pacifisme : loi sur les fusillés

À l’initiative du Groupe de la France Insoumise, la proposition de loi n°4236 « visant à réhabiliter les militaires « fusillés pour l’exemple » durant la Première Guerre Mondiale », a été adoptée en première lecture, le 13 janvier 2022, l’Assemblée nationale sans avoir été modifiée par les députés.

Le 14 janvier la proposition de loi est enregistrée à la Présidence du Sénat dans sa forme initiale.

Elle est, à ce jour, en attente d’inscription à l’ordre du jour.

Le vote doit être confirmé en passant devant le sénat, probablement en juillet. M. Gilbert-Luc Devinaz nous a reçu pour nous indiquer qu’il se trouvait en accord avec le texte de la loi et qu’il s’emploierait à la faire adopter, sans modification. Il s’est porté garant, sauf énorme surprise, du vote du groupe sénatorial PS.

Dans le Rhône, M. Jean-Louis Touraine et Mme Danièle Cazarian sont les deux députés qui nous avaient répondu favorablement.

Cependant la réaction ne désarme pas, même là où on ne l’attend pas, dans des milieux politiques qui se prévalent de valeurs « progressistes ». Ainsi, parmi les réponses reçues, on notera celle de Mme Anne Brugnera au nom de LaREM. Elle laisse pantois, et se conclut ainsi :

« (…) Notre groupe LaREM n'a (…) pas soutenu cette proposition de loi et je tiens à vous en donner les raisons. 

 Si nous sommes favorables à une réhabilitation collective mémorielle, nous pensons néanmoins que cette réhabilitation collective ne doit pas se faire par le domaine législatif. En revanche, nous ne soutenons pas la réhabilitation générale de tous les fusillés de la Première Guerre mondiale. Si la plupart des « fusillés pour l’exemple » ont été condamnés par l’arbitraire d’une justice expéditive, mais ce n’était pas le cas de tous les procès. Certains condamnés l’ont été pour de bonnes raisons comme par exemple celle d'intelligence avec l’ennemi. (Souligné par nous)

 Mon Groupe est toutefois favorable à une réhabilitation individuelle avec étude approfondie du dossier, ainsi qu'à l’étude des demandes d’attribution de la mention Mort pour la France lorsqu’il y a eu réhabilitation après-guerre. »

En somme, on a eu raison de fusiller pour l’exemple ! On n’ose imaginer ce qui se serait passé si des députés de LaREM avaient fait partie des tribunaux d’exception. En fait, il semble que le résultat n’aurait pas été différent.

On aimerait aussi savoir quels ont été les procès réguliers et « non expéditifs » qui ont abouti à des condamnations à mort. Quant au procès en « intelligence avec l’ennemi », accusation qui est la signature de tous les régimes aux abois, qui peut-elle viser en-dehors des cas de « fraternisations » qui signifiaient simplement le refus de partir à l’abattoir ? Enfin, quelles réhabilitations individuelles sont-elles encore possibles en l’absence des pièces disparues, si tant est qu’elles aient existé ? Nous ne sommes plus dans les années 30.

Enfin, il nous semblait que le débat sur la peine de mort avait été réglé en France depuis 40 ans.

Après ce vote, Monsieur le Député de la 3e circonscription du Rhône, le professeur Jean-Louis TOURAINE a bien voulu répondre aux questions de l’AN II.

 

 

 

 

 

INTERVIEW : pacifisme et fin de vie

Monsieur le Professeur Jean-Louis TOURAINE, député du Rhône

 

L’An II : Monsieur le Député Jean-Louis TOURAINE, je vous remercie d’avoir accepté de répondre aux questions de l’AN II après l’adoption en première lecture, par l’Assemblée nationale, de la proposition de loi « visant à réhabiliter les fusillés pour l’exemple durant la Première guerre mondiale ».

Vous aviez bien voulu répondre au courrier que la Fédération du Rhône de la Libre Pensée vous avait adressé, comme à tous les députés du Rhône, à la suite du dépôt de cette proposition.

