2025 03 LE COUT D UN MISSILE
Modestes propositions pour faire des économies
Et exporter la mort
Quelle connerie la paix !
(un poète anonyme)
Nous traversons une grave crise financière, comme on nous l’explique chaque jour. Et avec la guerre en Ukraine, nous sommes loin d’avoir levé les fonds nécessaires. C'est pourquoi nous devons réfléchir à des sources d'économie innovantes. Or, c'est un grand problème dans ce pays, les enfants scolarisés dans notre système d'éducation coûtent trop cher, même si on les aime bien. Tout cet argent gaspillé, quel crève-cœur !
Songez que la dépense annuelle par élève ou apprenti dans les premiers ou 2nd degrés est de 9300 €. Un élève de moins et cela permettrait presque de financer l'achat d'un missile antichar Malyutka (10024€). Pour un élève de lycée (11 940 €) on arriverait presque à se payer un missile Konkurs (13 000 $). Ce serait même tout à fait possible en faisant disparaître un élève de lycée professionnel (13 760€).
Bien sûr, nous sommes loin du coût d'un missile sol-air à très courte portée mistral 8 qui est un produit français dont nous sommes fiers, et dont le coût unitaire est de 41000€ pour le poste de tir portable et de 160 900€ pour la munition. Avec ces tarifs, c'est presque une classe entière qu'il faudrait faire disparaître. Mais l’enjeu en vaut la chandelle.
Certes, il est une autre source d'économie possible : c'est de toucher aux postes d'enseignants. Quand on songe que chaque année le coût d'un stagiaire à temps plein est de 13308 € dans le primaire comme dans le secondaire, on imagine le montant de l’économie à réaliser. Un professeur des écoles ou un certifié en fin de carrière nous coûte 30 056 €. Ce n'est pas négligeable. Et si on parle des agrégés, alors là bingo ! Le traitement d'un stagiaire annuel est de 26 868 € et au 11e échelon : 49 320 € pour l'année. Huit postes comme ça en moins et on peut s‘offrir un missile air-air à courte portée AIM-9X block II "Sidewinder" (409 300 €).
Un tel missile détecte ses cibles par la chaleur. Il est particulièrement efficace en combat air-air rapproché, et peut être embarqué sur de nombreux appareils, dont des hélicoptères. Pourquoi se priver ?
Ces solutions paraissent si évidentes qu'on s'étonne que personne ne les ait proposées.
Quoique… P.G.
2025 03 LE DRAPEAU ROUGE A LYON
LE DRAPEAU ROUGE A LYON
Les Lyonnais savent peu que le drapeau rouge a flotté durant six mois pleins sur l’Hôtel de Ville, du 4 septembre 1870 au 3 mars 1871, sans compter un épisode plus tardif, de moins de 48 heures, au moment de l’insurrection parisienne. Moins encore que drapeau flottait dans les localités circonvoisines. Rien à ce jour ne rappelle ces événements. Et pourtant le drapeau rouge … flottait partout.
Depuis la fin du XIXe siècle, ce drapeau a cristallisé l’essentiel des luttes politiques.
En 1871, le drapeau tricolore est devenu l’emblème des versaillais, alors que le rouge devenait clairement celui de la révolution sociale. Puis il s’est affirmé comme celui du socialisme international. Il l’est toujours, et l’on chante toujours Le Drapeau rouge de Paul Brousse (« Regardez, regardez, le voilà… »). Il fut brandi au Congrès général des organisations socialistes françaises, le 3 décembre 1899, salle Japy, quand fut chantée pour la première fois L’Internationale.
Ce n’est pas par amour de l’émeute et des étendards, écrit Jean-Baptiste Clément, que j’arbore ici le drapeau rouge des revendications sociales qui flotta victorieux pendant plus de deux mois à l’Hôtel de Ville de Paris en 1871, après avoir été mitraillé en juin 1848 par les bourgeois multicolores. Loin de disparaître, il se redresse plus écarlate que jamais après chaque étape de nos luttes sociales […] Il plane victorieux, non seulement sur Paris, mais sur le monde entier, car on le voit de partout. Les bourgeois lui ont signé sa feuille de route par les massacres de juin 1848 ; aujourd’hui il est en train de faire son tour du monde.
