevêques de Lyon successifs : Renard, Decourtray, Balland, Billé et Barbarin.

L'affaire Preynat est devenue célèbre lorsque le cardinal Barbarin a été reconnu coupable de ne pas avoir signalé aux autorités les sévices infligés aux enfants par le prêtre, à l’encontre des lois françaises sur l’obligation de signalement.

Preynat a déclaré au tribunal qu’il avait reconnu ses crimes devant Barbarin en 2010 et 2014.

Cependant, Preynat n'a été défroqué qu'en 2019, plus d'un demi-siècle après que l'Eglise ait appris qu'il abusait sexuellement d'enfants. Le cardinal Barbarin est impénitent sur ce point et sur ses propres échecs à dénoncer Preynat, se considérant comme une victime parce que ses manquements ont détruit sa réputation.

Le ministère public avait refusé de traduire Preynat en justice, obligeant ses victimes à engager des poursuites privées qui ont abouti à un verdict de culpabilité. La condamnation de Barbarin a été annulée en appel, mais les victimes de Preynat font appel de cette décision devant la plus haute juridiction française.

Le puissant film-documentaire sur la lutte des plaignants pour la justice, “Grâce à Dieu”, a provoqué une tempête en France. Le titre est tiré de la remarque de Barbarin aux journalistes choqués : "Par la grâce de Dieu, la plupart des délits sont couverts par la prescription".

De nombreux Français et les victimes elles-mêmes se sentent totalement abandonnés par le système judiciaire français. Certains experts estiment que Preynat, qui a 74 ans, pourrait arriver au bout de sa vie sans avoir purgé une seule journée de prison. La remise en liberté d'un prédateur pédophile aussi dangereux dans l'attente de son appel, qui pourrait prendre des années, est une insulte supplémentaire aux victimes et aux citoyens concernés.

L'affaire Preynat-Barbarin n'est qu'une facette d'un énorme problème. Une enquête de la télévision française a révélé que 25 évêques catholiques ont protégé 32 religieux ayant abusé d'enfants en France au cours du dernier demi-siècle. Certains d’entre eux ont été déplacés dans d'autres paroisses ou même à l'étranger, une stratégie Classique de l'Église catholique.

Quatre de ces évêques sont toujours en fonction et Barbarin n'a démissionné que récemment face à la pression de l'opinion publique et des médias. Aucun d'entre eux n'a été inculpé, et encore moins emprisonné pour avoir bafoué les lois sur l’obligation de signalement par un système judiciaire qui semble ne voir aucun problème à remettre en liberté un prédateur condamné aussi dangereux que Preynat.

L'actuel évêque de Bayeux et ses deux prédécesseurs n'ont pas dénoncé le prêtre Roger Matassoli, accusé de multiples crimes sexuels contre des enfants sur six décennies.

Des sources au sein de la police française ont affirmé que Matassoli avait été protégé. La liste des 25 évêques n'est pas complète ; elle exclut, par exemple, l'évêque de Bayeux.

Et son absence de signalement n'a été révélée qu'en raison de la publicité faite autour du meurtre de Matassoli à la fin de l'année 2019. Le meurtrier présumé affirme que Matassoli a abusé de lui et de son père avant lui et que son grand-père s'est suicidé en apprenant cela. Le suspect a été décrit comme ayant des problèmes mentaux et est actuellement détenu dans un hôpital de la prison.

Si les évêques avaient obéi aux lois sur le signalement obligatoire, les victimes de Matassoli auraient peut-être été épargnées, deux personnes ne seraient pas mortes et un jeune homme ne serait pas confronté à la perspective de vivre dans un asile de prisonniers.

Certains observateurs affirment que sa santé mentale n'est peut-être même pas en cause.

Cela m'amène à la complicité du Saint-Siège (Vatican) au plus haut niveau. Le Comité des droits de l'enfant a vivement critiqué le Saint-Siège en 2014 à propos des "prêtres qui ont été félicités pour avoir refusé de dénoncer les abuseurs d'enfants", en référence à une lettre de 2001 accréditée par le Pape Jean-Paul II.

Des fonctionnaires et des organismes haut placés du Vatican ont activement encouragé la désobéissance aux lois françaises exigeant, entre autres, le signalement des abuseurs présumés.

En 2015, le Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi du Saint-Siège a conseillé au Cardinal Barbarin "d'éviter le scandale", au mépris des lois françaises sur le signalement obligatoire, conseil que Barbarin semble avoir suivi avec enthousiasme. Le fait de ne pas signaler un cas de maltraitance d'enfant n'est pas un crime sans victime. Comme le montrent de nombreux documents, de tels manquements ont permis d'autres abus, souvent sur plusieurs décennies, ruinant d'innombrables vies avec un coût énorme pour la société à différents niveaux.

Les citoyens français ont peut-être besoin d'ouvrir un débat sur le maintien du pouvoir de l'Église catholique en France malgré la prétendue laïcité républicaine que de nombreux politiciens invoquent lorsqu'ils veulent se permettre d'interdire le voile du visage et les prières publiques pour les musulmans.

La République française semble certainement être revenue à l'époque prérévolutionnaire où les princes de l'Église et leurs prêtres pouvaient impunément bafouer le droit civil. Tout le monde devrait être égal devant la loi et j'encourage tout le monde, y compris les médias, à attirer l'attention sur tout favoritisme et exceptionnalisme qui profite aux sectes religieuses et leur permet d'agir en dehors de la loi.

Je demande instamment une réforme majeure de la législation sur le signalement obligatoire en France afin de renforcer les sanctions en cas de non signalement des abus commis sur des enfants dans des institutions, y compris les écoles religieuses, les unités de scoutisme et d'autres organismes et, en attendant, la pression publique sur les autorités pour qu'elles appliquent et fassent respecter les lois existantes.

Les lois de prescription de ces crimes doivent être révisées pour tenir compte du fait qu'il faut en moyenne 33 ans aux victimes d'abus pour se manifester et parler de ce qu'elles ont enduré dans leur enfance.

La protection de ceux qui dénoncent ces crimes est également essentielle.

Toutes ces réformes sont recommandées par le groupe de pression MandateNow (**) !

L'application et l'exécution des lois existantes et la réforme de ces lois sont nécessaires pour assurer la conformité de la loi française avec l'article 19 de la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant, qui vise à "... protéger l'enfant contre toute forme de violence, d'atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, y compris les abus sexuels".


(*) Keith Porteous Wood est l’un des porte-parole de l’Association Internationale de la Libre Pensée, en charge de la campagne contre les crimes sexuels des Eglises. (**) www.mandatenow.org.uk

 

 

 

 

 

 

aumôneries

AUMÔNIERS, AUMÔNERIES

À L’HÔPITAL ET EN EHPAD PUBLICS

 

La question des aumôneries dans les hôpitaux : quelles dispositions légales et réglementaires essentielles ?

 

La loi de 1905 de sur la Séparation des Eglises et de l’Etat a posé : (1).

 

Dans ans son Article 1 : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. » et dans son article 2 :

« La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites aux budgets les dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons »Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l'article 3. »

C’est à ce titre qu’il appartient aux établissements relevant du titre IV du statut général des fonctionnaires (2) d’assurer le fonctionnement d’un service d’aumônerie destiné à répondre aux besoins spirituels des patients ou résidents qu’ils accueillent.