Ainsi, votre Collaborateur parlementaire, nous indiquait par mail, le 2 décembre 2021 que vous partagez « totalement l'objectif et le principe d'une réhabilitation collective des fusillés pour l'exemple de la Première Guerre Mondiale. Il attend toutefois les débats à l'Assemblée Nationale pour se positionner définitivement sur le texte. Il suivra attentivement les discussions. ».

Quelle analyse faites-vous de ce vote, qui, du point de vue de la Libre Pensée est historique tant il intervient après plus de 100 de bataille pour la Réhabilitation, des enjeux de celui-ci ; alors que devrait intervenir le vote au Sénat ?

 

Jean-Louis TOURAINE : Je me félicite de cette avancée, un peu plus d’un siècle après les événements tragiques. La réhabilitation mémorielle est importante pour les familles des personnes concernées.

Le message adressé aux jeunes générations est également important : se méfier du nationalisme et de l’autoritarisme brutal. 

 

L’An II : Avec votre accord, je saisis cette occasion pour aborder avec vous l’exigence de reconnaissance du Droit à mourir dans la dignité, exigence que la Libre Pensée partage avec vous, et pour laquelle vous et nous agissons, au côté de l’ADMD.

Vous écrivez, à la fin du chapitre « Fin de vie » de votre livre « Donner la vie, choisir sa mort - Pour une bioéthique de liberté », paru en août 2019, chez Érès édition : « Le désir de chacun, devra, à l’avenir, être respecté. Pour cela tous les textes ayant trait aux formes diverses de fin de vie devront être mis en conformité. … La loi à venir sur la fin de vie devra impérativement intégrer cette ouverture à des philosophies diverses, des règles de vie variées, et un sens de la dignité humaine dont les nuances sont nombreuses. »

Vous avez fait enregistrer à la Présidence de l’Assemblée nationale, le mardi 26 janvier 2021, une nouvelle proposition de loi, visant à garantir et renforcer les droits des personnes en fin de vie.

Une telle loi devra répondre à l’aspiration de la très grande majorité des Français, selon des sondages constants depuis des années, puisque plus de 90% d’entre eux (et plus de 70% des médecins) se déclarent favorables à la légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté.

Pouvez-vous pour nos lecteurs, faire le point sur cette bataille, et nous indiquer comment vous analysez les possibilités de la voir aboutir ?

 

Jean-Louis TOURAINE : Le 8 avril 2021, l’article 1er de la proposition de loi sur la fin de vie (article qui introduit le choix libre à une éventuelle aide médicalisée active à mourir en fin de vie) a été adopté par plus de 83% des députés présents ce jour-là. Cette avancée doit maintenant être complétée par le vote des articles suivants puis au Sénat. J’escompte que cette progression bénéfique et inéluctable des droits humains et des malades en fin de vie se déroulera après l’élection présidentielle prochaine.

 

L’AN II : Voulez-vous ajouter quelque chose pour nos lecteurs ?

 

Jean-Louis TOURAINE : Je souhaite seulement les encourager dans leur engagement humaniste, progressiste et en faveur de la liberté des choix.

Propos recueillis pour l’AN II par Xavier HYVERT

 

 PACIFISME

  

Pour la 27-ème année, dans le Rhône, alors qu’une centaine de rassemblement pacifiste autour du 11 novembre sont prévus,

À l’appel des associations et syndicats,

RASSEMBLEMENT pacifiste

Samedi 11 novembre 2021, à 15 heures

AU MONUMENT AUX MORTS DE LA VILLE DE LYON

SUR L’ILE DU SOUVENIR DANS LE PARC DE LA TÊTE D’OR

(Dans le respect des gestes barrières et de la distanciation)

POUR LA réhabilitation collective et républicaine des fusillés pour l’exemple de la Guerre 1914-1918,

dire non à la guerre, a toutes les guerres,

l’arrêt des OPEX (Opérations Militaires Extérieures de la France).

