ÉCHOS DES BéNITIERS

 

Querelles orthodoxes

Jean-Michel Dhimoila, ancien moine de 48 ans, a été condamné par la 6e chambre du tribunal correctionnel de Lyon, pour « dénonciation calomnieuse ».

L’ancien moine a écopé d’une amende de 1 000 € et d’1 € symbolique de dédommagement, pour ses propos tenus contre Nikolaos Kakavelakis, représentant de l’église grecque orthodoxe à Lyon depuis 2012.

L’ancien moine dénonçait des supposées dérives, à longueur de blog et de courrier, en particulier auprès de l’ambassade de Grèce à Paris, l’employeur du prêtre. « C’était devenu une obsession, un acharnement », a plaidé l’avocat de la partie adverse, le 20 novembre dernier. La thèse du lanceur d’alerte, avancée par la défense, n’a pas été retenue par le tribunal. M. Dhimoila ne s’y était pas présenté, mais il a annoncé qu’il ferait appel.

 

Gangs of Chicago

À Chicago et dans tout l’Illinois, l'ampleur du scandale des prêtres pédophiles n’en finit pas de finir (comme de la Californie à la Nouvelle-Angleterre). Vendredi 14 décembre, la justice américaine a publié les noms de 700 membres du clergé de l’Illinois accusés d'agression sur mineur. Parmi eux, 185 sont prêtres visés par des « accusations sérieuses ».

La procureure de l'Illinois avait lancé une enquête en août. Ses services ont épluché les archives des six diocèses. Leurs conclusions sont accablantes, même dans ce qui n’est encore qu’un rapport d’étape.

En effet « la plupart des cas n'ont pas fait l'objet d'enquêtes appropriées, ou n'en ont pas du tout fait l'objet » indique la procureure en regrettant que la justice n'ait pas été saisie.

Elle note également le manque de respect et de transparence des autorités ecclésiastiques.

 

Plus blanc que blanc

Le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, a montré toute son intrépidité en publiant immédiatement un communiqué de contrition. Puis, soulignant que la grande majorité des agressions avaient eu lieu plusieurs décennies avant, il s’est vanté d'être, avec ses prédécesseurs « à la pointe de la réponse au scandale des abus sexuels dans l'Église depuis près de trois décennies ».

 

Nouveau monde

L’enquête de l’Illinois avait été lancée après un rapport sur l'Église de Pennsylvanie qui avait suscité une onde de choc. Les révélations du Boston Globe de 2002, popularisées dans le film Spotlight, avaient libéré la parole des victimes à Boston …et ailleurs.

Depuis, de nombreux prêtres ont été exclus du clergé et poursuivis en justice. L'Église a versé des sommes importantes pour dédommager les victimes. On a même craint le défaut de paiement.

Rebelote cet été, les services du procureur de Pennsylvanie ont détaillé les abus perpétrés par plus de 300 prêtres sur un millier d'enfants au cours de plusieurs décennies.

L'archevêque de Washington, le cardinal Donald Wuerl, accusé d'avoir contribué à étouffer le scandale, a dû démissionner. Des listes noires ont été publiées et une dizaine d'États ont initié des investigations.

 

Grâce à Dieu

Inspiré de l’histoire des victimes lyonnaises de pédophilie dans l’Église, le film « Grâce à Dieu », tourné dans la plus grande discrétion, est une fiction inspirée des affaires de pédophilie dans le diocèse de Lyon.

Sa sortie est prévue le 20 février.

 « Le film est un portrait de ces hommes abusés, comment ils ont vécu avec leur traumatisme, comment ils ont libéré leur parole et quelles ont été les conséquences familiales et sociales. Ce film est vraiment raconté du point de vue des victimes », confiait François Ozon au journal Le Progrès le 5 octobre.

Le fait générateur du film est l’affaire Preynat. Le prêtre avait été mis en examen en janvier 2016 pour des agressions sexuelles sur des scouts lyonnais entre 1986 et 1991.

Le procès de ceux qui l’ont couvert aura lieu du 7 au 9 janvier 2019 (à moins d’une manœuvre de dernière minute du Saint-Esprit, qui ne manque pas d’expédients). Comparaîtront le cardinal Barbarin et six autres prévenus pour non-dénonciation de ces agressions. Puis viendra le procès de Preynat lui-même.

 
 

L’innocence flétrie

« Ma démarche est juste d’empêcher la sortie avant le procès » indique l’avocat du père Preynat. « C’est un problème de respect de principes essentiels. On ne peut pas empêcher l’information ni la création. Il n’existe pas de possibilité d’interdire un documentaire, sauf en cas d’atteinte disproportionnée.

Et c’est au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel de trancher (…) Sortir une fiction pour relater des faits correspondant à un procès qui va se tenir à court terme, et qui a été hypermédiatisé au travers de la communication des victimes, c’est quelque chose qui peut porter atteinte à la présomption d’innocence ».

 

 

 

Dans le secret des Borgia

On n’en est pas loin, puisque tout s’est passé à la Chapelle sixtine.

Le Vatican a lancé une enquête pour soupçons de blanchiment, fraude aggravée et détournement de fonds sur le produit des concerts visant le directeur administratif et financier du Chœur de la Chapelle sixtine.

Le directeur musical, Massimo Palombella, est lui aussi directement mis en cause. Des accusations de mauvais traitements ont été portées par des parents de petits chanteurs à l’encontre du « maestro ». Ratzinger frère l’avait déjà prouvé avec son chœur de Ratisbonne : la musique n’adoucit pas les mœurs ecclésiastiques.

 

Déménagement de la Madone Paul Bert- Baraban

Depuis que l’immeuble de l’ancienne Charade, rues Paul-Bert et Baraban, a dû être démoli puis rebâti, des habitants du quartier se sont interrogés sur le sort réservé à la madone installée à l’angle des deux rues.

Au cours d’une réunion sur le devenir des bâtiments, Thierry Philip, maire du 3e, a depuis longtemps précisé qu’elle serait sauvegardée et proposée à la paroisse voisine.

L’ancienne Vierge a donc rejoint l’église du Sacré-Cœur. L’Église y perdrait-elle ?

Non, car la madone sera remplacée par une nouvelle œuvre plus ambitieuse de l’artiste Christine Cornillon : une « Vierge de Miséricorde » protégeant des enfants.

Ce n’est pas un luxe, avec tout ce qui se passe de nos jours.

Numéro 172

De Frimaire à Nivôse de l'An 227

Novembre-Décembre 2018

 

L’année 2018 s’est terminée dans une crise sociale que personne n’avait prévue, du moins sous la forme qu’elle a prise du soulèvement des « gilets jaunes ». Un soulèvement de « petites gens » sans engagement politique, sans autre motivation que l’angoisse de ne pas pouvoir terminer la fin du mois, celle de l’endettement et des privations sans espoir.

 

« Grand débat national »

Nul n’avait pressenti la forme que prendrait la révolte populaire, nul n’en connaît les prolongements futurs. Le but de cet éditorial n’est pas d’en sonder les ressorts politiques, mais de s’interroger sur un dévoiement possible qu’on devine de la part des tenants de l’ordre social et institutionnel. Un « grand débat national » est annoncé. Il aura lieu jusqu’à la mi-mars et portera sur quatre thèmes : transition écologique, fiscalité, organisation de l’État, et démocratie et citoyenneté (dont l’immigration). Il fait incontestablement écho à la soif de démocratie que ressentent des millions de nos concitoyens frustrés par le fonctionnement du jeu politique depuis des décennies de Ve République, mais il est surtout une réponse de non-recevoir aux doléances populaires. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les « réseaux sociaux » pour voir quel scepticisme déjà il suscite. Du reste personne n’y croit, à commencer par … Chantal Jouanno elle-même qui a fait part de ses doutes au gouvernement.

 

À double tranchant

Cela ne signifie pas, bien entendu, que les plus graves problèmes politiques ne vont pas s’inviter à ce qui tiendra lieu de consultation.

Rien de plus dangereux que de laisser s’ouvrir les cahiers de doléances ! En 1789, Louis XVI l’a appris à ses dépens, en prenant la décision de convoquer les États-Généraux pour apaiser les tensions croissantes que la France connaissait.

Mais ceci est (peut-être ?) une autre histoire.

« Des débats seront organisés dans chaque ville ou chaque quartier, explique le gouvernement. »

En parallèle, il faudrait que dans chaque région se tienne une assemblée délibérante de citoyens.

Y siégeront des citoyens tirés au sort et des acteurs de la société civile, qui rassembleront les

propositions et les voteront. Celles-ci seront à leur tour rassemblées dans un « rapport général avec constat, vision de la société exprimée et propositions ». Mais bien sûr, « une fois les conclusions remontées au niveau national, l’exécutif choisira ce qu’il retiendra ou non. »

Et cahin-caha, se maintiendra comme ça jusqu’aux élections européennes. Peu de chance que le pouvoir des institutions financières internationales soit remis en cause. Et pas davantage qu’on trouve l’homme providentiel, le « sauveur suprême » quand c’est tout un système qui est failli.

 

Le choc des classes

Or les revendications des gilets jaunes portaient depuis l’origine sur le pouvoir d’achat. Quand une mère de famille isolée ne peut plus subvenir aux dépenses minimales incompressibles, tremble au moindre recommandé expédié par la Poste, culpabilise pour avoir offert un paquet de bonbons à ses enfants et s’enfonce chaque mois davantage dans l’endettement sans perspective d’en sortir, cela ne relève plus du débat. Cela n’est pas une idée, c’est un fait. À tel point que cette angoisse s’étend à des millions de salariés, de chômeurs, de précaires qui souffrent en plus du démantèlement des services publics, et qu’elle est également comprise par les trois quarts de la population française déclarant sympathiser avec la révolte sociale. 

 

Et la loi de 1905 dans tout ça ?

La perspective de révision de la loi de 1905 semble avoir été oubliée avec les événements survenus depuis la fin novembre, d’autant que l’idée de revenir sur la Séparation des Églises et de l’État était à cent mille lieues des revendications exprimées dans la rue et sur les ronds-points.

Pour autant le projet de révision de la loi de 1905 n’est pas abandonné pour autant, pas davantage que la réforme des retraites ni celle de l’État.

On devine que l’offensive de re-cléricalisation pourrait s’adosser (frauduleusement) au « grand débat national » - intégrant l’immigration- pour dénaturer la loi de 1905 au nom de la « lutte contre l’extrémisme ». On a assez vu dans le passé comment une large consultation pouvait amener des résultats aberrants, mettant sur un même plan toutes les contributions en les orientant sur des réponses définies à l’avance.

Ce fut le cas avec la « refondation de l’École » qui a conduit à mettre en place la réforme des rythmes scolaires, puis celles du collège et du lycée … avec le succès que l’on sait ! De même on n’est plus étonné de voir comment une consultation de tous les partenaires sur les régimes de retraite aboutit à prôner l’individualisation des droits.

 

Au nom de la laïcité

Les questions sécuritaires et l’état d’urgence, « économique » ou autre, autoriseraient une première entorse autour du culte du musulman, après quoi s’appliquerait la logique concordataire. Toujours au nom de la laïcité, bien entendu.

Car l’État, dans sa forme actuelle, rêve toujours d’encadrer les cultes pour leur faire jouer le rôle de régulateurs sociaux que n’ont pas pu jouer, dans la crise des « gilets jaunes », les « corps intermédiaires » que sont classiquement les syndicats, les associations, les élus locaux et d’autres formes de représentation constituées comme interfaces entre l’État et le citoyen.

C’est le cas en France, et la loi de 1905 le garantit, mais il suffit de tourner le regard vers d’autres pays d’Europe pour voir qu’il n’en va pas de même partout : en Grèce c’est l’Église orthodoxe qui assure de fait le service social.

Un rêve de M. Emmanuel Macron ?

Peut-être, à ceci près que celui-ci est catholique …et que nous sommes toujours en France !    PG

10 décembre 2018 :la délégation reçue à la préfecture du Rhône


La délégation a été reçue par Mme Caroline GADOU, directrice de Cabinet du Préfet du Rhône. Elle était constituée de: MM P. Girod, Pdt LP du Rhône, Jacques Gelly, membre du bureau de la FOL du Rhône “au titre de la    Ligue de l’Enseignement et de la FOL du Rhône“, Eric Pommet, pdt du Cercle E. Herriot, Pierre Triollier, représentant de l’association “Le Poing Commun“, Xavier Hyvert, membre du bureau LP du Rhône. En voici quelques points saillants, forcément incomplets puisque l’entrevue a duré une heure vingt :

Pdt LP 69 : Nous vous remercions pour l’organisation de cette rencontre, dans un contexte que nous savons difficile pour vos services. (…) Nous sommes inquiets en apprenant que les piliers sur lesquels repose la loi de 1905 pourraient être ébranlés : non-reconnaissance des cultes, non-financement des cultes. Si c’était le cas, la loi ne serait pas amendée mais dénaturée.

Mme la DIR. CAB.: « A ce stade nous ne sommes saisis d’aucun texte précis. Je ne pourrais vous donner d’indication que sur l’ambiance générale. Je ferai remonter ce que vous allez déclarer. Il existe une réflexion en cours au niveau des administrations centrales et particulièrement du Ministère de l’Intérieur.

Représentant L.E. : C’est tout ce que vous demandions: nous recevoir et faire remonter.

Mme la DIR. CAB.  : « A ce stade nous ne sommes saisis d’aucun texte précis. Je ne pourrais vous donner d’indication que sur l’ambiance générale. Je vais faire remonter ce que vous allez déclarer. Il existe une réflexion en cours au niveau des administrations centrales et particulièrement du Ministère de l’Intérieur. Je vous parlerai du contexte.

Représentant L.E. : Dès avant 1905, la Ligue de l’enseignement s’est résolument engagée pour la séparation des Églises et de l’État. Depuis l’adoption de la loi, nous nous sommes constamment mobilisés pour la défense de la liberté de conscience qu’elle assure. Cette liberté est fondamentale. Elle assure à chacune et à chacun le droit de se référer à la conviction philosophique ou à la religion de son choix. (…) Cette loi de 1905 a fait école dans le monde entier. Ses principes sont gravés dans ses deux 1ers articles : Art.1 « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. » Art.2 « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. » (…) Au travers d’allusions, de discours ressemblant à des ballons d’essai, d’échos dans la presse, et maintenant d’annonce d’un texte en cours de rédaction, il apparaît que les principes posés dans la loi pourraient, à nouveau, être remis en questions.