 

Au terme de la circulaire du 20 décembre 2006 (3) : « des services d’aumônerie, au sens de l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905, peuvent être mis en place pour chaque culte qui le demande, en fonction des besoins exprimés ou recensés par l’établissement hospitalier, social ou médico-social concerné. Quel que soit le culte auquel ils appartiennent, les aumôniers sont recrutés ou autorisés par les chefs d’établissement sur proposition des autorités cultuelles dont ils relèvent en fonction de leur organisation interne : évêchés, consistoires israélites central, régionaux ou locaux, aumônier national hospitalier du conseil français du culte musulman ou des conseils régionaux du culte musulman et commissions nationale ou régionale des aumôneries des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux de la fédération protestante de France ou présidents des Conseils régionaux de l’église réformée de France, etc. En l’absence d’autorité cultuelle clairement identifiée, il ne peut être donné droit à une demande de mise en place d’un service d’aumônerie. »

Nous traiterons plus loin des particularités relatives aux établissements sociaux et médico-sociaux.

 

C’est aux aumôniers des établissements de santé mentionnés à l’article 2 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière (4), qu’incombe la charge d’assurer, dans ces établissements, le service du culte qu’ils représentent et d’assister les patients et leur famille qui en font la demande ou ceux qui, lors de leur admission, ont déclaré appartenir à tel ou tel culte.

Quel que soit le culte auquel ils appartiennent, les aumôniers sont recrutés en qualité d’agents contractuels ou autorisés en tant que bénévoles par les chefs d’établissement, sur proposition des autorités cultuelles dont ils relèvent en fonction de leur organisation interne.

Les aumôniers doivent pouvoir disposer d’un local de permanence pour recevoir à proximité du lieu réservé au recueillement. Les cultes sont célébrés au sein des établissements soit dans un lieu de culte existant, lorsqu’il s’en trouve un dans l’enceinte de l’établissement, soit dans une salle rendue disponible à cet effet.

Il est possible de prévoir une salle polyvalente, partagée entre différentes aumôneries, dès lors qu’il y a accord entre les aumôniers de différents cultes. Ces obligations doivent cependant être conciliées tant avec les exigences du service hospitalier qu’avec les possibilités de l’établissement. Les directions veilleront particulièrement à la bonne signalisation de ces locaux et à ce que les personnes ou les résidents disposent d’une information claire sur les différents services d’aumônerie de l’établissement.

 

Dans chaque établissement, conformément à la circulaire du 5 septembre 2011 (5), un référent chargé du service des aumôneries hospitalières est désigné. Il est l’interlocuteur privilégié des représentants des différents cultes et doit faciliter les relations entre les aumôniers, les services et les usagers de l’hôpital. Il est chargé d’organiser l’information des patients et de leur famille, dès l’admission et tout au long du séjour, sur la possibilité de faire appel à un ministre du culte de leur choix. Il est chargé de rédiger le projet de service des aumôneries, qui doit chercher avec les différentes obédiences, la meilleure prise en compte des convictions des uns et des autres.  Il doit rédiger le rapport d’activité du service des aumôneries.

 

La Fédération nationale de la Libre Pensée a dénoncé dès le premier jour pour ce qu’elle est, cette circulaire du 5 septembre 2011 et la Charte nationale des aumôneries qui lui est annexée : une circulaire, qui autant par son contenu et sa méthode est profondément anti laïque, élaborée en partenariat avec les chefs religieux.

 

Qu’on en juge : les aumôniers ont la charge d’assister les patients qui en font la demande (rien de plus normal), mais aussi : « ou ceux qui, lors de leur admission, ont déclaré appartenir à tel ou tel culte. »

Ce qui enclenche le mécanisme suivant : vous déclarez être de telle religion, automatiquement on vous remet entre les mains de tel religieux. C’est du pur communautarisme : la volonté librement exprimée du citoyen, croyant ou non est limitée, sinon abolie par une déclaration d’ordre général. Nombreux sont les patients qui déclarent une religion et qui n’acceptent pas pour autant d’être dérangés dans leur chambre par tel ou tel, fut-il de la religion en question.

À supposer qu’il soit légal d’interroger les patients et donc de les ficher sur leur appartenance religieuse.

Ajoutons, après expérience personnelle, que les représentants des aumôneries ne se gênent pas, quelquefois et tant qu’il n’y a pas un rappel à la loi, de circuler dans les couloirs des hôpitaux pour aller proposer leur service aux malades dans les chambres sans que ces derniers les aient sollicités. Il arrive que le(a) représentant(e) de l’aumônerie et le(a) bibliothécaire proposant, dans les chambres des livres et revues au hospitalisés, soit une seule et même personne installant une confusion sur laquelle il est facile de jouer.

 

Plus grave encore, « les aumôniers éclairent, le cas échéant, l’équipe médicale et soignante sur les implications que peuvent avoir certaines de leurs décisions au regard des convictions et pratiques religieuses des patients. » Que les aumôniers « éclairent » les équipes, voilà qui est tout à fait inacceptable.

C’est au patient et à lui seul, (par directives anticipées ou par personne de confiance interposée, le cas échéant) qu’il revient de donner ou pas un consentement libre et éclairé aux soins !

Ce principe fondamental de liberté individuelle pour le patient et d’éthique professionnelle pour les équipes ne peut ni ne doit être remis en question. Pur communautarisme encore le fait de prétendre que le chef religieux parle « de droit » au nom du citoyen réduit ici à n’être que le fidèle soumis aux dogmes.

Ce n’est pas un détail non plus qu’un fonctionnaire hospitalier, désigné comme « référent du service des aumôneries », soit chargé de rédiger le « projet de service » et le « rapport d’activité » du service des aumôneries, comme s’il s’agissait d’un service hospitalier participant à la prise en charge des malades et non plus comme une simple possibilité offerte par la Loi de Séparation au citoyen qui voudrait à titre personnel pratiquer le culte de son choix durant une période d’hospitalisation.

 

La Libre Pensée rappelle qu’elle a demandé, dès sa parution, l’abrogation de cette circulaire du 5 septembre 2011, qui à ce jour ne l’est toujours pas.

La Libre Pensée rappelle également que l’intervention d’un représentant d’une religion auprès d’un patient ne peut, en tout état de cause, se faire qu’à la demande exclusive du patient.

 

L’application de la loi de 1905 dans les Etablissements d’Hébergement des Personnes ÂGÉES Dépendantes publics  (EHPAD) : quelles dispositions légales et réglementaires essentielles ?

 

Les EHPAD sont régis par le code de l'action sociale et des familles.

Ils constituent la catégorie d'établissements mentionnés au 6° de l'article L. 312-1 du CFAS (6).

En général, les EHPAD sont dotés de la personnalité morale (ils sont autonomes), parfois publique, en majorité privés. Ils peuvent être annexé à un Etablissement Public de Santé ou dépendre service municipal. Bien sûr, et quelle que soit la nature de la personnalité du gestionnaire de l'EHPAD, les personnes qui y sont admises disposent de l'intégralité des droits et libertés fondamentales (sous réserve de curatelle, curatelle renforcée ou tutelle), conformément à l'article L. 311-3 du CFAS qui garantit notamment le respect de leur vie privée.