Pour aller jusqu’à à l'Ile du Souvenir : Rendez-vous à l'entrée principale du Parc de la Tête d’Or, à 14H30

Le monument aux morts de Dardilly (Rhône):« Contre la guerre - A ses victimes - A la fraternité entre les peuples»

Union Départementale des Syndicats

C.G.T.

du Rhône

Union Départementale des Syndicats

CGT-Force Ouvrière

du Rhône

Fédération du Rhône de la

Ligue des Droits de l'Homme

Fédération du Rhône de la

Libre Pensee

Association Laïque des Amis des Monuments Pacifistes du Rhône

 
 

 

Le Mouvement de la Paix (Rhône)

Institut d’Histoire Sociale de la CGT du Rhône

Forum de Solidarité Euroméditérranéenne

 

La Libre Pensée soutient la PROPOSITION DE LOI présentée par Monsieur Bastien LACHAUD,

visant à réintégrer dans la communauté nationale les militaires « fusillés pour l’exemple » durant la Première Guerre mondiale.

Article unique

            « Les militaires en service dans les armées françaises du 2 août 1914 au 11 novembre 1918 ayant été condamnés à mort pour désobéissance militaire ou mutilation volontaire par les Conseils de guerre spéciaux créés par le décret du 6 septembre 1914 ainsi que par les Conseils de guerre rétablis par la loi du 27 avril 1916, et dont la condamnation a été exécutée, font l’objet d’une réhabilitation générale et collective, civique et morale. La Nation reconnait que ces soldats ont été victimes d’une justice expéditive, instrument d’une politique répressive, qui ne respectait pas les droits de la défense et ne prenait pas en compte le contexte de brutalisation extrême auquel les soldats étaient soumis.

Les nom et prénom des intéressés sont inscrits sur les monuments aux morts.

Un monument national est érigé, en vue de rendre hommage à la mémoire des “fusillés pour l’exemple”.

Les présentes dispositions ne sont pas applicables aux militaires dont la situation a été révisée par la Cour de cassation, sur le fondement des lois d’amnistie des 29 avril 1921 et 3 janvier 1925, et par la Cour spéciale de justice militaire, instituée par la loi du 9 mars 1932. « 

 

 

Association Laïque des Amis

des Monuments Pacifistes

du Rhône

Compte-rendu de l’Assemblée générale du 19 juin 2021

Maison des Association, 7 rue Major-Martin à Lyon

Le monument aux morts de Dardilly (Rhône)

« Contre la guerre - A ses victimes    A la fraternité des peuples »

   Les adhérents de l’ALAMPR ont fait le bilan de l’activité réalisée depuis la dernière assemblée « en distanciel » de juillet 2020, défini l’activité pour les mois à venir et préparé l’Assemblée générale de la Fédération Nationale des Monuments Pacifistes qui se tiendra le jeudi 26 août à VOIRON (Isère).

L’activité 2020 a été limitée sévèrement par les dispositions de l’état d’urgence sanitaire.

   Nous avons repris la visite des municipalités siège d’un monument pacifiste répertorié par la Fédération Nationale des Monuments Pacifistes : rencontre Madame l’Adjointe au Maire chargée des anciens combattants à Villeurbanne, le 10 mai 2021.

   Nous avons rendu hommage à Henry-Jean PREBOST, Fusillé pour l’exemple, en déposant une gerbe sur sa tombe, le 20 avril 2021, à la Nécropole nationale de la Doua à Villeurbanne avec les UD CGT et FO, les UL FO et CGT de Villeurbanne, la LDH, le Mouvement de la Paix, le FORSEM, le Cercle Edouard Herriot et la Libre Pensée du Rhône.    Les rapports d’activité et financier 2020 ont été adoptés à l’unanimité.

   La discussion a permis de retenir plusieurs initiatives :

   Après concertation avec les syndicats et associations amies, le rassemblement pacifiste du 11 novembre 2021 sera organisé au monument aux morts de Lyon, sur l’Ile du Souvenir, au Parc de la Tête d’Or.