Le drapeau rouge fut déployé sur les barricades de 1848 et sous la Commune de 1871.
Depuis longtemps le pavillon rouge avait été brandi lors de manifestations ouvrières. Sa première utilisation est attestée en 1768 lors de la grève des ouvriers du port de Londres. Le rouge est la couleur du sang, qui coulait à l'exécution d'une « peine afflictive » sur les navires, en punition d'un fait grave. Les prolétaires ont adopté ce symbole.
Mais il y eut autre chose : lors de la Révolution française, par la loi du 21 octobre 1789, le drapeau rouge était déployé par la troupe comme ultimatum avant une intervention imminente. Après quoi on ouvrait le feu sur les manifestants. C’est ainsi qu’il fut déployé au Champ-de-Mars, lors de la fusillade du 17 juillet 1791,
C’est après la Commune de Paris de 1871 que le drapeau rouge est devenu le symbole de la révolution socialiste et de l’internationalisme ouvrier, alors que le drapeau bleu-blanc-rouge représentait la répression bourgeoise. Il était devenu le drapeau des socialistes pendant la révolution de 1848, au cours de laquelle il fut proposé comme emblème de la République. Une tentative eut lieu pour l’imposer, avec quelque chance de succès dans un premier temps, lorsque la foule envahit l'Hôtel de Ville en criant : « le drapeau rouge ! ». C’est alors que Lamartine se fraya un passage, harangua la foule et permit au drapeau tricolore d’être adopté. Il faut souligner que pour les révolutionnaires, le drapeau rouge n'était nullement un insigne de terrorisme et de vengeance, mais l’emblème de l’unité d’une société nouvelle. Il n'était pas le drapeau du sang, mais celui de l'utopie.
Oscar Testut rapporte qu’en 1866, lors du congrès de Genève, en tête de la colonne des délégués se rendant à la salle du congrès était porté un drapeau rouge ou était inscrite la devise de l'association internationale : « Pas de droit sans devoir ». Et lors du meeting parisien du 24 février 1868, le drapeau rouge était présenté comme « symbole de la révolution prochaine ». On vit alors s'avancer une députation de la société ouvrière allemande portant un drapeau rouge qu'elle plaça près de la tribune au milieu des cris de « Vive la République démocratique et sociale ! » Testut, historien malveillant de la première Internationale et indic de police, n’aura de cesse de flétrir « cette hideuse loque rouge qui a flotté sur le dôme de l'hôtel de ville pendant plus de 6 mois et que l'on retrouve encore à la mairie de la Guillotière la veille de l'insurrection du 30 avril. »
« Hideuse loque rouge ! » On trouve de tels expressions ordurières chez les principaux témoins. Joannès Guetton, très clérical auteur des « Six mois de drapeau rouge à Lyon » emploie la même expression et d’autres telles que « fanion du crime et de l’insurrection »ou « trophée boueux ». Il est vrai que son drapeau à lui n’est ni tricolore ni rouge, mais « l’étendard de la Croix ». La bourgeoisie a les moyens d’écrire, ce ne sera guère le cas des communards. C’est un problème pour l’histoire de toute la Commune de Lyon : les ouvrages qu’on nous a laissé sont l’œuvre, pour la plupart, d’ennemis déclarés de l’insurrection populaire,
Communes de 1870-1871
Et oui, Communes au pluriel, et dès 1870 !
Le 18 mars 1871, sur la Butte Montmartre, commence la Commune de Paris. Rapidement les Communards décident la promulgation du drapeau rouge comme drapeau officiel, (alors que le drapeau rouge et noir est utilisé par certains anarchistes).