Par conséquent, outre ce que nous avons pu écrire concernant les personnes hospitalisées, les résidents d’un EHPAD, public (ou privé) peuvent manifester leur appartenance religieuse :

  • Dans le cadre entièrement privatif de leur chambre
  • Mais aussi dans celui des parties communes, de même que chacun est libre d'exhiber une belle croix romaine dans le hall de son immeuble.
  • Ils sont également fondés à recevoir un ministre du culte de leur choix ou à se rendre à un office religieux de son choix et s’ils ne peuvent se déplacer, celui doit être organisé au sein de l’établissement.

 

Il sera utile d’examiner d’autres aspects de l’application de la laïcité dans les établissements hospitaliers publics et les EHPAD publics, comme :

  • La situation des patients, des visiteurs, au regard de la Laïcité, c’est-à-dire de la liberté de conscience, à l’Hôpital comme en EHPAD, au regard des droits et libertés de choix des patients, des résidents, au regard de l’alimentation, du traitement, du choix du médecin, de la pratique éventuelle d’un culte ;
  • Les droits et devoirs des personnels.

 

J’attire l’attention sur le paragraphe 7 des points d’alerte de l’avis du 30 mars du Conseil scientifique placé auprès du Président de la République pendant la crise sanitaire pris au mépris de la loi de 1905 et de l’obligation de neutralité de l’Etat en matière religieuse et, qui ne peut que conforter la Libre Pensée dans son opposition la circulaire du 5 septembre 2011 et son incitation à engager ses adhérents à faire remonter tous les cas de violations de la laïcité qui viendraient à leur connaissance et à multiplier les initiatives pour son abrogation:

 

« 7. Accompagnement spirituel. En termes de santé publique, le « soin pastoral » est également essentiel dans toute réponse à une crise épidémique. Le Conseil scientifique recommande de soutenir l’initiative des principaux représentants des communautés religieuses pour la création d’une permanence téléphonique nationale. Cette permanence prendrait la forme d’accompagnement spirituel et bénéficierait d’écoutants sélectionnés, proposés et pris en charge par chacun des cultes, qui sont disposés à les mettre à disposition dans les plus brefs délais. Les écoutants, qui répondront dans une démarche inter-cultes, pourront orienter ceux qui le souhaitent vers des personnes désignées par chaque culte pour répondre à leurs besoins spécifiques. Le Conseil scientifique souhaite attirer l’attention sur la nécessité d’accompagner les initiatives actuelles notamment de création d’une permanence téléphonique nationale d’accompagnement spirituel inter-cultes. »

 

 

La Libre Pensée n’entend pas renoncer au combat pour le retour au respect intégral de la Loi de Séparation de l’État et des Cultes de 1905, telle qu’elle fut votée par la majorité républicaine de l’époque.

Xavier Hyvert.

  • (1) Légifrance - Version en vigueur au 23 avril 2020.
  • (2) Légifrance -Loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière. Version en vigueur au 23 avril 2020
  • (3) Légifrance - Circulaire DHOS/P1 n° 2006-538 du 20 décembre 2006 relative aux aumôniers des établissements mentionnés à l’article 2 de la loi no 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière.
  • (4) Légifrance - Loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière. Version en vigueur au 23 avril 2020
  • (5) Légifrance – Circulaire n° DGOS/RH4/2011/356 du 5 septembre 2011 relative à la charte des aumôneries dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière.
  • (6) Légifrance - Code de l'action sociale et des familles – Version en vigueur au 23 avril 2020 - Section 1 : Etablissements et services sociaux et médico-sociaux  - Article 312-1- I.-

 

Libres propos, libres pensées

 

Comment Taïwan a contenu le Coronavirus

 

On peut sans conteste juger du degré de civilisation d'un État à la façon dont il traite, respecte, écoute et protège sa population. Et on peut aussi faire des comparaisons...          RJ

Interviewé le 3 avril 2020 par Amy Goodman (Democracy Now! New York), le Dr Jason Wang, directeur du Centre pour Politiques, Conséquences et Prévention de l'Université Stanford (Silicon Valley, Californie) décrit les mesures prises par le gouvernement taiwanais.

En dépit de la faible distance (160 km) de la Chine continentale, avec des vols réguliers de et vers Wuhan, Taiwan a réussi à contenir la propagation du Covid19 par une action précoce et des mesures énergiques, telles que l'accroissement immédiat et spectaculaire de la production d'équipements médicaux et un suivi avancé des citoyens détectés et assignés à quarantaine, démontrant que gouverner ne se résume pas à interdire.

Voici une synthèse des propos du Dr Jason Wang sur les mesures prises à Taïwan

 

 

  • Fin 2019, dès les premières rumeurs de nouveau Coronavirus, le gouvernement taiwanais a envoyé aussitôt des médecins de son Centre de Contrôle et Prévention des Maladies (CDC) pour enquêter à Wuhan.
  • Ils ont constaté que cela pouvait mener à une nouvelle épidémie et même une pandémie. Ils ont immédiatement décrété un niveau de vigilance élevée, comportant une campagne de dépistage massif.
  • Dès le 1er janvier 2020, ils ont commencé à monter dans les avions arrivant de Wuhan pour inspecter tous les signes et symptômes sur les passagers et vérifier s'ils avaient de la fièvre et des symptômes respiratoires.
  • Ils ont ainsi pu trier à l'intérieur même de l'aéroport tous les passagers avant leur sortie, plaçant les passagers malades en secteur 3 (confiné). Puis ils ont stoppé tous les vols venant de Wuhan et activé l'alerte de niveau 3.
  • Il a été imposé à tous les passagers passés par le secteur 3 de subir une quarantaine de 14 jours, pendant lesquels le gouvernement leur a procuré nourriture et contrôle médical trois fois par jour. (NdR : Selon le vice-président Chen Chien-jen, un épidémiologiste et ancien ministre de la Santé, initiateur de la stratégie taïwanaise, la quarantaine à impliqué 50 à 60.000 personnes revenues de l'étranger.)
  • Si une personne décidait de rompre la quarantaine, il lui serait infligé une grosse amende.
  • Si leur état empirait, le gouvernement les dirigeait par un cheminement médical spécial, loin des grands hôpitaux pour les amener dans un hôpital spécial pour états fiévreux.
  • Puis ils ont intégré leur programme d'Assurance Santé Nationale à la base de données du programme d'immigration et des douanes, mais (pour protéger les données privées), seulement pour les 14 derniers jours.
  • Ainsi, si un médecin doit voir un patient et constate (par son accès aux données croisées) qu'il a été à Wuhan dans les derniers 14 jours, il s'assure que lui-même et les soignants soient équipés des vêtements de protection appropriés pour procéder aux tests, ce qui permit à tous les employés de santé en première ligne d'être protégés.
  • Ils ont fait dès janvier 2020 un rapide inventaire de tous leurs stocks disponibles en équipements médicaux : il y avait 44 millions de masques chirurgicaux disponibles, soit presque deux masques par personne.
  • Ils ont décrété la fin immédiate des exportations de masques afin de pourvoir leur population en priorité.
  • Ils ont aussitôt interdit à tous les fabricants des trois couches des textiles nécessaires pour la confection d'un masque d'en vendre, afin de les réserver à la fabrication locale.
  • Ils ont établi 60 lignes de productions de masques. En trois semaines la production est passée de 2 millions à 12 millions par jour et ils ont pu faire des donations de masques à l'UE et aux USA.
  • Le gouvernement s'est préoccupé d'équiper en priorité tous les professionnels de santé en 1ère ligne en équipements spéciaux PPE (Personal Protective Equipment).
  • Ils ont interdit de stocker à titre personnel ou spéculatif tous les équipements de protection : pour obtenir des masques il faut obligatoirement présenter sa carte de Sécurité Sociale.
  • Chaque citoyen normal peut obtenir 10 masques par semaine. Il peut ainsi en changer et continuer à aller à l'école, travailler, prendre le métro, mener une vie normale et non confinée.
  • Le gouvernement a misé sur le dépistage précoce, l'information, l'éducation et le civisme des citoyens. Il insiste massivement depuis le début de la pandémie sur la nécessité absolue de l'hygiène des mains, du port du masque et de rester strictement à la maison si l'on est assigné à quarantaine suite à des tests positifs.
  • Dès le début le gouvernement a utilisé des méthodes qui lui ont été reprochées en Occident (la paille et la très grosse poutre…) car jugées invasives et liberticides (suivi des personnes en quarantaine par GPS/Bluetooth) pour contrôler le respect absolu de la quarantaine pour ceux qui y sont astreints, mais selon le Dr Wang ceci est de moins en moins nécessaire, car cette règle est très largement respectée.
  • Ce pouvoir spécial de surveiller de près les gens contaminés a été accordé au gouvernement grâce à un pacte transpartisan démocratique unanimement accepté et de façon provisoire et exceptionnelle, qui ne pourra en aucun cas être prorogé au-delà de la crise, étant ainsi largement accepté par la population.
  • Jason Wang termine en disant que si le gouvernement n'avait pas eu le support massif du public, il n'aurait pu agir et cela se traduit par un taux de 90% de satisfaction de la gestion de la crise dans les sondages.