   La remise gracieuse d’un exemplaire de l’ouvrage de Danielle et Pierre ROY « De Gentioux à Chauny » se poursuivra et sera l’occasion de proposer une conférence de l’ALAMPR dans les communes concernées (Villeurbanne, Villié-Morgon, Les Ardillats, Jullié, Saint Appolinaire).

   La conférence qui devait avoir lieu à Tarare, dans le cadre d’un évènement municipal, en novembre 2020, reportée pour cause de pandémie, devrait avoir lieu en 2021.

   La bataille pour la réhabilitation des Fusillés pour l’exemple continue en s’appuyant sur le projet de loi pour la réhabilitation, proposé par la LP aux groupes parlementaires. Une lettre aux députés et sénateurs du Rhône est envisagée.

   Joëlle HYVERT, a été élue déléguée à l’Assemblée générale de VOIRON, sur la base de l’adoption, à l’unanimité, des rapports d’activité et financier soumis par le bureau national de la Fédération Nationale des Monuments Pacifistes.

Le Président, Xavier HYVERT

PACIFIsme

Communiquent :

Nous tenons, malgré les circonstances, malgré les restrictions apportées par le gouvernement à la liberté d’expression qui interdisent tous rassemblements même sous forme réduite, tout dépôt de gerbes, toutes conférences de presse, publiques, affirmer par ce communiqué, comme nous l’avons fait les années précédentes, ce que nous aurions exprimé devant le monument aux morts de Lyon, sur l’Ile du Souvenir, au Parc de la Tête d’Or, si nous avions pu le faire :

REHABILITATION COLLECTIVE ET REPUBLICAINE DES FUSILLES POUR L’EXEMPLE DE LA GUERRE 1914-1918

NON A LA GUERRE – A TOUTES LES GUERRES

– ARRÊT DES OPEX (Opérations militaires extérieures de la France)

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SALUT FRATERNEL ET RESPECTUEUX A FERNAND GELIN

PRESIDENT DE LA SECTION DU RHONE DE

L’ASSOCIATION REPUBLICAINE DES ANCIENS COMBATTANTS

Au nom de l’Association Laïques des Amis des Monuments Pacifistes du Rhône et de la Fédération du Rhône de la Libre Pensée, je salue la mémoire de notre camarade et ami Fernand GELIN, décédé le 21 juillet 2020.

Je salue une vie de militant contre la guerre, contre le militarisme et de militant au service de ses camarades anciens combattants. Nous savons la place qu’il a occupé au sein de son association, l’ARAC nationale, fondée avant la fin de la Première guerre mondiale, mais c’est au militant de la Section du Rhône que j’ai connu, à qui je souhaite rendre hommage aujourd’hui.

 
 

 J’ai entendu Fernand GELIN, en ouverture d’une émission sur Radio Canut qui lui était consacrée, en mars 2013, évoquer l’expérience de son grand père qui l’a très tôt sensibilisé à s’opposer à la guerre et, expliquer comment à l’âge de 20 ans il sera « appelé » et envoyé en ALGERIE, entre 1956 et 1962, « combattre pour la France comme on l’a fait croire à tous ces jeunes ».

Il a su d’expérience ce que veut dire « avoir 20 ans dans les Aurès »

Ce n’est donc pas un hasard, si Fernand GELIN, comme militant et responsable de l’ARAC, compte, dans le Rhône, parmi ceux qui ont contribué à renforcer l’unité des associations pacifistes et des syndicats, permettant, ainsi, que chaque 11 novembre, depuis plus de 20 ans, puisse se tenir un rassemblement pacifiste pour exiger l’arrêt des

 

 

11 novembre 2012, Fernand Gelin, s’exprime contre la guerre et pour la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple de la Première Guerre Mondiale.

 

guerres, l’arrêt des OPEX, et que justice soit rendu aux Fusilles pour l’exemple de la Première guerre mondiale et, à leur famille, mais au sujet de laquelle, en cette journée ensoleillée du 11 novembre 2011, il me disait « Avec vous j’irai jusqu’au bout pour la réhabilitation collective ».