Quelques vérités face à ces annonces imprécises : s’il s’agit de mieux encadrer des dérives intégristes mettant en cause les valeurs de la République, le titre V de la loi, intitulé « Police des cultes » fournit l’arsenal juridique suffisant. S’il s’agit de financer les cultes de quelque manière que ce soit, on entre alors dans une procédure concordataire que la loi de 1905 avait précisément pour but d’abolir. Il s’agirait alors d’un reniement majeur qui conduirait à reconnaître de fait des religions en les finançant et à contredire ainsi le principe de neutralité de l’État.

Notre position ne consiste pas seulement à rappeler ces principes, y compris dans leurs modalités concrètes d’application. Elle consiste à demander l’application effective de la loi dans toutes ses dimensions.

DIR. CAB.: Lorsque la loi a été votée, la situation était différente : pas autant de musulmans. L’outillage juridique donné par la loi de 1905 n’est plus adapté à la situation Il existe des demandes d’étendre le Concordat. Mais le gouvernement a toujours fermé la porte.

Cette réflexion sur faut-il modifier ou nom la loi de 1905 s’explique par la difficulté importante de réguler le culte musulman. Il n’est pas structuré comme les autres religions vis à vis de l’Etat et vis à vis d’eux-mêmes. Il faut donc donner un cadre.

Question à résoudre : faut-il renforcer le CFCM (qui n’a pas répondu aux attentes - système électoral bizarre) ou le remplacer ? Autre question : comment assurer la présence en France d’imams qui maîtrisent la langue française, soient imprégnés de la culture française alors que nous avons souvent affaire fonctionnaires d‘ Etats étrangers ? De plus, il y a un foisonnement d’associations.

Il existe des mouvements très radicaux à certains endroits. Nous cherchons les bons leviers. Il existe un avant-projet de loi que je n’ai pas. Le but c’est de trouver des solutions pragmatiques.

Représentant L.E. : (…) Le gouvernement a ignoré les corps intermédiaires. On en voit aujourd’hui le résultat. Il se retrouve face à la masse. Nous sommes parmi ces corps.

Pdt LP : Ce qui nous inquiète, c’est que des dispositions soient prises contre UNE religion, alors que des atteintes graves sont commises par nos élus au compte d’une autre religion, la religion catholique (pour mémoire : Vœu des Echevins, crèche chrétienne à l’Hôtel de Région, élus au Vatican, financement des lycées privés). Il faudrait d’abord que nos élus  respectent la loi.

DIR. CAB. : La liberté de conscience est à défendre partout et toujours. Mais on n’a pas tous les instruments pour lutter. La loi. / Les élus quand ils vont aux cérémonies religieuses, c’est parce qu’ils sont invités par les autorités religieuse. Et toutes les religions sont traitées à égalité.

Représentant L.E. : Intervient par rapport à la rencontre aux Bernardins et relit l’article 35 titre V de la loi de 1905 sur la police des cultes pour insister sur le fait que tous les moyens sont présents et qu’il n’y a nul besoin d’en rajouter ou de modifier la loi.

DIR. CAB.: Le problème n’est pas si simple. L’article que vous citez ne concerne que les ministres du culte. Or il existe toutes sortes de gens qui tiennent des discours islamistes sans qu’il soit possible de les identifier comme des représentants de la religion.  La loi sanctionne les responsables religieux mais pas les associations. Il existe des Imams autoproclamés. (…) Nous sommes face à une augmentation de la religiosité qui pose des problèmes nouveaux. L’organisation du CFCM n’a pas donné de résultats satisfaisants. Mais il est certain que le problème doit être traité sérieusement et qu’entre l’encadrement des religions et le respect des principes de la loi, « il y a un équilibre à trouver » et donc un risque.

Pdt LP : si l’on crée un statut particulier pour le culte musulman et hors des religions reconnues en Alsace, quid des Témoins de Jéhovah, des scientologues, des évangélistes et autres ? On ne peut que multiplier les problèmes. 

DIR. CAB.: Le président veut pousser le culte musulman à s’organiser. On n’attend pas un document. Il faut peut-être voir les députés. Il existe un groupe de travail au sein des députés de « LREM ». Peut-être Mme BRUGNERA dans le Rhône. Intervention probable du pdt sur cette question au début de l’année prochaine. Mais pas de consultation prévue sur le sujet pour le moment.

Un dossier complet est remis à Mme la directrice de cabinet. Celle-ci remercie la délégation pour l’intérêt de cet échange, dont elle ne manquera pas de faire état.

Notre commentaire:  la discussion a été riche, elle a porté largement sur les questions liées au culte musulman. Cependant  à aucun moment il n’a été répondu sur les nouveaux modes de financement, dispositions fiscales, etc.) Faut-il y voir un signe sur un aspect du projet beaucoup plus difficile à faire passer? Dans tous les cas, la mobilisation continue.


De la laïcité en entreprise à la sauce lyonnaise 


Alain Mérieux et le financement de l’Université Catholique de Lyon

En 2011, la faculté alias université catholique de Lyon devait réunir 65 millions d’euros pour bâtir son campus sur l’ancienne prison Saint-Paul. Elle avait été préférée au groupe Partouche  qui souhaitait y implanter son casino « Pharaon ». Mais c’est la catho qui a pu toucher le pactole, dans un secteur identifié pour son attractivité au cœur des enjeux urbains de Lyon : le nouveau quartier Confluences.

La construction du futur campus de 35 000 m² devait commencer à la rentrée 2012 pour accueillir, à la rentrée 2015,  les pôles droit, sciences économiques et sociales, sciences, la bibliothèque universitaire, le département de formation continue de CPE Lyon et l’Observatoire social de Lyon. Il restait à réunir les fonds nécessaires.
La vente des actuels locaux de la « catho », rue du plat, permettait d’en réunir une partie.  C’est à la Sofade, entreprise immobilière propriété du groupe   Dentressangle que la catho a vendu les locaux …et racheté le terrain de la maison d’arrêt.  N. Dentressangle fait partie du réseau des grands  patrons catholiques de la ville.  Le nouveau recteur de la Catho comptait aussi sur l’aide du conseil régional Rhône-Alpes et du conseil général. Ses vœux seront exaucés. Enfin le mécénat privé permet de boucler le budget. Alain Mérieux, président des laboratoires Mérieux, aide alors la faculté catholique de Lyon de façon spectaculaire. Il déclare alors : « J’essaie d’aider l’Université catholique de Lyon à trouver des financements pour son futur campus. D’abord, leur Ecole supérieure de biologie, biochimie et biotechnologie a formé la plupart des techniciens de laboratoire travaillant chez bioMérieux et leurs diplômés trouvent tous des débouchés. Ensuite, c’est aussi ma religion. »

Un supplément du journal Le Progrès du 18 décembre 2018 intitulé « Les secrets du business catholique » revient sur les raisons pour lesquelles les réseaux chrétiens »sont si puissants à Lyon ». Alain Mérieux y est décrit comme le seul Lyonnais capable de collecter 10 millions d’euros auprès d’entreprises pour boucler le financement du déménagement de la faculté catholique. Parmi les autres grands patrons, sont cités Erik Roux de Bézieu (dirigeant de l’agence Syntagme), Thierry de la Tour d’Artaise (patron de SEB), Norbert Dentressangle ; et tous anciens élèves des Maristes : Jean-Christophe Aguettant (Céanothe), Brice Robert, Jérôme Bocuse ou Olivier Ginon (PDG du groupe GL Events). Un autre mouvement, celui des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC), compteraient quelque 200 membres.

Comme le confiait un prêtre du diocèse : « Il n’y a pas de souci du tout à se faire pour les finances de l’église de Lyon. Il faut reconnaître au cardinal Barbarin un grand mérite : il est très fort pour aller chercher des donateurs et l’industriel Alain Mérieux est toujours là pour le soutenir. »

Question : à l’heure où d’aucuns veulent promouvoir des « chartes de la laïcité en entreprise » opposées aux droits et libertés des salariés, que penser de ces chefs d’entreprises qui disposent des fonds de leurs sociétés en fonction de leurs convictions

Les Vœux de la Libre Pensée

2019 : Bonne Année laïque !

1959 : Vote de la Loi Debré 2019 : Plus de 12 milliards d’Euros de fonds publics détournés vers l’enseignement privé

 

Libres propos, libres pensées

Un regard inédit et éclairant sur la Guerre de 14-18

Dans son livre "La Grande Guerre des Classes", l'historien belgo-canadien Jacques Pauwels donne un éclairage inédit sur les vraies causes de la guerre de 14-18, à contre-courant de la thèse selon laquelle la guerre aurait éclaté soudain, par hasard, un beau jour d'été, déclenchée par l'assassinat à Sarajevo de l'archiduc François-Ferdinand, l'héritier de l'empire austro-hongrois : comme par un fatal malentendu tragique, l'engrenage infernal des traités d'alliances aurait entraîné les nations européennes, puis le reste du monde dans cette effroyable et très imprévisible boucherie de millions d'hommes jeunes.

Il en fait remonter en réalité les vraies racines à la Révolution française et la succession ultérieure de guerres, contre-révolutions, révolutions et révoltes sociales qui ont profondément marqué l'Europe, la monstrueuse guerre de 14-18 n'étant que le bouquet final et tardif du XIXème siècle. Il met surtout en cause les concurrences féroces des impérialismes pour s'approprier le monde et ses ressources et parallèlement leurs craintes (fondées) de nouvelles révolutions ou de fortes revendications des peuples assoiffés de justice sociale et de démocratie, la guerre (comme entité) devant servir de contre-feu.

 

Exemple : pourquoi l'entrée en guerre de la GB ?

Au tournant du XXème siècle une énergie nouvelle émergeait : le pétrole. Et l'immense flotte britannique qui contrôlait toutes les mers du globe fonctionnait au charbon, dont le Royaume Uni ne manquait pas : l'expression anglaise "to carry coals to Newcastle" (transporter du charbon à Newcastle) équivaut à "amener du sable au Sahara". Mais de pétrole, encore point. Pour moderniser la flotte, il fallait avoir recours à des sources extérieures, la plus disponible étant les USA, en plein boom pétrolier.

Mais l'amitié avec ce pays n'était que de façade : c'est une ancienne colonie britannique émancipée par une très longue et dure guerre (1775-1783) qui profita traîtreusement des guerres napoléoniennes pour envahir le Canada anglophone en vue de s'en emparer, guerre (1812-1815) qui se termina par le traité de Gand qui officialisait le statu quo ante.

Mais, surtout, c'était un challenger, un concurrent sérieux et en expansion trop rapide de la domination économique mondiale de l'Empire britannique.

Il y en avait bien aussi en Perse (Iran) mais il fallait le partager avec la Russie tsariste. Restait la riche Mésopotamie (l'actuel Irak) dans l'empire ottoman.

Celui-ci, en totale déliquescence se laissait dépouiller de territoires sans même réagir mais là, le pétrole était préempté par son bon allié l'Allemagne qui d'ailleurs construisait pour cela un chemin de fer devant aller de Bagdad à Berlin par la Serbie.

Car l'Allemagne aussi avait l'ambition de détrôner le Royaume-Uni comme impératrice des mers : elle construisait à grands pas une flotte ultramoderne au pétrole. Le seul frein possible était donc la guerre pour la couper de la Mésopotamie et se l'annexer.

 

Mais comment annoncer aux britanniques qu'il fallait faire la guerre à l'Allemagne ? Après la dynastie des Stuart (1371-1714), la monarchie devient allemande : la dynastie des Hanovre (1714-1901), renommée Saxe-Cobourg-Gotha en 1901 fut rebaptisée Windsor en 1917 à cause de la guerre. Guillaume II était le cousin germain du roi George V et le petit-fils de la reine Victoria, fille de la princesse Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld, son mari était le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, la famille Mountbatten sont leurs cousins les von Battenberg au nom anglicisé suite à la guerre, etc...

Autrement dit, malgré une "Entente cordiale" affectée (1904), les britanniques étaient avant 1914 nettement plus germanophiles qu'amis de la France, l'ancestrale rivale, l'ennemie jurée de l'Angleterre.

 

Mais l'ambition démesurée du Kaiser, le cher "cousin germain" Guillaume II ne pouvait plus être ignorée : il fallait bien se rapprocher de ces maudits français qui, justement, se cherchaient des alliés contre une Allemagne à nouveau menaçante.

Nécessité fait loi et il est bien connu que les États n'ont pas d'amis, rien que des intérêts. Donc, OK pour aider les français à contrôler la Manche et les côtes atlantiques et leur envoyer quelques troupes.

Après que l'Allemagne eût attaqué la France, on comptait sur celle-ci et son alliée la Russie pour lui régler rapidement son compte. Mais la France comptait aussi sur les britanniques pour tenir leurs engagements.

Mais, toujours, comment faire voter le parlement britannique en faveur d'une guerre à l'Allemagne ? Et alliés avec la France ! Le public et la presse n'y était pas prêts… du tout. Et là, divine surprise : les allemands eurent la mauvaise idée de piétiner la petite Belgique neutre pour envahir la France, neutralité garantie par le traité de Londres (1839).

Le prétexte inespéré était là, tout trouvé !

À peine la guerre votée, leurs troupes venues d'Inde et d'Égypte étaient déjà au Levant, leur front le plus crucial. Les rebellions arabes contre les ottomans (1916-1918) furent coordonnées par le fameux "archéologue" T.E. Lawrence "d'Arabie" avec promesses d'États arabes "libres".

Mais des promesses faites aussi aux sionistes... (déclaration Balfour, 1917). Et par les accords secrets Sykes-Picot de 1916, ils promirent les bas-morceaux du Moyen-Orient aux français (Syrie-Liban) pour en garder le précieux pétrole de l'Irak, du Koweït et d'Arabie. Well done !                          RJ

L'Église catholique à Lyon et son patrimoine

Le magazine "Nouveau Lyon" de juin 2018 publie une vaste et intéressante enquête sur le patrimoine catholique à Lyon, qui permet de se faire une idée de l'importance de cet héritage du somptueux passé de l'Église de Lyon, qui se voyait au XIXème siècle comme "la petite Rome française", mais de nos jours en pleine restructuration financière et immobilière.

Conséquence de la loi de 1905, les bâtiments religieux les plus emblématiques de toute religion, ceux consacrés au culte, appartiennent pour une grande part au domaine public : la cathédrale Saint-Jean appartient à l'État, 27 églises de Lyon sur 53 à la ville, la basilique à la Fondation Fourvière et la chapelle de l'Hôtel-Dieu aux Hospices Civils.