Dessin « Le Canard enchaîné »

 

 

 

Et maintenant vous pouvez cocher tout ce que notre propre gouvernement n'a pas, ou mal fait.

 

  • BILAN : Au 27/4/20, TAIWAN, 23 millions d'habitants, n'a toujours que 429 cas confirmés et 6 décès (1,39 %). La plupart des écoles et des entreprises restent ouvertes. L'économie fonctionne.
  • Même date : FRANCE, 67 millions d'habitants, 160.847 cas confirmés et 22.856 décès (14,20 %) L'économie est à l'arrêt.

(Chiffres du CSSE de la John Hopkins University à Baltimore, Maryland.)

   

POUR MÉMOIRE : "À 63 reprises entre 2011 et 2018, la Commission Européenne a recommandé aux États membres de l’UE de privatiser certains pans du secteur de la santé et de réduire leurs dépenses publiques en matière de santé."

(Déclaration de Martin SCHIRDEWAN, Eurodéputé allemand Die Linke)   CQFD ?

 

 

 

 

 

ÉDITORIAL

Avec la réforme des retraites, la valeur du point serait recalculée chaque année par une Caisse nationale de retraite universelle, dont le pilotage de celle-ci serait contraint par les lois de finances proposées par le gouvernement, et par la situation économique. Le risque d’une baisse du point pour raisons budgétaires existe. Règle d’or : le total des dépenses liées au versement des pensions serait fixé à un maximum de 13,8 % du PIB. Et ce, quel que soit le nombre de retraités.
Comme l’a écrit le secrétaire national de la CFE-CGC dans le journal patronal « Les Echos » : « En diminuant l’assiette de cotisation, en décrétant la baisse nécessaire de la répartition dans le PIB, en renvoyant le calcul des pensions à une seule valeur de point aussi aléatoire que les crises économiques à venir sont certaines, le projet de l’exécutif rend nécessaire l’établissement de régimes complémentaires par capitalisation. » C’est une bonne synthèse.
Ce sera aux « partenaires sociaux » de s’entendre pour fixer la valeur du point, sans quoi cette valeur sera fixée en dernier recours par le Parlement. Si cela ne se fait pas, Bruxelles montrera son mécontentement. L’Europe trouve que 13, 8%, c’est déjà trop !
C’est la subsidiarité. Bonne année quand même ! Et courage à ceux qui vont continuer à se mobiliser au cours des semaines à venir… P.G.
Communiqué de la fédération du Rhône de la Libre pensée
« Crèches Wauquiez 2019 » (27décembre 2019)
Pour la 4e année, une crèche a été installée mardi 3 décembre dans le hall d’accueil de l’Hôtel de Région, sur décision du président de la Région Auvergne - Rhône-Alpes.
Pareil à un gamin qui teste l’autorité parentale, M. Wauquiez semble jouer avec les limites de la jurisprudence pour dégrader le principe de laïcité. Le 5 octobre 2017, deux recours, déposés par la Fédération du Rhône de la Libre Pensée et par la Ligue des Droits de l’Homme, avaient pourtant conduit à condamner la Région pour l’installation d’une crèche chrétienne au sein d’un bâtiment de la République en décembre 2016. Le jugement rendu était en pleine conformité avec les avis rendus par le Conseil d’Etat : l’installation d’une crèche ne saurait être légale que dans des cas précis où elle aurait un caractère « culturel, artistique ou festif ». Aucune de ces conditions n’était remplie, et le jugement a été confirmé devant la Cour d’appel.
Nullement découragé, M. Wauquiez a récidivé en 2017 par l’installation de cinq crèches, jouant sur le fait qu’il s’agissait d’une « exposition » relevant des métiers d’art et de la tradition santonnière. Il reniait ainsi le caractère cultuel de son installation, pourtant revendiqué l’année précédente. La crèche installée était encore un « symbole de nos racines chrétiennes » (réponse écrite à une demande de recours amiable de la Libre Pensée). Ce n’était plus vrai en décembre 2017. Moyennant cette discrète apostasie, il obtenait satisfaction devant le Tribunal Administratif. Une crèche : non ! Cinq crèches : oui. C’est ainsi qu’on finasse avec les règles de la laïcité républicaine.
En décembre, dans la commune d’Oingt où existe pourtant une petite tradition d’exposition de crèches aux devantures des magasins, récente mais réelle, le maire-délégué de la Communauté de communes du Val d’Oingt a eu la sagesse de renoncer cette année à installer une crèche dans la mairie. Il a choisi – semble-t-il - d’entendre les remarques émanant de citoyens et libres-penseurs de sa commune. Voilà un exemple dont M. Wauquiez aurait pu s’inspirer !
M. Wauquiez affirme s’être mis en conformité avec la loi de 1905. Personne ne croira à cette tartufferie : après son pèlerinage d’élu au Vatican en 2013, c’est lui qui décida d’un plan massif d’aide aux lycées privés de la Région, essentiellement confessionnels. Il justifiait ses choix en déclarant : « La réussite du privé doit être un moteur pour l’ensemble du système éducatif. »
Pour la Libre Pensée, la reconduction des crèches à l’Hôtel de Région participe d’une entreprise cléricale qui se développe pour vider de son contenu la loi de 1905. Elle passe par les minables manœuvres qu’on observe ici et là autour des crèches, avec l’espoir, comme le dit le P. Stella-Bardillon, que « le contexte social tendu de cette fin d’année va éclipser les polémiques sur la laïcité. » Elle prendrait sa forme institutionnelle avec la dénaturation de la loi de 1905 concoctée dans les cuisines de l’Elysée, avec le double-objectif d’assurer un nouveau financement des cultes et de pousser un islam estampillé « républicain » à assurer certaines fonctions régaliennes de l’Etat.
La Libre Pensée n’est pas dupe des manigances du président de Région. Du reste, qui le serait ? Etant à l’initiative de la rédaction et de l’adoption de la Loi de 1905, elle restera vigilante sur l’application stricte de la loi, aussi bien dans sa lettre que dans son esprit. Elle sait qu’elle pourra compter sur la solidarité de l’ensemble des forces laïques qui se sont déjà mobilisées dans le Rhône pour dire, plus que jamais :
« Ne touchez pas à la loi de 1905 ! »
Appel du 9 décembre 2019 de la Ligue des droits de l’Homme, de la Ligue de l’enseignement et de la Libre pensée


