2019 08 an II

éDITORIAL

 

L’affaire « De Rugy » est un des événements qui ont défrayé la chronique de juillet, avec la révélation de dîners fastueux dans un cadre qui tenait autant de la fête privée que de la communication politique.

Rien d’illégal, nous dit-on, …ou si peu. Pour le pouvoir l’affaire est terminée. Pas de quoi fouetter un chat. Il n’y a pas d’affaire « De Rugy », et même pas d’affaire « Rugy » tout court. En même temps que son portefeuille, le ministre a perdu sa particule. L’heure n’est pas à étaler les privilèges …du moins dans les media.

L’entre-soi des possédants

L’affaire est terminée… là où peut-être elle ne fait que commencer. Car le problème n’est pas tant le prix du homard ni des bouteilles à 500 € que de la relation incestueuse entre milieux d’affaires, lobbies, décideurs occultes et les relais qu’ils ont trouvés au même de l’Etat, et qu’ils ont contribué eux-mêmes à sélectionner : un De Rugy par exemple, ex-candidat aux primaires de la gauche qui s’était engagé à soutenir celui qui sortirait vainqueur de l’élection. Ce fut Hamon.

De Rugy en profita pour tourner casaque et se rallier à Macron. Comme dit l’un des personnages dans la série « Kaamelot » : « Quand est-ce qu’on trahit ? » Pour De Rugy, la réponse est à l’évidence : « le plus vite possible ». On jugea en haut lieu qu’il ferait un bon ministre.

Comme l’écrit Juan Branco, qui a expliqué comment le « produit » Macron avait été fabriqué et programmé par les Niel, Bernard Arnault et la caste oligarchique qui dispose désormais en France de la quasi-totalité des media : « En ces mondes, la question des compétences devient secondaire, tant on voit à quel point les individus sont conditionnés par des réseaux d’allégeance et de contre-allégeance qui leur retirent toute autonomie. » Un monde où tout s’achète et tout se vend, comme les charges d’Ancien Régime.

Branco, qui connaît bien son sujet pour être lui-même issu du « sérail » explique également comment ladite caste apprend à pérenniser ses privilèges, dès l’enfance, dans des établissements scolaires qui n’ont rien à voir avec votre collège de secteur. Réservés aux rejetons de la moyenne, haute, voire très haute bourgeoisie, ils cultivent l’entre-soi par un recrutement entièrement contrôlé, et par des droits d’inscription prohibitifs. A l’Ecole alsacienne où Branco a été élève, les professeurs sont payés par nos impôts et l’établissement sous contrat « se contente de prélever une dîme de 2700 euros par an pour en organiser le vivre-ensemble ». L’école se trouve à deux pas des jardins du Luxembourg.

Si vous voulez vous retrouver seulement entre gens fréquentables, les établissements à connaître à Paris ont pour nom Stanislas, Notre-Dame -de-Sion, Saint-Dominique, Saint-Louis de Gonzague. Ils sont plus rares en Province mais on se doit de mentionner La Providence à Amiens, qui s’enorgueillit d’avoir formé le petit Emmanuel.

Encore et toujours : défendre la loi de 1905

Comment pourrait-on faire confiance à ces gens pour garantir la laïcité ? Sans parler de l’élitisme républicain dans son sens le plus noble qui passe par un véritable système d’instruction publique, et par des diplômes nationaux et anonymes ? On connaît les coups que le ministre Blanquer vient encore de porter au bac, non sans menacer de lourdes sanctions les professeurs récalcitrants.

Pour la Libre-Pensée, il en va de même de la loi de 1905. Celle-ci a déjà été partiellement dénaturée, sous différents gouvernements. Malgré un recul apparent face à la mobilisation des laïques à l’automne dernier, rien n’est garanti. C’est sur les actes qu’il faudra juger, et que l’on peut même juger déjà : la loi de 1905 ne sera pas pour nous un objet de négociation.

Ni dans sa lettre, ni dans son application effective.

Nous aurons l’occasion d’y revenir lors de notre rencontre du 20 septembre à Vénissieux. Tous les laïques, tous les républicains y seront les bienvenus.

Une bonne nouvelle pour finir : la Région a été déboutée en appel dans l’affaire de la crèche Wauquiez à l’Hôtel de Région.

La loi de 1905 est toujours debout !       

 P.G.

liberté d'expression

 

Le 11 juillet était organisé, à Lyon place de la République, un rassemblement pour la libération de Tuna Altinel, en présence d’une centaine de personnes.

 

« Tuna Altınel, maître de conférences à l’université Claude Bernard Lyon 1 depuis 1996 et membre de l’Institut Camille Jordan, a été emprisonné samedi 11 mai 2019 par les autorités turques. Il est un mathématicien internationalement reconnu ; comme enseignant, sa clarté et son sérieux sont des modèles. Il est également engagé dans la défense des droits humains dans le mouvement des « Universitaires pour la paix ».

Tuna Altınel est poursuivi par la justice turque pour avoir signé en janvier 2016 l’appel « Nous, enseignants-chercheurs de Turquie, ne serons pas complices de ce crime » qui dénonce l'intervention des forces militaires turques dans certaines provinces du sud-est de la Turquie à partir de l'été 2015 (rapport du HCDH de l'ONU) et demande la reprise des pourparlers pour que la paix soit rétablie » comme l’indique son comité de soutien.

Signataires : Association Culturelle Mésopotamie, Amitiés Kurdes de Lyon Rhône Alpes, Association France Kurdistan du Rhône, Comité universitaire de soutien à Tuna Altinel, Ligue des droits de l’homme Rhône, Comités génération-s de la métropole de Lyon, Ensemble ! Rhône, Europe Écologie Les Verts 69, Parti Communiste Français du Rhône, Confédération nationale du travail Rhône, Union départementale CGT 69, Union Syndicale Solidaire du Rhône

Texte de la déclaration de Xavier Hyvert, représentant la Libre Pensée :

 

« La Fédération du Rhône de la Libre Pensée s’associe à la demande de libération de Mr Tuna Altınel, professeur de mathématiques, enseignant à Lyon I. Pour les mêmes raisons…

ð  qu’en France, nous sommes au côté des associations, des syndicats, pour exiger l’arrêt de la répression, qui n’est certes pas nouvelle mais qui a atteint un niveau de violence inconnu depuis la guerre d’Algérie, contre les mouvements sociaux,

ð   que nous avons manifesté à Lyon le 13 avril avec de nombreuses associations, syndicats et partis pour demander le retrait de la loi liberticide mal-dite « anticasseurs » qui devrait plutôt s’appeler loi anti manifestants.

ð   Et que nous n’acceptons pas non plus que des enseignants soient arrêtés pour avoir dénoncé un projet de loi qui détruit l’école.

ð   que nous demandons avec les syndicats, les associations, les démocrates, comme dans plus de 70 pays, la libération de Louisa Hanoune et de tous prisonniers d’opinions en Algérie, au côté du peuple algérien engagé dans ce que l’on peut appeler une révolution ;

Nous demandons la libération de M. Tuna Altınel emprisonné, comme le précise son comité de soutien, pour avoir signé en janvier 2016 l’appel

« Nous, enseignants-chercheurs de Turquie, ne serons pas complices de ce crime » qui dénonce l'intervention des forces militaires turques dans certaines provinces du sud-est de la Turquie à partir de l'été 2015 et demande la reprise des pourparlers pour que la paix soit rétablie.

La liberté d’expression est un droit humain fondamental énoncé à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, comme vient de le rappeler l’Unesco.

Cet Article 19 énonce que : « Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »

Parce que nous défendons cette liberté première et fondamentale qui s’appelle la liberté de conscience, le droit de dire non, non à la guerre, non aux guerres d’aujourd’hui qui obéissent à la même logique qui faisait écrire à Anatole France : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels », ces guerres qui sont la misère des peuples : avec les syndicats, les associations, les citoyens, ces collègues, et son comité de défense nous exigeons la liberté pour Tuna Altinel. »

libres propos, libres pensées

Démocratie directe, Laïcité et État-Nation Souverain : des notions indissociables

 

En France la situation créée par la révolte brusque et inattendue des Gilets Jaunes divise de facto les partisans de la démocratie en deux camps

   Les "légitimistes" qui pensent que Macron ayant été élu démocratiquement, il a donc le droit de faire ce qu'il veut durant son mandat, (y compris brader notre patrimoine public et notre souveraineté sur le territoire, sur l'exemple du très (trop) discret Traité franco-allemand d'Aix la Chapelle du 22/01/19).

   Les "révocateurs" qui pensent qu'un président démocratiquement élu mais qui agit sciemment à l'encontre de leurs intérêts et des espoirs mis en lui par une majorité d'électeurs (bien à défaut dans son cas !) ne doit pas rester en place et doit être soumis à un référendum citoyen où le peuple souverain tranchera s'il mérite de rester par Oui ou par Non.

Car la démocratie n'est pas une :

Le vote des sénateurs argentins en août 2018 contre la légalisation de l'avortement nous en apprend beaucoup sur la démocratie et ses variantes, variables, variées et bien trop souvent avariées.

En effet, dans un pays où les avortements illégaux sont estimés entre 350.000 et 500.000 par an, une (meule de) paille ! la population argentine y étant très majoritairement favorable, la chambre des députés ayant voté en sa faveur quelques semaines plus tôt, il a suffi du véto de CINQ sénateurs pour renvoyer la question dans les limbes. Dehors la loi !

Avec (évidemment !) en soutien l'appui public et largement relayé du bon pape argentin François le 1er, ce pape réputé si "progressiste" et tant choyé par les médias, qui pontifie à Rome en faisant des bulles derrière les murs bien clos et les secrets honteux bien gardés de son "État" du Vatican, créé en 1929 par la bonne grâce de Mussolini. Un gage de démocratie !

Alors qu'en Suisse voisine la question aurait fait l'objet d'une votation populaire et que le verdict (positif ou négatif, qu'importe !) eût été net et sans appel, puisque reflétant réellement la conviction la plus intime de la majorité de la population, il a suffi en Argentine de cinq gérontes réactionnaires pour balayer un consensus général pourtant majoritaire.

Mais aux USA c'est encore bien mieux !

À la Cour Suprême qui tranche in fine les questions de société du même type, il peut suffire d'UNE voix (ils sont neuf) d'un juge NOMMÉ À VIE par le bon vouloir d'un Président, pour imposer SA propre vision du monde aux 325.000.000 d'américains !

Nommés par Trump, Neil Gorsuch, et Brett Kavanaugh, jeunes quinquas, représentent la droite chrétienne la plus réactionnaire et antisociale et ils ont de très longues années de sévices devant eux.

Le 27 juin 2019, la Cour Suprême sollicitée sur la question décréta par 5 voix contre 4 que le problème ultra-bouillant du "gerrymandering" (charcutage électoral) et du "disenfranchisement" (radiation ou refus abusif d'inscription d'électeurs) n'était pas de son ressort, abandonnant ainsi les vannes encore plus grandes ouvertes à ces procédés déjà largement pratiqués par maints barons locaux dans divers états.

Pour un pays qui veut imposer au monde sa démocratie et son capitalisme (mais surtout par bombes, menaces, coercition, corruption, chantage et pillage), c'est vraiment très, très prometteur !

Lesdits Conseils Constitutionnels ou équivalents sont ainsi partout bien trop souvent les tout derniers bastions du conservatisme régressif contre les volontés de vrais changements démocratiques et sociaux, exprimées clairement par leurs peuples.

 

Démocratie et souveraineté sont indispensables :

Mais revenons en Suisse : Marianne Wüthrich, docteur en Droit, publie un article dans Zeit-Fragen, "L'État souverain est indispensable", vibrant plaidoyer pour la défense de l'État-nation suisse et sa démocratie directe qu'elle estime gravement menacés par les sirènes et pressions européistes néo-libérales en vue de la signature d'un Accord-cadre : pourquoi en effet s'accrocher à l'État-nation souverain alors que le monde est ouvert comme il ne l'a jamais été, alors que des politiciens suisses, des professeurs de droit, des diplomates, des "groupes de réflexion" (financés par qui ?) déclarent que la souveraineté jalouse et ancestrale de leur petit pays est obsolète dans un monde globalisé et, dit-elle "qu’ils désirent donc scier eux-mêmes la branche sur laquelle ils sont confortablement assis" ?

Elle pense qu'au contraire c'est justement parce que le monde est plus ouvert que jamais que l'État nation doit exercer plus que jamais et au plus près des citoyens son office de régulation de la société.

Elle rappelle qu'un État-nation souverain se définit par "une population vivant dans des frontières fixes (circonscrivant son électorat) et se soumettant volontairement aux lois qu'elle se donne", c'est-à-dire l'exact inverse de ce qu'est l'UE : une construction supranationale floue, aux frontières fluctuantes et mal contrôlées, largement perméables aux concurrences déloyales, importations frelatées, fraudes, fuites fiscales, trafics d'êtres humains, où les peuples sont en concurrence sociale et fiscale et mis sous la tutelle de lois sur lesquelles ils n'ont plus aucune prise - comme c'est (encore) le cas en Suisse.