Il participera à son dernier rassemblement pacifiste, devant le monument aux morts Pacifistes de Villeurbanne, le 11 novembre 2018, à l’appel de l’ARAC, de la Fédération du Rhône de la Ligue des Droits de l’Homme, du Mouvement de la Paix, du Cercle Edouard Herriot, de la Fédération du Rhône de la Libre Pensée, de l’Association Laïque des Amis des Monuments Pacifistes du Rhône, des Unions par leur réhabilitation collective par la République. Bataille que nous n’avons pas encore gagnée, départementales CGT et CGT-FO, les Unions GT et CGT-FO de Villeurbanne, de l’IHS-CGT, du Groupe de Villeurbanne de la Libre Pensée, du Poing Commun.

 

 

 
 

Fernand GELIN, à la fin du rassemblement pacifiste

du 11 novembre 2011, devant l’imposant cénotaphe du monument aux morts de Lyon, sur l’Ile du Souvenir, au Parc de la Tête d’OR

 

 

 

 

En novembre 2019, il donnera l’accord de son association pour que le sigle de l’ARAC du Rhône figure sur l’appel commun au côté des autres associations et syndicats, mais ne trouvera pas la force de rejoindre la centaine de citoyens pacifistes qu’il aura contribué à rassembler.

 

Rassemblement pacifiste du 11 novembre 2019, devant le monuments aux morts,

dans l’ancien cimetière de Cusset, à Villeurbanne

L’union forte réalisée entre les associations laïques amies : la Fédération du Rhône de la Ligue des Droits de l’Homme, le Mouvement la Paix, le Cercle Edouard Herriot, doit beaucoup à la fidélité de Fernand GELIN à ces idéaux, elle nous permettra de continuer ce qu’il a contribué à construire.

Le 11 novembre 2020, pour la 27ème année, comme dans plus d’une centaine de ville du pays, nous allons appeler les citoyens pacifistes à se réunir devant le monument aux morts de Lyon, sur l’ile du Souvenir, au Parc de la Tête d’Or ; si les limitations à la liberté de se réunir, de manifester, de se rassembler édictées par le gouvernement nous permettent de le faire.

Nous y rappellerons, à cette occasion, les paroles que Fernand GELIN prononça devant la centaine de citoyens pacifistes rassemblés le 11 novembre 2018 (Extrait de l’intervention qu’il nous a transmis à l’issue du rassemblement) : « Bonjour à tous et merci de votre présence. L’Association Républicaine des Anciens Combattants vient de célébrer son centième anniversaire. Elle constitue - et est fière d'être ! - la seule organisation pacifiste en FRANCE des Anciens Combattants. Sa déjà longue histoire a tout entière été consacrée, même dans les pires conditions, à la lutte pour la Paix dans le monde. Payant notamment dans la seconde guerre mondiale, un lourd tribut à la liberté pour ses positions et convictions antimilitaristes. Interdite, ses militants pourchassés, décimée par la répression de l'occupant nazi, dont les relais nationaux du pétainisme et de la milice accomplirent la sombre et sinistre tâche de destruction massive de tout ce qui peut donner l'impression de la liberté … l'A.R.A.C. semble de moins en moins en mesure de faire face à ses responsabilités et sa vocation pour un monde nouveau d'où la guerre devrait être exclue. La place qui était la sienne semble difficile à tenir et les lacunes à combler. Néanmoins, son exemple est toujours vivant et jusqu'à sa dernière heure, elle continuera son combat pour un monde de Paix, débarrassé à jamais du fléau de la guerre. »

PARCE QUE Les guerres d’hier préparent toujours les guerres de demain.

Dans son audition du 22 mars 2018, le général de corps d’armée Ponties précisait que : « L’instauration du SNU permettra non seulement de renforcer l’esprit de défense, mais aussi de valoriser l’offre du ministère des Armées et ainsi de se conformer aux enjeux de pérennisation du modèle d’armées français qui dépend d’un volume de recrutement ambitieux. »

Le 11 novembre2020, nous exigerons également l’abandon du Service National Universel, dont le but réel est de séduire les jeunes confrontés au chômage de masse, de les placer sous uniforme, de leur apprendre à marcher au pas.