Notre inquiétude est grande. Depuis maintenant de trop nombreuses années, la laïcité est l’objet de remises en cause qui en faussent le sens et la portée.
Ses plus anciens adversaires l’utilisent pour exclure une partie d’entre nous et en font l’étendard de leur haine raciste tandis que certains en contestent les fondements et veulent enfermer chacun dans des identités figées. D’autres enfin, y voient l’occasion de mettre en avant le fantasme d’une société amputée de toute diversité.
Aujourd’hui, ces discours et ces actes émanent d’acteurs politiques, associatifs et religieux, de penseurs célébrés, de femmes et d’hommes de tous horizons. Comme si l’urgence était à la multiplication de ces atteintes intolérables au contrat social !
Car c’est bien de cela dont il s’agit : adversaires et faux amis de la laïcité s’acharnent à saper ce que la République a mis plus de deux siècles à construire. Il est urgent d’y mettre un terme.
La laïcité est un principe issu des valeurs fondatrices de notre contrat politique commun.
La liberté, d’abord, car elle garantit à chacun une liberté de conscience absolue, de pratiquer, y compris publiquement, le culte de son choix ou d’en changer, comme le droit de n’en pratiquer aucun et de contester les dogmes et leurs pratiques.
L’égalité, car, en assurant la séparation des cultes et de l’état et la stricte neutralité de celui-ci vis-à-vis de ceux-là, elle implique de respecter les droits et libertés de toutes et tous sans discriminations.
La fraternité, car elle s’ancre dans l’universelle humanité qui précède en chacun de nous la diversité de nos appartenances.
Malgré les obstacles qu’ils ont rencontrés et qu’ils rencontrent encore, ces principes sont inséparables d’une société ouverte à l’Autre et respectueuse des choix de chacune et chacun. Les remettre en cause, au nom du soupçon, de l’amalgame ou de la haine de telle ou telle religion, en désignant celui ou celle qui serait l’ennemi de la République et de nos libertés, ne fera qu’alimenter la division, le ressentiment et la violence.
C’est pourquoi, nous réaffirmons notre attachement à l’esprit et à la lettre de la loi de 1905 et à sa conséquence, la neutralité de l’État et des services publics.
Nous en avons plus que jamais besoin pour affronter, ensemble, les défis posés aujourd’hui par l’urgence sociale, l’urgence environnementale, l’urgence démocratique
C’est pourquoi nous condamnons les actes et les propos qui feraient de la laïcité une arme d’exclusion ou de discriminations ou l’alibi d’une assignation à résidence, comme ceux qui justifieraient la prééminence d’un dogme sur les lois de la République.
C’est enfin pourquoi nous nous engageons à respecter et faire respecter ces principes et que nous appelons les pouvoirs publics à s’engager dans la même voie et à être irréprochables en la matière.

 

Avec le soutien de :
Syndicats : Confédération générale du travail (CGT), Fédération nationale de l'enseignement, de la culture et de la formation professionnelle Force ouvrière (Fnec FP-FO), Fédération syndicale unitaire (FSU), Syndicat des avocats de France (Saf), Union nationale des étudiants de France (Unef), Union syndicale solidaires
Partis : Ensemble !, Europe écologie les verts (EELV), Gauche démocratique et sociale (GDS), Génération.s, La France insoumise et groupe parlementaire de l’Assemblée nationale, Parti communiste français (PCF), Parti de gauche, Place publique
Associations : Action droits des musulmans (ADM), Amis du 68 rue de Babylone, APF France handicap, Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort), Association France Palestine solidarité (AFPS), Association des Marocains de France (AMF), Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne (Attac), Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (Céméa), Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid), Chrétiens pour une Eglise dégagée de l’école confessionnelle (Cedec), La Cimade, Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), Comité Adama Traoré, Comité national de liaison des régies de quartier (CNLRQ), Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire (Cnajep), Confédération nationale du logement (CNL), Crap - Cahiers pédagogiques, L'Economie sociale partenaire de l'école de la République (L'Esper),Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), Fédération Léo Lagrange, Fédération nationale des associations solidaires d'action avec les Tsiganes et Gens du voyage (Fnasat-Gens du voyage), Fédération nationale des Francas, Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Fondation Copernic, France Libertés - Fondation Danielle Mitterrand, Jeunesse étudiante chrétienne (Jec), Jeunesse au plein air (JPA), Mémorial 98, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Nous sommes aussi l’Eglise, Observatoire chrétien de la laïcité, Pas sans nous, Le Planning familial, Solidarité laïque, SOS Racisme, Union rationaliste.
La faculté catholique de Lyon s’étend, avec l’appui financier et institutionnel de la Région.
Nous publions avec intérêt l’appel lancé à l’initiative de nos camarades savoyards :

NON AU FINANCEMENT PUBLIC
de la construction d'une Université catholique à Annecy
« Fonds publics à l’École Publique, fonds privés à l'école privée »

Les contribuables soussignés, militants laïques, associatifs, syndicalistes, élus et citoyens :
• informés par la presse d'un projet de construction d'une Université privée catholique à ANNECY qui serait financée à 50 % par des fonds publics
• informés des détails donnés le 14 novembre à la Maison diocésaine dans une conférence de presse en présence de M. l’Évêque d'Annecy, des responsables de l'enseignement privé et d'élus des
collectivités locales
• informés du montant de l'investissement de 10 millions d'euros, dont la moitié avec des fonds publics. Le département de Haute-Savoie s’est engagé à apporter 1,5 million d’euros, l’Agglo
d’Annecy 1,5 million d'euros et la Région Auvergne-Rhône-Alpes 2 millions d’euros.
Les soussignés considèrent :
• qu'il s'agit d'une entorse à la loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’État. La loi de 1905
institue la République laïque. Elle garantit la liberté de conscience des citoyens, libres de croire
ou de ne pas croire et elle institue la neutralité de l’État dans son article 2 :
« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte »
• que les fonds publics, qui sont le produit de l’impôt donc l'argent des citoyens, doivent être
réservés uniquement au financement des services publics qui manquent cruellement de moyens en
suivant le principe républicain :
« Fonds publics à l’École Publique, fonds privés à l'école privée »
Les soussignés estiment :
• que le besoin d'une Université Publique est reconnu en Haute-Savoie. L’État et les Collectivités
doivent consacrer les fonds publics nécessaires pour construire une Université Publique de plein
exercice et digne de ce nom.
A chaque rentrée universitaire, des milliers d'étudiants subissent la sélection et une orientation non
choisie, et bien souvent restent sans affectation faute de places avec la loi ORE et le dispositif Parcoursup.
Les bacheliers hauts-savoyards sont contraints de s'externaliser à Chambéry, Grenoble ou Lyon pour
rester dans le service public mais beaucoup renoncent faute de moyens financiers pour leur transport et
leur hébergement.
L'Université souffre d'asphyxie budgétaire et manque cruellement de moyens, de postes, de locaux… et de bourses pour les étudiants dont beaucoup vivent sous le seuil de pauvreté (1 sur 5). L'étudiant de Lyon qui s'est immolé par le feu entraînant la révolte légitime de toute la jeunesse est là pour nous le rappeler.
Adopté le 9/12/ 2019 (jour-anniversaire du vote de la loi de 1905) par : LDH – FOL – Libre Pensée - FCPE – FSU - FO – CGT - Solidaires