Mais, s'inquiète-t-elle, jusqu'à quand ?

Car chacun sait chez nous qu'une grande majorité des lois votées au Parlement français ne sont que la simple promulgation de "directives" prérédigées par Bruxelles - et généralement à notre détriment.

Avec en perspective le morcellement programmé de longue date des États-nations en "régions" soi-disant "autonomes" (mais surtout impuissantes !).

Par concept, selon elle, "l’État-nation est le garant des droits fondamentaux, des lois, de leur application par les tribunaux, des pensions de retraite, de l’organisation du territoire, de la politique sociale, de la gestion et de l'entretien des infrastructures (pensez donc aux victimes du viaduc privé (d'entretien) de Gênes !) ainsi que de son approvisionnement et de la gestion des déchets".

Comme la laïcité, l'État-nation n'est donc qu'un principe rationnel d'organisation de la société qui n'a absolument rien à voir avec le chauvinisme raciste et nationaliste exclusif et discriminatoire.

Rappelons aussi que les citoyens sont collectivement héritiers et propriétaires de tout ce que possède leur État et que leurs élus et fonctionnaires n'en sont que les gestionnaires, hélas pas toujours scrupuleux.

   Privatiser ce qui a été payé par le labeur et l'impôt, ce n'est pas créer de l'activité entrepreneuriale, ce qui serait (paraît-il) la vertu première du capitalisme, c'est simplement transférer la propriété collective aux intérêts privés, c'est donc piller la population.

Et sous prétexte "d'économies" on propose chez nous (et pourquoi donc ?) de réduire drastiquement le nombre de parlementaires alors que la population augmente et a besoin au contraire de représentants bien plus proches et plus soucieux de leur quotidien.

Selon Marianne Wüthrich, la conséquence en est le manque de respect généralisé des populations face à des institutions qui ne fonctionnent plus à leur profit. Quand le mot très chargé de positivité "réformes" devient synonyme de "régressions sociales", peut-il en être autrement ?

 

"Le manque d’estime face à l’État mène dans une impasse. Nous créons des marchés au-delà de la taille contrôlable ; nous établissons des règles mondiales ne prenant nullement en compte la diversité réelle des besoins et des préférences ; nous affaiblissons les États-nations traditionnels sans les remplacer par autre chose de plus efficient".

Les profondes et croissantes inégalités et injustices générées par la mondialisation ont des causes profondes liées à la faiblesse des États face à d'énormes entités marchandes supranationales devenues bien plus puissantes qu'eux, où l'argent indécent accaparé par une minuscule minorité achète de l'influence médiatique, du pouvoir politique, de l'impunité judiciaire et fiscale et finit ainsi par supplanter le droit de vote individuel des citoyens.

Le résultat en est l'asthénie de nos démocraties qui réside dans l'absence croissante de participation des citoyens à la gestion de leurs propres affaires, celles-ci étant abandonnées à de supposés "experts" et à du personnel politique professionnalisé sponsorisé, élu, réélu par l'argent électoral intéressé de leurs mécènes, car ce sont eux qui font (et défont) les lois.

Et (est-ce le but ?) partout des citoyens modestes découragés s'abstiennent de plus en plus de voter.

Mais les parlements seront toujours aussi pleins !

 

Et elle nous met solennellement en garde :

"Là où les États-nations échouent, les effondrements économiques et les guerres civiles en sont les conséquences".

À bon entendeur…

RJ

 

 

2019 05 an II

EDITORIAL

Mardi 26 février, la Libre Pensée reçue par l’Observatoire de la laïcité (alors qu’elle ne l’a jamais été sur ces questions par la Présidence de la république), mettait « en garde contre l’éclatement du cadre républicain dans le cadre d’une loi qui favoriserait les cadres concordataires. »

Depuis, Emmanuel Macron a déclaré renoncer à toute modification de la loi de 1905, ce qu’il a confirmé jeudi 25 avril lors de sa conférence de presse organisée en clôture du « grand débat national ». La tendance serait même à « renforcer la loi », ce qui ne peut qu’éveiller notre méfiance. Si on renforce, on modifie. Ou s’agit-il d’autre chose ?

Un travail avec les associations et un contrôle accru « des financements venant de l'étranger » seraient les axes retenus. Une nouvelle fois, seul le culte musulman poserait difficulté et constituerait une menace. Or la Libre Pensée, en accord avec l’ensemble des associations ayant signé l’appel « ne touchez pas à la loi de 1905 ! » considère que le titre V de la loi « Police des cultes » répond suffisamment aux questions soulevées par les menaces à l’ordre public.

La Fédération nationale avait déjà attiré l’attention des laïques lors de la mise en place des assises de l’Islam, quand le 25 juin 2018, « dans la continuité du discours qu’il a prononcé à la rupture du jeûne par la Conseil français du culte musulman », le ministre de l’Intérieur avait publié un communiqué annonçant la tenue « d’assises territoriales » ayant pour objet « d’aborder les thèmes de la représentation institutionnelle de l’Islam de France, de la gouvernance des lieux de culte, du financement du culte et de la formation des ministres du culte  (…) dans la continuité des instances de dialogue organisées depuis 2015.»

Il s’agit donc de poursuivre dans la voie d’une « laïcité » indéfiniment négociée, mettant en présence dans la même instance de dialogue les représentants des différents cultes entre lesquels un équilibre devra être trouvé. Le cadre n’est plus celui de la loi républicaine garantissant une stricte neutralité, mais celui d’accommodements entre gens « raisonnables », les religions étant réputées sages par nature. Et peu importe si elles approuvent toutes peu ou prou la phrase prononcée par Philippe Barbarin au sujet du mariage gay : « Le Parlement n’est pas Dieu le Père. »

Et pendant ce temps-là…

Le projet de loi « pour une école de la confiance » prépare le regroupement d’écoles maternelles et élémentaires au plan communal ou intercommunal, la création de regroupements d’écoles et d’un collège au sein « d’un même établissement public local d’enseignement » baptisé « établissement public des savoirs fondamentaux » (EPSF), là où « les communautés éducatives l’estiment utile ».

De nouvelles économies seraient réalisées pour l’État, avec moins de fonctionnaires (un seul chef d’établissement pour plusieurs écoles). Le chef d’établissement de l’EPLE cumulerait les compétences attribuées au directeur d’école et celles du principal du collège. Les compétences du Conseil d’Administration fusionneraient celles du C.A. du collège et celles du conseil d’école, et établiraient l’autonomie pédagogique, financière et administrative de l’EPLE. Organisation de la concurrence.

Ce serait par là-même la mise sous tutelle pédagogique, administrative et financière de l’Ecole communale et de ses personnels, et un nouveau coup porté à la liberté pédagogique des enseignants, à leur statut, à leur indépendance et à leur neutralité.

Il s’agirait donc d’une rupture du lien historique commune-école, et de la fin de l'école communale, laïque et républicaine, instituée avec les lois Ferry de 1882 et Goblet de 1886, la fin de notre système républicain d’écoles communales laïques.

Tout cela logiquement complété par le cadeau aux écoles privées confessionnelles, au détriment des collectivités et de l’Ecole publique laïque, d’une scolarité obligatoire à 3 ans obligeant le financement des écoles maternelles privées par les communes, et par l’ouverture à la concurrence des « jardins d’enfants » qui pourront assumer cette scolarité en lieu et place de la maternelle !

Et tout cela, bien entendu, « sans toucher à la loi de 1905 » !

PG

Communiqué LP du Rhone

 
 

A Lyon, samedi 13 avril,

comme à Paris, comme dans tout le pays,

un millier de citoyens ont manifesté,

   malgré toutes les tentatives de l’empêcher,

en particulier de la part de la Préfecture

 

 

 
 

 

À l’appel de : LIGUE DES DROITS DE L'HOMME (LDH69), UD-CGT69, LIBRE PENSÉE DU RHÔNE, MOUVEMENT ENSEMBLE!69 (E!69), NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE (NPA), PARTI OUVRIER INDÉPENDANT (POI), PARTI DE GAUCHE DU RHÔNE, UD-CNT 69, SYNDICAT DE LA MAGISTRATURE-Section de Lyon, FRANCE INSOUMISE, ATTAC69, PLANNING FAMILIAL, SOLIDAIRES RHÔNE, COMMISSION JUSTICE DES GILETS JAUNES DES ASSEMBLEES DE LYON, PARTI COMMUNISTE FRANCAIS (PCF), GROUPE GRAINE D’ANAR DE DE LA FÉDÉRATION ANARCHISTE, GROUPE DE RÉFLEXION ET D'ACTION MÉTROPOLITAINE (GRAM)

 

 

POUR LA LIBERTE DE MANIFESTER

L’ABROGATION DE LA LOI ANTI-MANIFESTANTS

LA FÉDÉRATION DU RHÔNE DE LA LIBRE PENSEE DANS LE CORTEGE

La Fédération du Rhône est fière d’avoir contribué, au côté des dizaines d’organisations du mouvement ouvrier et démocratiques, à ce que cette manifestation puisse avoir lieu, le même jour, à Lyon comme dans toute la France.

 

POUR L’ARRET DE LA REPRESSION ET DE L’UTILISATION DES LBD

La Fédération du Rhône de la Libre Pensée condamne les violences policières extrêmes subies par les manifestants samedi 13 avril à Toulouse. Il fallait à l’évidence éviter, dans cette ville, comme ailleurs, que ce réalise la jonction entre les Gilets Jaunes, les organisations qui avaient appelé à manifester contre la loi anti-manifestants et pour défendre le droit de manifester.

La Fédération du Rhône de la Libre Pensée, dans les mêmes termes que le collectif des organisations dans le Rhône a utilisé dans son communique du 15 mars 2019, « condamne la répression intolérable que le gouvernement mène contre les manifestations du samedi des gilets jaunes, avec des centaines de blessés graves : personnes éborgnées, mains arrachées … auxquelles nous apportons notre soutien et notre solidarité. »

Et, comme, à « Lyon, nous avons apporté toute notre solidarité notamment à Daniela, à Thomas et à Ludovic gravement blessés », comme nous exprimons notre solidarité à Geneviève Legay, blessée à Nice, nous apportons la même solidarité aux nombreux blessés de Toulouse où les manifestants ont été gazés, attaqués au LBD et au canon à eau sans discontinuer toute l’après-midi comme le montre les vidéos qui circulent.

Oui, la loi « adoptée par l’Assemblée nationale qui prétend encadrer le droit de manifester reste, malgré la censure du Conseil constitutionnel, une atteinte grave aux libertés publiques et à l’équilibre des pouvoirs. »

La Fédération du Rhône de la Libre Pensée est prête, au lendemain de cette manifestation, à apporter son soutien, dans l’unité des organisations ouvrières et démocratiques, aux initiatives pour :

Arrêter cette répression, qui va crescendo, contre les manifestants !

Défendre le droit de manifester !

Obtenir l’abrogation de la loi anti-manifestants et de toutes les dispositions liberticides.

Publication

« Insoumission – Émancipation – Laïcité »

Un précis de laïcité par Benoît Schneckenburger

On connaît Benoît Schneckenburger, libre-penseur, spécialiste de philosophie matérialiste et politique, récemment interviewé dans la revue « La Raison ». On se souvient aussi qu’il est intervenu le 22 novembre 2018 lors de la conférence de défense de la loi de 1905 en tant que l’un des initiateurs de « l’appel des laïques ».

Militant de la France Insoumise, Benoît Schneckenburger est candidat « FI » aux prochaines élections européennes. C’est un peu à l’usage de ses camarades FI qu’il publie ce bref ouvrage, présenté le jeudi 11 avril lors d’une conférence-apéro au Bar à Vins Vieille Canaille (Lyon 7e). De façon claire et concise, l’auteur passe en revue tous les fondamentaux sur la laïcité en général et sur les problèmes actuels en particulier, en dénonçant les dérives dues à l’ignorance et à l’hypocrisie.

Ou pour employer les mots de l’auteur : ses « renoncements » et ses « falsifications ».

Conférence brève, mais dense dans son contenu, à l’image de l’ouvrage présenté !