« 160 volontaires expérimentent la version bêta du SNU, un mois d'engagement pour les jeunes à partir de 15 ans, qui présente de nombreux points communs avec le service militaire ». FR3 Centre Val de Loire 19/06/2019

Il n’est pas étonnant qu’un gouvernement qui ferme des classes, supprime des postes d’enseignants et de personnels, ferment des lits d’hôpitaux, qui refuse d’embaucher le personnel nécessaire, demande au personnel hospitaliers épuisé d’affronter la pandémie dans des conditions pires qu’avant le confinement, qui n’offre comme seul perspective à la jeunesse : s’engager dans l’armée et, pour préparer les esprits, lui vante les « mérites » du Service National Universel, nouveaux chantiers de jeunesse, persiste dans son refus de réhabiliter collectivement les 639 fusillés pour l’exemple de la Première guerre mondiale.


Xavier HYVERT, Président de l’Association Laïque des Amis des Monuments Pacifistes du Rhône, membre du bureau de la Fédération du Rhône de la Libre Pensée.

PACIFIsme

     
 
   

 

 

Association Laïque des Amis des Monuments Pacifistes du Rhône

Fédération du Rhône de la Libre Pensée

Fédération du Rhône de la Ligue des Droits de l’Homme

Le Mouvement

de la Paix

UD des syndicats

CGT du Rhône

           

 

UL CGT Villeurbanne

Institut d’Histoire Sociale CGT du Rhône

UD des syndicats CGT-FO du Rhône

UL FO Villeurbanne

Forum de Solidarité Euro-

Méditerranéenne

 

Cercle Edouard Herriot

               

 

Le 20 AVRIL 2021 à 11H30, à la Nécropole Nationale de la Doua, à VILLEURBANNE,

NOUS, REPRÉSENTANTS DES SYNDICATS ET ASSOCIATIONS,

AVONS RENDU HOMMAGE A HENRY-JEAN PRÉBOST, NOTRE CAMARADE

ET AUX FUSILLES DE FLIREY.

 

Parce que nous n’oublions pas que le 20 AVRIL 1915, HENRY-JEAN PRÉBOST, enterré à la Nécropole nationale de la DOUA à Villeurbanne, militant du syndicat CGT des Maçons et Aides de Lyon et Banlieue, a été FUSILLÉ POUR L’EXEMPLE, pour cause de ‘’désobéissance militaire’’.

Il a été abattu, par des balles françaises en même temps que Félix BAUDY, maçon, CGT, MORANGE, conducteur de tramway, CGT, FONTENAUD, cultivateur, parce qu’avec leur compagnie, ils avaient refusé un ordre injuste. Ce sont les Martyrs de Flirey : 4 des 639 soldats fusillés pour l’exemple entre 1914 et 1918, pour désobéissance militaire reconnus par le secrétariat d’État aux anciens combattants.

Comme une quarantaine d’entre-eux, ils ont été réhabilités dans l’Entre-deux-guerres. Ils en reste 600 qui doivent être réhabilités dont la mémoire subit toujours l’opprobre.

 

Parce que nous défendons la liberté de conscience, le droit de dire non à la guerre,

Parce que nous portons toujours l’exigence que les 600 Fusillés pour l’exemple de la Guerre 1914-1918 qui ne l’ont pas encore été, soient réhabilités collectivement par la République.