TUNA ALTINEL : lettre de la Libre Pensée du Rhône à
M. le Consul général de Turquie (87 rue de Sèze Lyon 6e)
« Monsieur le Consul général,
La Fédération du Rhône de la Libre Pensée a été informée de la situation préoccupante de M. Tuna Altinel, maître de conférences turc en mathématiques à l’Université Lyon I – Claude Bernard, membre actif des « Universitaires pour la paix » et pacifiste convaincu.
M. Altinel a été arrêté le 10 mai 2019 à l’occasion d’un retour au pays natal, et placé en détention préventive pour « appartenance à une organisation terroriste », chef d’inculpation requalifié depuis « propagande terroriste ». Son passeport lui a été retiré et, après une période de détention, il est aujourd’hui en attente d’une nouvelle audience de son procès, prévue le 24 janvier 2020. Il risque entre un et cinq ans de prison.
Son « crime » semble avoir été son rôle de traducteur au cours d’un débat tenu à Villeurbanne le 21 février 2019 organisé par l’association « Amitiés franco-kurdes » auquel participait, parmi d’autres un député en exil du parti Démocratique des Peuples. En France, de tels échanges sont parfaitement légaux, et même salutaires à nos yeux car ils participent du dialogue démocratique.
La Libre Pensée du Rhône, profondément attachée à la liberté de conscience, vous demande d’intervenir pour que son passeport soit restitué sans conditions à M. Tuna Altinel, afin qu’il puisse librement circuler, et pour qu’il soit mis fin à toute forme de harcèlement à son encontre.
Ce serait se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, que la Turquie a du reste ratifiée (…) »

Questions à François Devaux : "La Parole libérée"

 

L’An II : Quelle est l’actualité juridique de vos actions ? 

Du 13 au 17 janvier il y aura le procès de Preynat et le 28 novembre le procès en appel de M. Barbarin.

C’est Barbarin qui est au cœur de ce qui nous intéresse, car il représente le système, au-delà des délits de Preynat. Notre expertise juridique met en avant la notion "de continuité de délit de non dénonciation ", bien plus forte que la notion "d'instantanéité de délit", ne serais ce que pour la durée de prescription.

Mais c'est pas gagné. Mais s'il le faut on ira en cassation. 

 

L’An II : Que peux- tu nous dire des actions vis à vis de Ferrer, directeur de la doctrine de la foi à Rome ? 

Cette action est portée par les parties civiles individuelles, soutenues par l’association. Et il y a eu 3 tentatives pour lui faire remettre une citation à comparaître. La seconde a nécessité de faire traduire et certifier conforme, la citation à comparaître en espagnol et italien, je vous laisse imaginer le coût de ces 70 pages. Pour la 3e on a fait appel à la valise diplomatique car le Vatican est un état. Mais comme Ferrer n’a pas signé l’avis de réception de la requête, la justice française ne peut pas statuer. 

 

L’An II : Pour conclure...

Le Chemin de notre action est difficile, on est face à une forte puissance, l'action militante demande beaucoup aussi, on prend sur soi. Mais on continue !

 

l'admd et la libre pensée

Déclaration de la Fédération du Rhône de la Libre Pensée

Représentée par Xavier Hyvert, à l’occasion de la 12ème Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité, à la réunion publique ADMD (en présence de J-L ROMERO (Pdt national ADMD) et J-L TOURAINE (Député LREM) le 2 novembre 2019, à l’Espace citoyen de la Mairie du 8ème arrdt de Lyon.

 

« Monsieur le Président Jean-Luc ROMERO, Président de l’ADMD, Monsieur Hubert Sapin, son Délégué du Rhône, Monsieur le Député Jean-Louis Touraine, chers ami(e)s de l’ADMD, Mesdames et Messieurs, les liens entre la Libre Pensée et l’ADMD sont anciens et puissants.

Ils reposent sur une même vision humaine et laïque : le droit de choisir sa destinée en toute conscience.

Ni l’ADMD, ni la Libre Pensée n’ont une vision pessimiste de l‘Histoire et de la vie. Bien au contraire, si nous nous préoccupons de la fin de vie, c’est parce que nous voulons une Humanité heureuse qui s’assume pleinement et qui ne permette pas que d’autres dictent nos choix.

 

Et, comme l’écrivait M. le Député de la 3ème circonscription du Rhône : « il est temps maintenant de sortir de l’hypocrisie qui prive certains d’une aide souhaitée et qui impose à tous une agonie pénible. Il convient de donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps et, c’est essentiel, de leur destin. »

Mettant ces actes en accord avec ses écrits, il contribua au dépôt d’un projet de loi le 27 septembre 2017 dont l’article unique énonce : « Toute personne majeure et capable, en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une douleur physique ou une souffrance psychique insupportable, peut demander, dans les conditions prévues au présent titre, à bénéficier d’une assistance médicalisée active à mourir. »

 

Ce droit de mourir dans la dignité, que l’ADMD porte haut et fort, est un droit démocratique des plus essentiels.  La Libre Pensée partage pleinement le point de vue de votre Président, Jean-Luc Romero.

Si la revendication de la dépénalisation de l’euthanasie est une condition nécessaire, elle n’est plus une condition suffisante.

 

La problématique de l’IVG nous a ouvert le chemin à parcourir.

Il fallait obtenir la dépénalisation de l’avortement. Et dans ce mouvement, la conscience humaine a obtenu que cela soit considéré comme un acte médical à part entière et remboursé par la Sécurité sociale. Sans cela, le droit à l’IVG serait un droit sans effet. Il ne faut jamais s’arrêter en chemin, si on veut obtenir satisfaction.

Même si on sait que le droit à l’IVG est sans cesse remis en cause par des politiques d’austérité, sous-tendues par des idéologies réactionnaires et obscurantistes.

Et nous savons tous que le droit à mourir dans la dignité a les mêmes adversaires que ceux qui s’opposent depuis toujours au droit à l’IVG.