Ouvrage disponible auprès de l’éditeur :

www.bruno-leprince.fr

(114 pages – 8 euros)

 

La laïcité va mal. Elle est aujourd’hui attaquée, manipulée, détournée, et au nom de réformes « pragmatiques » elle risque de perdre toute sa substance. Pourtant elle s’inscrit dans une longue tradition philosophique et politique et permet un modèle institutionnel qui assure la liberté de conscience, de culte et la paix. Pour la défendre, et retrouver toute l’émancipation qu’elle rend possible, cet ouvrage revient sur les multiples attaques qui la menacent. Il propose d’en retracer les fondements idéologiques et de montrer par quels principes juridiques elle permet de résoudre les difficultés inhérentes à nos sociétés. Il faudra alors passer de la défense à l’offensive : la laïcité reste un modèle pour l’école, la société et doit être promue en Europe.      BS

 

 

libres propos, libres pensées

Débaptisation ou Apostasie ?

 
   

 

libres propos, libres pensées

En 2011 notre camarade libre-penseur René Lebouvier obtenait satisfaction auprès du tribunal de grande instance de Coutances, qui jugeait que la mention de son baptême devait être effacée des registres. Il avait dans un premier temps demandé au curé de Fleury et à l’évêque de Coutances de porter la mention : « a renié son baptême le 31 mai 2001 » en marge de la transcription dans le registre de l’Église. Il demanda ensuite la radiation totale en 2009 de manière à ne plus figurer dans aucun des fichiers tenus par l’Église catholique. Mais en 2013 la cour d’appel de Caen invalidait ce jugement. Le juge d’appel estimait en effet qu’aucune « divulgation fautive » des informations consignées sur le registre des baptêmes n‘était établie.

Il jugeait au surplus que l’Église n’avait pas violé les dispositions de la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.

 

René Lebouvier était ensuite débouté en Cour de cassation et condamné aux dépens.

Quant à la Cour européenne, sans formuler aucune motivation, elle se déclarait incompétente pour choisir entre la loi des hommes et le droit canon. Elle reconnaissait ainsi qu’il s’agissait bien de droit canon lequel, pas plus que la charia, n’a pas sa place dans la République.

Il semble que les demandes de débaptisation soient devenues beaucoup plus nombreuses ces derniers mois.

Mais le fait nouveau est qu’elles ne sont plus formulées par des athées ou agnostiques, mais par des croyants.

Les tombereaux de révélations déversés sur les affaires de mœurs dans l’Église suffisent à expliquer un phénomène dont il est difficile de mesurer la portée.

Du reste l’Église reconnaît le droit à être radié des fichiers de baptême, mais sans aller jusqu’à effacer les noms. Elle avance pour cela des problèmes techniques (qui ne trompent personne) et le fait que le baptême ayant eu lieu, il est un « fait historique » dès qu’il est consigné : elle s’appuie pour cela sur la jurisprudence.

 

Mais il est un autre problème : c’est l’utilisation du terme générique « Apostasie » pour toutes les demandes de débaptisation, même pour celles qui émanent de citoyens n’ayant jamais été croyants.

Or « l’apostat » est celui qui a renié sa religion. Problématique pour des croyants, il est inacceptable pour des athées ou des agnostiques. Consonnant avec le mot « renégat », il possède même une connotation sulfureuse qui nous renvoie à l’empereur-philosophe Julien dit « l’Apostat ».

Julien, très tolérant et pas plus mauvais souverain qu’un autre – bien loin de là ! - voulut rétablir les cultes païens. Mortellement blessé par une flèche dont on s’est demandé si elle n’était pas venue de son propre camp (une flèche chrétienne), lors d’une bataille en Orient, il mourut en 363 à 31 ans environ.

       
 

Par l’emploi du mot « apostasie », l’Église montre bien qu’elle continue à considérer tous les baptisés comme des brebis égarées. Loin d’être un registre administratif neutre, les registres restent la trace écrite de la prétention de l’Église à diriger les consciences, toutes les consciences. Et sa simple existence continue de représenter une atteinte à la vie privée.                                     P.G.

 
   

APOSTASIE (définition donnée par le Littré)

 1°   Changement de religion, et particulièrement abandon de la foi chrétienne. ♦ Par ses paroles il revint de son apostasie.

 2°   Action d'un religieux qui renonce à ses vœux.

 3°   Par extension, désertion d'un parti, abandon d'une doctrine, d'une opinion.

 
 

 

 

Le Second Anschluss : l'édifiante "réunification - privatisation" de la RDA

 

En l'an 2000, l'Allemagne constata avec effroi que ses résultats à l'étude PISA de l'OCDE (évaluation comparative des systèmes scolaires) étaient désastreux alors que la toute proche Finlande obtenait la meilleure note.

Ses ministres, pédagogues, experts et journalistes se précipitèrent alors vers ce petit pays afin de lui soutirer le secret de son succès, pour s'entendre dire que son système était largement inspiré du système éducatif de l'ex-RDA !

Ceci est absolument caractéristique de ce qu'a été la "réunification" allemande tant vantée : au lieu de faire une synthèse rationnelle des meilleurs aspects des deux systèmes en présence, les allemands de l'Ouest partirent du principe que leur modèle était le meilleur des mondes possibles et ont tout jeté au rebut : les institutions, les entreprises, la culture, l'identité, l'histoire et les hommes avec, avec un seul souci : en effacer toute trace au plus vite.

L'économiste italien V. Giacché a publié un livre très documenté titré "Le second Anschluss" d'où il ressort que la "réunification" a bien plus ressemblé à une agressive conquête coloniale ou à une OPA hostile, celle-ci étant définie en bon langage capitalistique comme "l'annexion par incorporation pure et simple d'un concurrent par un autre, en l'éliminant pour s'emparer de ses parts de marché".

L'Allemagne met volontiers en avant tout ce qu'a coûté la réunification à ses contribuables, mais bien moins tout ce qu'elle a rapporté à ses entreprises : l'accès inespéré aux marchés des pays de l'Est européen, à une main d'œuvre hautement qualifiée et peu payée et à de la sous-traitance bon marché, ceci expliquant amplement sa position centrale à nouveau dominante en Europe, perdue en 1945 (et à quel prix !) avec son apocalyptique défaite.

La petite RDA et ses 16 millions d'habitants était, contrairement à la légende tant colportée par les médias CAC40, loin d'être économiquement à l'agonie : entre autres elle était le 5ème exportateur de machines-outils au monde et était de loin l'économie la plus avancée du bloc de l'Est.

Si ses habitants réclamaient à grands cris des réformes en matière de libertés, exprimaient leur ras-le-bol de la surveillance omniprésente de la Stasi, leur besoin de s'exprimer librement et d'influencer les décisions politiques, ils n'exigeaient pas dans leur majorité la réunification, qui leur fut servie par ce que Naomi Klein appelle "la Stratégie du Choc" : profiter de troubles politiques ou de catastrophes naturelles et de l'effet induit de sidération des populations pour les amener à accepter des décisions ou des "réformes" qui ne sont pas dans leur intérêt.

La réunification qui prit le monde entier par surprise (y compris les citoyens de la RDA) fut en réalité l'objet d'un deal perdant entre Gorbatchev et George Bush I contre la promesse verbale que, réunification accomplie, l'OTAN ne s'étendrait pas plus à l'Est. Sans eux, rien n'eût été possible. On connait maintenant la validité de cette promesse !

Helmut Kohl s'est ensuite chargé avec zèle de la réunification politique (ou plutôt de l'annexion). Une fois celle-ci réalisée, il fallait prendre le contrôle socio-économique de l'ex-RDA (DDR).

Pour cela, il a suffi d'établir la parité immédiate et sans transition des marks Ouest et Est : 1 pour 1.

Comme le mark DDR était une monnaie faible, la RDA a perdu ainsi du jour au lendemain tous ses débouchés traditionnels, n'étant plus du tout compétitive (ses prix ont augmenté dans la nuit de 350 à 400% !) livrant d'un coup son marché intérieur et à l'export aux innombrables produits et services des entreprises capitalistes de l'Ouest.

Il ne restait alors plus qu'à liquider tout l'énorme patrimoine et avoirs appartenant à l'État (par exemple les sols et sous-sols, qui ne pouvaient faire l'objet de transactions en RDA socialiste).

Peu connu : il y avait toutefois un très important tissu de 36.000 PMI et PME privées en RDA.

Ainsi les fonds injectés des années durant par l'État de la RDA à taux de 0,5% dans ses propres entreprises pour financer leurs investissements (comparables à des fonds propres injectés par des actionnaires) devinrent miraculeusement de la dette, baptisée "vieille dette" dont les banques d'État entre temps privatisées et rachetées pour une bouchée de pain par des banques de l'Ouest s'empressèrent de réclamer 10% d'intérêt annuel.

Par exemple (entre bien d'autres !), une banque d'État de Berlin-Est privatisée pour 49 millions de DM, se retrouva à la tête d'un portefeuille de 11,5 milliards de DM de cette "vieille dette" totalement inventée et illégitime à recouvrer, garantie par les contribuables ! Car leur faire cautionner ou renflouer les banques privées est une belle tradition très répandue dans les pays capitalistes !

La privatisation de tous les avoirs mobiliers et immobiliers de l'État Est-allemand fut confiée à la Treuhand (Société Fiduciaire) qui en seulement quatre ans d'existence a cassé la quasi-totalité de l'économie de la RDA dans des conditions totalement irréversibles et reconnues depuis comme absolument scandaleuses (fraudes, pas de contrôle d'antécédents judiciaires ou de compétences des acheteurs, corruption, favoritisme, biens bradés sans aucune enchère et largement sous-estimés) la laissant en peu de temps selon l'auteur dans un état comparable à la destruction de richesses et de capacités de production causées par une guerre !

Selon l'auteur italien, elle se trouve depuis dans une situation permanente bien pire que le Mezzogiorno, le sud italien caractérisé par la désindustrialisation, une économie durablement anémique, une économie parallèle mafieuse, un chômage endémique extrêmement élevé, la désertification, l'émigration et la dénatalité.

Ce que confirme l'historien Nicolas Offenstadt, auteur du livre "Le pays disparu. Sur les traces de la RDA" qui parle, trente ans après la réunification, d'un "territoire toujours en friches" et "d'un écrasement symbolique visible partout".

La population de l'ex-RDA a depuis diminué de 25%, passant de 16 à 12 millions, elle a vieilli, le parc immobilier et industriel est excédentaire, sa main d'œuvre la plus qualifiée a émigré à l'Ouest par nécessité et la natalité a chuté dramatiquement.

De très grosses agglomérations ont vu en 4 ans fondre leurs emplois industriels (la région de Halle où travaillaient 110.000 personne a vu ce chiffre tomber à 17.000, à Leipzig de 90.000 à 10.000 !) et actuellement 47 % des adultes de l'ex-RDA dépendent pour survivre d'aides sociales, ce qui permet de mieux comprendre trente ans après la chute du mur une Ostalgie (nostalgie de l'Est) persistante et la montée apparemment inexorable des partis dits "populistes" ou "néo-nazis".

En même temps que la "liberté", les allemands de l'Est ont aussitôt découvert l'insécurité sociale et le chômage qui était inexistant et même interdit par leur Constitution ! Mais la notion de liberté a-t-elle un sens quand vous êtes pauvre ou au chômage ?

La très grande majorité des élites administratives, économiques, scientifiques, universitaires, etc. suspectées de "collaboration" ont été jetées à la rue par un processus revanchard et aveugle bien plus large et sévère que la soi-disant et superficielle "dénazification" des élites après 1945 (grâce à la Guerre Froide, nombre de dignitaires nazis avaient été très bien recyclés à l'Ouest de diverses façons) et à de très rares exceptions près été remplacées à tous niveaux de responsabilités par des Wessis, des allemands de l'Ouest, ce qui justifie l'appellation par l'auteur de "prise de contrôle colonial" du pays.

Depuis, pour masquer ces graves méfaits et ce fiasco éclatant, les énormes dégâts économiques et humains causés, les statistiques sont copieusement manipulées et le gouvernement allemand a décidé de ne plus publier de sondages sur les sentiments des Ossis, les ex-citoyens de la RDA qui se sentent (2 sur 3, sauf à Berlin) toujours considérés comme des citoyens de seconde zone, selon ces sondages !

Car ceux-ci mettent régulièrement en exergue que l'Allemagne réunifiée néo-libérale, capitale Berlin, soutient de moins en moins la comparaison !

Car leur ressenti général a posteriori est que :

"Il y avait de sérieuses réformes à faire, mais on y vivait bien. Pour à la sécurité sociale, les crèches partout y compris usines et universités, l'éducation professionnelle et supérieure gratuites, l'accès à la culture pour tous, les rapports sociaux, l'égalité hommes-femmes, le soutien aux familles, la protection contre la criminalité, la justice sociale, la RDA avait plus de côtés positifs que négatifs".

     Le miroir aux alouettes de l'apparente corne d'abondance capitaliste avait donc admirablement fonctionné, mais la prospérité promise ne fut pas au rendez-vous pour la plupart, loin de là.