 
 

20 AVRIL 2021 NÉCROPOLE NATIONALE DE LA DOUA,

À VILLEURBANNE

HOMMAGE A HENRY-JEAN PRÉBOST,

LES REPRÉSENTANTS DES ASSOCIATIONS ET SYNDICATS –

De gauche à droite : Arlette CAVILLON, Mouvement de la Paix ; Pascal LAGRUE, Secrétaire Générale de  l’UD GGT-FO du Rhône ; William GOLDBERG, Président de la Fédération du Rhône de la Ligue des Droits de l’Homme ; Pierre GIROD, Président de la Fédération du Rhône de la Libres Pensée ; Xavier HYVERT, Président de l’Association Laïque des Amis des Amis des Monuments Pacifistes du Rhône ; Pierre COCQUAN, Représentant l’UD CGT du Rhône, l’Institut d’Histoire Sociale de la CGT du Rhône et l’Union Locale CGT de Villeurbanne

 

 



service national universel (snu)

Ainsi que nous le titrions en première page de l’An II n° 177 de Novembre-Décembre 2019 :

NON au SNU ! NI EMBRIGADEMENT,

NI MILITARISATION, NI TRAVAIL OBLIGATOIRE !

Comme nous le rappelions également un Appel national a été lancé par une trentaine d’associations, à l’initiative de l’Union Pacifiste de France, et un Collectif Lyon 69 contre le SNU a été créé, comme dans de nombreuses villes. Plusieurs réunions se sont déjà tenues à Lyon à l’initiative du Collectif Lyon 69 contre le SNU. La dernière en date, au moment nous écrivons a eu lieu le 10 février dernier et une prochaine réunion d’organisations aura lieu le 9 mars afin de mettre en place une réunion publique pour exiger, dans l’unité la plus large pour exiger le retrait du SNU.

« Le Service national universel répond à un constat sans appel : la jeunesse manque d’un moment de cohésion, de mixité, de cohésion sociale et territoriale, autour des valeurs de la République. …».

Gabriel Attal Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse

À terme, de 700 000 jeunes seront mobilisés : toute une classe d’âge. Sans possibilité de s’y opposer par l’objection de conscience. Pour mieux le faire accepter, il prend de manière transitoire une forme "volontaire".

Le congrès, d’août 2019, de la Fédération nationale de la Libre Pensée s’est prononcé clairement : avec la jeunesse, avec les parents d’élèves, avec les enseignants qui vont être appelés à encadrer le dispositif sous la houlette des militaires, avec les citoyens qui dénoncent la ponction budgétaire sur les moyens consacrés à l’instruction publique, en considération de tout ce qui précède :

Non à l’embrigadement de la jeunesse ! Exigeons le retrait du SNU !

Si pour le Service civique étaient exclus les Comités d’entreprise, les syndicats, les partis et les associations religieuses, pour le SNU, il n’est fait mention d’aucune incompatibilité.

On manque de personnels : dans les écoles pour aider les élèves ? SNU ; dans les établissements pour personnes âgées, les hôpitaux, dans lesquels le gouvernement refuse de créer les postes nécessaires ?  SNU ; pour protéger l’environnement ? SNU ; dans les associations étranglées financièrement ? SNU.

Chacun pourra se servir en main d‘œuvre gratuite.

 

Remplacer des salariés qui ont une convention collective ou un statut, des droits individuels et collectifs, droit de grève et de syndicalisation par des jeunes « SNU » quelle aubaine !

Avec le SNU: pas de droit du travail, de droit au chômage ni à la retraite, pour à peine 600€ par mois (pour la phase 2) sous la forme d'un service civique ! Le financement sera pris en partie dans le budget de l’Éducation nationale. Une partie de l’encadrement du SNU serait, d’ailleurs, issue de l’Éducation Nationale.

Le SNU est intégré dans la scolarité des élèves, comme « aboutissement du parcours citoyen, débuté à l’école primaire et poursuivi au collège ». Blanquer : les programmes d’« Éducation Morale et citoyenne » de 3e et Seconde seront articulés avec les contenus du SNU.

   Ferdinand Buisson, Président de la Libre Pensée et artisan de la loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’État disait au Congrès de la Paix de Lausanne en 1869 : « Ce n’est pas seulement dans les assemblées populaires, dans les journaux, dans les congrès, qu’il faut combattre et extirper le militarisme. […] Il faut le combattre dans le goût qu’on a pour l’uniforme. […] Habituer les enfants à se dire : un uniforme c’est une livrée, et toute livrée est ignominieuse, celle du prêtre et celle du soldat, celle du magistrat et celle du laquais. » Faire marcher au pas la jeunesse au son du clairon, saluer le drapeau tricolore et leur faire chanter des hymnes patriotiques, a toujours été l’objectif des totalitaires.