Pourtant c’est l’année précédente, le 4 septembre précisément, que pour la première fois le drapeau rouge est hissé sur un bâtiment officiel. Dès le matin, du balcon de l’Hôtel de Ville, siège de la préfecture et de la commission municipale (imposée, à Lyon comme à Paris, en vertu d’une loi d’exception), la République et la Commune libre sont proclamées d’un même mouvement. Le Comité de salut public déclare : « Les malheurs de la patrie nous dictent notre devoir. Nous décrétons immédiatement l'armement de la Nation, la déchéance de l'Empire et la proclamation de la RÉPUBLIQUE. »
Guetton rapporte les faits ainsi, minimisant sans doute l’affluence populaire :
« L'effervescence augmente. Par la rue Romarin débouche une troupe d'individus portant un petit drapeau rouge. On entend, sur plusieurs points, des cris de : Vive la République ! Un rassemblement d'une centaine de personnes parcourt la rue Impériale (nom de l’actuelle « rue de la Ré »), se dirigeant vers la préfecture et chantant la Marseillaise. Vers dix heures, la foule qui n'a pas cessé de grossir, force l'entrée de l'Hôtel de Ville. Au bout de quelques instants, le tocsin sonne. Un citoyen escalade le beffroi pour détrôner le drapeau tricolore (…) en plaçant une loque rouge à l'un des oeils-de-boeuf du beffroi. Un second citoyen, plus heureux, parvient à descendre le drapeau tricolore, dont on enlève les deux couleurs blanche et bleue pour ne laisser subsister que le morceau rouge, qui apparait enfin et flotte au sommet de la préfecture. Le grand balcon, au-dessus de la porte d'honneur de l'Hôtel de Ville, est envahi par trente ou quarante citoyens qui, tous à la fois, déclarent l'Empire déchu et la République proclamée. Les acclamations de la foule leur répondent. De nombreuses cocardes rouges commencent à fleurir aux boutonnières des habits. »
On lisait dans Le 1er n° de l’Antéchrist, journal libre-penseur, le 15 octobre 1870 : « Des préjugés regrettables, propagés par la malveillance, persistent à présenter le drapeau rouge comme un emblème de désordre et de terreur. (…) Cette opinion est née d'une interprétation inexacte des querelles de nos assemblées de la Révolution, elle a été consacrée par le mot si faux et si applaudi de Lamartine. (…) Le Drapeau Rouge, pendant notre grande Révolution, n'a jamais été que l'insigne de la force militaire déployée soit pour le maintien de l’ordre intérieur, soit pour l'expulsion de l'étranger. (…) Il est pur de toute tache, de toute honte, de tout mélange. »
Le mercredi 28 septembre, vers midi, une immense colonne de milliers d'ouvriers débouchait par la rue Puits-Gaillot, sans armes, portant un drapeau rouge frangé d'or ; Saigne et Cluseret en tête, accompagnés des orateurs de la Rotonde, la grande salle des meetings populaires, aujourd’hui disparue. Ces 6 à 8000 ouvriers venaient demander des augmentations de salaire. C’est ce jour-là, à la faveur de cette mobilisation sociale, que les manifestants réunis derrière Bakounine s’emparaient de l’Hôtel de Ville et proclamaient « l’abolition » de l’État bourgeois, afin de lui substituer un État révolutionnaire, reposant sur une Convention révolutionnaire du Salut de la France constituée des délégués de chaque département. On sait que cette tentative fit long feu et finit en débandade.