Largement soutenues par l'Ouest, comme en Pologne où l'Église catholique de Jean-Paul II a été à la manœuvre des contestations, les églises luthériennes et évangéliques de la RDA ont mené depuis leurs lieux de culte l'agitation qui a abouti à la "réunification" (Angela Merkel, universitaire, docteur en physique formée en RDA et un des très rares exemple d'élites de l'Est ayant percé en RFA, est fille de pasteur).

Et les archives de la Treuhand (ou ce qu'il en reste, car elles ont été volontairement largement dispersées) ne s'ouvriront qu'en 2050, quand tous les protagonistes de cette époque, voleurs et volés, auront disparu de la scène. Il n'y aura alors plus d'Ossis, plus d'Ostalgie, plus d'histoires, cela ne sera plus que de l'Histoire. Du passé, quoi !

En bref, une réussite exemplaire méconnue !

 

Mais… à propos ! Cela ne vous évoque rien ?

Dissolution d'États souverains dans une union néo-libérale, privatisation forcenée à la découpe de tous leurs patrimoines, casse acharnée de leurs services publics et sociaux, éducation publique en ruines, monnaie fiduciaire unique qui étouffe des économies trop inégales, délocalisations induisant la dramatique désindustrialisation de nos régions, austérité imposée uniquement aux classes moyennes et populaires, les conduisant à un déclin progressif, scandaleuses inégalités (voir OCDE) en hausse constante, retour organisé au grand galop des religions comme auxiliaires des pouvoirs dans des domaines jusqu'ici publics, montée inexorable des extrémismes, n'est-ce pas là JUSTEMENT tout ce que l'UE est peu à peu en train de nous servir ? Tirons-en au moins la leçon !               RJ

an II janvier 2019 echo des benitiers

ÉCHOS DES BéNITIERS

 

Querelles orthodoxes

Jean-Michel Dhimoila, ancien moine de 48 ans, a été condamné par la 6e chambre du tribunal correctionnel de Lyon, pour « dénonciation calomnieuse ».

L’ancien moine a écopé d’une amende de 1 000 € et d’1 € symbolique de dédommagement, pour ses propos tenus contre Nikolaos Kakavelakis, représentant de l’église grecque orthodoxe à Lyon depuis 2012.

L’ancien moine dénonçait des supposées dérives, à longueur de blog et de courrier, en particulier auprès de l’ambassade de Grèce à Paris, l’employeur du prêtre. « C’était devenu une obsession, un acharnement », a plaidé l’avocat de la partie adverse, le 20 novembre dernier. La thèse du lanceur d’alerte, avancée par la défense, n’a pas été retenue par le tribunal. M. Dhimoila ne s’y était pas présenté, mais il a annoncé qu’il ferait appel.

 

Gangs of Chicago

À Chicago et dans tout l’Illinois, l'ampleur du scandale des prêtres pédophiles n’en finit pas de finir (comme de la Californie à la Nouvelle-Angleterre). Vendredi 14 décembre, la justice américaine a publié les noms de 700 membres du clergé de l’Illinois accusés d'agression sur mineur. Parmi eux, 185 sont prêtres visés par des « accusations sérieuses ».

La procureure de l'Illinois avait lancé une enquête en août. Ses services ont épluché les archives des six diocèses. Leurs conclusions sont accablantes, même dans ce qui n’est encore qu’un rapport d’étape.

En effet « la plupart des cas n'ont pas fait l'objet d'enquêtes appropriées, ou n'en ont pas du tout fait l'objet » indique la procureure en regrettant que la justice n'ait pas été saisie.

Elle note également le manque de respect et de transparence des autorités ecclésiastiques.

 

Plus blanc que blanc

Le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, a montré toute son intrépidité en publiant immédiatement un communiqué de contrition. Puis, soulignant que la grande majorité des agressions avaient eu lieu plusieurs décennies avant, il s’est vanté d'être, avec ses prédécesseurs « à la pointe de la réponse au scandale des abus sexuels dans l'Église depuis près de trois décennies ».

 

Nouveau monde

L’enquête de l’Illinois avait été lancée après un rapport sur l'Église de Pennsylvanie qui avait suscité une onde de choc. Les révélations du Boston Globe de 2002, popularisées dans le film Spotlight, avaient libéré la parole des victimes à Boston …et ailleurs.

Depuis, de nombreux prêtres ont été exclus du clergé et poursuivis en justice. L'Église a versé des sommes importantes pour dédommager les victimes. On a même craint le défaut de paiement.

Rebelote cet été, les services du procureur de Pennsylvanie ont détaillé les abus perpétrés par plus de 300 prêtres sur un millier d'enfants au cours de plusieurs décennies.

L'archevêque de Washington, le cardinal Donald Wuerl, accusé d'avoir contribué à étouffer le scandale, a dû démissionner. Des listes noires ont été publiées et une dizaine d'États ont initié des investigations.

 

Grâce à Dieu

Inspiré de l’histoire des victimes lyonnaises de pédophilie dans l’Église, le film « Grâce à Dieu », tourné dans la plus grande discrétion, est une fiction inspirée des affaires de pédophilie dans le diocèse de Lyon.

Sa sortie est prévue le 20 février.

 « Le film est un portrait de ces hommes abusés, comment ils ont vécu avec leur traumatisme, comment ils ont libéré leur parole et quelles ont été les conséquences familiales et sociales. Ce film est vraiment raconté du point de vue des victimes », confiait François Ozon au journal Le Progrès le 5 octobre.

Le fait générateur du film est l’affaire Preynat. Le prêtre avait été mis en examen en janvier 2016 pour des agressions sexuelles sur des scouts lyonnais entre 1986 et 1991.

Le procès de ceux qui l’ont couvert aura lieu du 7 au 9 janvier 2019 (à moins d’une manœuvre de dernière minute du Saint-Esprit, qui ne manque pas d’expédients). Comparaîtront le cardinal Barbarin et six autres prévenus pour non-dénonciation de ces agressions. Puis viendra le procès de Preynat lui-même.

 
 

L’innocence flétrie

« Ma démarche est juste d’empêcher la sortie avant le procès » indique l’avocat du père Preynat. « C’est un problème de respect de principes essentiels. On ne peut pas empêcher l’information ni la création. Il n’existe pas de possibilité d’interdire un documentaire, sauf en cas d’atteinte disproportionnée.

Et c’est au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel de trancher (…) Sortir une fiction pour relater des faits correspondant à un procès qui va se tenir à court terme, et qui a été hypermédiatisé au travers de la communication des victimes, c’est quelque chose qui peut porter atteinte à la présomption d’innocence ».

 

 

 

Dans le secret des Borgia

On n’en est pas loin, puisque tout s’est passé à la Chapelle sixtine.

Le Vatican a lancé une enquête pour soupçons de blanchiment, fraude aggravée et détournement de fonds sur le produit des concerts visant le directeur administratif et financier du Chœur de la Chapelle sixtine.

Le directeur musical, Massimo Palombella, est lui aussi directement mis en cause. Des accusations de mauvais traitements ont été portées par des parents de petits chanteurs à l’encontre du « maestro ». Ratzinger frère l’avait déjà prouvé avec son chœur de Ratisbonne : la musique n’adoucit pas les mœurs ecclésiastiques.

 

Déménagement de la Madone Paul Bert- Baraban

Depuis que l’immeuble de l’ancienne Charade, rues Paul-Bert et Baraban, a dû être démoli puis rebâti, des habitants du quartier se sont interrogés sur le sort réservé à la madone installée à l’angle des deux rues.

Au cours d’une réunion sur le devenir des bâtiments, Thierry Philip, maire du 3e, a depuis longtemps précisé qu’elle serait sauvegardée et proposée à la paroisse voisine.

L’ancienne Vierge a donc rejoint l’église du Sacré-Cœur. L’Église y perdrait-elle ?

Non, car la madone sera remplacée par une nouvelle œuvre plus ambitieuse de l’artiste Christine Cornillon : une « Vierge de Miséricorde » protégeant des enfants.

Ce n’est pas un luxe, avec tout ce qui se passe de nos jours.

2019 03 an II

Jeudi 10 janvier dernier, le gouvernement a présenté aux représentants des cultes les axes de la réforme qu’il veut engager autour de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. Etaient présents douze invités (catholiques, protestants, orthodoxes, juifs, musulmans, bouddhistes) auxquels « Emmanuel Macron a remis une note de trois pages synthétisant les contours de la réforme, destinée à favoriser une meilleure organisation du culte musulman » (Le Monde, 11 janvier 2019). Tel quel.

Ce n’est donc plus seulement à l’Etat (même de manière indue) mais  aux catholiques, aux protestants, aux bouddhistes et aux israëlites d’organiser le culte musulman ? C’est bien étrange. On nous cache quelque chose.

Attendre d’un président qui affirme vouloir « réparer » le lien de nos institutions avec l’Eglise qu’il renforce la laïcité, voilà un autre sujet de perplexité, pour le moins.

La note remise était intitulée : « Renforcer la laïcité, garantir le libre exercice du culte » et affirmait la volonté de l’exécutif de « conforter les principes de 1905 » sans toucher aux articles 1 et 2 de la loi. Cette affirmation de principe vise d’abord à amadouer les associations « laïques » qui se sont opposées à toute retouche de la loi de 1905.

Et pour cause ! Le régime des associations « loi 1905 » serait rendu plus attractif. Elles bénéficieraient de la garantie d’emprunt et des baux emphytéotiques administratifs (par lesquels les mairies aident les associations à construire un lieu de culte). Elles pourraient détenir des immeubles de rapport – une source de financement aujourd’hui interdite. Pour bénéficier de ces avantages, elles devraient voir reconnue par le préfet leur qualité d’association cultuelle, en s’engageant à « respecter non seulement l’ordre public, mais aussi les droits et libertés garantis par la Constitution. »

C’est donc bien d’une « labellisation » qu’il s’agit, et d’une aide  au financement de tous les cultes.

Notre projet législatif ne crée aucune ingérence dans l’organisation du culte proprement dit », indique l’exécutif. Simplement, pour préserver l’ordre public, les sanctions prévues au titre de la « police des cultes » seraient renforcées. Ainsi, des propos appelant à la haine seraient passibles d’un an d’emprisonnement et de 60 000 euros d’amende. Serait facilitée la dissolution d’associations (loi 1901 comme 1905) qui ne feraient pas cesser des troubles à l’ordre public dans leurs locaux.

Pour cela, nul besoin de réécrire la loi de 1905. Une mise à jour du code pénal suffit.

Le document affirme que les associations qui gèrent un lieu de culte ne seraient pas obligées d’opter pour le régime prévu par la loi de 1905. Ceux qui demeureraient en « loi 1901 » devraient respecter de nouvelles obligations, dans la présentation de leur été comptable.

Ceci concerne les associations « 1901 », ce qui est un autre problème. Là encore, nul besoin de mettre en cause la loi de 1905, sauf s’il s’agit de la rendre « plus attractive » financièrement, ce qui ne manquera pas de satisfaire tous les cultes.

Confirmation : « Nous ne sommes plus seulement dans la consultation, mais dans la concertation, se félicite François Clavairoly, le président de la Fédération protestante de France. Et nous sommes maintenant tous d’accord pour dire qu’il faut adapter le cadre dans lequel s’exercent les cultes, sans toucher aux grands principes de liberté et de séparation. » Tous d’accord ? Au nom de qui parle M. Clavairoly ? Au nom des cultes ? Au nom des institutions ? Certainement pas au compte des associations laïques qui ont lancé l’appel du 14 novembre et se sont aussitôt rendues devant les préfectures pour dire :

« La loi de 1905 repose sur deux principes essentiels que doit mettre en oeuvre la République pour garantir à tous la liberté de conscience :

La non-reconnaissance des cultes

Le non-financement des religions

Ne touchez pas à la loi de 1905 ! »

Tout ça dans un climat délétère…

Dire que le gouvernement Macron traite les associations laïques avec désinvolture est un euphémisme. Les Eglises sont mieux considérées. Il est vrai que c’est avec leur concours, en bonne « concertation », qu’on réinterprète la laïcité. On attend alors de la Libre Pensée, et d’autres associations laïques et démocratiques, qu’elles servent de caution à l’opération de com gouvernementale.

Une preuve en a été donnée les lundi 18 et mardi 19 février derniers, après les insultes adressées par un manifestant au philosophe Alain Finkielkraut et d’autres actes antisémites. Il s’agissait de l’organisation d’une réunion avec les « représentants des cultes, des associations laïques, de la Libre Pensée et des Obédiences maçonniques. »

La condamnation de l’antisémitisme ne se discute pas. Mais la forme importe, et même beaucoup. La Libre Pensée n’était pas au courant qu’elle était initiatrice de cette réunion organisée dans l’urgence. Le procédé du ministre de l’intérieur était pour le moins cavalier ! Il s’en est s excusé, mais a persisté à considérer comme normal de convoquer les cultes et les associations laïques, de rédiger en leur nom un projet de déclaration, à signer dans un délai de trois heures.