Selon l'enquête, le diocèse est constitué de 1.200 biens dont 630 églises. Mais seules les 87 églises bâties après 1905 lui appartiennent, ce qui dans la position actuelle de la religion catholique, touchée de plein fouet par la désaffection pour son culte qui n'est plus guère pratiqué qu'à de grands évènements (mariages, baptêmes, communions, enterrements, commémorations diverses, etc.), l'effondrement des vocations de nouveaux prêtres, les scandales sexuels à répétition, est une divine bénédiction en la soulageant des frais d'entretien de toutes ces églises quasi-vides, sans prêtres et rarement ouvertes.

Les britanniques ont déjà depuis bien longtemps transformé nombre de leurs églises en bibliothèques, théâtres, fast-foods, centres de fitness, boutiques, centres commerciaux, habitations atypiques, etc., ce qui démontre qu'ils ont, eux aussi, largement abandonné l'obligatoire messe dominicale d'antan.

Il semble qu'un mouvement similaire s'amorce en France, vu le nombre de lieux de culte vendus ou à vendre à l'encan, ce qui crée une niche immobilière inédite. Par exemple à la Croix Rousse l'église St Bernard désacralisée est en cours de travaux et va être transformée en bureaux sous forme de boxes, ce qui, selon l'auteur, "consacre l'aspect réversible de l'aménagement". On ne sait jamais ! Un miracle ?

Dans ces églises, le diocèse a la jouissance gratuite des parties dédiées au culte (pour en garantir la liberté) mais l'entretien général est à la charge du propriétaire, c'est-à-dire l'État ou les communes.

Il y a quelques années une visite à la mairie de Lyon nous apprit en confidence que la Fondation Fourvière en céderait volontiers la propriété à la ville pour un €uro symbolique, tant les coûts d'entretien dus aux moult malfaçons d'origine sont lourds.

Par chance, ou plus probablement par la grâce d'un lobbying efficace et divinement appuyé, le bâtiment a été classé monument historique en 2014, (ouf !) ce qui lui permet maintenant d'obtenir des aides d'État et de défiscaliser les dons. Contribuables, à l'aide !

L'incontournable chantre du catholicisme, Jean-Dominique Durand, adjoint au maire en charge du Patrimoine fut le président de la Fondation Fourvière pendant plus de dix ans. Nul doute que le patrimoine catholique lyonnais sera bien défendu et bien doté, (au nom de la Culture et du Tourisme, bien sûr !)

La Fondation possède en outre à Fourvière d'autres bâtiments dont la Maison Carrée, le Bâtiment d'Angle où se trouve son administration et une boutique de bondieuseries pour les touristes qui doit être agrandie, la Maison des chapelains, les jardins du Rosaire et quelques immeubles et appartements à Lyon provenant des legs de très dévots (et riches) propriétaires. Malgré le (relatif) appauvrissement de l'Église lyonnaise, il n'en resta pas moins que le patrimoine restant lui appartenant est encore très important, alimenté de plus chaque année par des legs dont la moitié se font en biens immobiliers. 

L'institution catholique investirait cinq millions d'euros annuellement dans son parc immobilier : elle vend, réhabilite et constitue des pôles pastoraux.

Par exemple, l'immense et imposant ex-séminaire St Irénée de Sainte-Foy-lès-Lyon où fut logé Jean-Paul II en 1986 a été acquis en 2008 pour 7 millions d'euros par un investisseur qui en fit une centaine de logements. Le produit a contribué à créer un séminaire provincial bien plus modeste et réaliste à Fourvière.

Jouxtant l'ancien séminaire de Ste-Foy la bien nommée a été créé un complexe hôtelier trois étoiles dans l'ancienne annexe, située dans un joli parc de cinq ha avec une belle vue : cent chambres, deux dortoirs, un resto de 300 places, destiné à recevoir des réunions confessionnelles, des séminaires (au sens moderne du terme), des expositions, un centre d'affaires, etc… sans oublier, bien sûr, la chapelle.

L'enseignement à tous les niveaux est aussi un axe très important pour l'influence de l'Église de Lyon.

On apprend ainsi que près d'un quart des élèves du Rhône fréquente les écoles catholiques, contre 17% au niveau national ! L'exemple-type est la reprise des prisons de Perrache par leur "université", la Catho.

Sans parler du domaine de la santé, les cliniques, maisons médicalisées ou de retraite placées sous le patronage de quelque saint(e) pour y veiller. Faute de peuple, qui l'a désertée en masse, l'Église mise sur ses nombreux affidés dans les couloirs du pouvoir.

Allons, l'Église n'a pas dit son dernier mot et la promotion active de la division de la population en tribus communautaires a encore de beaux jours devant elle, les (bons) élus y veillent.         RJ 

Colloque sur les questions de Bioéthique

Le Jeudi 12 Juillet 2018 à la Mairie du 6ème arrondissement a eu lieu un colloque « sur l’apport potentiel des spiritualités laïques à la réflexion éthique sur les sujet du début de vie (PMA, GPA et levée d’anonymat des dons de gamètes), du milieu de vie (don et greffe d’organes, neurosciences et Intelligence Artificielle) et de la fin de vie (liberté d’aller et venir versus sécurité, aide médicale à mourir et les soins palliatifs).»

La Libre Pensée du Rhône y était représentée. Passons sur le fait que l’expression « spiritualité laïque » n’a aucun sens, puisque la spiritualité, quelle qu’en soit la forme, ne peut se vivre que sur le mode de la conscience individuelle et n’a rien à voir avec un principe juridique.

L’important était ailleurs : une authentique réflexion collective où notre camarade Xavier Hyvert, représentant la fédération, a rappelé les positions de la Libre Pensée, lesquelles se sont révélées, sur chaque point, au cœur des débats.

Nous nous contenterons, faute de place, de quelques points de repère :

GPA : « Pour la LP, la loi doit permettre aux femmes seules et aux femmes homosexuelles d’accéder aisément à la maternité, la loi doit s’employer, non pas seulement à réparer l’infertilité diagnostiquée d’un couple hétérosexuel mais à répondre au désir d’enfant des femmes en âge de procréer.(…) la LP propose de rendre légale la gestation pour autrui dès lors qu’elle ne résulte pas d’une convention, à titre onéreux ou gratuit, mais du rapprochement par un tiers désintéressé de femmes prêtes à porter un enfant (…) ».

 

Droit à l’aide à mourir : « A l’instar de ce qui se pratique dans des pays voisins, notamment la Belgique et la Suisse, la FNLP est favorable à la création d’un droit à une aide à mourir en faveur des malades atteints de maladies incurables et subissant des souffrances insupportables.

Plus que jamais, le service public, créé par la Révolution française comme moyen de mettre en œuvre les principes de liberté, d’égalité, de fraternité, et de laïcité demeure la condition indispensable de leur mise en œuvre et doit être renforcé plutôt qu’appauvri, limité, rogné, « impuissanté », détruit. »

 

Fin de vie : « (…) si l’encadrement légal et réglementaire parait suffisant, la réalisation de conditions adaptées à une prise en charge respectueuse du droit d’aller et venir en EHPAD dépend du choix des pouvoirs publics de développer une offre publique de prise en charge dotée de personnels suffisants. »

Le 8 septembre, contre la présence des élus lyonnais au Vœu des Echevins

Avec d’autres organisations laïques et à l’appel du collectif laïque Auvergne-Rhône-Alpes, la fédération était présente sur le parvis de Fourvière, où les élus locaux – M. Képénékian en tête - ont été copieusement hués.

Cérémonie religieuse de Sainte-Geneviève : courrier aux autorités

 (Photo Le Progrès)

La Fédération s’est adressée au général Philippe Guimbert, chef de Région de gendarmerie Rhône-Alpes, et au colonel Thibaut Lagrange, chef du groupement de gendarmerie départementale :

            « Aux termes des deux premiers alinéas de l’article L. 4121-2 du code de la défense « Les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques [des militaires] sont libres. / Elles ne peuvent cependant être exprimées qu'en dehors du service et avec la réserve exigée par l'état militaire. Cette règle s'applique à tous les moyens d'expression. Elle ne fait pas obstacle au libre exercice des cultes dans les enceintes militaires et à bord des bâtiments de la flotte. » Il suit de ces dispositions que les militaires de la gendarmerie nationale ne sont pas autorisés à manifester publiquement leurs convictions religieuses pendant le service et doivent même, en dehors de celui-ci, faire preuve de retenue, étant observé qu’ils peuvent pratiquer le culte de leur choix dans les enceintes militaires dans le cadre de l’aumônerie instituée par la loi du 8 juillet 1880.

               Notre fédération a constaté que ces dispositions ont été violées dans le passé. Un "Bref" du pape Jean XXIII du 18 mai 1962 désignant Geneviève comme la patronne des gendarmes, des célébrations religieuses, dont la presse locale rend souvent largement compte, ont lieu chaque année dans de nombreux départements français, en présence fréquemment des autorités civiles. Des compagnies et des escadrons des groupements de la gendarmerie départementale et de la gendarmerie mobile du département du Rhône ont assisté eux aussi, en tenue et pendant le service, à des offices religieux célébrés publiquement, encore en 2017.

               Notre fédération vous demande donc de donner toutes instructions utiles aux officiers placés sous votre commandement pour rappeler leur devoir de réserve, notamment en matière religieuse, aux militaires de leurs compagnies et escadrons.

Ces instructions pourront, naturellement, indiquer que chacun d’eux peut pratiquer le culte de son choix en dehors du service ou dans le cadre de l’aumônerie militaire créée par la loi du 8 juillet 1880. »

…NOUS ATTENDONS LA REPONSE !

NB : C’est la paroisse de Sathonay qui est en charge de la protection des gendarmes rhodaniens. Le Père Henry Teste de Sagey, appartenant au diocèse aux armées est chargé d’assurer une présence d’Église au sein de la caserne.

Le 14 octobre au Mont-Verdun avec le Mouvement la Paix

Extrait du discours de Mme Cavillon, pour le mouvement de la Paix : « 68 ans après l’Appel de Stockholm, après une dizaine d’année de travail menée dans le cadre de ICAN (Campagne Internationale pour l’Abolition des Armes nucléaires) par 468 organisations dans le monde dont une cinquantaine en France, le 7 juillet 217, 73 ans après les bombardements atomiques américains d’Hiroshima et Nagasaki, un traité visant à interdire les armes nucléaires a été adopté à l’ONU par 122 pays.    

Pour ce travail et ce succès, les organisations membres de ICAN ont obtenu le Prix Nobel de la Paix le 6 octobre 2017.

(…) Nous citoyen-ne-s, élu-e-s et partenaires rassemblés devant les lieux où se prépare le crime de guerre nucléaire, déclarons « C’est le début de la fin des armes nucléaires »

Vous, Président, devez vous engager à

- ne plus faire régner la terreur avec la dissuasion nucléaire

- abandonner le financement de la violence nucléaire au détriment des droits humains

- à cesser la pollution irréversible de notre environnement

- à ne pas continuer à risquer la vie des générations futures

Monsieur le Président de la République, si vous aimez cette planète vous signerez le Traité d’interdiction des armes nucléaires. »

La Libre Pensée se prononce pour la suppression de tous les budgets d’armement. Nécessité d’autant plus pressante qu’on assiste à la mise en cause de tous les droits sociaux et des services publics.

A Saint-Fons avec la Ligue des Droits de l’Homme, en mémoire du massacre des Algériens du 17 octobre 1961

Le 17 octobre 1961, une manifestation pacifique de plusieurs milliers d’Algériens endimanchés défilait depuis plusieurs lieux de Paris pour l’indépendance de l’Algérie. Aucun des participants ne portait d’armes. L’image des cadavres repêchés dans la Seine allait rester dans toutes les mémoires.
La répression, sous l’autorité du Préfet de police Maurice Papon, allait être impitoyable.

Les estimations vont de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de morts. Fait largement occulté depuis, à l’instar des massacres du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata

Une stèle à la mémoire des victimes à été érigée le 17 octobre 2011 à Saint-Fons. Elle est l’une des rares qui existent en France et mériterait d’être plus connue. Notons que si d’anciens élus étaient présents, comme M. Mongenot, ancien maire de Saint-Fons, la municipalité actuelle n’était pas représentée

LIBRES PROPOS, LIBREs PENSéEs

Charade : ils sont trop nombreux, ils vivent trop vieux, ils ont trop de pognon.

Qui sont-ils ?

Indice n°1 : Ce sont des êtres humains. Indice n° 2 : « Ils vivent dans un des « 35 pays membres de l’OCDE (1) … où l’espérance de vie au moment de la retraite est la plus élevée. » Indice n°3 : Ils vivent dans un de ces pays « où les hommes partent le plus tôt à la retraite, juste après 60 ans (les françaises partent un peu plus tard que les Slovaques, les Belges et les Polonaises). » Réponse : ce sont les retraités de France.

 

Cette deuxième caractéristique, certains la considèrent comme devant être provisoires.

En effet, « … La dernière synthèse de l’OCDE sur le sujet, parue l’an dernier, le montre. … La France est le pays de l’OCDE où la dépense publique de retraite est la plus élevée derrière l’Italie, où le taux de pauvreté (défini par un revenu de moins de moitié que le revenu médian) des plus de 65 ans est le plus bas, où enfin le niveau de vie des plus de 65 ans est le plus élevé par rapport par rapport à l’ensemble de la population (ration de 103% contre 88% pour l’OCDE). Tout ceci n’est sans doute pas tenable. ».

C’est sans doute pourquoi : « Il n’est pas question ici de la volonté d’Emmanuel Macron d’aller vers un autre système de retraite. Chaque euro cotisé donnerait le même droit à retraite, dans le public comme dans le privé, pour un salarié comme pour un indépendant. » et aussi « Ce projet va dans la bonne direction car ce nouveau monde serait plus juste, plus simple, plus transparent. Il bute sur une foule de choix délicats (pension de réversion, prise en compte de la pénibilité, carrières longues, majorations pour enfants, etc.). Il va rencontrer l’opposition de ceux qui profitent des injustices – et ils sont nombreux. Mais il est souhaitable. » (La Chronique de Jean-Marc Vittori dans les Echos du mardi 11 septembre 2018.)

 

Ce gouvernement sort de la période de congés sérieusement accablé, sinon affaibli par les « affaires », les démissions de ministres à répétition et les sondages catastrophiques, et prétend tout de même poursuivre dans la voie du démantèlement de l’ensemble des conquêtes sociales (Tous les secteurs sont attaqués : Sécurité sociale, Services publics et en particulier, école publique (primaire, collèges, lycées), Hospitalisation publique, les EHPAD (2) ; les Conventions collectives et les statuts)

 

On peut le dire : toutes les couches laborieuses sont impactées dans leurs conditions élémentaires d’existence, celles de leurs enfants, leurs conditions de travail.