Aux yeux du préfet Challemel-Lacour, le drapeau rouge de l'hôtel de ville était « un défi à la République et au bon sens ». Il n’était pas le seul à s’en scandaliser, rejetait la faute sur les internationalistes (lettre à Delescluze du 13 septembre 1870) mais demeurait impuissant. Même Andrieux, partisan de l’ancien drapeau national, le reconnaît : le préfet exagérait l’importance de l’AIT au sein du Comité de Salut Public et dénaturait la signification du drapeau rouge, « symbole de la Commune et de la révolution sociale bien plus que le signe des revendications internationalistes. » Quant au Conseil municipal nouvellement élu au , il s’efforçait déjà d’atténuer la signification du drapeau rouge, faisant afficher le 24 septembre : « Considérant que, le 4 septembre en face de la France envahie, la ville de Lyon a proclamé la Patrie en danger, et en arboré le signe ; considérant que le péril est plus grand que jamais, délibère : Le signal de la patrie en danger restera arboré sur l'hôtel de ville jusqu'à ce que le péril ait cessé. » Par la suite l'argument de la patrie en danger allait permettre de repousser toute objection contre le drapeau de la Commune, nonobstant les tiraillements internes du Conseil.
Peu de jours après l’arrivée à Lyon du nouveau préfet, un garde national menaçait d’abattre quiconque toucherait au drapeau, ajoutant : « C’est notre consigne », signe d’une tension qui ne faiblit pas et du peu d’autorité détenu par le pouvoir central. Andrieux rapporte encore que le 17 novembre le général Bressoles avait fait enlever un drapeau rouge qui décorait le fortin des Mercières, récemment achevé, au chantier national. Il s’ensuivit une grande agitation parmi les ouvriers des chantiers, et le préfet dut intervenir.
La proposition du retrait revint régulièrement en débat au Conseil municipal, appuyée par le nouveau préfet Valentin (nommé le 4 février 71). Mais chaque fois jusqu’au 3 mars, la légitimité du drapeau est confirmée.
Le 14 février, l’ancien révolutionnaire Joseph Benoit demande son retrait, en précisant que le drapeau rouge sera déposé aux archives de la ville. Barodet, futur maire de Lyon, propose que les deux drapeaux, le rouge et le tricolore, flottent de conserve. Il devait plus tard déclarer, lui traditionnel partisan du drapeau rouge, que sa proposition avait été « aiguisée en paratonnerre pour dégager l’électricité populaire et conjurer l’orage. »
Le 18, le Conseil vote pour la quatrième fois le maintien du drapeau rouge ; puis le 23, une cinquième fois.
Enfin, le 3 mars, il est décidé que le drapeau rouge cessera de flotter sur l'Hôtel de Ville. Il y sera resté six mois jour pour jour et sera remplacé par le drapeau tricolore, et pendant trois jours par un drapeau noir en signe de deuil. Au soir, on en lisait l’annonce placardée sur les murs de la ville. La délibération du Conseil municipal, adoptée à l’occasion des préliminaires de paix avec l’armée prussienne, mérite d’être reproduite :
« Le Conseil municipal,
Vu l'acceptation des préliminaires de paix par l'assemblée réunis à Bordeaux ;
Considérant que le sacrifice et l'humiliation qu'il s'agissait d'épargner à la France sont maintenant consommés, et que les patriotiques espérances dont le drapeau rouge était l'emblème se trouvent, par le fait du traité de paix, ajournées à des temps meilleurs ;
Considérant d'ailleurs qu'il est bon de faire disparaître tout ce qui peut être à un titre quelconque une cause de division entre tous ceux qui veulent sincèrement la République ;
Délibère :
ARTICLE PREMIER. - le fier drapeau de la Patrie en danger et de la résistance à outrance ne survivra pas à l'humiliation de la France ; le drapeau rouge de la Commune de Lyon cessera de flotter sur le dôme de l'hôtel de ville à partir du 3 mars 1871.
ART. 2. - Le drapeau noir sera hissé pendant 3 jours au balcon de l'hôtel de ville en signe du deuil de la patrie mutilée. »
On retiendra que les espérances sont « ajournées à des temps meilleurs » et on constatera que la délibération fait silence sur l'installation du drapeau tricolore. Qu’en conclure si ce n'est que, comme l'écrit Andrieux, « pour les exaltés des quartiers révolutionnaires, la destinée de la République semblait liée à la couleur du drapeau » ?