Ainsi le gouvernement décide, les Eglises exécutent et les associations laïques soutiennent ! Voilà une ingérence concordataire caractérisée dans la vie des religions, et un irrespect total de l’indépendance des associations. Où est la Séparation des Eglises et de l’Etat ?

Les responsables de la FNLP informaient alors qu’ils ne se rendraient pas à la réunion dans ces circonstances. Ils ne signeront pas non plus « l’appel de Beauvau ».

La liberté de conscience mise en cause

D’autant que la lutte contre l’antisémitisme commence à prendre un tour inattendu... Des exactions et profanations inacceptables ayant eu lieu à un moment opportun  pour l’exécutif, on a entendu dans les medias tout un discours sur la résurgence des « forces obscures » libérées par le mouvement social. Pour certains la « bête immonde » n’est jamais bien loin ; elle semble avoir remplacé le Diable auquel l’Eglise elle-même ne croit plus.

Emmanuel Macron rappelait le 22 lors du dîner du CRIF, sans guère nuancer son propos par la suite : « Je l'ai dit lors du 75e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv, l'antisionisme est une des formes modernes de l'antisémitisme. »

L’UJFP (Union juive française pour la paix) organisation juive, laïque et, universaliste,  lui avait répondu par avance, quatre jours avant de façon cinglante :

« Nous sommes juifs et nous sommes antisionistes

Nous sommes Juifs, héritiers d’une longue période où la grande majorité des Juifs ont estimé que leur émancipation comme minorité opprimée, passait par l’émancipation de toute l’humanité.

(…) Nous sommes antisionistes parce que nous refusons la séparation des Juifs du reste de l’humanité.

Au moment où ceux qui défendent inconditionnellement la politique israélienne malgré l’occupation, la colonisation, le blocus de Gaza, les enfants arrêtés, les emprisonnements massifs, la torture officialisée dans la loi … préparent une loi liberticide assimilant l’antisémitisme qui est notre histoire intime à l’antisionisme,

 Nous ne nous tairons pas. »

Quand on sait que l’UJFP a compté dans ses rangs des personnalités comme Pierre Vidal-Naquet ou Stéphane Hessel, voilà que les positions de M. Macron prennent un tour beaucoup plus pétainiste !

Et quand on entend M. Macron s’enflammer contre ces Gilets Jaunes « capables du pire » (les mots sont pesés) et traitant de complices criminels ceux qui persistent à manifester pour leur pouvoir d’achat, pour la défense des services publics (acquis de 1945 – qu’en penserait Stéphane Hessel ?), tous passibles d’arrestations arbitraires et soumis à des opérations de fichage, la face pétainiste de l’exécutif se précise encore. Le projet de loi à venir entend subordonner le droit individuel à manifester à l’autorité des préfets, sans jugement : lire à ce sujet le communiqué ci-après).

Voilà qui nous ramène loin en arrière !  P.G.

vie de la fédération

Le congrès annuel de la fédération du Rhône a eu  lieu samedi 19 janvier 2019

L’ ordre du jour comportait le rapport moral et d'activité de la fédération, adopté à l’unanimité après une large discussion sur la situation générale et les propositions pour 2019 :

    Campagne en défense de la loi de 1905

    Déplacement à Chauny

Le rapport financier et le rapport de la commission de contrôle ont également été adoptés à l’unanimité.

Après une large discussion sur nos charges financières et en particulier celle que représente celle de l’An II (impression et envoi aux adhérents), il a été décidé d’augmenter le montant de la cotisation à 80 € en 2020, le montant pour 2019 étant de 74 €. Toutes les dernières augmentations que nous avons connues ont correspondu à l’augmentation de la part de la Fédération Nationale. Il s’ensuit un retard que nous sommes à présent contraints de rattraper.

Mandat a été donné au Bureau pour poursuivre l’envoi de l’An II par voie numérique, afin d’équilibrer les comptes, et de prendre toutes mesures utiles pour cela. Comme certains d’entre vous l’ont déjà fait, chaque adhérent peut accepter la version papier numérique seule. Sans accord explicite de votre part, la version papier sera bien sûr envoyée.

Le Bureau a décidé d’augmenter le montant de l’abonnement papier à 15 € (soit 3 € au n°) pour un total de cinq numéros annuels (février, avril, juin, septembre, décembre).

Comme chaque année, afin de pouvoir se consacrer aux tâches militantes toujours plus nombreuses, il est souhaitable que le renouvellement des cotisations se fasse dans les premières semaines de l’année nouvelle, au pire avant la fin du 1er trimestre.  D’autant que cette année, les tâches que nous avons à assumer dans le cadre des orientations et objectifs que nous nous sommes donnés sont nombreuses et lourdes:

ð   tenir notre place dans la bataille pour la défense de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat attaquée dans ses fondements; réunir les conditions d’une riposte nationale et unie.

ð   inaugurer le monument en hommage aux Fusillés pour l’exemple, avec les associations amies

ð   renforcer notre association en organisant diverses initiatives, réunions, centrales ou locales.

Il nous faut donc, à la fois renforcer nos capacités budgétaires et disposer d’une trésorerie suffisante.

  • Aux adhérents qui n’ont pu être présents lors de l’assemblée de reprise de carte, il est demandé, dans toute la mesure du possible, d’adresser le renouvellement de la cotisation 2019. Il est possible de procéder au paiement en 1 ou plusieurs fois, et donc (dans la même enveloppe) 1, 2 ou 3 chèques.

Information à tous les adhérents :

  • Il faudra, dès réception de la carte d’adhérent qui sera remise à réception de la cotisation, retourner le « volet à signer par l’adhérent », (par la poste, email, scan du document, remise en main propre) de la carte dûment, signée. Le reçu fiscal vous sera alors remis.

Cette contrainte indépendante de notre volonté découle du Règlement Général sur la Protection des Données du 25 mai 2018 (RGPD) imposant la collecte et la centralisation à la Fédération Nationale du volet signé par l’adhérent, la Fédération Nationale étant dans l’obligation de tenir un registre des reçus fiscaux délivrés. Pour 2020, le problème se règlera plus simplement.

"Grâce à Dieu…" un film de François Ozon

"Grâce à Dieu, les faits sont prescrits", telles furent les paroles prononcées par le cardinal Barbarin, inconscient de l'énormité de cette phrase, en parlant du procès du curé Preynat, ancien responsable de scouts, accusé de multiples actes de pédophilie, procès actuellement toujours en cours.

Les avocats de Preynat ont tenté de faire reporter la sortie du film (Grand prix du film au Festival de Berlin 2019) après le verdict du procès, procédure qui pourrait bien durer des années grâce aux multiples recours, ce qui aurait évidemment signifié la mort-née du film.

Celui-ci retrace le combat de l'association "La parole libérée" formée d'anciens scouts abusés par le curé, qui reconnaît lui-même sans peine qu'il est atteint d'une perversion maladive, mais l'Église a tout fait pour masquer ses actes.

L'histoire débute lorsque Alexandre, père de famille et bon catholique ayant surmonté grâce à son succès professionnel ses traumatismes d'enfant abusé, découvre par la presse que le

 

père Preynat revient à Lyon et est toujours au contact d'enfants. Scandalisé, mais ne trouvant au fil de multiples entretiens avec la hiérarchie catholique, dont Barbarin, qu'une écoute hypocrite et des paroles lénifiantes sans résultat concret, ni même auprès de sa propre famille qui l'accuse de remuer la merde, il décide de porter plainte auprès de la justice, ce qui déclenche une enquête de police officielle.

Sachant pertinemment qu'il n'était pas la seule victime du prédateur, il recherche d'autres victimes, ce qui remue chez tous des souvenirs qu'ils tentaient d'enfouir profondément dans les tréfonds de leur inconscient.

Certains y ont échappé par le suicide, d'autres sont psychologiquement brisés avec toutes les déviances sociales que cela implique. Le résultat est la création de leur association, car "grâce à Dieu", tous les faits ne sont pas prescrits.

Le film est l'histoire de leur combat pour la reconnaissance des faits par l'Église, de leurs succès et échecs, et de leur pleine conscience de s'attaquer à une institution extrêmement puissante et bien soutenue par une grande partie de l'élite politique lyonnaise.

À voir, donc !                                                                                                                                                                RJ

pacifisme

LE 6 AVRIL, TOUS A CHAUNY (AISNE)

où nous inaugurerons le monument pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple

 

Dans le Rhône, plus de 1600€ ont été collectés pour contribuer à ce que soit érigé ce monument en hommage aux Fusillés pour l’exemple de la guerre 1914-1918.

 

Nous remercions chaleureusement les citoyens, les amis, les camarades, les personnalités, les associations, les syndicats pour leur importante contribution à cette campagne qui va permettre l’érection d’un monument en hommage à ces soldats abattus par des balles françaises parce qu’ils voulaient simplement que la boucherie s’arrête. Nous remercions en particulier :

  • • La Section Interprofessionnelle des Retraités CGT de Vénissieux, la Section Cheminots des Retraités CGT de Vénissieux, le Mouvement de la Paix de Vénissieux
  • • Madame Michèle PICARD, Maire de Vénissieux, qui a soutenu sur ses deniers personnels ainsi que Monsieur GERIN, ancien député,

Nous mesurons ce que représente ce soutien financier pour un citoyen, une association, un syndicat, dans la conjoncture présente et quand de difficiles et onéreuses batailles sont menées pour s’opposer aux remises en cause majeures dont sont l’objet les acquis sociaux et démocratiques fondamentaux.

 

Cela n’a été possible que parce que depuis de nombreuses années, ensemble, associations amies et syndicats - Association Laïque des Amis des Monuments Pacifistes du Rhône, Fédération du Rhône de la Libre Pensée, Union Départementale des Syndicats CGT du Rhône, Union Départementale des Syndicats CGT-FO du Rhône, Institut d’Histoire Sociale CGT du Rhône, Comité du Rhône de l’Association Républicaine des Anciens combattants, Fédération du Rhône de la Ligue des Droits de l’Homme, Cercle Edouard Herriot, le Poing Commun, en particulier dans les rassemblements pacifistes annuels du 11 novembre - agissent ensemble, en particulier dans les rassemblements pacifistes annuels du 11 novembre, pour exiger la Réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple; inscrivant leur action dans le cadre du combat contre la guerre, contre toutes les guerres et pour l’arrêt de celles d’aujourd’hui.

 

Ces contributions, dans le Rhône, ont participé à ce que les sommes nécessaires à la conception, à la réalisation, à l’installation du monument soient réunies.

 

Une campagne de près de trois années, autour d’une initiative de la Fédération Nationale de la Libre Pensée, lancée lors de son congrès annuel de 2015 pour aboutir à cette réussite importante qui n’a pu être enregistrée que grâce au soutien des citoyens pacifistes, bien au-delà de la Libre Pensée et des Associations Amis des Monuments Pacifistes.

 

Presque au terme de cette bataille, il nous reste à réussir l’inauguration de ce monument

Ce monument rappellera, clairement, que des citoyens-soldats ont été abattus et leur famille mis au ban de la société parce qu’ils refusaient de mourir pour des industriels, parce qu’ils étaient conscients que « la guerre est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui eux se connaissent mais ne se massacrent pas » (Paul Valéry)

Ce monument symbolisera la volonté majoritaire dans le pays, l’approbation des citoyens, des associations pacifistes, des syndicats que justice soit rendue, que soient réhabilités les Fusillés pour l’exemple abattus devant le front des troupes, car comme l’a montré feu le Général André BACH : « à la terreur engendrée par les combats, l’État-major opposa la terreur de l’exécution pour abandon de poste devant l’ennemi ».

Ce monument rendra hommage aux soldats coloniaux car un des personnages en porte l’uniforme.

 

100 ANS APRÈS CES TRAGIQUES ÉVÈNEMENTS

 

Alors que dans notre pays, le mot "réhabilitation" n’a toujours pas été prononcé ; alors que tous les gouvernements de la Vème République ont tourné le dos à la réhabilitation des Fusillés pour l’exemple, à l’approbation majoritaire existant dans le pays, aux dizaines de Conseils généraux ayant émis un vœu dans ce sens, comme à celles des Conseils régionaux, aux milliers de communes, à celle exprimée par 60 descendants de fusillés (représentant 32 familles), nous répondrons à l’appel de Louis Barthas :

« Et dans les villages on parle déjà d’élever des monuments de gloire, d’apothéose aux victimes de la grande tuerie, à ceux, disent les patriotards, qui « ont fait volontairement le sacrifice de leur vie », comme si les malheureux avaient pu choisir, faire différemment.