Et, à l’évidence, la haute finance, au service de laquelle elle est prévue, attend beaucoup de la réforme des systèmes de retraites, puisque l’objectif serait de faire baisser d’au moins deux points de PIB (3) le volume global des pensions, soit une baisse espérée de 15,9% du volume global des pensions pour les 16,1 millions de retraités (Traduit pas une projection du Conseil d’orientation des retraites – Rapport annuel – juin 2018, tablant sur une baisse de 13,8% à 11,2% du PIB d’ici 2070).

 

Pour aboutir à ce résultat, rien de mieux qu’un système de retraite par points, car : « Le système par points, en réalité, ça permet une chose qu’aucun homme politique n’avoue : ça permet de baisser chaque année le montant des points, la valeur des points et donc de diminuer le niveau des pensions. » (Grand oral devant les patrons de François Fillon, candidat à « la primaire de la droite ». (Public Sénat)

En effet, avec un tel système, le salaire perçu chaque année permettrait d’obtenir un certain nombre de points en fonction de la « valeur d’achat » du point. Ce nombre de points, cumulés au long de la carrière, et multipliés par la valeur de liquidation du point au moment de faire valoir ses droits donnera le montant de la retraite.

C’est le gouvernement qui fixera le montant de la valeur de liquidation du point.

Dès lors, pour le salarié, plus aucune certitude n’existerait plus sur le montant de sa retraite.

Le calcul se fera sur l’ensemble de la carrière et non sur les meilleures années (actuellement, les 25 meilleures dans les salariés du privé, les 6 derniers mois pour les fonctionnaires) : ce sera une baisse importante des niveaux de pensions. Les salariés, les fonctionnaires seraient donc condamnés à travailler beaucoup plus longtemps pour éviter de se retrouver avec une trop faible retraite.

 

Nul besoin, avec un tel système, de modifier l’âge légal de départ à la retraite.

D’ailleurs Monsieur Jean-Paul Delevoye, ancien artisan de la « Réforme Fillon » de 2003, nommé ‘’Haut-commissaire à la réforme des retraites’’ par le Président de la République a déclaré, dans le quotidien ‘’Le Parisien’’ : « Dans un système à points, la notion de durée disparait ».

Nous avons entendu la promesse gouvernementale de respecter la retraite par répartition et de préserver le niveau des retraites. Mais un système par points n’est-ce pas, tout simplement les mains libres données au gouvernement pour baisser le montant des pensions.

 

Une baisse aussi importante des pensions dans le contexte d’austérité, contraindra les salariés qui le pourront à souscrire des produits spéculatifs aggravant, d’ailleurs ainsi, l’incertitude quant au montant des pensions. Pour ceux qui ne le pourront pas c’est la misère assurée.

Au moment où est annoncée la réforme des systèmes de retraite, et pas seulement en France, la Commission Européenne pousse à l’élargissement des fonds individuels de retraite (= fonds de pensions) et le gouvernement MACRON/PHILIPPE dans le projet de loi PACTE introduit un volet concernant l’épargne retraite au service des appétits spéculatifs.

 

La retraite par points : c’est la voie ouverte aux retraites par capitalisation.

Un régime universel de retraite signifierait la disparition de tous les régimes particuliers existants, du Code des pensions civiles et militaires des fonctionnaires de l’État, du régime spécial de la Caisse Nationale de Retraite des Collectivités Locales (C.N.R.A.C.L.) des personnels des hôpitaux publics et des agents des collectivités territoriales.

 

  • - Or, le Code des Pensions Civiles et Militaires est consubstantiel du statut des fonctionnaires de l’État.

Dissoudre le Code des Pensions Civiles et Militaire dans un régime devenu unique c’est, pour un gouvernement, rechercher les moyens de ne plus rattacher les fonctionnaires de l’enseignement, des finances publiques, de la sécurité, …, au budget de la République. La CNRACL, régime spécial de la Sécurité sociale est indissociable des statuts de fonctionnaires territoriaux et hospitaliers.

  • - S’il existe des régimes spéciaux, c’est parce que, en 1945, les créateurs de la Sécurité sociale ont veillé à ce qu’aucun salarié ne voit ses droits réduits par la nouvelle législation.

Ainsi, par exemple, les cheminots ont conservé, dans le cadre d’un régime spécial, les dispositions favorables acquises grâce à leurs combats victorieux (grève de1941 …). L’idée étant que celui-ci cesse lorsque tous les salariés pourraient bénéficier de mêmes avantages. Aujourd’hui, c’est l’inverse que l’on nous promet.

 

Ce ‘‘projet de réforme’’ arrive à la suite des nombreuses contre-réformes qui appliquées depuis 1993 et aggravées par la hausse de la CSG en 2018, ont considérablement réduit le pouvoir d’achat des retraités.

Selon l’INSEE (enquête d’avril 2015), entre 1993 et 2014, le rapport entre le volume des pensions et celui des salaires a baissé de 10 points, du fait des mesures prises en vingt ans.

 

Les libres penseurs, comme tout travailleur, ne peuvent être qu’attachés à l’existence des statuts de fonctionnaires (au travers, en particulier, de l’obligation de neutralité), et aux Services publics ; car sans ceux-ci, la laïcité institutionnelle, instituée par la loi du 8 décembre 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat et que l’on le sait promise à une offensive prochaine, ne serait qu’un vœu pieux.

 

Si vous créez des droits, mais s’il n’y a pas un outil qui permette de les mettre en application : ceux-ci restent effectivement de belles aspirations spirituelles n’ayant aucune chance se réaliser.

  • - Le droit à l’instruction implique l’existence de l’école publique.
  • - Le droit aux soins ne peut exister sans les hôpitaux et ceux qui y travaillent.
  • - Le droit à une prise en charge en sécurité et de qualité en maison de retraite.
  • - Le droit à un enterrement civil ne peut exister sans cimetières municipaux.

 

Il y a une idée, un principe : l’égalité en droit et un moyen, le Service Public.

Ses bases ont été jetées par la Révolution française qui a pour la première fois établi la Séparation des Eglises et de l’Etat. La deuxième fois, c’est avec la Commune de 1871, écrasée dans le sang. La troisième, c’est avec la loi de 1905.

Dans ces conditions, a-t-on un autre choix que de s’opposer à la destruction du système de retraite par répartition tel qu’il existe encore aujourd’hui et d’exiger :

 

‘‘NE TOUCHEZ PAS A NOS RETRAITES ET NON A LA RETRAITE PAR POINTS’’.

 

De ce point de vue, les Libres penseurs, attachés au Service publics à la loi de 1905, ne peuvent qu’être partie prenante dans la bataille qui s’annonce pour défendre la retraite arrachée par la classe ouvrière, comme la sécurité sociale, en 1945. Les libres penseurs ne peuvent qu’apporter leur soutien aux confédérations syndicales qui organisent cette bataille essentielle.

 

Nous ne pouvons que le constater : tous les piliers de la République sont l’objet d’une sape systématique.

 

Dans une telle situation, comme le congrès national de la Libre Pensée qui s’est réuni à Saint-Herblain (44) réuni du 22 au 25 août 2018, l’a mis à son ordre du jour, ne sommes-nous pas amenés à nous poser la question: Quelle république sauvera la laïcité ?

 

(Extraits de la Résolution que la Question A l’Étude adoptée à l’unanimité des congressistes)

 « Le constat est clair : la Ve République est bonapartiste, antidémocratique, antisociale et anti laïque.

Elle est conçue pour mettre en œuvre le corporatisme totalitaire. Ce ne sont ni les différents présidents, ni les différents gouvernements qui adoptant et s’adaptant à ces institutions ne pourront en changer le caractère réactionnaire, le fondement antidémocratique.

Cette « monarchie élective », reposant sur le recours à l’homme providentiel, est très éloignée des principes fondateurs de la République. Elle a, dès sa mise en œuvre, accéléré les attaques contre l’école publique laïque mais aussi contre la liberté de conscience, la liberté d’expression, la liberté d’association, la liberté syndicale.

En soixante ans de Vème République, nombre de ces libertés ont été écornées, malmenées, remises en cause.

La laïcité n’a pas échappé à ces tentatives de destruction et d’effritement. » … « Jean Jaurès, dans un discours de 1898, nous dit que le seul moyen de sauver la République laïque, « c’est d’aller à la République vraie, à la République du peuple, à la République sociale ». 

 

Cette République sera celle : - Qui sera avant tout sociale car l’émancipation des travailleurs doit être en premier lieu économique - Qui donnera les moyens concrets aux travailleurs de mettre en œuvre les principes républicains fondamentaux de liberté, d’égalité et de laïcité - Qui rétablira dans sa plénitude la loi de 1905 et luttera contre le rétablissement des privilèges des religions en rejetant toute politique d'exception de type concordataire - Qui redonnera tous leurs moyens aux services publics qui sont à la base de la justice sociale - Qui redonnera tous ses moyens à l’Ecole publique et laïque en abrogeant la loi Debré et toutes les lois antilaïques et qui répondra au mot d'ordre: « Fonds publics à l’Ecole publique, Fonds privés à l’Ecole privée ». - Qui luttera contre toute dérive corporatiste et communautariste et contre l’individualisation des rapports sociaux - Qui rétablira la République dans son unité, garante de l’égalité entre les citoyens - Qui garantira toutes les libertés individuelles et en premier lieu l'absolue liberté de conscience. La République qui sauvera la laïcité, sera celle qui mettra en œuvre les principes constitutionnels de Liberté, Egalité, Fraternité. » Tout est dit.

Appuyé sur ce rappel : le congrès de la Libre pensée, pour sa part, a répondu à la question : « La démocratie, c’est un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » (Abraham Lincoln). Il faut redonner la parole au peuple. Il convient donc de renouer avec l’œuvre révolutionnaire et démocratique de nos aînés : mettre en œuvre une Assemblée Constituante souveraine dont le peuple décidera librement la forme et le contenu. « La souveraineté réside dans le peuple ; elle est une et indivisible, imprescriptible et inaliénable » (article 25, Constitution 1793), elle ne peut résider ailleurs, ni dans les couloirs de la Commission européenne, ni dans les bureaux de la Banque Centrale, du FMI, de l’Élysée ou de Matignon. »

 Quelle république sauvera la laïcité ? Comment sauver la République laïque ?

 En tout cas, en ne laissant pas toucher au système de retraite et de Sécurité sociale de 1945.

 Xavier Hyvert, libre penseur et syndicaliste.

  • (1) OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques
  • (2) EHPAD : Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes
  • (3) PIB : Le produit intérieur brut (PIB) est l'un des agrégats majeurs des comptes nationaux.  La comptabilité nationale étant une représentation schématique et quantifiée de l'activité économique d'un pays. Elle consiste en une mesure des flux monétaires représentatifs de l'économie d'un pays pendant une période donnée, en principe, une année et les regroupe dans des totaux nommés agrégats.

ÉDITORIAL


Ces lignes sont écrites alors qu’un scandale d’Etat fait trembler les institutions. On ne sait pas ce que nous réserve encore l’affaire Benalla … qui n’est du reste qu’une affaire Macron. Mais nous voyons bien que la fonction présidentielle risque d’en être durablement affaiblie.
L’intercession de sainte Pétronille ne sera pas de trop pour préserver notre nouveau chanoine des coups de vent que lui réserve le monde réel. Rappelons que Pétronille est cette prétendue fille de l’apôtre Pierre qui veille sur les destinées de la France « fille aînée de l’Eglise » depuis son mausolée situé au Vatican. Sous l’Ancien Régime, elle était reconnue patronne des rois de France, puis patronne nationale de la France aux yeux des autorités catholiques.
Le corps de sainte Pétronille est conservé dans la « nouvelle Saint-Pierre » du Vatican, où en 1889, le pape Léon XIII a fait suspendre devant son autel une lampe dont la flamme doit toujours restée allumée. Elle y brûle encore aujourd’hui. Il y est gravé la phrase : « Elle semble toujours prier sans cesse pour la France ». C’est là que pour la France, chaque année, une messe est célébrée. Le reste du temps, Léon XIII méditait sur sa doctrine sociale.
Chanoine honoraire de Saint-Jean de Lyon
Outre son titre de « premier et unique chanoine honoraire de l’archi-basilique de Saint-Jean-de-Latran », Emmanuel Macron détient le privilège de pouvoir entrer à cheval dans la basilique. Autres titres honorifiques moins connus, il devient proto-chanoine de la cathédrale d’Embrun, chanoine honoraire de la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne et proto-chanoine de la basilique Notre-Dame de Cléry. Il est aussi chanoine ad honores de Saint-Hilaire de Potiers, de Saint-Julien du Mans, de Saint-Martin de Tour, de Saint-Maurice d’Angers, de Saint-Étienne de Chalons et de Saint-Germain-des-Prés à Paris, et … le saviez-vous ? de Saint-Jean de Lyon ! Il a même le pouvoir de représenter le pape lui-même lorsqu’un nonce est créé cardinal.
Certes, comme ses prédécesseurs, le président Macron n’aura cure de faire valoir ces prérogatives. Il ne les a pas refusées non plus. Depuis l’Elysée, une Cour parallèle se substitue à l’exécutif et défie le Parlement. Ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, assistait au vœu des Echevins le 8 septembre dernier à Fourvière. Il n’avait même plus « l’excuse » d’être maire de Lyon. C’est ainsi qu’on se comporte en Macronie.
Et en même temps…
Cent mille bacheliers sont sur le carreau pour n’avoir pas eu de réponse à leurs vœux sur la plateforme Parcoursup (chiffres du 17 juillet), alors que le baccalauréat disparaît comme premier diplôme universitaire basé sur des épreuves nationales et anonymes. Les cheminots n’en finissent pas de s’opposer à la réforme du ferroviaire. Celle de la Sécurité Sociale, à transformer en super-assurance individuelle se prépare, dans l’inquiétude croissante de ses initiateurs. Les uns après les autres, les éléments de la protection sociale sont remis en cause…
Jaurès considérait qu’il ne pouvait pas y avoir de République laïque sans République sociale. A en juger par ce qui est du social pour le « Président des Riches », on se dit que la loi de 1905, déjà affaiblie, risque de subir de mauvais coups. Plus que jamais.
Anecdotique ? L’encadré ci-dessous n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de la banalisation des atteintes à la laïcité :

« Pro felici ac prospero statu Galliae » communie-t-on chaque année au Vatican lors d’une messe spéciale « à l’intention du bonheur et de la prospérité de la France ».
On verra bien si les prières suffisent.
P.G.