… Mais le drapeau réapparaîtra une dernière fois, pour un peu moins de quarante-huit heures : le 22 mars, alors que quatre jours auparavant l’insurrection parisienne vient d’éclater, un comité de salut public nouvellement élu fait apporter un immense drapeau rouge, qu’on est parvenu à se à se procurer « au prix de mille peines » et on invite les curieux à aller se coucher, pendant que le comité « veille au salut de la France ». Le lendemain le drapeau flotte sur le beffroi de l'Hôtel de Ville et sur le balcon de la place des Terreaux. Mais la tentative des « communeux » tourne court. Le 25 au matin, le drapeau a disparu, par suite de l'arrivée des mobiles de Belfort et l'échec de l'insurrection. Il sera resté moins de 48 heures, remplacé par le drapeau tricolore.
Ce sont des faits divers qui permettent d’imaginer à quel point le drapeau rouge était partout présent pendant toute cette période de la Commune, au fronton des mairies, aux fenêtres, aux balcons ou en tête des innombrables manifestations. L'affaire de Vaugneray, très étonnante, est révélatrice : à la mi-juillet 1871, le curé du village demande à Louis Andrieux de faire procéder à l’enlèvement du drapeau sur le clocher de son église. On apprend, par le récit qu’en fait Andrieux, qu’un juge conservateur avait lui-même acheté l'étoffe et l'en avait distribué à toutes les communes du canton après le 4 septembre, dans l'intérêt de l'ordre et sur toutes les églises ! Mesure d’apaisement opportuniste ou conviction politique assortie d’anticléricalisme ?
Autre
anecdote : le 30 janvier, Challemel-Lacour fut mis en difficulté à la tribune de l’Assemblée nationale pour des propos scandaleux sous la plume d’un préfet (ils ne le seraient plus au temps des Versaillais) : « Fusillez-moi tous ces gens-là ». Il s’agissait d’un bataillon de mobiles envoyés dans le village de Vénissieux où ils s’étaient mal conduits, « ne respectant ni les femmes, ni les poulaillers, ni la République » au témoignage du maire de la commune. Mais on apprend incidemment – et c’est sans doute ce qui a le plus choqué le maire – que les mobiles avaient été envoyés pour enlever le drapeau rouge qui flottait sur la mairie ! C’est donc ce fait-divers qui nous apprend la présence du drapeau dans ce village tranquille, bien différent du Vénissieux d’aujourd’hui, aussi bien qu’à Lyon et probablement dans bien d’autres lieux publics et chez des particuliers.
Le 30 avril 1871, lorsque la commune de Lyon s'acheva dans le sang, c'est encore le drapeau rouge qui flottait sur sur la mairie de la Guillotière.
2024 10 AFFAIRE RIBE ET VITRAUX DE ST MARTIN
Une rencontre a eu lieu le 29 octobre 2024 à 14:30 à l’école de St Martin de Cornas.
Étaient présents : Annick Moulin, Elisabeth Bazin et Luc Gemet représentant le collectif
Solange Fornengo présidente, la trésorière, la secrétaire et 2 adhérents de l’association de sauvegarde du patrimoine de St Martin.
Après une présentation et un historique du collectif et de l’association, nous sommes entrés dans le vif du sujet : les vitraux de RIB : pourquoi voulons-nous qu’ils soient déposés (et aussi détruits mais chaque chose en son temps)
Les échanges ont duré 2h30 et nous pouvons nous targuer de maigres avancées :
- les personnes présentes ne remettaient pas en cause la nécessité d’apporter une réponse et une compensation à ce que nous avons vécu
- cependant la dépose des vitraux n’est pas envisagée.
La raison n’a pas été exposée clairement.
Ce n’est paraît-il pas une question d’argent puisque l’association ne souhaite pas que (comme le diocèse s’y était engagé) la partie financière soit prise en charge par l’église.
Pourtant l’argument avancé par l’association de préservation du patrimoine, c’est que des personnes membres de l’association de préservation du patrimoine ayant versé des sommes importantes pour rénover ces vitraux, leur remplacement n’etait pas envisageable.