Je ne donnerai mon obole que si ces monuments symbolisaient une véhémente protestation contre la guerre, l’esprit de la guerre et non pour exalter, glorifier une telle mort afin d’inciter les générations futures à suivre l’exemple de ces martyrs malgré eux. »  

(Les carnets de guerre de Louis Barthas, 19e cahier, Tonnelier -La Découverte 2008)

       
 
 
 
 

 

Photo publiée sur le Site officiel de la Ville de Chauny.

 

Pendant presque toute la guerre, Chauny s’est trouvée sur la ligne de front.

 

En 1917, la ville a été détruite. Il n’en restait que des ruines.

 

La population qui était de 10 696 habitants en 1911, est passée à 5 645 en 1921.

 

 

Programme de la journée d’inauguration du 6 avril 2019 à Chauny

¦ à 11H, inauguration officielle par M. le maire de Chauny, Marcel Lalonde, suivie d’un vin d’honneur en mairie,

¦ à 12H30, banquet républicain à Chauny (voir bon ci-dessous pour l’inscription au repas)

¦ à 15H, inauguration par la LP et les associations amies (ARAC, UPF, Mouvement de la Paix, LDH, CGT, CGT-FO, FSU)

 

Un abri, comportant des toilettes et permettant de prendre son casse-croute, a été sollicité auprès de la commune pour ceux qui ne pourraient participer au banquet.

 

Pour la délégation du Rhône, tenant compte des délais de route importants, notre objectif est d’arriver, sinon pour l’inauguration officielle, en tout cas avant 15 heures pour participer à l’inauguration par les associations et syndicats.

 

Évaluation du coût du voyage en minibus : un aller-retour en minibus de Lyon à Chauny (596 Km) coûte environ 900€ (avec 3 chauffeurs assurés – Carburant et péages compris).

Cela donne une idée du montant global du financement à trouver pour auto-financer totalement le voyage.

 

Des informations plus précises seront données bientôt, mais pour ce faire nous avons besoin de connaître le plus vite possible le nombre approximatif de participants.

 

 

BON D’INSCRIPTION ET / OU DE SOUTIEN

À LA DÉLÉGATION DU RHÔNE QUI IRA À L’INAUGURATION

DU MONUMENT EN HOMMAGE AUX FUSILLÉS POUR L’EXEMPLE

LE 6 AVRIL 2019 A CHAUNY, DANS L’AISNE

À remplir et à joindre à votre chèque

Je m’inscris pour faire partie de la délégation à Chauny et je verse : ……………

Je soutiens la montée à Chauny, et je verse : ………………

NOM : ……………………………………………………………… PRÉNOM ……………………………………………

ASSOCIATION, SYNDICAT : …………………………………………………………………………………………………

ADRESSE : ………………………………………………………………………………………….………………………

COURRIEL : …………………………………………………………..………. TÉLÉPHONE : ……………….……………….

Merci de libeller votre chèque à l’ordre de : « Fédération du Rhône de la Libre Pensée »

À envoyer ou remettre à : Xavier Hyvert, 24, rue Marcel Sembat 69100 VILLEURBANNE

(Association Laïques des Amis des Monuments Pacifistes du Rhône)

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. – 06 76 09 86 44

 

Un documentaire relatant toutes les étapes de la construction du monument, de sa conception à son inauguration, est en cours de réalisation : interview du sculpteur Frédéric Thibault, des descendants des fusillés, des responsables des associations. Il sera disponible à l’été 2019.

 

Le livre de Danielle et Pierre Roy : « De Gentioux à Chauny » sera disponible. Il est possible d’en passer commande à l’adresse suivante, afin d’éviter des frais de port :

AEMHFE 49 rue Quentin Barré 02100 St Quentin

En joignant un chèque de ... x 30 euros à l'ordre de FNLP

 

Quelques renseignements pratiques (pour ceux qui iraient par leurs propres moyens) :

¦ Le monument se situe dans le parc Notre Dame, à 5 minutes de la gare.

¦ Train : Paris- Chauny 8h34 - 9h51 ; Chauny - Paris 17h09 -18h26 ou 17h53- 19h41.

¦ Peu d'hôtels à Chauny (L'Inattendu, autour de 100 €) ; sinon le Bellevue à Coucy le Château (N70 €), le Florence à St Quentin (N55 €) ; le Campanile à Soissons ou à Laon (N45 €).

¦ Pour le banquet, il faut s'inscrire. Ne seront prises en compte que les inscriptions accompagnées du paiement de 25 €. Menu : apéritif, ficelle picarde, carbonnade flamande, fromages dessert, café, vin compris. La salle du banquet se situe 168 avenue Jean Jaurès à Chauny.

Ne tardez pas, le nombre de places est limité. Pour tout renseignement : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

La parole à l'admd

           
   

Interview de M. Hubert Sapin,

président de l’ADMD

(Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité)

 
 
 
 
 
   

L’An II : - Hubert Sapin, vous êtes président de l'ADMD du Rhône. Tout d'abord, je souhaite que vous vous présentiez à nos lecteurs de l'AN II, le bulletin de la Libre Pensée du Rhône, qui ne vous connaîtraient pas.

 
 

 

 

Hubert Sapin : - Je suis né en mai 1968 et j’ai adhéré à l’ADMD en 1988. J’ai, en effet, eu l’occasion de perdre des proches durant mon enfance et mon adolescence (grands-parents paternels, oncles) et surtout ma mère à 17 ans. J’ai donc réfléchi assez tôt sur ma fin de vie de manière sereine en sachant qu’un jour je pourrai être confronté à la maladie ou au handicap.

L’An II : - Où en est l'ADMD du Rhône ? Quelles sont les actions qu'elle mène régulièrement ?

Hubert Sapin : - La délégation du Rhône de l’ADMD organise une permanence le 1er jeudi du mois de 15 à 17 h 30 au palais du travail de Villeurbanne (9 place Goujon). De même, il y a une réunion annuelle (la prochaine aura lieu le 27 avril) ainsi qu’une distribution de tracts, un pique-nique le 1er samedi de septembre et une manifestation a lieu le 2 novembre (plantation d’un arbre ou lâcher de ballons) lors de la journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité. 

L’An II :  - Vous allez arriver au terme de votre mandat. Quel bilan tirez-vous de cette période de responsabilité ?

Hubert Sapin : - Lorsque j’ai pris la tête de la délégation du Rhône en 1992, il y avait 800 adhérents. Désormais nous sommes 2200. La communication se faisait alors par courrier exclusivement. Désormais, le contact se fait grâce aux SMS, mails et Internet ce qui permet de diffuser rapidement une information. Enfin, il y a de plus en plus de jeunes de 18 à 36 ans qui rejoignent l’ADMD.

L’An II :  - Venons-en à l'actualité : la mission d'information de l'Assemblée nationale vient de déposer son rapport, établi par M. Jean-Louis Touraine. La mission d'information aborde de nombreux points, mais elle a écarté de son champ d'information l'aide médicale à mourir. Comment interpréter, selon vous, ce nouveau report d'une demande approuvée pourtant par une grande majorité des français ?

Hubert Sapin : - Je ne suis pas étonné par la mise à l’écart dans le cadre des lois de bioéthique de l’aide active à mourir. La fin de vie était abordée lors des débats qui ont précédé le rapport de la mission parlementaire mais je crois que cela avait pour but de calmer nos concitoyens en leur laissant espérant une avancée législative.

L’An II : - Restez-vous optimiste pour l'avenir ?

Hubert Sapin : - J’essaye d’être optimiste malgré les appels que je reçois de la part d’adhérents qui n’ont d’autres solutions que d’envisager de s’exiler en Suisse et qui ne peuvent attendre le vote d’une loi. L’espoir repose sur les 156 parlementaires qui soutiennent la proposition de loi déposée par M. TOURAINE.

L’An II : - Une refonte de la loi de 1905 est annoncée, alors que le président a parlé de la "réparation du lien avec l'Église" ? Pensez-vous que loi de 1905 soit menacée? Etes-vous d'accord avec le mot d'ordre : "Ne touchez pas à la loi de 1905 » ?

Hubert Sapin : - L’ADMD a inscrit dans l’article 1 de ses statuts qu’elle est une association Laïque. J’avoue ne pas comprendre pourquoi la loi de 1905 est remise en cause.

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libres propos, libres pensées

 

Le cardinal "à la Triste Figure" et la fin du pouvoir judiciaire ecclésiastique

"C’ÉTAIT MIEUX AVANT", au bon vieux temps, quand le Clergé catholique dispensait la justice dans ses tribunaux ecclésiastiques des Officialités, appuyés sur l’Inquisition ou Saint-Office au Vatican.

       
 
 
 
   

Le procès en Correctionnelle fait au cardinal Barbarin pour non-dénonciation des crimes de pédophilie d’un de ses prêtres a établi la vérité :

au lieu de s’adresser au Procureur de la République et dénoncer des actes pédophiles connus depuis longtemps à l’archevêché, le cardinal a rusé, attendant la prescription des faits, les dissimulant à la justice, bref, a réagi en homme d’Église, s’en remettant au droit canon.

Il ne voulait pas parler à l’audience mais la présidente l’a emporté :

 
 

 

"J'ai alerté Rome […]. Rome a répondu qu'il fallait retirer sa charge pastorale à Bernard Preynat. […].

Seul le pape a le droit d'exclure quelqu'un de son état clérical », a expliqué le cardinal Barbarin"

Il "a alerté Rome". Ainsi, c’est l’Officialité et la Curie romaine qui auraient le droit de juger les crimes d’un prêtre, en application du droit canon. Le cardinal ne s’est surtout pas adressé au tribunal de la République, pour ne pas risquer, c’est son mot, "un scandale public". C’est réussi !

On ignore ce que décidera le tribunal, la procureure n’ayant, à l’étonnement de beaucoup, requis aucune peine, mais ce procès a eu, entre autres mérites, celui de renforcer l’arrêt de jurisprudence de la Cour de Cassation du 17 décembre 2002 :

En 2001, une perquisition, dans les locaux de l’Officialité du diocèse de Lyon, le 6 août 2001, ce qui était une première judiciaire, avait permis de s’emparer des dossiers, de "l’enquête canonique" dans une affaire de viol imputé à un prêtre. Le prédécesseur du cardinal Barbarin, le cardinal Billé, outré, avait attaqué en justice au nom du secret pastoral, privilège clérical, dans une enquête uniquement destinée à la hiérarchie ecclésiastique et fini par perdre en Cassation : le droit canon, les tribunaux des Officialités, n’ont plus aucun privilège ni droit pour rendre la justice ou l’entraver dans notre pays.

La puissance de la justice ecclésiastique, Etienne Dolet l’avait subie, quand l’Officialité de Lyon en octobre 1542, l’avait condamné à mort. Il avait pu faire "appel comme d’abus", auprès du roi - la justice civile royale commençait à disputer sa puissance judiciaire à l’Église – mais la haine cléricale de l’Inquisition restait bien vivante et le poursuivit jusqu’au bûcher.

Vive la République laïque ! Amis de Dolet, la bataille se poursuit : Macron veut s’attaquer à la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905 !

 

PS : un extrait d’une lettre de la Curie romaine - Congregatio Pro Clericis - datée du 8 septembre 2001 (publiée dans la revue GOLIAS) adressée à Pierre Pican, évêque de Bayeux ; elle s’applique à Philippe Barbarin.

 

"Je vous félicite de n’avoir pas dénoncé un prêtre à l’administration civile […] En effet la relation entre les prêtres et leur évêque n’est pas professionnelle, c’est une relation sacramentelle qui crée des liens très spéciaux de paternité spirituelle."

Prêtres et Hôtesses de l'Air, même combat ?

"L'article 12 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme dispose qu'à partir de l'âge nubile, l'homme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille."

Dans les années 60, il existait une clause de célibat dans les contrats d'hôtesses de l'air, parce que leur employeur estimait qu'il serait plus difficile pour une hôtesse de l'air mariée et de surcroît mère, "d'être totalement disponible pour exercer sa profession". Jusqu'au jour où… une hôtesse s'est rebellée, s'est mariée et a porté plainte. Et a gagné. Une héroïne !

Dans un arrêt du 30 avril 1963, la Cour d'Appel de Paris a jugé de la nullité des clauses de célibat dans tous les contrats de travail, hôtesses de l'air ou autres, et en l'occurrence ceux d'Air France.

Par la suite, le Conseil constitutionnel a reconnu la constitutionnalité de la totale liberté matrimoniale (celle de se marier ou de ne pas se marier, sans y être soumis(e) par une contrainte). C'est assez clair ?

Ceci réglait donc définitivement le problème des clauses professionnelles indues imposant le célibat.

Le cas de l'Église catholique est encore bien pire, puisque si les hôtesses de l'air devaient par contrat renoncer à se marier ou avoir des enfants pour des raisons "pratiques" (pour leur employeur !) ce qui les conduisait à l'obligation de démissionner, il ne leur était point demandé de rester chastes. En plus !