 VIE DE LA FEDERATION

16 juin 2018 : AG de la Fédération préparatoire au congrès national

L’assemblée annuelle de préparation au congrès national, a mandaté Xavier Hyvert pour porter les mandats de la fédération. Celle-ci a adopté à l’unanimité d’approuver le rapport moral et d’activité « Construire pour comprendre ». Le congrès national aura lieu à Saint-Herblain (Loire-Atlantique) du 22 au 25 août prochains.
Un autre point était prévu à l’Ordre du Jour, celui du changement de formule de l’An II : les frais d’impression et d’envoi pèsent depuis des années sur le budget de la fédération et nécessitent une adaptation. Nous avons réfléchi à la possibilité d’envoyer le bulletin aux adhérents simplement sous forme numérique (avec leur accord exprès, bien entendu), ce qui constituerait une économie importante.
Un abonnement numérique au tarif annuel de 3 euros sera désormais proposé aux non-adhérents. Il sera complémentaire du site de la fédération.

Les adhérents de la fédération peuvent donner leur accord pour recevoir la version électronique uniquement. Plusieurs l’ont déjà fait. Bien entendu, dans le cas contraire, les adhérents continueront à recevoir la version papier de l’An II.

APPEL DU TRESORIER

Merci à tous de penser au versement de votre adhésion ! Même si c’est étalé sur 2 ou 3 chèques pour la somme de 72 euros (abonnements An II et La Raison inclus).
L’Assemblée Générale a voté pour 2019 une future augmentation de 3 euros.
► Nos comptes ont besoin d’un remontant !
► La Libre Pensée nationale, par ses actions nationales et internationales, effectue des prélèvements élevés (il ne nous reste que 5, 5 euros sur chaque carte !).
► Tout soutien supplémentaire est, bien sûr, le bienvenu !
► Faites de la publicité pour nos actions, faites adhérer à la Libre Pensée !

 

Messe dans les locaux communaux : est-ce légal ?

Ce document est extrait de la brochure édité par la FNLP et l’Association Nationale des Elus Locaux Amis de la Libre Pensée « Guide de la laïcité à l’usage des élus républicains et des citoyens »
Mise à disposition de locaux publics
Une association religieuse peut-elle utiliser une salle communale pour l’exercice de son culte ?

Eh bien … oui et non ! Selon le ministre de l’Intérieur (réponse à la question écrite n° 03698, JO Sénat 23 octobre 1997), « il s’agit là d’une simple faculté pour la commune, qui n’est pas tenue de satisfaire les demandes en ce sens […]. Sous cette réserve, une association confessionnelle peut […] bénéficier de la mise à disposition de locaux communaux pour l’exercice de son culte. La participation directe de la commune à l’organisation de célébrations religieuses constituerait, en revanche, une atteinte au principe de laïcité (Trib Adm de Châlons-sur-Marne, 18 juin 1996, Association Agir c/ Ville de Reims RDP 1997) ».
Le maire peut donc « décider d’exclure de ce droit les organismes exerçant des offices religieux dans le but de mettre l’utilisation des locaux appartenant à la commune à l’abri de querelles politiques ou religieuses » (Conseil d’État, 21 mars 1990, Commune de La Roque Rec. p. 74).
Mais dans le même temps, selon le ministre de l’Intérieur (cf. réponse précédente), « la commune doit […], sauf si une discrimination est justifiée par l’intérêt général, veiller à l’égalité de traitement entre les associations qui sollicitent l’utilisation de locaux communaux, dans sa décision d’octroi ou de refus».
(…) Attention : la mise à disposition gratuite d’un bien public pour pratiquer un culte est de toute évidence illicite et doit être considérée comme une subvention déguisée dès lors que l’occupation de ce bien public est généralement payante. La mise à disposition gratuite est contraire à l’interdiction d’aider les cultes et à la prohibition des libéralités (CE, 26 mai 1911, Commune de Heugas, Lebon p. 624).
Ainsi, en mars 2011, la Libre Pensée a rappelé au Maire d’Évreux que le prêt gratuit de salles communales à l’Association des musulmans d’Évreux, pour y tenir des conférences religieuses, était contraire à la loi de 1905 (subvention indirecte). En revanche, rien ne s’oppose à ce que des organismes religieux utilisent le domaine public ou privé moyennant le paiement des mêmes sommes que les autres utilisateurs dans le respect du principe d’égalité.
Notre commentaire : il s’agit là d’un constat relatif au droit existant, mais on peut aussi considérer, comme le relève le « Guide », qu’un certain nombre de dispositions nouvelles vont dans le sens d’un affaiblissement de la loi de 1905. Dans le cas de Vauxrenard, deux questions se posent :
1) La mise à disposition d’une salle municipale, qui plus est appartenant à l’ensemble comportant la mairie et l’école publique, ne relève-t-elle pas d’une subvention déguisée lorsqu’elle s’accompagne de l’attribution d’un bail emphitéotique à une association dont la mission ne relève ni du service public ni de « l’intérêt général »? Il est vrai que l’attribution d’un tel bail à une association cultuelle est devenue possible depuis quelques années, mais pas à une société immobilière chargée de gérer les biens de ladite association. Or c’est un tel montage qui a eu lieu à Vauxrenard.
2) Quid du fait qu’il existe déjà une église dans la commune ? Doit-on considérer qu’on est dans une situation d’urgence ou relevant de la sécurité dès lors que le motif allégué est seulement la difficulté de chauffer l’église paroissiale ? A notre connaissance la question ne s’est jamais posée en ces termes !

Procès Barbarin : on joue les prolongations (bis)
Le procès du cardinal Barbarin reporté une nouvelle fois ?
Le cardinal Barbarin, mis en cause pour non-dénonciation d’actes pédophiles dans son diocèse, devait initialement comparaître devant le tribunal correctionnel de Lyon entre le 4 et le 6 avril dernier, en compagnie de six co-prévenus dont le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi au Vatican, l’Espagnol Luis Francisco Ladaria Ferrer. Le procès avait été reporté une première fois à début janvier 2019, la citation à comparaître de Ferrer n’ayant pu être traduite à temps.
Or une audience dite « de consignation » doit fixer en amont du procès le montant de l’amende éventuelle dans le cas où le tribunal jugerait la procédure abusive. Cette audience devait avoir lieu le 3 septembre prochain. Ferrer n’ayant toujours pas reçu sa citation à comparaître, elle pourrait à nouveau être renvoyée à une date ultérieure ! (Chacun sait que les magistrats sont des étourdis.)

Le personnel du rectorat et l’enseignement privé

Ces lignes fournissent quelques éléments de réflexion sur des atteintes à la laïcité constatées par le service Gestion du remplacement (maîtres délégués) de la Direction des Etablissements de l'Enseignement Privé (DEEP) du rectorat.
Le SAAR de Lyon est un organisme auto-proclamé par le diocèse (ci-dessous, un extrait de leur site):
Au nom de l'Institution, nous vous disons :
« Bienvenue dans l'Enseignement Catholique »

Le SAAR est le Service d'Accueil et d'Aide au Recrutement de l'Enseignement Catholique de l'académie de Lyon.
Il travaille en partenariat avec :
- Pour l'Enseignement Catholique : Les Directeurs diocésains, les chefs d'établissement, les organismes de formation, la commission de l'emploi.
- Pour l'Education nationale : les Universités/ESPE et le Rectorat (Division des établissements de l'enseignement privé : DEEP)
C'est donc auprès du SAAR que vous pourrez obtenir l'aide dans vous avez besoin dans vos différentes démarches concernant l'entrée dans l'Enseignement Catholique.)
Ce « service » prétend aider le rectorat en matière de recrutement, placé pourtant sous l'autorité de Mme la rectrice d'académie - conformément au règlement. Il suscite des candidatures en ciblant notamment un public de candidats à concours de l'enseignement privé du second degré sous contrat. Les personnels ont appris par exemple qu'à des étudiants, futurs candidats à un concours dans la discipline éducation musicale, il avait été affirmé que sans le pré-accord collégial, ils ne pourraient se présenter au concours.
Ce pré-accord collégial n'est autre qu'un blanc-seing de l'enseignement catholique pour pouvoir enseigner dans leurs établissements. Le problème, c'est que des candidats se sont plaints de ces pressions, n'étant nullement convaincus par une quelconque religion.
S'agissant des dossiers de candidature à suppléances des éventuels futurs maîtres délégués, ils voient fleurir dans les lettres de motivation des « valeurs chrétiennes qui les porteront dans leur engagement dans l'enseignement », ou voient carrément figurer dans les dossiers le document de pré-accord collégial. Ils doivent maintenir leur fermeté à ce sujet en demandant de rédiger des lettres de motivation sans aucune allusion à une appartenance religieuse. En effet, le service Gestion du remplacement recrute des maîtres délégués qui doivent être à même d'enseigner dans les établissements confessionnels comme non confessionnels de l'enseignement privé. Ils ne tiennent donc pas compte de ce fameux pré-accord collégial qui n'est pas une pièce administrative !
Signalons enfin qu’ une circulaire ministérielle récente engage les personnels à laisser aux chefs d'établissements de l'enseignement privé la possibilité de recruter directement des maîtres délégués en cas de difficulté à pourvoir des emplois dans des disciplines en en tension, telles les lettres modernes ou les mathématiques. L'avis des inspecteurs, IPR ou IEN, relatifs à la capacité pédagogique de ces remplaçants passerait donc au second plan…Une circulaire, n'ayant aucune valeur juridique ne saurait à ce jour ôter à la rectrice d'académie son autorité en matière de recrutement, octroyée par décret…
LA FEDERATION A ABBEVILLE
LE 30 JUIN 2018, A ABBEVILLE (SOMME) EN CELEBRANT LE CHEVALIER DE LA BARRE, LA LIBRE PENSEE DEFEND LA LAÏCITE !
POUR LA DEFENSE DE LA LOI DE 1905
DE SEPARATION DES ÉGLISES ET DE L’ÉTAT
Le rassemblement de la Libre Pensée à Abbeville est la première étape de la mobilisation pour faire échouer les attaques contre la loi de 1905.

La Fédération du Rhône de la Libre Pensée était représentée par 3 camarades
Le monument élevé en 1907(*) en hommage au Chevalier de la Barre
Nicole AURIGNY,
Vice- Présidente de la Libre Pensée

(*) Les inscriptions sur le monument (de haut en bas) :« Monument élevé par le prolétariat » ; « A l’émancipation intégrale de la pensée humaine » ;« En commémoration du martyre du Chevalier de la Barre supplicié à Abbeville le 1er juillet 1766, à l’âge de 19 ans pour avoir omis de saluer une procession. »
Le rassemblement de la Fédération nationale de la Libre Pensée s’est tenu le samedi 30 juin 2018 devant le monument en hommage au Chevalier de la Barre.
Puis, les participants ont défilé jusqu’au Pavé La Barre en centre-ville sur laquelle est inscrit « Sur cette place le 1er juillet 1766 fut supplicié et exécuté le Chevalier DE LA BARRE », où Jean-Marc Schiappa, Président de l’Institut de Recherche et d’Etudes de la Libre Pensée (IRELP) a prononcé un hommage à celui qui fut défendu par Voltaire.
Nous publions des extraits du discours de Nicole Aurigny, vice-Président de la Libre Pensée devant le Monument La Barre (le discours est publié sur le site de la fédération Nationale)
« Citoyennes, citoyens, chers amis, chers camarades,
je vous apporte le salut fraternel de la Fédération nationale de la Libre Pensée. … En juin 1766, l’arrêt de la Cour du parlement, à Paris, confirme la sentence d’Abbeville : le Chevalier de la Barre est condamné à « faire amende honorable, avoir la langue coupée, la tête tranchée, et son corps ensuite jeté avec la tête dans un bûcher pour y être brûlés. » La seule différence avec la sentence d’Abbeville : le Chevalier ne sera pas brûlé vif. Le 1er juillet 1766, dès 5h du matin, le Chevalier de la Barre est soumis à un dernier interrogatoire ; il subit la question ordinaire et extraordinaire (cf. le monument), avant d’être conduit sur la place d’Abbeville, au supplice auquel il a été condamné.
Première leçon : obtenir la liberté de penser exigeait au 18è Siècle la fin de la monarchie de droit divin, la séparation du trône et de l’autel. Aujourd’hui aussi, elle exige la Séparation des Eglises et de l’Etat, la défense de la loi de 1905. Deuxième leçon : pour respecter la liberté de conscience, il faut que l’espace public soit libre de tout objet religieux. Là aussi, c’est une anticipation de la loi de 1905.
Ces deux points nous ramènent au présent : commémorer le Chevalier de La Barre est particulièrement actuel.
Le 9 avril 2018, aux Bernardins, le Président de la République a déclaré qu’il voulait « réparer le lien abimé » entre l’Eglise catholique et l’Etat. C’est une déclaration de guerre contre la laïcité, contre la loi de 1905 qui la garantit, et qui établit que le lien est rompu entre les Eglises et l’Etat. Ce mauvais coup est en préparation : « Les mois à venir seront décisifs » a ajouté le président. Voyons la situation : en application de la loi Debré, le budget 2019 de la République va offrir 12 milliards environ à l’école confessionnelle, concurrente de l’Ecole de la République. Et les attaques se multiplient contre l’Ecole : le ministre Blanquer ne craint de prôner l’enseignement des religions à l’école ; il est prêt à ouvrir l’élaboration des programmes aux représentants des cultes ; il supprime des heures de cours, s’attaque au bac, organise la sélection à l’entrée de l’université ; il accroît l’embrigadement et le conditionnement idéologique des élèves en instaurant une « semaine consacrée à la défense » et un « stage dans une association caritative » pour les collégiens et les élèves de seconde. Mais contrôler la conscience des élèves ne suffit pas. Il faut contrôler la conscience des salariés. « L’entreprise est une communauté de destins entre dirigeants et salariés, actionnaires et parties prenantes, fournisseurs et clients » dit le Président de la République. Remplacer la République par une série de communautés, c’est ce que Pétain prônait avec la « communauté de travail » où « le bien commun » devait « s’élever au-dessus des intérêts particuliers ».
C’est la doctrine sociale de l’Eglise. Depuis un an, le Président de la République a participé ès qualités, au dîner de rupture du jeûne du Ramadan, au 500è anniversaire de la Réforme, au dîner du Conseil représentatif des Institutions Juives de France, à la Conférence des Evêques catholiques avant de se rendre au Vatican pour recevoir le titre de Chanoine de St Jean de Latran. Que cherche-t-il sinon un retour en arrière. Ne veut-il pas établir des concordats, abolir la séparation entre la sphère publique et la sphère privée. Le lien serait réparé, au détriment des libertés et en premier lieu de la liberté de conscience, au profit d’une société considérée comme un corps unique, régi par les mêmes principes.
Aujourd’hui, ce rassemblement pour honorer le Chevalier de La Barre est un premier pas de la mobilisation que nous allons organiser pour la défense de la laïcité, dans la plus large unité. La Libre Pensée est pour l’union la plus large quand la laïcité est menacée. C’est pourquoi, nous avons lancé avec d’autres l’Appel des laïques en décembre 2016. Cet appel a recueilli les signatures de plus de 10 000 militants et responsables des associations laïques, syndicats, mutuelles. Un tel front commun ne s’était pas vu depuis fort longtemps.
Cela veut dire que les temps changent et que chaque militant de la laïcité le comprend, il faut se rassembler pour faire échouer les remises en cause de la Loi de 1905, ce qui ne manquera pas d’arriver prochainement.
Mais pour cela, il faut bannir toute forme de sectarisme et de donneurs de leçons. Ni dieu, ni maître, ni gourou. Ce rassemblement est le premier que nous faisons contre le sectarisme et le dogmatisme. La Libre Pensée a pris contact avec la Ligue des Droits de l’Homme, avec la Ligue de l’enseignement et bien d’autres encore. Nous allons nous rencontrer bientôt pour envisager que le prochain rassemblement de l’année prochaine devant le Monument en hommage au Chevalier de la Barre soit véritablement unitaire, avec ceux qui veulent l’union bien sûr, et pas avec les diviseurs.
Ce ne sont pas les causes laïques à défendre qui manquent, c’est la volonté d’union qui fait parfois défaut. Sur la base de l’Appel des laïques qui a rassemblé, dans sa diversité, le mouvement laïque, rassemblons-nous, organisons-nous.
Tenons-nous prêts : Ne touchez pas à la loi de 1905 ! La loi Debré doit être abrogée !
Plus que jamais : A bas la Calotte ! Et vive la Sociale !
Pour la défense de la loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’État :
Rejoignez la Libre Pensée ! »