 

   Le 31 juillet 1940, un décret du Régime de Vichy crée les Chantiers de jeunesse :

« Article 1 : Les jeunes gens incorporés les 8 et 9 juin 1940 sont relevés à compter du présent décret de leurs obligations militaires d’activité. Article 2 : A partir de la même date, ils sont versés, pour une durée de six mois, dans les groupements de jeunesse constitués sous l’autorité du Ministre de la Jeunesse et de la Famille ». La nouvelle structure est confiée au général de la Porte du Theil.

 

Les similitudes sont grandes avec le projet du Service national universel d’Emmanuel Macron.

Enrôler la jeunesse, pour lui apprendre à obéir, et à lui faire aimer la couleur et le goût du Kaki.

 

Source : BnF Gallica

 

« 160 volontaires expérimentent la version bêta du SNU, un mois d'engagement pour les jeunes à partir de 15 ans, qui présente de nombreux points communs avec le service militaire ». (FR3 Centre Val de Loire 19/06/2019)

Les guerres d’hier préparent toujours les guerres de demain

Dans son audition du 22 mars 2018, le général de corps d’armée Ponties a précisé que :

« L’instauration du SNU permettra non seulement de renforcer l’esprit de défense, mais aussi de valoriser l’offre du ministère des Armées et ainsi de se conformer aux enjeux de pérennisation du modèle d’armées français qui dépend d’un volume de recrutement ambitieux. »

Et, pour maintenir l’oppression et l’exploitation de ce vieux monde qui sent la poudre, la mort et la misère, il faut réprimer la jeunesse et tous ceux qui se révoltent.

Comme au temps du préfet Raymond Marcellin, en 1968, lycéens et étudiants, nous l’appelions « Raymond la matraque », la police et les gardes mobiles de Castaner frappent sans cesse aujourd’hui.

Le bilan est là, éloquent et dramatique : C’est un carnage répressif.

 

La liberté de conscience, la simple expression d’une opinion est menacée sur tous les plans. Elle est malmenée, brutalisée. Tout le monde a vu ou vécu la violence de la répression des manifestations.

On a vécu la violence de la répression des manifestations. Les Gilets Jaunes mutilés, les tabassages, l’utilisation d’armes considérées comme armes de guerre, les lycéens à genoux les mains sur la tête, les jugements expéditifs, les emprisonnements, les contrôles préventifs …

Tout le monde a été révolté par la mort du jeune Steve, suite à une agression policière lors d’une manifestation festive et par la mort de Zineb Redouane lors d’une manifestation à Marseille en décembre 2018.

Les journalistes et les acteurs ne sont pas mieux lotis. Corinne Masiero, une actrice, a donné son point de vue de citoyenne et refuse d’aller à l’Élysée. Elle a été rabrouée et des menaces de sanctions à peine voilées sur sa carrière ont été proférées. Huit journalistes ont été auditionnés en quelques semaines par la DGSI, comme Michel Despratx, sur la question des ventes d’armes au Yémen. Nous pourrions allonger la liste…

La Libre Pensée est solidaire des lycéens et des professeurs en lutte contre les E3C et dénonce la violence sans précédent et demande l’arrêt de la répression intolérable avec laquelle le ministre Blanquer répond.

 Ce sont les mêmes en uniforme qui réprimaient, fusillaient pour l’exemple, les déserteurs, les mutins, les syndicalistes entre 1914 et 1918, parce qu’ils ne voulaient pas mourir pour rien.

Mutilés pour l’exemple, fusillés pour l’exemple, condamnés pour l’exemple, réprimés pour l’exemple.

C’est toujours la même répression pour tenter de sauver un monde à l’agonie.

 Maudite soit la guerre. Non l’embrigadement qui la prépare.

Non à la militarisation. Non au travail obligatoire.

unité pour exiger l’abrogation du SNU