Car dans tous les débats sur le célibat des prêtres et religieuses, une question n'est jamais posée : est-il légal d'exiger par statut le célibat ET la chasteté ?

Dans un acte à titre professionnel, (car les prêtres sont bien des employés de l'Église, rémunérés pour leur fonction) la loi refuse d'admettre ces clauses.

En cas contraire, ces contrats sont nuls en droit.

Les prêtres ont donc légalement le droit de se marier sans être professionnellement punis pour cela.

Comment se fait-il donc que ce qui a été jugé totalement illégal et même inconstitutionnel pour ce qui concerne les hôtesses de l'air et toutes les autres professions ne le soit toujours pas pour les religieux(ses) de la confession catholique ?

Parce qu'une fois de plus cette religion se place elle-même au-dessus du vote des lois républicaines séculières et se protège à l'intérieur par sa propre "justice" et est protégée à l'extérieur par une omerta généralisée (mais n'est-ce pas là un mot italien ?).

Rappelons les mots fameux de Sarkozy, le célèbre chanoine du Latran (20 décembre 2007) : “Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé […] parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance", entre autres stupidités lénifiantes.

Or c'est bien cette omerta généralisée, et même au plus haut niveau de l'État comme on le voit, qui est responsable des honteuses pratiques actuellement et heureusement dénoncées dans le monde entier (cf. le film "Grâce à Dieu", par ex.).

Il tombe sous le sens de quiconque doté d'un minimum de raison, que les affaires sexuelles dans l'Église catholique sont reliées à la promesse d'abstinence (la tant vantée "radicalité du sacrifice") imposée statutairement à des hommes et des femmes faits de chair et de sang comme tout un chacun, donc soumis à des besoins et pulsions sexuels que la nature (donc Dieu ?) impose à tous les êtres vivants, y compris aux sermonnaires de l'Église catholique.

Vouloir exiger la chasteté d'un être humain est comme vouloir l'empêcher de dormir ou manger : certains pourront (peut-être) résister, d'autres non.

Comment alors ne pas comprendre qu'une relation sexuelle étant l'affaire du contexte social ambiant et d'opportunité, les religieux catholiques de tous poils en sont donc réduits à leur environnement le plus proche, c'est-à-dire leur paroisse ou bien pire aux enfants qui leur sont confiés à des fins "éducatives" (et dans confier, il y a bien la notion de confiance ?).

Si les prêtres fautifs sont juridiquement les seuls responsables des délits sexuels qu'ils commettent en contravention avec la loi et avec leur promesse (bien oubliée) de chasteté, c'est toutefois bien leur Église (leur employeur) qui leur impose par statut la situation de grande misère sexuelle et de frustration permanente dans laquelle ils se trouvent.

Or c'est bien pour des raisons "pratiques", (hypocritement camouflées en "théologie") pour l'employeur, ici l'Église catholique, (comme dans le cas des hôtesses de l'air !), que le célibat fut imposé après des siècles (et des siècles) de mariage de ses prêtres, (presque toutes les autres branches du christianisme n'ont pas renoncé au mariage de leurs prêtres) : un homme seul est bien plus malléable qu'un couple soudé, il sera bien plus facilement corvéable, déplaçable, il aura besoin de bien moins de moyens d'existence que s'il a un ménage avec les nombreux enfants voulus par Dieu à élever, il ne désirera pas divorcer, son héritage familial, s'il en a un, reviendra à l'Église, etc. Du pain bénit !

Mais c'était compter sans la nature humaine, cette très imparfaite création de Dieu...            RJ

 

AN II janvier 2019

Numéro 172

De Frimaire à Nivôse de l'An 227

Novembre-Décembre 2018

 

L’année 2018 s’est terminée dans une crise sociale que personne n’avait prévue, du moins sous la forme qu’elle a prise du soulèvement des « gilets jaunes ». Un soulèvement de « petites gens » sans engagement politique, sans autre motivation que l’angoisse de ne pas pouvoir terminer la fin du mois, celle de l’endettement et des privations sans espoir.

 

« Grand débat national »

Nul n’avait pressenti la forme que prendrait la révolte populaire, nul n’en connaît les prolongements futurs. Le but de cet éditorial n’est pas d’en sonder les ressorts politiques, mais de s’interroger sur un dévoiement possible qu’on devine de la part des tenants de l’ordre social et institutionnel. Un « grand débat national » est annoncé. Il aura lieu jusqu’à la mi-mars et portera sur quatre thèmes : transition écologique, fiscalité, organisation de l’État, et démocratie et citoyenneté (dont l’immigration). Il fait incontestablement écho à la soif de démocratie que ressentent des millions de nos concitoyens frustrés par le fonctionnement du jeu politique depuis des décennies de Ve République, mais il est surtout une réponse de non-recevoir aux doléances populaires. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les « réseaux sociaux » pour voir quel scepticisme déjà il suscite. Du reste personne n’y croit, à commencer par … Chantal Jouanno elle-même qui a fait part de ses doutes au gouvernement.

 

À double tranchant

Cela ne signifie pas, bien entendu, que les plus graves problèmes politiques ne vont pas s’inviter à ce qui tiendra lieu de consultation.

Rien de plus dangereux que de laisser s’ouvrir les cahiers de doléances ! En 1789, Louis XVI l’a appris à ses dépens, en prenant la décision de convoquer les États-Généraux pour apaiser les tensions croissantes que la France connaissait.

Mais ceci est (peut-être ?) une autre histoire.

« Des débats seront organisés dans chaque ville ou chaque quartier, explique le gouvernement. »

En parallèle, il faudrait que dans chaque région se tienne une assemblée délibérante de citoyens.

Y siégeront des citoyens tirés au sort et des acteurs de la société civile, qui rassembleront les

propositions et les voteront. Celles-ci seront à leur tour rassemblées dans un « rapport général avec constat, vision de la société exprimée et propositions ». Mais bien sûr, « une fois les conclusions remontées au niveau national, l’exécutif choisira ce qu’il retiendra ou non. »

Et cahin-caha, se maintiendra comme ça jusqu’aux élections européennes. Peu de chance que le pouvoir des institutions financières internationales soit remis en cause. Et pas davantage qu’on trouve l’homme providentiel, le « sauveur suprême » quand c’est tout un système qui est failli.

 

Le choc des classes

Or les revendications des gilets jaunes portaient depuis l’origine sur le pouvoir d’achat. Quand une mère de famille isolée ne peut plus subvenir aux dépenses minimales incompressibles, tremble au moindre recommandé expédié par la Poste, culpabilise pour avoir offert un paquet de bonbons à ses enfants et s’enfonce chaque mois davantage dans l’endettement sans perspective d’en sortir, cela ne relève plus du débat. Cela n’est pas une idée, c’est un fait. À tel point que cette angoisse s’étend à des millions de salariés, de chômeurs, de précaires qui souffrent en plus du démantèlement des services publics, et qu’elle est également comprise par les trois quarts de la population française déclarant sympathiser avec la révolte sociale. 

 

Et la loi de 1905 dans tout ça ?

La perspective de révision de la loi de 1905 semble avoir été oubliée avec les événements survenus depuis la fin novembre, d’autant que l’idée de revenir sur la Séparation des Églises et de l’État était à cent mille lieues des revendications exprimées dans la rue et sur les ronds-points.

Pour autant le projet de révision de la loi de 1905 n’est pas abandonné pour autant, pas davantage que la réforme des retraites ni celle de l’État.

On devine que l’offensive de re-cléricalisation pourrait s’adosser (frauduleusement) au « grand débat national » - intégrant l’immigration- pour dénaturer la loi de 1905 au nom de la « lutte contre l’extrémisme ». On a assez vu dans le passé comment une large consultation pouvait amener des résultats aberrants, mettant sur un même plan toutes les contributions en les orientant sur des réponses définies à l’avance.

Ce fut le cas avec la « refondation de l’École » qui a conduit à mettre en place la réforme des rythmes scolaires, puis celles du collège et du lycée … avec le succès que l’on sait ! De même on n’est plus étonné de voir comment une consultation de tous les partenaires sur les régimes de retraite aboutit à prôner l’individualisation des droits.

 

Au nom de la laïcité

Les questions sécuritaires et l’état d’urgence, « économique » ou autre, autoriseraient une première entorse autour du culte du musulman, après quoi s’appliquerait la logique concordataire. Toujours au nom de la laïcité, bien entendu.

Car l’État, dans sa forme actuelle, rêve toujours d’encadrer les cultes pour leur faire jouer le rôle de régulateurs sociaux que n’ont pas pu jouer, dans la crise des « gilets jaunes », les « corps intermédiaires » que sont classiquement les syndicats, les associations, les élus locaux et d’autres formes de représentation constituées comme interfaces entre l’État et le citoyen.

C’est le cas en France, et la loi de 1905 le garantit, mais il suffit de tourner le regard vers d’autres pays d’Europe pour voir qu’il n’en va pas de même partout : en Grèce c’est l’Église orthodoxe qui assure de fait le service social.

Un rêve de M. Emmanuel Macron ?

Peut-être, à ceci près que celui-ci est catholique …et que nous sommes toujours en France !    PG

10 décembre 2018 :la délégation reçue à la préfecture du Rhône


La délégation a été reçue par Mme Caroline GADOU, directrice de Cabinet du Préfet du Rhône. Elle était constituée de: MM P. Girod, Pdt LP du Rhône, Jacques Gelly, membre du bureau de la FOL du Rhône “au titre de la    Ligue de l’Enseignement et de la FOL du Rhône“, Eric Pommet, pdt du Cercle E. Herriot, Pierre Triollier, représentant de l’association “Le Poing Commun“, Xavier Hyvert, membre du bureau LP du Rhône. En voici quelques points saillants, forcément incomplets puisque l’entrevue a duré une heure vingt :

Pdt LP 69 : Nous vous remercions pour l’organisation de cette rencontre, dans un contexte que nous savons difficile pour vos services. (…) Nous sommes inquiets en apprenant que les piliers sur lesquels repose la loi de 1905 pourraient être ébranlés : non-reconnaissance des cultes, non-financement des cultes. Si c’était le cas, la loi ne serait pas amendée mais dénaturée.

Mme la DIR. CAB.: « A ce stade nous ne sommes saisis d’aucun texte précis. Je ne pourrais vous donner d’indication que sur l’ambiance générale. Je ferai remonter ce que vous allez déclarer. Il existe une réflexion en cours au niveau des administrations centrales et particulièrement du Ministère de l’Intérieur.

Représentant L.E. : C’est tout ce que vous demandions: nous recevoir et faire remonter.

Mme la DIR. CAB.  : « A ce stade nous ne sommes saisis d’aucun texte précis. Je ne pourrais vous donner d’indication que sur l’ambiance générale. Je vais faire remonter ce que vous allez déclarer. Il existe une réflexion en cours au niveau des administrations centrales et particulièrement du Ministère de l’Intérieur. Je vous parlerai du contexte.

Représentant L.E. : Dès avant 1905, la Ligue de l’enseignement s’est résolument engagée pour la séparation des Églises et de l’État. Depuis l’adoption de la loi, nous nous sommes constamment mobilisés pour la défense de la liberté de conscience qu’elle assure. Cette liberté est fondamentale. Elle assure à chacune et à chacun le droit de se référer à la conviction philosophique ou à la religion de son choix. (…) Cette loi de 1905 a fait école dans le monde entier. Ses principes sont gravés dans ses deux 1ers articles : Art.1 « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. » Art.2 « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. » (…) Au travers d’allusions, de discours ressemblant à des ballons d’essai, d’échos dans la presse, et maintenant d’annonce d’un texte en cours de rédaction, il apparaît que les principes posés dans la loi pourraient, à nouveau, être remis en questions.

Quelques vérités face à ces annonces imprécises : s’il s’agit de mieux encadrer des dérives intégristes mettant en cause les valeurs de la République, le titre V de la loi, intitulé « Police des cultes » fournit l’arsenal juridique suffisant. S’il s’agit de financer les cultes de quelque manière que ce soit, on entre alors dans une procédure concordataire que la loi de 1905 avait précisément pour but d’abolir. Il s’agirait alors d’un reniement majeur qui conduirait à reconnaître de fait des religions en les finançant et à contredire ainsi le principe de neutralité de l’État.

Notre position ne consiste pas seulement à rappeler ces principes, y compris dans leurs modalités concrètes d’application. Elle consiste à demander l’application effective de la loi dans toutes ses dimensions.

DIR. CAB.: Lorsque la loi a été votée, la situation était différente : pas autant de musulmans. L’outillage juridique donné par la loi de 1905 n’est plus adapté à la situation Il existe des demandes d’étendre le Concordat. Mais le gouvernement a toujours fermé la porte.