 

PACIFISME

 

L’ASSOCIATION LAÏQUE DES AMIS
DES MONUMENTS PACIFISTES DU RHÔNE,
FONDÉE IL Y A VINGT-CINQ ANS, A TENU SON ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
LE 18 MAI 2018 AU PALAIS DU TRAVAIL DE VILLEURBANNE

 

L’Assemblée a tiré le bilan des nombreuses initiatives prises au cours des 12 mois passés :

• Le 20 avril 2017, nous sommes retournés sur la tombe de Henry-Jean PREBOST, au cimetière de la Doua, comme nous l’avions fait en 2015, avec les UD CGT et CGT-FO du Rhône, les UL CGT, et CGT-FO de Villeurbanne, l’institut d’Histoire Sociale de la CGT du Rhône, la Fédération du Rhône de la LDH, la Fédération du Rhône de la LP, la Section de la LDH de Villeurbanne - Est Lyonnais.
• Le 8 mai 2017 : devant le monument aux morts de Villié-Morgon avec les UL CGT de Villefranche et de l’Arbresle, les UL FO de Tarare, la Fédération du Rhône de la LP, avec le soutien des UD CGT et CGT-FO du Rhône et auquel participait Bob Deville, militant laïque et ancien et longtemps président de la FOL dans le Rhône.
• Le 11 novembre 2017, sur l’Isle du Souvenir au Parc de la Tête d’Or, nous étions environ 90, à l’appel des UD CGT et CGT-FO, de l’IHS-CGT du Rhône, de l’ARAC, du Mouvement de la Paix, de la Fédération du Rhône de la LDH et du Cercle Edouard Herriot.
• Sans oublier la participation au rassemblement national le 24 juin 2017, à la Courtine, dans la Creuse, où avec la Fédération nationale de la LP, nous avons rendu hommage aux soldats russes mutinés durant l’été 1917.

La participation des 17 adhérents présents à la discussion a permis de dégager un plan d’activité pour les 12 mois à venir :

• Tenir une réunion publique sur la question de la réhabilitation et des monuments pacifistes du Rhône à Villeurbanne vers fin septembre- octobre.
• Organiser le rassemblement pacifiste du 11 novembre 2018, devant le monument aux morts de Villeurbanne nouvellement découvert comme monument pacifiste.
• Soutenir l’initiative de la Fédération Nationale de la Libre Pensée d’ériger un monument en hommage aux fusillés pour l’exemple et participer à la constitution de la délégation du Rhône qui participera à l’inauguration en 2019 à CHAUNY.
• Adresser une lettre aux municipalités, à la Métropole et au Nouveau Rhône pour leur demander de prendre position pour la réhabilitation collective et soutenir financièrement l’érection de monument de Chauny.

Xavier Hyvert, Président de l’Association Laïque des monuments pacifistes du Rhône

 

LIBRES PROPOS, LIBRES PENSÉES

Billy Graham : Évangile de la Peur et Obéissance à la Volonté de Dieu


"Nous vendons le plus grand produit sur terre. Pourquoi ne devrions-nous pas le promouvoir aussi efficacement que nous promouvons une savonnette ?" Billy Graham, Saturday Evening Post, 1963.


Les Etats-Unis, terre de haute spiritualité comme chacun le sait, viennent de perdre un de leurs plus grands esprits : leur plus célèbre télé-évangéliste Billy Graham, retourné à Dieu à l'âge vénérable de 99 ans, toutefois bien recru de maux et de Parkinson. Il faisait partie du réseau serré de ces prédicateurs évangélistes qui répandent la bonne parole US dans le monde entier, c'est-à-dire l'adhésion des masses candides à Jésus - et à la bonne doxa néolibérale. Cet homme que Dieu avait comblé (surtout d'argent, il laisse un empire financier colossal basé sur l'insondable crédulité humaine) avait lui-même été lancé comme une savonnette par des grands patrons de la presse et de la finance : le magnat de la presse Randolph Hearst, (qui servit de modèle au film "Citizen Kane" de Orson Welles), cherchant une icône médiatique toute fraîche pour promouvoir sa propagande pro-capitaliste, pro-agressions US et sa haine anti-communiste avait remarqué sous une tente évangéliste le talent prometteur du jeune homme, et l'avait illico recommandé à son ami Henry Luce, autre grand magnat réactionnaire de la presse US, ainsi qu'à Bernard Baruch, grand financier de Wall Street avec le pressant mot d'ordre, "Poussez Graham !". Ce qui fut fait, presto.
En effet, l'homme avait toutes les qualités requises pour faire entrer dans le "cerveau spirituel disponible" de millions de gens les belles idées de ses généreux sponsors : capitalisme über alles, crainte de Dieu, le Paradis (mais au ciel) et la haine du Mal représenté par les idéaux des humanistes, libres penseurs, socialistes, communistes, etc., tous ceux qui préfèreraient que le Paradis soit ici-bas.
Son vibrant "message d'amour du prochain" consistait pour l'essentiel à inspirer la crainte divine que ce pasteur insufflait à ses innombrables brebis : peur d'un dieu colérique et vengeur, peur de la "tentation du mal", mais (et surtout) peur des communistes et des socialistes, des syndicats, des catholiques (des concurrents !), des homosexuels, de l'intégration raciale, etc. et enfin, peur de la mort. Et pour apaiser ces peurs il promettait la vie éternelle par "l'acceptation de Jésus" et l'espérance en son retour ultime comme unique espoir de sauver l'Humanité. Et de faire quelques menus dons à son église qui, cumulés, faisaient des millions de dollars. De plus il avait l'excellente habitude de citer inlassablement les deux premiers versets des Romains 13 de la Nouvelle Version Américaine de la Bible qui stipule que chacun doit accepter que le gouvernement en exercice émane de la volonté de Dieu et que s'y opposer est donc s'opposer à Dieu !
Cette posture était tellement favorable aux pouvoirs installés que toute sa vie il eut porte ouverte chez douze présidents US, ainsi que chez Edgar Hoover, patron du FBI où il recueillait tous leurs désidératas électoraux : par ex. dézinguer en télé-chaire les candidats électoraux inopportuns.
Il soutint à fond le Maccarthysme et ses excès, était ami-ami avec les représentants des lobbies des armes et du pétrole, soutint mordicus Nixon jusqu'à ce que celui-ci fut contraint à la démission, etc.
En cela, il était en totale contradiction avec un autre prédicateur évangéliste, Martin Luther King qui, alors qu'il était emprisonné à Birmingham (USA) fit remarquer dans une lettre ouverte que les gouvernements nazis ou autres scélérats pouvaient aussi être légaux (et donc aussi adoubés par Dieu ?)
Mais cette contradiction flagrante ne pouvait gêner les ouailles de Billy Graham qui acceptaient toutes ses paroles, homélies, conseils, prédictions, anathémisations, peurs, pensées prédigérées, sans avoir à y réfléchir : parole d'évangéliste est parole d'Évangile !
Toute sa longue vie, il a vendu toutes les guerres décidées par les gouvernements US sans jamais mettre en doute leur pertinence ou légitimité.
D'abord ami avec son homologue noir Martin Luther King Jr, son soutien s'évapora très vite quand celui-ci commença à prêcher la désobéissance civile face à des situations sociales moralement insupportables : la guerre du Vietnam, le combat pour les droits civiques, le racisme, la ségrégation, l'injustice, la pauvreté, les taudis, etc.
C'est sans doute ce qui explique qu'il mourut assassiné par balle à 39 ans dans un modeste motel à Memphis pendant que Billy Graham poursuivait sa très longue et très indigne vie, couvert d'honneurs, d'hommages officiels, d'ouailles en transes et de millions et millions de dollars.
Et last but not least, il a quitté ce monde en laissant derrière lui un pays où la religion joue maintenant dans la politique un rôle beaucoup plus important que ce n'était le cas dans les années cinquante. Beau bilan d'une vie, non ? RJ

 

EDITORIAL

Effondrement de la religion ?


« Beaucoup de gens sont surpris que l’on construise une église malgré l’effondrement de la religion » constate Régis Charre, prêtre de la paroisse de Vaulx-en-Velin (Le Progrès du 26/7/08). En effet ! Et on pourrait ajouter que la construction simultanée d’une église, d’une mosquée et d’un temple protestant sur une même commune est trois fois plus étonnante ! R. Charre ajoute, en guise d’explication, que « la ville a besoin d’un lieu d’église pour faire en sorte que l’église d’aujourd’hui soit autre chose que seulement la messe. »

La stratégie de la confusion

Nous osons croire qu’en parlant de « la ville » M. Charre emploie ce mot dans son sens le plus général, et qu’il ne parle pas de la Municipalité, car les élus ont autre chose à faire qu’à régenter l’organisation cléricale. Nous osons le croire, mais nous savons que la municipalité de Vaulx-en-Velin a aidé, ouvertement, le projet de construction de la mosquée (concession du terrain au quart de sa valeur réelle). Il n’y a pas de vraisemblance que l’Eglise catholique n’ait pas bénéficié de largesses équivalentes. Lorsque la pose de la première pierre aura lieu, le 3 mai 2009, il s’agira déjà de la troisième église de Vaulx-en-Velin. Le projet représente 2,5 millions d’euros. Or, comme le constate R. Charre, la religion « s’effondre » ; et on nous assure que les caisses sont vides.

Alors, s’il faut un lieu « pour faire en sorte que l’église d’aujourd’hui soit autre chose que seulement la messe », de quoi s’agit-il ? Quel rôle veut-on lui faire jouer ?

S’il s’agit d’un rôle d’organisation sociale, il y a des services publics pour cela, qui (jusqu’à présent) marchaient bien.

M. Charre avance un argument très étonnant : « Dans nos églises, il y a des Créoles, des Africains, des Tamouls (Indiens de Pondichéry), et 140 familles assyro-chaldéennes, soit une dizaine de nationalités différentes. » Mais en quoi la diversité ethnique des fidèles a-t-elle à voir avec la capacité d’accueil des lieux de culte ? Si nous comprenons bien, l’Eglise se pose en candidate à fédérer les communautarismes ethniques potentiels sous sa houlette, et on lui donne les moyens pour se livrer à un nouveau genre de prosélytisme (d’où la nécessité de construire)… et mettre en place son propre « super-communautarisme ». Pourtant ce n’est pas à la puissance publique de décider si celui-ci est préférable à ceux-là.

L’Eglise facteur républicain d’intégration : Sarkozy en avait rêvé, cela se fait à Vaulx-en-Velin !

Une église « écologique »

L’église Saint-Thomas présentera toutes les garanties « d’honorabilité ». Elle doit être construite, dans un quartier entièrement refait à neuf, en face du « jardin de la Paix et des libertés ». Sa conception architecturale respectera la « Haute Qualité Environnementale », avec structures en bois et innovations en matière d’économie d’énergie. Comment en serait-il autrement depuis que la pollution a été mise au rang des péchés capitaux ? Mgr Ricard, au moment de quitter la présidence de la Conférence des évêques de Lourdes, expliquait l’an dernier qu’un des rôles de l’Eglise était désormais « d’aider les consciences à accepter les changements de mode de vie auxquels nous serons inéluctablement appelés ». Dans la même déclaration, il stigmatisait cette époque où « le repli sur son pré carré social ou national semble marquer les esprits ».

Il fut une époque (mythique bien entendu) où l’Eglise ne se préoccupait que du Salut. Le Royaume du Christ n’était pas de ce monde. Cette époque semble lointaine : désormais les prêtres vont vous dire à quel moment utiliser votre voiture, et si vos revendications sont fondées. L’Eglise se dit laïque, mais n’a pas renoncé à diriger les consciences.

S’opposer à l’offensive cléricale

Nous pouvons revenir à notre question : quelle est la nécessité d’une Eglise qui soit « autre chose que la messe » ? Comme le rappelle l’appel du congrès de Roanne à la manifestation contre le financement public de la venue du pape et pour la laïcité en Europe, le pape Benoît XVI a déclaré lors de son voyage aux U.S.A. : « Il faut résister à toute tendance à considérer la religion comme une affaire privée ». Voilà ce que vaut la prétendue « laïcité » de l’Eglise moderne, que certains en France nous présentent comme une nouvelle réalité (en nous faisant passer pour des « attardés »). La forme varie, mais le fond reste le même : l’Eglise moins la messe, c’est le cléricalisme.