Le collectif pense que ce remplacement marquerait un geste fort pour La Défense des victimes de RIB et pour le respect des victimes de pedocriminalité.
Tout comme dans l’affaire abbé Pierre, on change le nom de l’association (abbé Pierre), on change le nom des rues, des places, on efface les portraits,on démonte les statues.
Pas d’honneurs, pas d’hommage pour les pedocriminels, notre combat est légitime !
La présidente a néanmoins concédé à enlever un vitrail sur les 3 de RIB. Ce vitrail serait celui qui représente un enfant nu de dos (agressé sexuellement par RIB).
C’est pour nous insupportable que l’on préfère conserver ces tableaux, ces vitraux.
Mais il faut rester raisonnables, c’est ce que nous suggèrent l’asso du patrimoine et la société française toute entière.
Nous avons donc laissé la balle à l’association du patrimoine qui est dans leur camp désormais. À eux de colporter notre vision et de changer (si elles ils le souhaitent vraiment) les choses.
Tout cela est tellement trop long pour nous…
Nous attendons leur retour pour janvier 2025…
Et je (nous) restons convaincus que rien ne change en France pour la protection des survivantes que nous sommes, pour les survivants que nous sommes mais aussi pour les enfants victimes aujourd’hui de maltraitantes sexuelles…
Ou en tous cas pas assez.
Pour ceux qui gardent un souvenir amer, une colère envers l’INIRR, une manifestation a eu lieu devant la conférence des évêques de France à Paris le samedi 16 novembre 2024 à 14:30.
Notre colère est légitime et n’empêche pas les démarches de reconnaissance et de réparation auprès de l’INIRR.
Les organisateurs (Yolande Dufayet, Francois Devaux / la parole libérée/De la parole aux actes) nous ont permis de rencontrer d’autres associations de victimes, d’autres victimes et mettre en commun nos expériences et nos ressentis.
Pour les vitraux :
- le chantier de Charly est terminé, les vitraux sont remplacés
- Pour Caluire et Loire sur Rhône ,le maître verrier a commencé la réalisation des vitraux de Caluire. Le service communication nous informera et nous conviera lorsqu’ils seront posés. Suivra ensuite Loire sur Rhône…
À ce propos, le diocèse peut prendre en charge les frai s de déplacements pour les trajets que vous engagez pour vous rendre au rendez vous fixés par le collectif (St Martin de cornas, rdv vitraux, etc…)
Nous souhaitons toujours désinscrire les productions de RIB au titre des monuments historiques (Chambost-Allieres). Pour l’instant le ministère de la culture et la DRAC font la sourde oreille, nous prenons ça pour du mépris.
Toutes ces démarches, toutes ces actions n’ont qu’un seul but : nous faire sortir de notre statut de victimes, nous rendre notre dignité.
(Pour le collectif) Luc Gemet
2025 01 Jean-Jacques Rousseau à Lyon : encore un « abusé de l’Eglise »
Jean-Jacques Rousseau à Lyon : encore un « abusé de l’Eglise » ?
En 1830, âgé de 20 ans, le jeune Jean-Jacques Rousseau se trouve à Lyon. Ses mésaventures dans notre ville sont narrées dans un numéro des « Rues de Lyon » (n° 112, avril 2024 – « Les mésaventures lyonnaises du promeneur solitaire »). La BD reproduit la rencontre qu’il a eu avec un prêtre libidineux. Comme quoi lcertains invariants traversent les siècles. Il nous a paru intéressant de rapporter cet épisode tiré du livre IV des « Confessions ».
Rousseau raconte d’abord, en termes pudiques, comment un homme l’avait déjà abordé place Bellecour, venant s’asseoir à ses côtés pour assez vite lui proposer de « s’amuser de compagnie ». Le futur philosophe attendit de savoir quel était cet amusement, et, dit-il, « sans rien ajouter, il se mit en devoir de m'en donner l'exemple. Nous nous touchions presque, et la nuit n'était pas assez obscure pour m'empêcher de voir à quel exercice il se préparait. » Jean-Jacques s’enfuit à toutes jambes.