 

Oui, il faut revendiquer l’aide active à mourir, car sans elle, le droit à l’euthanasie resterait un vain mot, un droit sans effet. Après différentes études, on pouvait espérer que le projet de loi bioéthique traiterait du problème de la fin de vie :

  • avec l’avis du Conseil Economique Social et Environnemental d’avril 2018 on pouvait, comme l’ADMD se réjouir : avec sa « sédation profonde explicitement létale », il s’agissait de créer un nouveau droit qui consisterait en un soin ultime, un droit sous condition à une euthanasie (acte pratiqué par le médecin) ou à un suicide assisté (acte pratiqué par la personne elle-même). Cet avis du CESE avait validé tant
  • - les constats sur la fin de la vie en France et à l’étranger que les recommandations de l’ADMD en matière de nécessaire évolution des dispositifs accordés aux Français arrivés à la fin de leur vie
  • - ainsi qu’une « dépénalisation conditionnelle de l’aide à mourir ».
  • celle de l’Agence de la bio-médecine, en janvier 2018,
  • celle réalisée par le Conseil d’État, en juin 2018,
  • et l’avis rendu par le Comité Consultatif National d’Ethique, en septembre 2018, au terme des Etats-généraux consacrés à cette question et en particulier l’Opinion du « Comité citoyen sur la fin de vie » mis en place dans ce cadre: «Les deux-tiers d’entre nous tiennent la position suivante : « Nous souhaitons donc que la loi puisse ouvrir la possibilité au suicide assisté et à l’euthanasie au sein des alternatives de la fin de vie, et de les intégrer aux possibilités des directives anticipées sous les conditions suivantes :

- L’ouverture au suicide assisté et à l’euthanasie ne doit pas remettre en cause la possibilité d’avoir accès à des soins palliatifs de qualité sur l’ensemble du territoire.

 

-  Il convient de s’assurer que le patient ait bien pris connaissance des conséquences de son choix, accompagné de son médecin traitant et d’une personne de confiance. Ces droits doivent être limités aux patients atteints d’une maladie incurable, avec une espérance de vie inférieure à six mois. »

 

Des millions de citoyens le demandent (au moins deux sondages) et cela militait également pour que l’Assemblée nationale s’en empare une nouvelle fois :

  • l’étude IFOP d’octobre 2014 pour l’ADMD l’a largement démontré.
  • C’est confirmé par celui de mars 2019, réalisé par IPSOS pour ‘’Lire la Politique’’, intitulé « La situation des libertés publiques en France » : 96% des Français se déclarent en faveur de la légalisation de l’euthanasie).

 

Nous connaissons la présence d’une réaction influente et active au sein de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la révision de la loi relative à la bioéthique.  Des spécialistes auto-proclamés de la morale y défendent leurs valeurs cléricales. (M. Touraine, vous êtes bien placé pour le savoir !)

Cela explique sans doute que la mission ait écarté de son champ d’information l’aide médicale à mourir en faveur des personnes en fin de vie, atteintes d’un mal incurable à l’origine de souffrances physiques et psychiques intolérables :  « Nous pouvons et devons toujours prendre soin des vivants, sans raccourcir leur vie de nous-mêmes mais sans non plus résister à leur mort.– François » et, d’ailleurs la Conférence des Evêques de France reprend à son compte que: « L’agonisant ne demande en général pas à mourir. Inconscient, même s’il râle, il ne souffre le plus souvent plus ».

Ces mêmes résistances expliquent sans doute que mardi 15 octobre 2019, la loi qui a été adoptée, sur le point qui nous préoccupe ce matin, a tourné le dos à l’aspiration majoritaire de la population.

Le CCNE et le Conseil d’État avaient au moins examiné cette question.

 

La Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP) a regretté fortement que la question ait été rejetée sans autre examen. Aussi, il convient de le réaffirmer, le législateur doit ouvrir aux patients atteints d’une maladie incurable entraînant des souffrances insupportables, le droit de bénéficier, à leur demande, d’une aide médicale à mourir.

  • Au regard de la liberté de conscience reconnue à tout individu par la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 et compte tenu également de la dépénalisation du suicide depuis la Révolution française, la sédation profonde et continue ne répond pas à tous les cas de détresse des patients face à la maladie.
  • C’est pourquoi, à l’instar de ce qui se pratique dans des pays voisins, notamment la Belgique et la Suisse, la LP est favorable à la création d’un droit à une aide à mourir en faveur des malades atteints de maladies incurables et subissant des souffrances insupportables.

Oui, comme le concluait la Tribune cosignée par 156 députés, dont M. Jean-Louis Touraine, issus d'horizons divers, parue dans Le Monde du 28 février 2018 : « Il est temps de sortir de l’hypocrisie qui prive certains d’une aide souhaitée et qui impose à tous une agonie pénible. Il convient de donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps et, c’est essentiel, de leur destin. ». Je vous remercie. »

notre librairie

Nous vous proposons deux ouvrages récents qui feront date :

       Le 1er : "Chauny, le 6 avril 2019" (Éditions de la Libre Pensée) 64 pages ; 15 € + port

Cet ouvrage retrace la journée d'inauguration du 6 avril à laquelle vous avez peut-être participé !

Le 2ème : "De Genthioux à Chauny, autour des monuments pacifistes de France"

(Éditions de la Fédération nationale laïque des monuments) 434 pages ; 35 € port compris.

C'est un hommage aux monuments pacifistes, contre la guerre et la barbarie, antimilitariste, dû au travail inlassable de Danielle et Pierre Roy ; c'est le seul ouvrage aussi complet sur le sujet.

  • Le cinquième volume des "Actes des colloques de la L.P." sur la guerre de 14-18 vient de sortir

(Éditions de la Libre Pensée) 495 pages ; 20 € port compris.

Cet ouvrage est divisé en deux parties :

  • - La 1ère partie (colloque de Dijon) décortique le traité de Versailles, fauteur de guerre, facteur de révolutions, et ses conséquences historiques et politiques.
  • - La 2ème partie (colloque d'Aix en Provence) traite de l'armée d'Orient et du Front d'Orient.

Les 5 volumes des "Actes des Colloques" constituent une énorme compilation de connaissances, éléments historiques et analyses sur cette Grande Boucherie qu'a été la guerre de 1914-1918, et aussi une manière de rendre hommage à la mémoire de toutes les victimes, et finalement de se positionner contre l'abomination, l'absurdité, la barbarie de la guerre.

Sont encore disponibles :

Actes du colloque de Soissons (2014) :                                    8 €    (275 pages)

Actes du colloque de Franchesse et Saint-Nazaire (2015) :       12 €   (475 pages)

Actes du colloque d'Aix en Provence et de Toulouse (2016) :   12 €   (475 pages)

Actes du colloque de Lyon (Pétain) :                                      15 €   (495 pages)

       
   
 
 
 

Nous signalons que  quelques ouvrages des Actes du colloque de 2006 "Vanini – Dolet – Bayle" sont encore disponibles (5 €) (104 pages).

C'est toujours d'actualité !

C'est notre camarade Marcel Picquier qui est l'auteur des 28 pages sur Etienne Dolet. res

 
 

 

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libres propos, libres pensées

 libres p"L'opinion, ça se travaille ! " (suite)

 

Dans un article précédent, nous avons présenté Edward BERNAYS, double neveu de FREUD qui fut un maître-expert en manipulation de l'opinion.

Voici un bel exemple de ses "coups" : l'American Tobacco Company, le trust US contrôlant alors le tabac, s'avisant que le tabou social interdisant aux femmes de fumer en public limitait fâcheusement son chiffre d'affaires à la seule moitié masculine des USA, missionna Bernays pour améliorer cela.