Nul doute que la venue de Benoît XVI sera « couverte » par les media avec des temps d’antenne record. Préparons-nous à entendre parler du pape et de Lourdes (avec le 150ème anniversaire des apparitions) … jusqu’à plus soif, et sans le moindre recul critique. C’est dans l’ordre des choses ! Pour notre part, nous n’attendrons pas qu’on nous accorde tant de publicité. Nous ne sommes pas dans l’affectif béat ; ni dans le spectacle. Nous continuerons à défendre, sans nous laisser impressionner, la liberté de conscience et la démocratie républicaine. Et ce, dès le 14 septembre à Paris.
P.G.

  

LIBRES PROPOS…

Laïcité et Déclaration des Droits de l’Homme :
quelle filiation ?


En cette époque si sereine, si claire, où les principes, les règles sont respectées par tous et notamment par ceux qui nous gouvernent, il est nécessaire de revenir à la source et de rappeler ce qui nous a permis, collectivement, de devenir ce que nous sommes. La Révolution française, en proclamant le 26 août 1789 la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, érigeait les bases de l ‘émancipation du peuple français. Dans une société où régnaient les guerres, la misère, l’arbitraire, la confusion entre le politique et le religieux, cette Déclaration était un formidable acte d’espoir et de progrès à l’adresse des peuples du monde. Le citoyen était reconnu et boutait, dans la part obscure de l’histoire, la notion de sujet! le peuple prenait conscience de son existence et de sa capacité à décider de son destin. Ce combat ne faisait que commencer et, avec le recul de l’histoire, nous faisait réaliser qu’il devait être quotidien et perpétuel.
Une lecture attentive de cette Déclaration révèle à quel point elle est jumelle avec le principe de Laïcité et explique pourquoi elle a provoqué l’ire du Vatican hier et aujourd’hui encore, et avec lui toutes les religions dites du « livre ».

Un bref rappel du principe de Laïcité

L’origine étymologique du mot laïcité se trouve dans le grec « laos » c’est à dire unité d’une population (le citoyen) considérée comme un tout indivisible (le peuple). L’unité du « laos » induit le principe d’égalité. Le « laïc » est un homme du peuple, sans distinction quelconque, en vertu du principe d’égalité. Ce principe s’oppose à l’idée de reconnaissance d’un groupe particulier ou à la possibilité qu’une confession particulière devienne une norme publique et fournisse la base d’un pouvoir sur le tout.
Paradoxalement il n’existe pas, en tant que telle, une définition précise de la laïcité. Fernand Buisson, dans son « Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire » en 1911, écrivait que le mot laïcité était un néologisme! Il apparaît pour la première fois dans la Constitution de 1946 (article 1er) et ensuite dans la Constitution de 1958 (article 2).
Face à la confusion des pouvoirs qui a régné, pendant de nombreux siècles, entre le temporel et le spirituel, la laïcité se définit comme un espace de liberté garantie par la séparation desdits pouvoirs politique et religieux. Liberté qui garantit à tout un chacun, entre autres, la liberté de conscience, c’est à dire celle de croire (ou de changer de croyance) ou de ne pas croire.

Alors quel lien avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ?

La « Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen » sur trois de ses articles fonde le principe de laïcité.
Tout d’abord l’article 3 qui stipule que « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément ».Il affirme clairement que la souveraineté ne vient pas de Dieu, ni du monarque, mais de la Nation. C’est le peuple qui dorénavant est à l’origine du pouvoir. Il en est le détenteur et il en est la source. Désormais la loi sera celle qu’il se sera librement attribuée. Il n’y a plus de règle qui serait inspirée par une origine supra-humaine et qui s’imposerait au peuple. C’est le renvoi de la religion dans la sphère du privé « nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’émane du peuple souverain ». L’autorité « auto-proclamée » de la religion perd sa base politique et légale pour devenir un mouvement comme les autres qui se doit de respecter les lois et règles que les hommes adoptent ou adopteront.

L’article 10 relègue la religion au rang des opinions égales aux autres opinions « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi ». Il n’y a pas de hiérarchie. La seule contrainte: le respect de la loi de la République. Sur cet article les représentants des groupes confessionnels ont réussi à faire admettre leur lecture .Il garantirait, selon eux, la liberté religieuse et la placerait au sommet des libertés publiques. Elle bénéficierait, de ce fait, d’un statut spécifique qui justifierait toutes les entraves ou violations de la loi commune et notamment la Laïcité! Le travail de sape a formidablement fonctionné. Nombreux sont les commentateurs et les politiques à partager cette interprétation. Non seulement elle est erronée, ne correspondant pas à la tradition républicaine française, mais elle nous entraînerait vers une pratique à l’américaine qui place la liberté religieuse au-dessus de toutes les lois avec tous les excès que nous connaissons. Les USA ne sont–ils pas le berceau de toutes les sectes qui infestent le monde ?

L’article 16 est, quant à lui, la clef-de-voûte du système démocratique mais également celui de la laïcité « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution ». Cette séparation, chère à Montesquieu, tant honnie par le Vatican et la hiérarchie catholique française dès lors qu’elle fonde le principe de laïcité. Cet espace de liberté institué par la séparation des deux pouvoirs temporel (civil) et spirituel (religieux). Le Vatican au terme de « pouvoir » préfère évoquer « jésuitiquement » le terme de « puissance » et se trouva fort marri lors de l’adoption de la loi de 1905, en sa qualité de « puissance », de n’avoir pas été consultée…!
La « Déclaration » fut dès l’origine, comme lors de l’adoption de la Loi de 1905, vouée aux gémonies, bien entendu comme contraire aux lois divines mais surtout parce qu’elle stipulait, affirmait le principe de séparation. Le maudit principe qui la privait de tous ses intérêts et privilèges !

Les droits de la « personne » contre la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen

Alors, suprême habileté, le Vatican invoque aujourd’hui l’article 10 dans l’interprétation qui lui convient mais parallèlement combat la « Déclaration » pour imposer sa conception non pas des droits de l’homme mais des droits de la « personne ». La personne s’analysant comme le « masque » au sens grec du terme apposé sur le visage de la créature de dieu ! Les droits de la personne contre les droits de l’homme (traité vulgairement de droits de « l’hommisme »). D’un côté des doits qui nous seraient octroyés en tant que « créatures de dieu » et de l’autre des droits que les hommes s’attribuent en fonction de ce que leur raison dicte pour le bien commun : voilà l’autre combat qui se mène parallèlement depuis de nombreuses années à celui de la Laïcité. Soit le retour à la soumission des clercs, soit le maintien de l’homme comme référence et source du droit et de la politique !
Alors si nous voulons être les successeurs dignes et fiers de tous ceux et celles qui ont œuvré pour l ‘édification d’une société démocratique, laïque et sociale, n’oublions pas et ne laissons pas la « Déclaration des Droits de L’homme et du Citoyen » aux mains des cléricaux. Comme pour la Laïcité, une telle captation cléricale en sonnerait irrémédiablement le glas…!

Jean PETRILLI

APPEL DU CONGRES DE ROANNE – 2008
(adopté à l’unanimité)

 

  Madame, Monsieur,

Le pape Benoît XVI a été invité par la Conférence épiscopale des évêques de France à venir à Paris et à Lourdes (il s’agit de célébrer le 150è anniversaire des « apparitions » de Bernadette Soubirous ).
Le pape sera reçu par le Président de la République Nicolas Sarkozy. Cela est contraire à la Loi de Séparation : le pape Benoît XVI est un chef religieux.
Il a le droit, comme tout individu, de voyager librement. Mais la Démocratie et la Laïcité exigent que, dans la République, ce voyage soit exclusivement financé par les adeptes de cette religion (article 2 de la loi de 1905 : « la République ne reconnaît, ne subventionne et ne salarie aucun culte »). 

La religion est et doit rester une affaire privée.

Le chef de l’Eglise catholique s’est rendu aux Etats Unis à la mi-avril. Sa visite – au mépris du 1er amendement de la Constitution américaine (« le Congrès ne fera aucune loi qui établisse une religion ou qui interdise l’exercice de celle-ci… ») – a été largement financée par les fonds publics : 12,5 millions de dollars ont été prélevés pour financer cette visite.
En France, chaque année, 10 milliards d’euros sont détournés pour financer les activités de l’Eglise et de ses oeuvres, soit l’équivalent de 20% de l’impôt sur le revenu.

La Libre Pensée s’oppose à tout financement public de la visite du pape : pas un centime d’argent public, de l’Etat, des collectivités territoriales (communes, départements, régions) !

Les élus doivent respecter la liberté de conscience.
Ils doivent respecter la loi de 1905.
Ils doivent déclarer qu’aucune activité cultuelle, à l’occasion de la visite papale ne sera financée par les fonds publics.
Le Président de la République, le Conseil des ministres doivent respecter la Loi de séparation des Eglises et de l’Etat et veiller à ce que le gouvernement ne débourse aucun centime pour ce séjour.

Les convictions personnelles de Nicolas Sarkozy ne sauraient être confondues avec ses fonctions de président de la République !

LA REPUBLIQUE DOIT RESTER LAÏQUE !

Avec le coup de force du Congrès de Versailles, le mini traité de Lisbonne reprend l’article 1 – 52 du projet de constitution de l’Union Européenne dans son article 16 C-3 : « Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations ». La Libre Pensée ne l’accepte pas ! En effet cet article consacre tous les privilèges antidémocratiques des Eglises en Europe

Les religions, la catholique en particulier, veulent contrôler tous les rouages de la société (Etat, écoles, universités, recherche…). Benoît XVI l’a déclaré aux Etats Unis : « Il faut résister à toute tendance à considérer la religion comme un fait privé. » Il a affirmé son soutien au gouvernement américain en guerre contre les peuples afghan et irakien.

Le voyage du pape a lieu au moment où tout est fait pour faire imploser la République Une et Indivisible.

Il fait suite aux agressions verbales du Président de la République Nicolas Sarkozy et du ministre de l’Intérieur et des Cultes, Mme Alliot-Marie, contre la laïcité. Ce voyage a pour but de réaffirmer la farouche hostilité du Vatican au principe de séparation de l’Etat et des Eglises et de défendre une “Europe chrétienne” contre l’héritage humaniste et universel des Lumières.

LES LAÏQUES, LES REPUBLICAINS DOIVENT FAIRE FRONT !

La Libre Pensée appelle au rassemblement, à l’unité.

• CONTRE TOUT FINANCEMENT PUBLIC DE LA VISITE DU PAPE !
• POUR LA LAÏCITE EN EUROPE !
• POUR LA SEPARATION DES ETATS ET DES RELIGIONS !

Respectez la Loi de 1905 ! Respectez notre liberté de conscience !

TOUS À PARIS 14 SEPTEMBRE 2008 A 13 HEURES !

Soutiennent d’ores et déjà cette initiative : Union internationale Humaniste et Laïque (IHEU) – Fédération nationale de la Libre Pensée France) – Ligue française de l’Enseignement (France) – Union Rationaliste (France ) – Mouvement Europe et Laïcité (CAEDEL) – Union des Athées et Libres Penseurs d’Espagne et union des Athées de Catalogne – National Secular Society (Royaume-Uni) – Fédération Humaniste Européenne - Bund gegen Anpassung (Allemagne) – Grenade Laïque (Espagne) – Union de Athées (France et Belgique) – Conseil National des Associations Familiales Laïques (CNAFAL – France ) – Mouvement Laïque Québécois (Canada) – Humanist Association of Canada – Fédération Internationale d’Athées – Europa Laica (Espagne) – Association polonaise des Rationalistes – Front pour la Culture Laïque ( Mexique) – Cullera laïque (Espagne) – Associazone Nazionale del Libero Pensiero Giodano Bruno (Italie) – Concil of Australian Humanist Societies (Australie) – Association des Rationalistes et Libres Penseurs (Cameroun) – Centre d’Action Laïque de Bruxelles.

 

Congrès 2008 Vœu « Etienne Dolet »

L’ensemble des vœux et motions adoptés lors du congrès national de Roanne (11 au 13 juillet 2008) sera, comme de coutume, publié intégralement. On peut également consulter ces textes sur le site national de la Libre Pensée (librepenseefrance.ouvaton.org). C’est pourquoi nous signalerons simplement l’adoption d’une motion déposée par la C.A.N. sur proposition de la fédération du Rhône :

 500ème anniversaire en 2009 de la naissance d’Etienne Dolet

1509-1546

Etienne Dolet, né à Orléans en 1509, fut poursuivi par l’Inquisition pour avoir condamné l’intolérance et le fanatisme religieux à Toulouse où il était étudiant. Réfugié à Lyon, en1534, il choisit de se faire imprimeur et obtient un « privilège » du roi François Ier en 1538. Sans cesse inquiété, il est finalement emprisonné presque sans interruption de 1542 à 1546 dans cette ville ou à Paris, accusé de sédition, de diffusion de livres prohibés, d’être fauteur d’hérésie et professeur d’athéisme. Il fut à la fin torturé sous les yeux des théologiens, avant d’être conduit place Maubert à Paris pour y être étranglé et brûlé sur le bûcher ( 3 août 1546), sa mort ignominieuse devant servir d’exemple.

Dolet un des plus grands humanistes de la Renaissance, fut aussi un imprimeur remarquable, ennemi déclaré de toute censure, un promoteur de la langue française, le chantre enthousiaste de la culture et de la civilisation libératrices, inventeur, avant la lettre, de la laïcisation de la pensée, débarrassée de la gangue théologique.

C’est à ces différents titres qu’il devint peu à peu une figure emblématique des libertés, notamment chez les républicains et libres penseurs. La Ville de Paris lui éleva un monument en 1889, place Maubert, monument qui devint un lieu de rassemblement républicain pendant l’affaire Dreyfus et la bataille laïque de 1905.

La statue de Dolet fut détruite sous Vichy et jamais reconstruite, comme si la mémoire du martyr de la Renaissance et de l’indépendance de la pensée, selon les mots de son biographe, de Jaurès et d’Herriot, devait être abolie.

Le 500ème anniversaire de la naissance de Dolet doit être l’occasion de faire revivre son souvenir en des temps où la défense des libertés est chaque jour plus nécessaire.

La Libre Pensée soutient toutes les initiatives qui y contribueront au cours de l’année 2009, colloques, conférences, éditions et autres manifestations.

Dolet mourut pour ses idées. Il appartient au patrimoine de la France et de l’humanité.

A ce titre, la Libre Pensée soutient tout particulièrement la campagne pour l’édition en 2009 d’un timbre commémoratif à l’effigie d’Etienne Dolet de l’Association Laïque Lyonnaise des Amis d’Etienne Dolet et du Comité de Soutien auquel participent des dizaines de personnalités et les maires des très nombreuses communes ouvrières qui possèdent depuis un siècle une rue ou une place Etienne Dolet.