Peu après, il a une aventure du même genre, qui le met en plus grand danger. A bout de ressources, il se résout à passer une nuit à la belle étoile. Laissons-lui la parole :
« … déjà je m'étais établi sur un banc, quand un abbé qui passait, me voyant ainsi couché, s'approcha, et me demanda si je n'avais point de gîte. Je lui avouai mon cas, il en parut touché. Il s'assit à côté de moi, et nous causâmes. Il parlait agréablement : tout ce qu'il me dit me donna de lui la meilleure opinion du monde. Quand il me vit bien disposé, il me dit qu'il n'était pas logé fort au large ; qu'il n'avait qu'une seule chambre, mais qu'assurément il ne me laisserait pas coucher ainsi dans la place ; qu'il était tard pour me trouver un gîte, et qu'il m'offrait, pour cette nuit, la moitié de son lit. J'accepte l'offre, espérant déjà me faire un ami qui pourrait m'être utile. Nous allons. Il bat le fusil [i.e. : il allume un briquet]. Sa chambre me parut propre dans sa petitesse : il m'en fit les honneurs fort poliment.
(…) Soit que, sachant que je pouvais être entendu, il craignît de me forcer à me défendre, soit qu'en effet il fût moins confirmé dans ses projets, il n'osa m'en proposer ouvertement l'exécution, et cherchait à m'émouvoir sans m'inquiéter. Plus instruit que la première fois, je compris bientôt son dessein, et j'en frémis. Ne sachant ni dans quelle maison ni entre les mains de qui j'étais, je craignis, en faisant du bruit, de le payer de ma vie. Je feignis d'ignorer ce qu'il me voulait ; mais, paraissant très importuné de ses caresses et très décidé à n'en pas endurer le progrès, je fis si bien qu'il fut obligé de se contenir. Alors je lui parlai avec toute la douceur et toute la fermeté dont j'étais capable ; et, sans paraître rien soupçonner, je m'excusai de l'inquiétude que je lui avais montrée sur mon ancienne aventure, que j'affectai de lui conter en termes si pleins de dégoût et d'horreur, que je lui fis, je crois, mal au coeur à lui-même, et qu'il renonça tout à fait à son sale dessein.
(…) Comme à Paris, ni dans aucune autre ville, jamais rien ne m'est arrivé de semblable à ces deux aventures, il m'en est resté une impression peu avantageuse au peuple de Lyon, et j'ai toujours regardé cette ville comme celle de l'Europe où règne la plus affreuse corruption. »
2024 10 22 A propos de Yves Klein
"Yves Klein, la pureté du pur" : Rencontre avec Alain Leduc au Bal des Ardents le 26 novembre à 19h
Yves Klein (1928-1962), l'homme des bleus monochromes, est l'un des monstres sacrés de l'art contemporain. Notre camarade libre-penseur Alain Leduc lui conscre une biographie qui montre qu'il ne fut pas que cela, et qu'en particulier, il fut un compagnon de route assidu du phalangisme franquiste, un jeune premier des réseaux mussoliniens du monde de la culture en Italie, un protégé de l'OAS. Plus qu'une mise au point politique sur un mythe de l'art du 20e siècle, l'ouvrage d'Alain Leduc est aussi l'analyse de la façon dont ces mythes d'avant-garde sont construits par tout un milieu d'hommes d'affaires, de galeristes et d'intercesseurs dont la préoccupation, au tournant des années 1950 et 1960, fut de promouvoir un art contemporain "pur", comprendre: épuré de toute velléité de révolution sociale.
https://www.babelio.com/livres/Leduc-Yves-Klein-ou-la-purete-du-pur/1732151
Alain Leduc et son préfacier Oliver Brax seront à Lyon au Bal des Ardents (17 rue Neuve, Lyon 1er) le soir du 26 novembre pour présenter l'ouvrage.