Il s'y prit de la façon suivante : en 1929 à New-York, avant la grande parade annuelle de Pâques, il persuada au préalable le groupe des suffragettes qui défilaient pour revendiquer les droits des femmes, de cacher des cigarettes pour les sortir d'un coup et les allumer devant la foule stupéfaite et les nombreux reporters, journalistes et photographes à l'affût, car prévenus à l'avance qu'un coup d'éclat surprise et retentissant allait avoir lieu.

L'impact fut énorme et la presse et la radio en parlèrent pendant des semaines. Les suffragettes expliquèrent à tous vents que les cigarettes ainsi allumées étaient leurs "flambeaux de liberté" (torches of freedom). Immédiatement, les ventes explosèrent, car fumer était soudainement devenu un symbole de rébellion et de liberté de penser.

La cigarette ainsi promue d'un seul coup signe ostensible d'émancipation, les femmes venaient de gagner le droit fondamental de ruiner leur santé.

Les suffragettes "libérées" d'un tabou social oppressif, ainsi que leurs supporters mâles gagnés dans la foulée par la nouvelle symbolique libertaire de la cigarette purent ainsi contribuer à améliorer notablement la bottom-line des bilans comptables de l'American Tobacco Company, sans se douter un instant qu'ils avaient été bernés par Bernays (et qu'il y avait des droits bien plus vitaux à revendiquer).

Edward Bernays vécut 104 ans et a consacré sa vie à utiliser les avancées en psychologie collective pour les mettre au service des entreprises, des partis politiques et autres entités désireuses d'amener les foules à adopter des comportements voulus et s'est enrichi en étant persuadé qu'avec la manipulation de l'opinion il faisait œuvre utile d'éducation et d'information, car quand on trompe ainsi le monde, il vaut bien mieux avoir bonne conscience.

Il pensait tout aussi sincèrement que les foules étaient collectivement incapables de réfléchir et encore moins de se gouverner et qu'il valait mieux que le pouvoir soit concentré "entre les mains des plus capables" (traduisez : des plus riches).

    Il s'agissait de faire en sorte que "la masse" se contente de choisir parmi les membres des classes supérieures les "hommes responsables", auxquels il reviendra le soin de gérer la richesse de la nation.

    Pour qu'elle se contente de jouer ce rôle, il sera nécessaire d'opérer une "vraie révolution dans la pratique de la démocratie" (Walter Lippmann), à savoir la manipulation de l'opinion pour "fabriquer du consentement", comme LE moyen indispensable pour gouverner le peuple en pseudo-démocratie.

"Le public doit être mis à sa place, écrit Lippmann, afin que les hommes responsables puissent vivre sans craindre d'être piétinés ou encornés par le troupeau de bêtes sauvages". Pas moins !

Et de nos jours divers médiacrates ou "chiens de garde" (cf. Paul Nizan) de luxe, grassement payés par leurs patrons, les milliardaires qui possèdent l'essentiel de nos médias nous désinforment en nous racontant des fables qui, hélas ! peuvent s'avérer mortifères : des millions de gens voient leurs vies ravagées par des guerres, des "coups" et "sanctions" juste parce que les foules occidentales l'acceptent : Afghanistan, Irak, Syrie, Iran, Libye, Yémen, Palestine…, la liste des cibles de leur vindicte est interminable, ce qui selon un simple iranien de rencontre (un sage !), "ne reflète que les conflits d'intérêts de nos dirigeants". Faux ?

    Les médias modernes sont de formidables outils qui pourraient servir à informer, éduquer, distraire, cultiver. Mais de nos jours ils ont été kidnappés par une minorité à qui ont déjà été laissées les clés d'un autre outil de pouvoir qui est l'argent, la finance.

    Sous le prétexte que cela leur donnait la capacité "d'investir et de créer des emplois", ils s'en sont servis pour saisir le pouvoir de contrôler nos vies, nos idées, nos déplacements, notre consommation et pour finir nos libertés, de plus en plus menacées.

    Ainsi, dans un paysage médiatique dévasté où la plupart des journalistes sont anxieux de garder leur emploi souvent très mal payé, précaire ou à la pige, l'autocensure est une sage garantie de survie, alors que certains "journalistes", "économistes" et autres pseudo "experts" empochent de grasses prébendes de dizaines ou même centaines de milliers d'euros pour influencer les foules par des articles, des livres ou des "débats" biaisés organisés pour discrètement (mais pas toujours) détourner l'opinion, diffamer et glisser des peaux de bananes aux partis critiques du pouvoir, gilets jaunes, syndicats et autre réfractaires à cette mainmise. C'est de l'information, ça ?   RJ


 

Un bel exemple de "journalisme" en marche : ce que l'on dit… et ce que l'on ne dit pas

 

   Vu à la TV le 3/11/19 sur la 5 : lors du volet de C-Politique sur les élections américaines, une "journaliste" présenta la jeune députée US d'origine portoricaine Alexandria Ocasio-Cortez (AOC), étoile montante de la gauche américaine, comme "Ocasio-Cortez, l'ancienne serveuse". Terminé !

   AOC qui a, faute d'argent, abandonné ses études supérieures, a effectivement dû travailler comme serveuse dans le Bronx pauvre où elle est née (et est l'élue surprise du Bronx-Queens) et elle poursuit opiniâtrement un but ouvertement socialiste et anticapitaliste (de très gros mots aux USA), anti-pauvreté, environnemental, etc., elle n'hésite pas à lever le poing dans les meetings et pourtant "l'ancienne serveuse" a un cursus universitaire dont ladite "journaliste" n'oserait même pas rêver.

   Jugez-en : à 18 ans, en 2007, un astéroïde a été baptisé à son nom (23238 Ocasio-Cortez) par le célèbre Massachusetts Institute of Technology MIT. Elle avait remporté le deuxième prix d'un concours de la Intel International Science and Engineering Fair avec un projet scientifique en microbiologie qu'elle avait commencé lorsqu'elle était encore lycéenne et aspirait alors à devenir gynécologue.

   Mais un stage de quatre mois dans une maternité de brousse au Niger la bouleversa, lui fit prendre conscience que c'est la politique et l'économie qui sont à la base de toute transformation sociale et elle changea ses buts : elle est en 2011 diplômée cum laude (avec honneur), 4ème de sa classe en Économie et Relations internationales de l'Université des Arts et des Sciences de Boston.

   Le décès de son père qui l'aidait financièrement l'obligea alors à abandonner ses études et travailler.

   D'une incroyable pugnacité, AOC s'engage au sein des Democratic Socialists of America et devient en 2018 à 29 ans avec 78% des voix ! la plus jeune candidate jamais élue au Congrès malgré un budget électoral de 194.000 $ contre les

3,4 millions $ de son adversaire (14% des voix !).

    Un séisme national ! Et elle n'est pas la seule à être ainsi élue dans des conditions similaires qui ridiculisent tous les "sondages" des prop-médias aux ordres de leurs maîtres hyper-milliardaires.

Mais ravaler en "l'ancienne serveuse" un parcours aussi remarquable et inspirant mais qui dérange le système en place, c'est tellement plus parlant ! Et honnête ?                RJ