 

 COMMUNIQUE DE PRESSE Paris, le 15 août 2008

La République ne reconnaît aucun culte (loi de 1905) :
En conséquence, ni le Daïla-Lama ni le Pape ne doivent être reçus officiellement par une quelconque autorité de la République !

Précédant le voyage du pape Joseph Ratzinger dit Benoît XVI , c’est au tour de Tenzin Gyatso alias la quatorzième réincarnation du Daïla Lama de venir faire du prosélytisme dans notre pays. Comme de coutume, nous assistons à un déferlement médiatique sans précédent et un empressement des autorités et des corps constitués à faire allégeance à la propagande religieuse.

La Libre Pensée est pour la libre circulation des hommes et des idées. En conséquence, les chefs religieux sont libres de voyager, mais pas aux frais de la République et non reconnus par la République. C’est là, le strict respect de la laïcité de l’État républicain.

Par ailleurs, dans le pays des Droits de l’Homme et de la Révolution française, on est en droit de s’interroger publiquement sur les « qualités démocratiques » des chefs religieux que certains encensent.

Rappelons que le Vatican se prétend État (toutefois non reconnu par l’ONU) dans lequel il est interdit d’être non-catholique, d’être syndiqué, de faire grève et dans lequel il n’y a jamais eu d’élections démocratiques. Et que ce curieux « État » mène une campagne acharnée contre les plus élémentaires libertés démocratiques que sont la contraception et l’IVG, sans parler de la lutte criminelle contre le port du préservatif, seul moyen de masse pour enrayer la pandémie du SIDA et que son chef fut adhérant des jeunesses hitlériennes.

Rappelons que le Daïla-lama a été formé par le Waffen SS Heinrich Harrer. Pour juger du caractère « démocratique » du Tibet, laissons-lui la parole dans son ouvrage Sept ans d’aventure au Tibet : « La domination qu’exerce les moines du Tibet est absolue. C’est l’exemple type de la dictature cléricale ». Il est stupéfiant de remarquer que le Dalaï-Lama actuel, en 1994, a voulu réunir à Londres des personnalités occidentales ayant connu un Tibet indépendant. Sur les sept personnalités, il y avait les deux Waffen SS, Harrer l'alpiniste et Beger l'ethnologue d' Auschwitz et un diplomate chilien du nom de Miguel Sorano qui a fait carrière dans le sillage de Kurt Waldheim, en étant proche de Pinochet et des communautés nazies du sud du Chili.

Le Tibet n’est pas un État indépendant, il est chinois depuis le XIIIe siècle, de la même manière que le Vatican n’est que le produit des accords du Latran de 1929 signé par le chef de l’État fasciste italien Benito Mussolini. Le Vatican est un résidu du fascisme italien comme l’État du Tibet est un produit de la guerre froide.

Nul détenteur de l’autorité de la chose publique n’a le droit de violer les principes républicains et, en premier lieu, la laïcité de l’État. C’est ce que rappellera la Libre Pensée lors du meeting laïque international du 14 septembre 2008 à 13H au Gymnase Japy – 2 rue Japy – 75011 Paris (Métro :Voltaire) à l’occasion de la visite de Benoît XVI. Ce meeting est appelé par 25 associations de France, d’Europe et des autres continents.

LIBRES PROPOS… (SUITE)

La guerre de 14-18 et les prêtres planqués

Henri Barbusse est parti à la guerre en août 1914 comme engagé volontaire, alors qu’il était exempté de service militaire, comme simple fantassin. Il passera 23 mois sur le front et ne sera démobilisé que pour de graves raisons médicales.
Parti avec l’illusion de l’ « Union Sacrée » contre la « barbarie du Pangermanisme », il changera peu à peu d’opinion et finira par prendre le parti de la Révolution bolchevique.
Il répond, en juin 1918 aux « insinuations calomnieuses et insultes graves » dont il venait d’être victime dans une conférence faite à Chicago par un officier français en mission en Amérique à propos de son ouvrage « Le Feu ».
Retenons quelques lignes de son témoignage en nous souvenant que c’était une revendication populaire, lors de la guerre de 1870, que les prêtres, jusqu’alors non soumis au service militaire, suivent le sort commun, ce que devait décider la IIIème République et que l’Eglise, après la guerre, a su tirer parti de son prétendu dévouement à la patrie pour arracher bien des avantages.
« Le conférencier de Chicago m’accuse d’avoir dit que peu de prêtres ont porté le sac. Je maintiens formellement cette affirmation. S’il y a beaucoup de prêtres mobilisés en France, ils le sont, soit comme aumôniers, soit comme infirmiers à l’avant, et ceux-là – très peu nombreux du reste - ne portent pas le sac du fantassin. Demandez aux soldats combattants si les aumôniers et les infirmiers qu’ils entrevoient subissent les mêmes fatigues et les mêmes dangers qu’eux ! Mais l’on trouve un grand nombre de prêtres dès qu’on s’éloigne de la première ligne ; parmi les brancardiers divisionnaires (qui vont des deuxièmes aux troisièmes lignes), le personnel des ambulances, et surtout celui des hôpitaux de l’intérieur. Dans tous les séjours que j’ai faits à l’hôpital, j’en ai été entouré : les infirmiers, les vaguemestres et même les cyclistes et les concierges étaient des prêtres.
Je dis et je maintiens donc qu’il n’est pas possible à un homme de bonne foi de prétendre que, pendant cette guerre, le clergé a partagé la vie et les souffrances du simple soldat.» (pages 68 /69 Paroles d’un combattant – Paris, Flammarion 1920) M.P.

 

SCIENCES

CNRS : chronique d'une mort annoncée

Le Centre National de la Recherche Scientifique, CNRS, est un des organismes majeurs de la recherche scientifique en France avec le CEA (recherche civile et militaire dans diverses disciplines), l'INSERM (médecine), l'INRA (agronomie), le CNES (spatial), le CNET (télécommunications) et bien sûr les universités. Il a été crée le 19 octobre 1939 par un décret du président de la République Albert Lebrun. Des scientifiques de grand renom comme Jean Perrin (prix Nobel de physique 1926) ont oeuvré à sa création.
Les mesures visant à le transformer, voulues par Nicolas Sarkozy et mises en oeuvre par la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, risquent de signer la mort du CNRS, et de la recherche en général.

Quand les mensonges d'état s'accumulent pour justifier le sabordage de la recherche…

Pour noyer son chien, on l'accuse de la rage. La tactique est suivie à la lettre par le gouvernement, et l'a été par nombre de ses prédécesseurs. La recherche française est accusée tour à tour d'être sclérosée, inefficace, en retard sur le reste du monde. Ses prétendus faibles résultats démontreraient le gaspillage d'argent, « le budget de la recherche étant l'un des plus élevé au monde » (N. Sarkozy, discours à Orsay le 28 janvier 2008 en l'honneur d'Albert Fert, prix Nobel de physique 2007).

 Cette propagande qui tourne à la manipulation, est répétée à l'envi par le gouvernement et ses affidés pour justifier le saccage systématique de la recherche. Dans une quasi-unanimité touchante, les médias, toujours ravis quand il s'agit de vulgate anti-fonctionnaires, reprennent servilement le discours du gouvernement.

Lorsque l'on veut bien se pencher sur les chiffres, la réalité est tout autre. Malgré des moyens nettement insuffisants, la France est encore, mais pour combien de temps ?, une grande nation scientifique : le CNRS est le 5e organisme mondial pour le nombre de publications, et le premier en Europe. Au classement de Shangaï (classement des universités) la France est en 6e position. Les chercheurs qui travaillent au CNRS (ou y ont travaillé à un moment de leur carrière) reçoivent régulièrement les plus hautes distinctions : en 2007 Albert Fert a reçu le Nobel de physique, en 2005 Yves Chauvin a obtenu celui de chimie et en 2006 Wendelin Werner a décroché la médaille Fields (équivalent du Nobel pour les mathématiques).
Malgré les tonitruantes déclarations officielles, le budget de la recherche en France est loin d'être à la hauteur de ce qui est annoncé. Après avoir été la 3e nation dans le monde pour l'effort de recherche en 1970, 5e en 1985 et 7e en 1995, la France est actuellement en 14e position mondiale (et 6e en Europe) avec 2,12% de son PIB consacré à la recherche (chiffre regroupant la recherche civile et militaire, publique et privée. Source : OCDE « Principaux indicateurs de la science et de la technologie » 2006 derniers chiffres disponibles). Elle se situe très loin du Japon (3,33% du PIB soit 57% de plus que la France), des USA (2,62% du PIB soit 24% de plus) ou en Europe de la Suède (3,82% du PIB soit 80% de plus) ou de la Finlande (3,43% du PIB soit 62% de plus). Le manque criant d'embauche de chercheurs et d'ingénieurs sur des postes statutaires est le corollaire obligé de ce budget anémié.

Le démantèlement en cours, les réactions des chercheurs

La question budgétaire n'est malheureusement pas le seul aspect de la destruction en cours du CNRS. Le gouvernement veut engager de profondes modifications dans la structure et le fonctionnement du CNRS, modifications qui si elles viennent à être appliquées sonneront le glas de la recherche fondamentale en France. Le conseil d'administration du CNRS, annulé le 19 juin grâce à la mobilisation des chercheurs, les a malheureusement adoptées le 1er juillet.
Ces mesures consistent à découper le CNRS en plusieurs instituts et à ne financer la recherche que sur projets. Elles rencontrent une forte résistance chez les chercheurs. Albert Fert, prix Nobel de physique 2007 pour la découverte de la magnéto-résistance géante qui a permis de multiplier par 100 la capacité des disques durs déclarait au Monde le 25 octobre 2007 : « On ne peut imposer une finalité stricte à la recherche [...] S'il n'y avait eu qu'un financement sur projet, je n'aurais pas décroché le Nobel ». Plus de 450 médaillés du CNRS (chaque année le CNRS décerne des médailles de bronze pour les jeunes chercheurs, des médailles d'argent pour les chercheurs confirmés dont les travaux ont une portée internationale majeure, une médaille d'or, et les ingénieurs, techniciens ou administratifs se voient attribuer un cristal) qui dans un communiqué intitulé « Fiers mais inquiets » déclarent : « Comment se déprendre de l'impression, nous qui sommes en poste au CNRS, dans un autre organisme de recherche ou à l'Université, qui prenons plaisir à chercher, à transmettre, et qui avons été reconnus pour cela par nos pairs, que nous serons les derniers de notre espèce, que nous n'aurons, bientôt, qu'à éteindre la lumière et fermer la porte derrière nous ? ».
Dans certaines instances dirigeantes du CNRS, l'inquiétude aussi est de mise. Le 16 juin, le conseil scientifique du CNRS a voté contre le « plan stratégique » qui lui était présenté pour la 3e fois. Fait sans précédent, tous les présidents des conseils scientifiques ont signé un communiqué dans lequel ils disent à propos du projet du gouvernement : « Il y aurait urgence non pas à l'adopter mais à le dénoncer ». Leur opposition est particulièrement forte vis-à-vis de la volonté de l'exécutif de faire disparaître la moindre parcelle d'autonomie du CNRS et d'avoir le contrôle absolu des stratégies et des thématiques de recherche : « Conformément à la tradition libérale de respect des libertés académiques, les Etats s'abstiennent de s'ingérer dans le fonctionnement des organismes de recherche[...] Au pouvoir politique revient naturellement la responsabilité de fixer les grandes priorités nationales [...] Mais il est de la compétence des scientifiques de déterminer les stratégies de recherche et les thématiques propres à conduire aux résultats attendus [...] La question de la réorganisation du CNRS pour les décennies à venir devrait être discutée dans cet état d'esprit » Leur inquiétude va aussi vers les sciences et technologie de l'information et de l'ingénierie, les sciences du vivant et les sciences humaines et sociales. Ces trois disciplines ont tout simplement disparu dans la nouvelle organisation proposée par le gouvernement ! Le plus grand flou règne sur leur sort et particulièrement les SHS (les deux autres disciplines auraient d'autres instituts de raccroc).
Les chercheurs, outre les points soulevés par le communiqué des présidents des conseils scientifiques et le sous-financement chronique évoqué plus haut, s'alarment aussi de la conception du financement de la recherche dans le projet du gouvernement. Il s'agirait de financer la recherche quasi-uniquement sur des projets via l'Agence Nationale de la Recherche. Les thèmes des projets sur lesquels pourront être déposées des demandes de financement seront décidés par le ministre de la Recherche. Avec l'obsession du gouvernement actuel pour une recherche exclusivement appliquée, ce seront des pans entiers de la recherche fondamentale qui seront mis sous l'éteignoir. Les sceptiques pourront consulter la liste des thèmes retenus par l'ANR en 2008 pour la biologie : il concernent en très grande majorité la santé humaine et les biotechnologies, laissant de côté d'immenses secteurs de la biologie. Le financement sur projet dénote une méconnaissance totale (ou bien un complet mépris) du fonctionnement de l'activité scientifique. On ne peut jamais prévoir à l'avance d'où vont provenir des avancées majeures pour résoudre tel problème. Ce n'est par exemple pas en cherchant à améliorer la bougie que l'on a découvert l'électricité.

CONCLUSION

Le décalage entre les paroles de Nicolas Sarkozy et ses actes est de plus en plus flagrant. Annonçant que l'objectif de 3% du PIB pour la recherche sera atteint en 2012 (soit une hausse relative de 41,5% par rapport à la situation actuelle !), il fait voter un budget 2008 en stagnation. Prétendant lutter contre « ce gaspillage incroyable pour la France qui consiste à fournir aux laboratoires étrangers de jeunes scientifiques parmi les meilleurs du monde », il ne crée pour autant aucun emploi susceptible de les retenir. La réforme du CNRS ne règlera aucun problème, bien au contraire.
Les actes de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement, loin d'être de l'agitation sans direction précise, sont au contraire très cohérents entre eux. Avec un mépris de plus en plus affiché de la démocratie (derniers épisodes en date : la volonté du président de la République de diriger l'audio-visuel public et modification des institutions), l'intention de faire revenir les religions dans l'espace public, la mise-à-sac de tout ce qui fait le bien public et vise à assurer l'égalité dans les faits - écoles, hôpitaux, tribunaux - et la mise à disposition du bien commun dans les mains de quelques-uns, c'est très clairement vers une société d'ancien régime que nous dirige le pouvoir.

Cédric Mulet-Marquis