Cette réflexion sur faut-il modifier ou nom la loi de 1905 s’explique par la difficulté importante de réguler le culte musulman. Il n’est pas structuré comme les autres religions vis à vis de l’Etat et vis à vis d’eux-mêmes. Il faut donc donner un cadre.

Question à résoudre : faut-il renforcer le CFCM (qui n’a pas répondu aux attentes - système électoral bizarre) ou le remplacer ? Autre question : comment assurer la présence en France d’imams qui maîtrisent la langue française, soient imprégnés de la culture française alors que nous avons souvent affaire fonctionnaires d‘ Etats étrangers ? De plus, il y a un foisonnement d’associations.

Il existe des mouvements très radicaux à certains endroits. Nous cherchons les bons leviers. Il existe un avant-projet de loi que je n’ai pas. Le but c’est de trouver des solutions pragmatiques.

Représentant L.E. : (…) Le gouvernement a ignoré les corps intermédiaires. On en voit aujourd’hui le résultat. Il se retrouve face à la masse. Nous sommes parmi ces corps.

Pdt LP : Ce qui nous inquiète, c’est que des dispositions soient prises contre UNE religion, alors que des atteintes graves sont commises par nos élus au compte d’une autre religion, la religion catholique (pour mémoire : Vœu des Echevins, crèche chrétienne à l’Hôtel de Région, élus au Vatican, financement des lycées privés). Il faudrait d’abord que nos élus  respectent la loi.

DIR. CAB. : La liberté de conscience est à défendre partout et toujours. Mais on n’a pas tous les instruments pour lutter. La loi. / Les élus quand ils vont aux cérémonies religieuses, c’est parce qu’ils sont invités par les autorités religieuse. Et toutes les religions sont traitées à égalité.

Représentant L.E. : Intervient par rapport à la rencontre aux Bernardins et relit l’article 35 titre V de la loi de 1905 sur la police des cultes pour insister sur le fait que tous les moyens sont présents et qu’il n’y a nul besoin d’en rajouter ou de modifier la loi.

DIR. CAB.: Le problème n’est pas si simple. L’article que vous citez ne concerne que les ministres du culte. Or il existe toutes sortes de gens qui tiennent des discours islamistes sans qu’il soit possible de les identifier comme des représentants de la religion.  La loi sanctionne les responsables religieux mais pas les associations. Il existe des Imams autoproclamés. (…) Nous sommes face à une augmentation de la religiosité qui pose des problèmes nouveaux. L’organisation du CFCM n’a pas donné de résultats satisfaisants. Mais il est certain que le problème doit être traité sérieusement et qu’entre l’encadrement des religions et le respect des principes de la loi, « il y a un équilibre à trouver » et donc un risque.

Pdt LP : si l’on crée un statut particulier pour le culte musulman et hors des religions reconnues en Alsace, quid des Témoins de Jéhovah, des scientologues, des évangélistes et autres ? On ne peut que multiplier les problèmes. 

DIR. CAB.: Le président veut pousser le culte musulman à s’organiser. On n’attend pas un document. Il faut peut-être voir les députés. Il existe un groupe de travail au sein des députés de « LREM ». Peut-être Mme BRUGNERA dans le Rhône. Intervention probable du pdt sur cette question au début de l’année prochaine. Mais pas de consultation prévue sur le sujet pour le moment.

Un dossier complet est remis à Mme la directrice de cabinet. Celle-ci remercie la délégation pour l’intérêt de cet échange, dont elle ne manquera pas de faire état.

Notre commentaire:  la discussion a été riche, elle a porté largement sur les questions liées au culte musulman. Cependant  à aucun moment il n’a été répondu sur les nouveaux modes de financement, dispositions fiscales, etc.) Faut-il y voir un signe sur un aspect du projet beaucoup plus difficile à faire passer? Dans tous les cas, la mobilisation continue.


De la laïcité en entreprise à la sauce lyonnaise 


Alain Mérieux et le financement de l’Université Catholique de Lyon

En 2011, la faculté alias université catholique de Lyon devait réunir 65 millions d’euros pour bâtir son campus sur l’ancienne prison Saint-Paul. Elle avait été préférée au groupe Partouche  qui souhaitait y implanter son casino « Pharaon ». Mais c’est la catho qui a pu toucher le pactole, dans un secteur identifié pour son attractivité au cœur des enjeux urbains de Lyon : le nouveau quartier Confluences.

La construction du futur campus de 35 000 m² devait commencer à la rentrée 2012 pour accueillir, à la rentrée 2015,  les pôles droit, sciences économiques et sociales, sciences, la bibliothèque universitaire, le département de formation continue de CPE Lyon et l’Observatoire social de Lyon. Il restait à réunir les fonds nécessaires.
La vente des actuels locaux de la « catho », rue du plat, permettait d’en réunir une partie.  C’est à la Sofade, entreprise immobilière propriété du groupe   Dentressangle que la catho a vendu les locaux …et racheté le terrain de la maison d’arrêt.  N. Dentressangle fait partie du réseau des grands  patrons catholiques de la ville.  Le nouveau recteur de la Catho comptait aussi sur l’aide du conseil régional Rhône-Alpes et du conseil général. Ses vœux seront exaucés. Enfin le mécénat privé permet de boucler le budget. Alain Mérieux, président des laboratoires Mérieux, aide alors la faculté catholique de Lyon de façon spectaculaire. Il déclare alors : « J’essaie d’aider l’Université catholique de Lyon à trouver des financements pour son futur campus. D’abord, leur Ecole supérieure de biologie, biochimie et biotechnologie a formé la plupart des techniciens de laboratoire travaillant chez bioMérieux et leurs diplômés trouvent tous des débouchés. Ensuite, c’est aussi ma religion. »

Un supplément du journal Le Progrès du 18 décembre 2018 intitulé « Les secrets du business catholique » revient sur les raisons pour lesquelles les réseaux chrétiens »sont si puissants à Lyon ». Alain Mérieux y est décrit comme le seul Lyonnais capable de collecter 10 millions d’euros auprès d’entreprises pour boucler le financement du déménagement de la faculté catholique. Parmi les autres grands patrons, sont cités Erik Roux de Bézieu (dirigeant de l’agence Syntagme), Thierry de la Tour d’Artaise (patron de SEB), Norbert Dentressangle ; et tous anciens élèves des Maristes : Jean-Christophe Aguettant (Céanothe), Brice Robert, Jérôme Bocuse ou Olivier Ginon (PDG du groupe GL Events). Un autre mouvement, celui des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC), compteraient quelque 200 membres.

Comme le confiait un prêtre du diocèse : « Il n’y a pas de souci du tout à se faire pour les finances de l’église de Lyon. Il faut reconnaître au cardinal Barbarin un grand mérite : il est très fort pour aller chercher des donateurs et l’industriel Alain Mérieux est toujours là pour le soutenir. »

Question : à l’heure où d’aucuns veulent promouvoir des « chartes de la laïcité en entreprise » opposées aux droits et libertés des salariés, que penser de ces chefs d’entreprises qui disposent des fonds de leurs sociétés en fonction de leurs convictions

Les Vœux de la Libre Pensée

2019 : Bonne Année laïque !

1959 : Vote de la Loi Debré 2019 : Plus de 12 milliards d’Euros de fonds publics détournés vers l’enseignement privé

 

Libres propos, libres pensées

Un regard inédit et éclairant sur la Guerre de 14-18

Dans son livre "La Grande Guerre des Classes", l'historien belgo-canadien Jacques Pauwels donne un éclairage inédit sur les vraies causes de la guerre de 14-18, à contre-courant de la thèse selon laquelle la guerre aurait éclaté soudain, par hasard, un beau jour d'été, déclenchée par l'assassinat à Sarajevo de l'archiduc François-Ferdinand, l'héritier de l'empire austro-hongrois : comme par un fatal malentendu tragique, l'engrenage infernal des traités d'alliances aurait entraîné les nations européennes, puis le reste du monde dans cette effroyable et très imprévisible boucherie de millions d'hommes jeunes.

Il en fait remonter en réalité les vraies racines à la Révolution française et la succession ultérieure de guerres, contre-révolutions, révolutions et révoltes sociales qui ont profondément marqué l'Europe, la monstrueuse guerre de 14-18 n'étant que le bouquet final et tardif du XIXème siècle. Il met surtout en cause les concurrences féroces des impérialismes pour s'approprier le monde et ses ressources et parallèlement leurs craintes (fondées) de nouvelles révolutions ou de fortes revendications des peuples assoiffés de justice sociale et de démocratie, la guerre (comme entité) devant servir de contre-feu.

 

Exemple : pourquoi l'entrée en guerre de la GB ?

Au tournant du XXème siècle une énergie nouvelle émergeait : le pétrole. Et l'immense flotte britannique qui contrôlait toutes les mers du globe fonctionnait au charbon, dont le Royaume Uni ne manquait pas : l'expression anglaise "to carry coals to Newcastle" (transporter du charbon à Newcastle) équivaut à "amener du sable au Sahara". Mais de pétrole, encore point. Pour moderniser la flotte, il fallait avoir recours à des sources extérieures, la plus disponible étant les USA, en plein boom pétrolier.

Mais l'amitié avec ce pays n'était que de façade : c'est une ancienne colonie britannique émancipée par une très longue et dure guerre (1775-1783) qui profita traîtreusement des guerres napoléoniennes pour envahir le Canada anglophone en vue de s'en emparer, guerre (1812-1815) qui se termina par le traité de Gand qui officialisait le statu quo ante.

Mais, surtout, c'était un challenger, un concurrent sérieux et en expansion trop rapide de la domination économique mondiale de l'Empire britannique.

Il y en avait bien aussi en Perse (Iran) mais il fallait le partager avec la Russie tsariste. Restait la riche Mésopotamie (l'actuel Irak) dans l'empire ottoman.

Celui-ci, en totale déliquescence se laissait dépouiller de territoires sans même réagir mais là, le pétrole était préempté par son bon allié l'Allemagne qui d'ailleurs construisait pour cela un chemin de fer devant aller de Bagdad à Berlin par la Serbie.

Car l'Allemagne aussi avait l'ambition de détrôner le Royaume-Uni comme impératrice des mers : elle construisait à grands pas une flotte ultramoderne au pétrole. Le seul frein possible était donc la guerre pour la couper de la Mésopotamie et se l'annexer.

 

Mais comment annoncer aux britanniques qu'il fallait faire la guerre à l'Allemagne ? Après la dynastie des Stuart (1371-1714), la monarchie devient allemande : la dynastie des Hanovre (1714-1901), renommée Saxe-Cobourg-Gotha en 1901 fut rebaptisée Windsor en 1917 à cause de la guerre. Guillaume II était le cousin germain du roi George V et le petit-fils de la reine Victoria, fille de la princesse Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld, son mari était le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, la famille Mountbatten sont leurs cousins les von Battenberg au nom anglicisé suite à la guerre, etc...

Autrement dit, malgré une "Entente cordiale" affectée (1904), les britanniques étaient avant 1914 nettement plus germanophiles qu'amis de la France, l'ancestrale rivale, l'ennemie jurée de l'Angleterre.

 

Mais l'ambition démesurée du Kaiser, le cher "cousin germain" Guillaume II ne pouvait plus être ignorée : il fallait bien se rapprocher de ces maudits français qui, justement, se cherchaient des alliés contre une Allemagne à nouveau menaçante.

Nécessité fait loi et il est bien connu que les États n'ont pas d'amis, rien que des intérêts. Donc, OK pour aider les français à contrôler la Manche et les côtes atlantiques et leur envoyer quelques troupes.

Après que l'Allemagne eût attaqué la France, on comptait sur celle-ci et son alliée la Russie pour lui régler rapidement son compte. Mais la France comptait aussi sur les britanniques pour tenir leurs engagements.

Mais, toujours, comment faire voter le parlement britannique en faveur d'une guerre à l'Allemagne ? Et alliés avec la France ! Le public et la presse n'y était pas prêts… du tout. Et là, divine surprise : les allemands eurent la mauvaise idée de piétiner la petite Belgique neutre pour envahir la France, neutralité garantie par le traité de Londres (1839).

Le prétexte inespéré était là, tout trouvé !

À peine la guerre votée, leurs troupes venues d'Inde et d'Égypte étaient déjà au Levant, leur front le plus crucial. Les rebellions arabes contre les ottomans (1916-1918) furent coordonnées par le fameux "archéologue" T.E. Lawrence "d'Arabie" avec promesses d'États arabes "libres".

Mais des promesses faites aussi aux sionistes... (déclaration Balfour, 1917). Et par les accords secrets Sykes-Picot de 1916, ils promirent les bas-morceaux du Moyen-Orient aux français (Syrie-Liban) pour en garder le précieux pétrole de l'Irak, du Koweït et d'Arabie. Well done !                          RJ